ARTICLE XV
DES VENTS IttRÉGULIERS, DES OURAGANS, DES TROMBES, ET DE QUELQUES AUTRES PHÉNOMÈNES CAUSÉS PAR 1.’ AGITATION DF. LA MER ET DE l’aiR.
Les vents sont plus irréguliers sur terre ((ue sur mer, et plus irréguliers dans les pays élevés que dans les pays de plaines. Les montagnes non-seulement changent la directiondes vents, mais même elles en produisent qui sont ou constants ou variables, suivant les différentes causes : la fonte des neiges qui sont au-dessus des montagnes produit ordinairement des vents constants, qui durent quelquefois a.ssez longtemps; les vapeurs qui s'arrêtent contre les monlagues et qui .s'y accumulent produi.sent dos vents variables, qui sont Irês-fréquenls dans tous les climats, et il y a autant de variaiions dans ces mouvements de l’air qu'il y a d'inégalités sur la surface de la (erre. Nous ne pouvons donc donner sur cela que des exemples, et rapporter les faits qui sont avérés; et, comme nous manquons d’observations suivies sur la variation des vents, cl même sur celle des sai.sons dans les différents pays, nous ne prétendons pas expliquer toutes les causes de ces différences, et nous nous bornerons à indiquer celles qui nous paraîtront les plus naturelles et les plus probables.
Dans les détroits, sur toutes les côtes avancées, à rcxlrémité et aux envil ous de tous les promontoires, des presqu'iles et des caps, et dans tous les golfes étroits, les orages sont fréquents; mais il y a, outre cela, des mers beaucoup plus orageuses que d’autres. L’ocean Indien, la mer du Japon, la mer Magellanique, celle de la côle d’Afrique au delà des Canaries, et de l'autre côté, vers la terre de Natal, la mer Rouge, la mer Vermeille, sont
* Hisloii'e naturelle helvétique, par Suheudzer, tome 1, page 156 et suivantes.
THÉORIE DE LA TERRE. 5f)l
tonies fort su je lies aux tcm|iètes. L’océan Atlantique est aussi plus orageux que le grand Océan, qu’on a appelé, à cause de sa tranquillité, mer Pacifique : cependant celte mer Paciüquc n’est absolument tranquille qu'entre les iroplques, et jusqu’au quart environ des zones tempérées ; et plus on approche des pôles, jdus elle est sujette à des vents variables, dont le changement subit cause souvent des tempêtes.
Tous les continents terrestres sont sujets à des vents variables, qui produisent souvent des effets singuliers : dans le royaume de Cachemire, qui est environné des montagnes du Caucase, on éprouve, à la montagne Pire- Penjale, des changements soudains 5 on passe, pour ainsi dire, de l'été à riiiver en moins d'une heure ; il y règne deux vents directement opposés, l'un de nord, et l'autre de midi, que selon Bernier, on sent successivement en moins de deux cents pas de distance. La position de celte montagne doit être singulière, et mériterait d’ètre observée. Dans la presqu'île tle l'Inde, qui est traversée du nord au sud par les montagnes de Gâte, ou a l’Iiiver d’un côté de ces montagnes, et l’été de rautre côté dans le même temps, en sorte que sur la côte de Coromandel l’air est serein et tranquille, et fort chaud, tandis qu’à celle de Malabar, (juoique sous la même latitude, les |)luies, les orages, les tempêtes, rendent l'air aussi froid qu’il peut rètre dans ce climat; et au contraire, lorsqu’on a l’été à Malabar, on a Thiver à Coromandel. Celte même différence se trouve des deux côtés du cap de Rasalgale en Arabie ; dans la partie de la mer qui est au nord du cap, il règne une grande tranquillité, tandis que dans la partie qui est au sud on éprouve de violentes tempêtes. 11 en est encore de même dans l'ile de Ceylan ; l'hiver et les grands vents se font sentir dans la partie septentrionale de l'ile, tandis que dans les parties méridionales il fait un très-beau temps d'été ; et au contraire (ptand la partie septentrionale jouit de la douceur de l’été, la partie méridionale à son tour est plongée dans un air sombre, orageux et pluvieux. Cela arrive non-seulement dans plusieurs endroits du continent des Indes, mais aussi dans plusieurs îles : par exemple, à Ccram, qui est une longue île dans le voisinage d’ Amboinc, on a l'hiver dans la partie septentrionale de l’îlc, cl l'été en même tenqrs dans la partie méridionale, et rintervalle qui sépare les deux saisons n’est que de trois ou quatre lieues.
En Égypte, il règne souvent pendant l’été des vents du midi, qui sont si chauds qu'ils cmpèclient la respiration ; ils élèvent une si grande quantité de sable qu’il semble que le ciel est couvert de nuages épais ; ce sable est si lin, et il est chassé avec (ant de violence, qu’il [ténèlre partout, et même dans les coffres les mieux fermés ; lorsque ces vents durent plusieurs jours, ils causent des maladies épidémiques, et souvent elles sont suivies d’une grande mortalité. 11 pleut très-rarement en Égypte : cependant tous les ans il y a quelques jours de pluie pendant les mois de décembre, janvier et février. Il s’y forme aussi des brouillards épais qui y sont plus fréquents que les pluies, surtout aux environs du Caire : ces brouillards commencent au mois de novembre, et continuent pendant l'hiver; ils s’élèvent avant le lever du so-
leil; pendant toute l’année, il tombe une rosée si abondante, lorsque le ciel
est serein, qu’on pourrait la prendre pour une petite pluie.
Dans la Perse, l’hiver commence en novembre et dure jusqu’en mars : le froid y est assez fort pour y former de la glace, et il tombe beaucoup de neige dans les montagnes, et souvent un peu dans les plaines; depuis le mois de mars jusqu’au mois de mai, il s’élève des vents qui soulRent avec force et ramènent la chaleur : du mois de mai au mois de septembre, le ciel est serein, et la chaleur de la saison est modérée pendant la nuit par des vents frais, qui s’élèvent tous les soirs, et qui durent jusqu’au lendemain matin; et en automne il se fait des vents qui, comme ceux du printemps, soufflent avec force ; cependant, quoique ces vents soient assez violents, il est rare qu’ils produisent des ouragans et des tempêtes : mais il s’élève souvent pendant l’été, le long du golfe Persique, un vent très-dangereux, que les habitants appellent smnyel, et qui est encore plus chaud et plus terrible que celui d’Égyple, dont nous venons de parler; ce vent est suffocant et mortel; son action est presque semblable à celle d’un tourbillon de vapeur enflammeé, et on ne peut en éviter les effets, lorsqu’on s’y trouve malheureusement enveloppé. 11 s’élève aussi sur la mer Rouge, en été, et sur les terres de l’Arabie, un vent de même espèce, qui suffoque les hommes et les animaux, cl qui transporte une si grande quantité de sable, que bien des gens prétendent que cette mer se trouvera comblée avec le temps par l'entassement successif des sables qui y tombent. Il y a souvent de ces nuées de sable en Arabie, qui obscurcissent l’air, et qui forment des tourbillons dangereux. A la Vera-Cruz, lorsque le vent du nord souffle, les maisons de la ville sont presque enterrées sous le sable qu’un vent pareil amène : il s’élève aussi des vents chauds en été à Négapatan dans la presqu île de l’Inde, aussi bien qu’à Pétapouli et à Masulipatan. Ces vents brûlants, qui font périr les hommes, ne sont heureusement pas de longue durée; mais ils sont violents; et plus ils ont de vitesse, plus ils sont brûlants; au lieu que tous les autres vents rafraîchissent d’atitant plus qu’ils ont plus de vitesse. Celte différence ne vient que du degré de la chaleur de l’air ; tant que la chaleur de l’air est moindre que celle du corps des animaux, le mouvement de l’air est rafraîchissant; mais, si la chaleur de l’air est plus grande que celle du corps, alors le mouvement de l’air ne peut qu’échauffer et hrûler. A Goa, riiiver, ou plutôt le temps des pluies et des tempêtes, est au mois de mai, de juin et de juillet; sans cela, les chaleurs y seraient insupportables.
Le cap de Bonne-Espérance est fameux par ses tempêtes et par le nuage singulier qui les produit : ce nuage ne parait d’abord que comme une petite tache ronde dans le ciel, et les matelots l'ont appelé œil de bœuf; j'imagine que c’est parce qu’il se soutient à une très-grande hauteur, qu’il paraît si petit. De tous les voyageurs qui ont parlé de ce nuage, kolbe me paraît être celui qui l’a examiné avec le plus d’attention : voici ce qu’il en dit, tome I, pages 224 et suivantes : « Le nuage qu’on voit sur les montagnes
« (le la Table, ou tlu Diable, ou du Vent, est composé, si je ne me trompe, « d’une inlinité de petites particides poussées premièrement contre les inon- « tagnes du Cap, qui sont à 1 est, par les vents d’est ([ui régnent pendant « presque toute l'année dans la zone torride; ces particides ainsi poussées « sont arrêtées dans leur cours par ces liantes montagnes, et se raina.ssent « sur leur côté oriental; alors elles deviennent visibles, et y l'orinent de jietits « monceaux ou assemblages de nuages, (pii, étant incessamment poussés a par le vent d'est, s’élèvent au sommet de ces montagnes. Ils n'y restent « pas longtemps tranquilles et arrêtés; contraints d'avancer, ils s’engouffrent « entre les collines qui sont devant eux, oii iis sont serrés et pressés comme « dans une manière de canal : le vent les jnessc au-dessous, et les côtés « opposés des deux montagnes les retiennenl à droite et à gauche. Lors- « qu’en avançant toujours ils parviennent au pied de quelque monlagne, où « la campagne est un peu plus ouverle, ils .s'étendent, se déploient et de- « viennent de nouveau invisibles; mais bientôt ils sont chassés sur les mon- « tagnes par les nouveaux images qui sont poussés derrière eux, et par- « viennent ainsi, avec beaucoup d’impétuosité, sur les montagnes les plus « hautes du (iap, qui sont celles du Vent et de la Table, oii règne alors un « vent tout contraire ; là, il se fait un conflit affreux; ils sont poussés par der- « rière et repoussés par devant; ce qui produit des tourbillons horribles, « soit sur les hautes montagnes dont je jiarle, soit dans la vallée de la « Table, où ces images voudraient se précipiter. Lorsque le vent de nord- « ouest a cédé le champ de bataille, celui de sud-est augmente et continue « de souiller avec plus ou moins de violence pendant son semestre; il se 8 renforce pendant (pie le nuage de Tudl de bœuf est éfiais, parce que les « particules qui viennent s’y amasser par derrière s’efforcent d’avancer; il « diminue lorsqu’il est moins épais, parce ipi’alors moins de jiarticules a pressent par derrière; il baisse entièrement lorsque le. nuage ne ])araît « plus, parce qu’il n’y vient plus de l’est de nouvelles particules, ou qii’i « n’en arrive pas assez; le mingc enlin ne se dissipe point, ou plutôt parait a toujours à peu parés de même grosseur, parce que de nouvelles matières a remplacent par derrière celles qui .se dissipent pai' devant.
a Toutes ces circonstances du phénomène conduisent à une hypothèse qui a en explique bien toutes les parties. 1“ jferrière la montagne de la Table a on remarque une espèce de sentier ou une trainée de légers brouillards a blancs, qui, comn;en(>anl sur la descente orientale de cette montagne, a aboutit à la mer et occupe dans son étendue les montagnes de Pierre. Je a me suis très-souvent occupé à contempler celte traînée, qui, suivant moi, a était causée par le passage rapide des particules dont je parle, depuis les a montagnes de Pierre jusqu'à celle de la Table.
a Ces particules, ipie je supjiose, doivent être extrêmement embarrassées a dans leur marche par les fréquents chocs et contre-chocs causés, non-seua lement par les montagnes, mais encore par les vents de sud et d est qui a régnent aux lieux circon voisins du Cap; c’est ici ma seconde observation.
354 IflSTOIRE NATURELLE.
« J’ai déjà parlé des deux montagnes qui sont situées sur les pointes de la « baie Falzo, ou fausse baie : l’iinc s’appelle la Lèvre pendante et l’autre « Norwége. Lorsque les particules que je conçois sont poussées sur ces mon- « tagnes par les vents d’est, elles en sont repoussées par les vents de sud; ce « qui les porte sur les montagnes voisines; elles y sont arrêtées pendant « quelque temps et y paraissent en nuages, comme elles le faisaient sur les « deux montagnes de la baie Falzo, et même un peu davantage. Ces nuages « sont sotivcnt fort épais sur la Hollande hottentote, sur les montagnes de « Stellenbosch , de Drakenslein et de Pierre, mais surtout sur la montagne « de la Table et sur celle du Diable.
« Enfin ce qui confirme mon opinion est que, constamment deux ou trois « jours avant que les vents du sud-est souillent, on aperçoit sur la Tête du « lion de petits nuages noirs qui la couvrent ; ces nuages sont, suivant moi, « composés des particules dont j’ai parlé : si le vent du nord-ouest régne « encore lorsqu’elles arrivent, elles sont arrêtées dans leur course; mais « elles ne sont jamais chassées fort loin jusqu’à ce que le vent de sud-est « commence. »
Les premiers navigateurs qui ont approclié du cap de Bonne-Espérance ignoraient les effets de ces nuages funestes, qui semblent se former lentement, tranquillement et sans aucim mouvement sensible dans l'air, et qui tout d’un coup lancent la tempête et causent un orage qui précipite les vaisseaux dans le fond de la mer, surtout lorsque les voiles sont déployées. Dans la terre de Natal, il se forme aussi un petit nuage semblable à l’œil de bœuf du cap de Bonne-Espérance, et de ce nuage il sort un vent terrible et qui produit les mêmes effets. Dans la mer qui est eatre l’Afrique et l’Amérique, surtout sous l'équateur et dans les parties voisines de l’équateur, il s’élève très-souvent de ces espèces de tempêtes. Près de la côte de Guinée, il se fait quelquefois trois ou quatre de ces orages en un jour : ils sont causés et annoncés, comme ceux du cap de Bonne-Espérance, par de petits nuages noirs; le reste du ciel est ordinairement fort serein, et la mer tranquille. Le premier coup de vent qui sort de ces nugaes est furieux, et ferait périr les vaisseaux en pleine mer, si l'on ne prenait pas auparavant la précaution de caler les voiles. G’est principalement aux mois d'avril, de mai et de juin, qu’on éprouve ces tempêtes sur la mer de Guinée, parce qu’il n y règne aucun vent réglé dans celte saison; et plus bas, en descendant à Loango, la saison de ces orages sur la mer voisine des côtes de Loango, est celle des mois de janvier, février, mars et avril. De l'autre côté de l’Afrique, au cap de Guardafui, il s’élève de ces espèces de tempêtes au mois de mai, et les nuages qui les produisent sont ordinairement au nord, comme ceux du cap de Bonne-Espérance.
Toutes ces tempêtes sont donc produites par des vents qui sortent d’un nuage, et qui ont une direction, soit du nord au sud, soit du nord-est au sud-ouest, etc. : mais il y a d’autres espèces de tempêtes que l'on appelle des ouragans, qui sont encore plus violentes que celles-ci, et dans lesquelles
les vents semblent venir de tons les côtés; ils ont un mouvement de tourbillon et de tournoiement auquel rien ne peut résister. Le calme précède ordinairement ces horribles tempêtes, et la mer paraît alors aussi unie qu’une glace; mais dans un instant la fui-eur dos vents élève les vagues jusqu’aux nues. Il y a des endroits dans la mer où l’on ne peut pas aborder, parce qu alternativement il y a toujours ou des calmes ou des ouragans de cette espèce : les Espagnols ont appelé ces endroits calmes tornados. Les plus considérables sont auprès de la (>uinéc à deux ou trois degrés latitude nord : ils ont environ trois cents on trois cent cinquante lieues de longueur sur autant de largeur, ce qui fait un espace de plus de cent mille lieues carrées. Le calme on les orages sont presque continuels sur cette côte de Guinée, et il y a des vaisseaux qui y ont été retenus trois mois sans pouvoir en sortir.
Lorsque les vents contraires arrivent à la fois dans le même endroit, comme à un centre, ils produisent ces tourbillons et ces tournoiements d’air par la contrariété de leur mouvement, comme les courants contraires produisent dans l’eau des gouffres et des toiirnoiements : mais lorsque ces vents trouvent en opposition d'autres vents qui contrc-balancent de loin leur action, alors ils tournent autour d'un grand espace dans lequel il règne un calme perpétuel; et cest ce ({ui forme les calmes dont nous parlons, et desquels il est souvent inqiossible d(î sortir, (les endroits de la mer sont mai’- (|ués sui- les globes de Sénex, aussi bien que les directions des différents vents qui régnent ordinairement dans toutes les mers. A la vérité, je serais porté a croire (|ue la contrariété seule des vents ne pourrait pas produire cet ellet, si la direction des côtes et lu lorme particulière du fond de la mer, dans ces endroits, n y contribuaient pas; j'imagine donc que les courants causés en effet par les vents, mais dirigés par la forme des côtes et des inégalités du fond de la mer, viennent tous aboutir dans ces endroits, et que leurs directions opposées et contraires forment les tornados en question, dans une plaine environnée de tous cotés d’une chaîne de montagnes.
Les gouffres ne paraissent être autre chose que des tournoiements d’eau causés par l'action de deux ou de plusieurs courants opposés. L'Euripe, si fameux par la mort d'Aristote, absorbe et rejette alternativement les eaux sept fois en vingt-quatre heures : ce gouffre est près des côtes de la Grèce. Le Charybde, qui est près du détroit de Sicile, rejette et absorbe les eaux trois fois en vingt-quatre heures. Au reste, on n’est pas trop sûr du nombre de ces alternatives de mouvement dans ces gouffres. Le docteur Placentia, datis son traité qui a pour titre YEgeo redlvivo, dit que l'Euripc a des mouvements irréguliers pendant dix-huit ou dix-neuf jours de chaque mois, et des mouvements réguliers pendant onze jours ; qu’ordinairement il ne grossit que d'un pied et rarement de deux pieds; il dit aussi (jue les auteurs ne s’accordent pas sur le flux et le reflux de l'Euripe; que les uns disent qu'il se fait deux fois, d'autres sept, d’autres onze, d’autre douze, d’autres quatorze
as
5o6 IIISTOIIU-: NATIIHKLLE.
Ibis en vingt-quatre heures; mais (|ue Loirius l’ayant examiné de suite pendant un jour entier, il l'avait observe à chaque six heures d’une manière évidente et avec un mouvement si violetit, qu’à chaque Ibis il pouvait faire tourner alternativement les roues d’mi moulin.
Les plus grand goulïre (pie l'on connaisse est celui de la mer de Norwége; on assure qu’il a plus de vingt lieues de circuit; il absorbe pendant six heures tout ce qui est dans son voisinage, l'eau, les haleines, les vaisseaux, et rend ensuite pendant autant (h^ temps tout ce qu'il a absorbé.
11 n’est pas nécessaire de supposer dans le fond de la mer des trous et des abîmes qui cngloutis.sent continuellement les eaux, pour rendre raison de ees gouffres; on sait que quand l’eau a deux directions contraires, la composition de ces mouvements produit un tournoiement circulaire, et semble former un vide dans le centre de ce mouvement, comme ou peut l'observer dans plusieurs endroits auprès des piles qui soutiennent les arches des ponts, surtout dans les rivières rapides : il en est de même des gouffres de la mer; ils sont produits par le mouveiïKmt d(‘ deux ou de plusieurs courants contraires; et, comme le flux et le reflux sont la principale cause des courants, en sorte que pendant le llux ils sont dirigés d’un côte, et que pendant le reflux ils vont en sens contraire, il n’est pas étonnant qne les gouffres qui résultent de ees courants attirent et engloutissent pendant quelques heures tout ce qui les environne, et qu’ils rejettent ensuile pendant tout autant de temps tout ce qu’ils ont absorbé.
Les gouffres ne sont donc que des tournoiements d’eau qui sont produits par des courants opposés, et les ouragans ne sont que des tourbillons ou tournoiements d'air produits par des vents contraires : ces ouragans sont communs dans la mer de la Chine et du .Japon : dans celle des ilcs Antilles et en plusieurs autres endroits de la mer, surtout auprès des terres avancées et des côtes élevées; mais iis sont encore plus fréquents sur la terre, et les effets en sont quelquefois prodigieux. « J’ai vu, dit Uellarmin, je ne le eroi- « rais pas si je ne l'eusse pas vu, une fosse énorme creusée par le vent, et « toute la terre de cette fosse emportée sur un village, en sorte que l'endroit « d'où la terre avait été enlevée paraissait un trou épouvanlable, et que le « village fut entièrement enterré par celte terre transportée, n Bellarminus, de uscensu mentis in üeum. On peut voir dans l'histoire de l'académie des sciences, et ilans les Transactions, philosophiques, le détail des effets de plusieurs ouragans qui paraissent ineoncevahics, et qu’on aurait de la peine à croire , si les faits n’étaienl attestés par un grand nombre de témoins oculaires, véridiques et intelligents.
11 en est de même des trombes (jue les navigateurs ne voient jamais sans crainte et sans admiration. Ces trotnbes sont fort fixiqnentes auprès de cer taines côtes de la .Méditerranée, surtottt lorsque le ciel est fort couvert, et que le vent souffle en même temps de plusieurs côtés ; elles sont plus communes près des caps de Laodicée, de (ireego et de Carmel, que dans les autres parties de la .Méditerranée. La plupart de ces trombes sont autant de
cylindres d’eaii (|iii toiiilH'nt des mies, i|iioi(ju'il semble quelquefois, surtout quand on est à quelque dist.inee, que l’eau de la mer s’élève en haut. Voyez les Vo>jaf/es de Schair, vol. Il, p. o6.
Mais il faut distinguer deux espèces de trombes. l.,a première, (|ui est la trombe dont nous venons de parler, n'est autre chose qu'une nuée épaisse, eomprimée, resserrée et réduite en un petit espace par des vents opposés et contraires, lesquels, soitlllant en même temps de plusieurs côtés, donnent à la nuée la forme d’un tourbillon cylindrique, et font que l’eau tombe tout à la fois sous cette forme cyliinlriipic ; la quantité d’eau est si grande et la chute en est si précipitée, que si malheureuseinent une de ces trombes tombait sur un vaisseau, elle le briserait et le submergerait dans un instant. On prétend, et cela pourrait être fondé, qu'en tirant sur la trombe |)hisieurs coups de canons chargés à boulets, on la rompt, et que cette commotion de 1 air la fait cesser assez promptement : cela revient à l’elfel des cloches qu'on sonne pour écarter les nuages qui portent le tonnerre et la grêle.
L’autre espèce de trombe s'ap|)elle typhon; et plusieurs auteurs ont confondu le typhon avec l'ouragan, surtout en parlant des tempêtes de la mer de la (ihiiie qui est en elfct su jette à tous deux ; cependant ils ont des causes bien dilférentcs. Le typhon ne descend pas des nuages comme la première espèce de trombe; il n’est pas uniipiement produit par le tournoiement des vents, comme l’ouragan : il s’élève de la mer vers le ciel avec une grande violence; et, quoiipie ces typhons ressemblent aux tourbillons ipii s’élèvent sur la terre en tournoyant, ils ont une autre origine. Ou voit souvent, lorsque les vents sont violents et contraires, les ouragans élever des tourbillons de sable, de terre, et souvent ils <'nlèventet transportent dans ce tourbillon les maisotis, les arbres, les aninianv. Les lypbons de m<'r, au contraire, restent dans la même place, et ils n imt pas (raiiti’c cause que etdic des feux souterrains; car la mer est alor> dans une grande l'dmilition, et l’air est si fort renq»li d’exlialaisons sullunmses, que le ciel parait cacdié d'une croûte couleur de cuivre, qnoiqu il n v ait amain mtage et ipi'on puisse voir à travers ces vapeurs le soleil et le* étoiles ; c’est à ces feuv souterrains qu on peut attribuer la tiédeur de la mer de la r.hmc en hiver, oii ee.s tvphons sont irés-Ireqiients. ( \ oyez Àrfa fnid. I.ips. Supp/ein . . to/er I, po/fe Itl.’i.
Nous allons donner quelques exemples de la manière doni ils se produisent. V''oici ce que dit Thévenoi dans son Voyage du Levant « Aioiis vimes « des trombes dans le golfe Persique entre les des Onésomo, Laréca et •< Ormus. .le crois que peu de personnes ont considéré les trombes avec « toute l’attention que j’ai faite, dans la rencontre dont je viens de parler, « et peut-être (ju'on n’a jamais fait les remarques que le hasard m’a donné a lieu de faire; je les exposerai avec toute la simplicité dont je fais profes- « sion dans tout le récit de mon voyage, afin de rendre les choses plus senti sibles et plus aisées ô comprendre.
« La première qui parut à nos yeux était du côté du nord ou tramontane, « entre nous et l’ile Quésomo, à la portée d'un fusil du vaisseau; nous
358 [ÜSTOIllE NATURELLE.
« avions alors la proue à grec levant ou nord-est. Nous aperçûmes d'abord « en cet endroit l'eau qui bouillonnait et était élevée de la surface de la « mer d’environ un pied; elle était blanchâtre, et au-dessus paraissait comme « une fumée noire un peu épaisse, de manière que cela ressemblait propre- « ment à un tas de paille ou l’on aurait mis le feu, mais qui ne ferait encore « que fumer : cela faisait un bruit sourd, semblable à celui d’un torrent qui « court avec beaucoup de violence dans un |)rofond vallon; mais ce bruit « était mêlé d'un autre un peu plus clair, semblable à un fort sifflement de « serpents ou d’oies. Un peu après nous vîmes comme un canal obscur qui « avait assezde ressemblance à une fumée qui va montant aux nues en tour- « liant avec beaucoup de vitesse, et ce canal paraissait gros comme le doigt, « et le même bruit continuait toujours. Ensuite la lumière nous en ôta la « vue, et nous connûmes que cette trombe était finie, parce que nous vîmes « que cette trombe ne s’élevait plus, et ainsi la durée n’avait pas été de plus « d’un demi-quart d’heure. Celle-là finie, nous en vimes une autre du côté « du midi, qui commença de la même manière qu’avait fait la précédente; « presque aussitôt il s’en fit une semblable à côté de celle-ci vers le coûte cliant, et incontinent après une troisième à côté de cette seconde ; la plus <e éloignée des trois pouvait être à portée du mousquet loin de nous; elles « paraissaient toutes trois comme (rois tas de paille hauts d’un pied et demi «ou deux, qui fumaient beaucoup, et faisaient même bruit que la première. « Ensuite nous vîmes (ont autant de canaux qui venaient depuis les nues « sur ces endroits oiî l’eau était élevée, et chacun de ces canaux était large « par le bout qui tenait à la nue, comme le large bout d’une trompette, et « faisait la même figure ( pour l’expliquer intelligiblement ) que peut faire « la mamelle ou la tette d’un animal tirée perpendiculairement par quelque « poids. Ces canaux jiaraissaient blancs d’une blancheur blafarde, et je crois « (pie c'était l’eau qui était dans ces canaux transparents qui les faisait paraître « blancs ; car apparemment ils étaient déjà formes avant que de tirer l’eau, « selon qu’on peut juger par ce qui suit ; et lorsqu’ils étaient vides, ils ne « paraissaient pas, de même qu’un canal de verre fort clair exposé au iour « devant nos yeux à quelque distance ne paraît pas s'il n’est rempli de quel- « que liqueur teinte. Ces canaux n'étaient pas droits, mais courbés en quel- « ques endroits: même ils n’étaient pas perpendiculaires; au contraire, de- « puis les nues où ils paraissaient entés jusqu’aux endroits où ils tiraient « l’eau, ils étaient fort inclinés; et ce qui est de plus particulier, c’est que la « nue où était attachée la seconde de ces trois, ayant été chassée du vent, ce « canal la stiivit sans se rompre et sans quitter le lieu où il lirait l’eau, et « passant derrière le canal delà première, ils furent (pielque temps croisés « comme en sautoir, ou en croix de Saint-André. Au commencement ils « étaient tous (rois gros comme le doigt, si ce n’est auprès de la mie qu’ils « étaient plus gros, comme j’ai déjà remarque; mais dans la suite, celui de « la première de ces trois se grossit considérablement : jtoiir ce qui est des « deux autres, je n’en ai autre chose à dire; car la dernière formée ne dura
THÉORfE DE LA TERRE. ,3S9
« guère davantage tju avait duré celle (]uc nous avions vue du côté du nord.
« La seconde, du coté du midi, dura environ un quart d'heure ; mais la « première de ce môme côté dura un peu davantage, et ce fut celle qui nous « donna le plus do crainte; et c’est de celle-là qu’il me reste encore quelque « chose à dire. D’abord son canal était gros comme le doigt, ensuite il se fit « gros comme le bras, et après comme la jambe, et enfin comme un gros « tronc d'arbre, autant qu’un homme pourrait embrasser. Nous voyions dis- « tinctement au travers de ce corps transparent l'eau qui montait en ser- « [lentant un peu, et quelquefois il diminuait un peu de grosseur, tantôt par « le haut et tantôt par le bas ; pour lors il ressemblait justement à un boyau « rempli de quelque matière lluide que l’on presserait avec les doigts, ou « par haut, pour faire descendre cette li(|ucHi-, ou par bas pour la faire O monter; et je me persuadai que c’était la violence du vent qui faisait ces « changements, faisant monter l’eau fort vite lorsqu’il pressait le canal par « le bas et la faisant descendre lorsqu'il le pressait parle haut. Après cela,
« il diminua tellement de grosseur, qu’il était plus menu que le bras,
« comme un boyau qu’on allonge en le tirant perpendiculairement; ensuite « il retourna gros comme la cuisse; après il redevint fort menu : enfin, je « vis que l'eau élevée sur la superficie de la mer commençait à s abaisser,
« et le bout du canal qui lui touchait s’en sépara et s’étrécit, comme si on Cl l'cùt lié, et alors la lumière qui nous i)arut par le moyen d’un nuage qui « se détourna, m’en ôta la vue. .le ne laissai pas de regarder encore (juelque « temps si je ne le reverrais point, parce que j’avais remarqué que, par « trois ou quatre fois, le canal de la seconde de ce même côté du midi nous « avait paru se rompre par le milieu, et incontinent après nous le revoyions « entier, et ce n’était que la lumière qui nous en cachait la moitié : mais O j’eus beau regarder avec toute l’attention possible, je ne revis plus celui-ci,
<1 et il ne se fit plus de trombe, etc.
« Ces trombes sont fort dangereuses sur mer; car, si clics viennent sur « un vaisseau, elles se mêlent dans les voiles, en sorte que quelquefois elles Il rcnlèvcnl, et, le laissant ensuite retomber, elles le coulent à fond; et cela « arrive particulièrement quand c’est un petit vaisseau ou une barque : « tout au moins, si elles n’enlèvent j)as un vaisseau, elles rompent toutes les cl voiles, ou bien laissent tomber dedans toute l’eau qu’elles tiennent; ce qui c< le fait souvent couler à fond. .le ne doute point (pie ce ne soit par de sem- « blables accidents que plusieurs des vaisseaux dont on n’a jamais eu de nou- 11 velles ont été perdus, puisqu’il n’y a que trop d’exemples de ceux que l’on c< a su de certitude avoir péri de cette manière. »
,Ie soupçonne qu’il y a plusieurs illusions d’optique dans les phénomènes que ce voyageur nous raconte, mais j’ai été bien aise de rapporter les faits tels qu’il a cru les voir, afin qu’on puisse ou les vérifieny ou du moins les comparer avec ceux que rapportent les autres voyageurs. Voici la description qu’en donne le Gentil dans sou Voyage autour du monde. « A onze « heures du matin, l’air étant chargé de nuages, nous viines autour de notre
« vaisseau, à un quart de lieue environ de distance, six trombes de mer qui « SC formèrent avec un bruit sourd, semblable à celui que fait l'eau en cou- « lant dans des canaux souterrains; ce bruit s'accrut peu à peu, et ressem- « blaitau sifflement que font les cordages d'un vaisseau lorsqu’un vent im- « pétueux sy mêle. l\ous remarquâmes d’abord l’eau qui bouillonnait, et « qui s élevait au-dessus de la surface de la mer d’environ un pied et demi; « il paraissait au-dessus de ce bouillonnement un brouillard, ou plutôt une « fumée épaisse d’une couleur pâle, et cette fumée formait une espèce de « canal qui montait à la nue.
O Les canaux ou manches de ces trombes se pliaient selon que le vent .( emportait les nues auxquelles ils étaient attachés; et, malgré l'impulsion « du vent, non-seulement iis ne se détachaient pas, mais encore il semblait « qu iis s allongeassent pour les suivre, en s’étrécissant et se grossissant à « mesure que le nuage s'élevait ou se baissait.
« (les phénomènes nous causèrent beaucoup de frayeur, et nos matelots, « au lieu de .s’enhardir, fomentaient leur peur par les contes qu’ils débi- « taient. Si ces trombes, disaient-ils, viennent à tomber sur notre vaisseau, « elles l'enlèveront, et, le laissant ensuite retomber, elles le submergeront. « I) autres (et ceux-ci étaient les olliciers') répondaient d'un ton décisif qu’elles « n'enlèveraient pas le vais.seau, mais que, venant à le rencontrer sur letir « route, cet obstacle romprait la communication qu'elles avaient avec l’eau « de la mer, et quêtant pleines d’eau, toute leau quelles reufermaient « tomberaient perpendiculairement sur le lillac du vaisseau et le briserait.
« Pour prévenir ce malheur, on amena les voiles, et on chargea le canon, w les gens de mer préiendant tpie le, bruit du canon, agitant l’air, fait crever « les trombes et les dissipe : mais nous n'eûmes pas besoin de recourir à ce « remède; quand clle.s curent couru |icudan(dix minutes autour du vaisseau, « les unes a un ipiart de lieue, les autres a une moindre distance, nous vîmes '< que les canaux s'étrécissaient peu à peu, qu'ils sc déiaehércut de la su- •I pcrticie de la mer, <■( (pi'euliu ih se dissipèrent. >■ '/'oiitn /, par/fi Ihl
11 parait, par la descripliou que ces deux voyageurs douneiit des (rombes. quelles sont produites au moins en partie, par l'actiou irmt feu ou d'une fului'i' qui sçlcxe du tond de la tuer avec une grande violence. e( qu elles sont tort dilTercnles de I aulre espece i|e tromlie qui est pi oduiie par l actiou des vents contraires, et par la cfinipression forcée cl la resoliuiou subite d’un ou de plusieurs nuages, comme le décrit M. .Schaw, tome II. pape .vô. « Les « trombes, ilit-il, que j’ai eu occasion de voir, m'ont paru autant de cylin- « (Ires d eau qui tombaient des nuées, (|uoiquo, par la réflexion des colonnes (( ipii descendent, ou par les goulles ipii se détachent de l'eau qu’elles cont( tiennent, cl (pii tomheut, il semble quclqiielois, surtout (piand on en est « à quelque distance, que l'eau s’élève de la mer en haut. Pour rendre rai- « son de ce phénomène, on peut supposer que les nuées étant assemblées « dans un même endroit par des vents opposés, ils les obligent, en les pres- « saut avec violence, de se condenser et de descendre en tourbillons. »
Il reste beaucoup de laits à acquérir avaiil qu’ou puisse donner une explication complète de ces phénomènes; il me parait seulement que, s'il y a sous les eaux de la mer des terrains mêlés de soufre, de bitume et de minéraux, comme l’on n'en peut guère douter, on peut concevoir (pic ces matières, venant à s’ondammer, produisent une grande quantité d’air, comme en produit la poudre à canon; (|uc cette quantité d'air nouvellement généré et prodigieusement rarélié, s'échappe et monte avec rapidité; ce qui doit élever l’eau et peut produire ces trombes qui s’élèvent de la mer vers le. ciel : et de même, si, par rinllammalioti des matières sulfureuses que contient un nuage, il se forme ttn courant d'air qui descende pcrpemliculairement du nuage vers la mer, toutes les parties atiueuses que eonlicnl le mtage peuvent suivre le courant d’air, et former une tromhe qui tombe du ciel sur la mer. Mais il faut avouer (pie l’explication de cette es|ièce de tromhe, non plus que celle que nous avons donnée par le tournoiement des vents et la compression des nuages, ne satisfait pas encore à tout; car on aura raison de nous demander pourquoi l'on ne voit pas plus souvent, sur la terre comme sur la mer, de ces espèces de Irondies qui tombent perpendiculairement des nuages.
L’Histoire de l'Acndénde, \T‘Ï7 , fait mention d'une tromhe de terre qui parut à Eapestan, près de Ih'/.iers; c’était nue colonne assez noire qui descendait d’une nue jusqu'à terre et diminuait toujours de largeur en approchant de In terre, où elle se terminait en pointe; elle obéissait au vent qui soulïlaitde l'ouest au sud-oiicst; elle était accom|)agnéc d'une espèce de fumée fort épaisse et d’im bruit pareil à celui d’une mer fort agitée, arrachant quantité de rejetons d’olix ier, déracinant des arbres et jusipi'à un gros noyer qu’elle transporta jttsqn à quarante on cin<piantc pas, et mar(|uatit son chemin par une large trace, bieti battue, où trois carrosses de front auraient passé. Il parut une autre colotme de la meme ligure, maisqni se joignitbicniôlà laprcmière; et, après (pte le tout eut dîspartt, il tomba nue gratidc. (piantilé de grêle,
r.ette espèce de tromh(‘ (larait être cncoi-e dilîércntc dc« deux autres ; il n est pas dit (pi'cHc contint de l eaii, et il semble, tant par ce que je viens d en rappoi'icr. ipic p:ir rcxplicîilion ipi en ü donnée M. \ndoipie, loi'.'cpi il a lait part de I oli'Crvation de ce pbénoinèoe ii P Veadéinie. ipie ecKe troodte n otait qu iiti tonrbillon de vent épaissi et rendu 'isible jiar la poussière et les vapeurs (‘ondensées ipi il contenait. (N o\ . \ Hisi. de l’ Acad.. 17*27, pag. i et stiiv.) Dans la même histoire, 1741, il est parlé d ime trombe vue sur le lac de Genève : c était itite colonne dotit la partie supérieure aboutissait à un nuage assez noir, et dont la partie inférieure, qui était plus étroite, se terminait ttn pett ati-desstts de l'eau, (le météore ne dura que quelques minutes; et, dans le moment qit’il se di.ssipa, on aitcrçitt une vapeur épaisse qui montait de l'endroit oit il avait paru, et là tnème, les eaitx du lac bouillonnaient et semblaient faire effort pour s’élever. L’air était fort calme pendant le temps que parut cette trombe; et lorsqu’elle se dissipa, il ne s’ensuivit ni vent ni plute. « Avec tout ce que nous savons déjà, » dit l'iiistorien de l’A-
cadémie, « sur les trombes marines, ne serait-ce pas une preuve de plus « qu’elles ne se forment point par le seul conflit des vents, et qu’elles sont « presque toujours produites par quelque éruption de vapeurs souterraines « ou même de volcans, dont on sait d'ailleurs que le fond de la mer n’est « pas exempt? Les tourbillons d'air et les ouragans, qu'on croit cominuné- « ment être la cause de ces sortes de pliénomènes, poui'raient donc bien n’en « être que l’effet ou une suite accidentelle. » (Voyez Vllisloire de l'Académie, 1741, •paye 20.)
ADDITIONS
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