EXPLICATIONS
tromper, in'ott garantit la vérité et la certitude; que ces objets sont pour moi des vérités du premier ordre, soit (pi'ils regardent le dogme, soit qu'ils regardent la pratique dans la morale; ordre de vérités dont j’ai dit expressément que je ne parlerais point, parce que mon sujet ne le demandait pas.
6" Quand j’ai dit que les vérités de la morale n’ont pour objet et pour fin que des convenances et des probabilités, je n’ai jamais voulu parler des vérités réelles, telles que non-seulement les préceptes de la loi divine, mais encore ceux qui appartiennent à la loi naturelle; et que je n’entends par vérités arbitraires, en fait de morale, que les lois qui dépendent de la volonté des hommes, et qui sont différentes dans différents pays, et par rapport à la constitution des différents états.
7° Qu’il n’est pas vrai que l’existence de notre âme et nous ne soient qu’un, en ce sens que l’homme soit un être purement spirituel, et non un composé de corps et d’àme ; que l’existence de notre corps et des autres objets extérieurs est une vérité certaine, puisque non-seulement la foi nous l’apprend, mais encore que la sagesse et la bonté de Dieu ne nous permettent pas de penser qu’il voulût mettre les hommes dans une illusion perpétuelle et générale ; que par cette raison, cette étendue en longueur, largeur et profondeur (notre corps) n’est pas un simple rapport de nos sens.
8" Qu’en conséquence nous sommes très-sûrs qu’il y a quelque chose hors de nous, et que la croyaiice que nous avons des vérités révélées présuppose et renferme l’existence de plusieurs objets hors de nous, et qu’on ne peut croire que la matière ne soit qu'une modification de notre âme, même en ce sens, que nos sensations existent véritablement, mais que les objets qui semblent les exciter n’existent point réellement.
9" Que, quelle que soit la manière dont l’àine verra dans l’état où elle se trouvera depuis sa mort jusqu’au jugement dernier, elle sera certaine de l’existence des corps, et en particulier de celle du sien propre, dont l’état futur l’intéressera toujours, ainsi que l’Écriture nous l’apprend.
10" Que, quand j’ai dit que l’àme était impassible par son essence, je n’ai prétendu dire rien autre chose, sinon que l’âme par sa nature n’est pas susceptible des impressions extérieures qui pourraient la détruire; et je n’ai pas cru que, par la puissance de Dieu, elle ne pût être susceptible des sentiments de douleurs que la foi nous apprend devoir faire dans l’autre vie la peine du péché et le tourment des méchants.
Sùjné Buffon.
Le 12 mars 1751.
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