A IHN. LES OÉPCTÉS ET SYNDIC DE LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE
Messieurs,
.1 ai reçu la lettre (|ue vous m’avez fait riionneur de m'écrire, avec les propositions qui ont été extraites de mon livre, et je vous remercie de m’avoir mis à portée de les expliquer d'une manière qui ne laisse aucun doute ni aucune incertitude sur la droiture de mes intentions; et si vous le désirez, Messieurs, je publierai bien volontiers, dans le premier volume de
b80 EXPLICATIONS.
mon ouvrage qui paraitra, les explications que j’ai l’iionneur de vous envoyer. Je suis avec respect,
Messieurs,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Bcffo.n.
l,e 18 mai s 1751.
Je déclare :
1° Que je n’ai eu aucune intention de contredire le texte de l'Écriture; que je crois très-fermement tout ce qui est rapporté sur la création, soit pour 1 ordre des temps, soit pour les circonstances des faits; et que j’abandonne ce qui, dans mon livre, regarde la formation de la terre, et en général tout ce qui pourrait être contraire à la narration de Moïse, n’ayant présenté mon hypothèse sur la formation des planètes que comme une pure supposition philosophique.
2° Que par rafiport à cette expression, le mol de vérité ne fait naître qu’une idée vaque, je n ai entendu que ce qu’on entend dans les écoles par idée générique, qui n’existe point en soi-méme, mais seulement dans les espèces dans lesquelles elle a une existence réelle; et par coirséquent il y a réellement des vérités certaines en cjles-mêmes, comme je l’explique dans l’article suivant.
3" Qu’outre les vérités de conséquence et de supposition, il y a des premiers principes absolument vrais et certains dans tous les cas, et indépendamment de toutes les suppositions; et que ces conséquences, déduites avec évidence de ces principes, ne sont pas des vérités arbitraires, mais des vérités éternelles et évidentes; n’ayant uniquement entendu par vérités de définitions que les seules vérités mathématiques.
4” Qu’il y a de ces principes évidents et de ces conséquences évidentes dans plusieurs sciences, et surtout dans la métaph}'siquc et la morale; que tels sont en particulier, dans la métaphysique, l’existence de Dieu, ses principaux attributs, l’existence, la spiritualité et l’immortalité de notre àme; et dans la morale, l’obligation de rendre un culte à Dieu, et à un chaeun ce qui lui est dû, et en conséquence qu’on est obligé d'éviter le larcin, l'homicide, et les autres actions que la raison condamne.
3” Que les objets de notre foi sont très-certains, sans être évidents; et que Dieu qui les a révélés, et que la raison même m’apprend ne pouvoir me