DE LA TERRE
sentiment , en ce qu'il pense que les ocres sont' des glaises ; car je crois avoir prouvé ci -devant que ce sont des terres ferrugineuses qui ne proviennent pas des glaises ou argiles, mais de la terre végétale ou limoneuse, laquelle contieut beaucoup de fer, tandis que les glaises n'en contiennent que très-peu.
On trouve aussi des mines de fer en ocre ou rouille dans le fond des marécages et des autres eaux stagnantes. Le limon des eaux des pluies et des rosées est une sorte de terre végétale qui contient du fer, dont les molécules peuvent se rassembler dans cette terre limoneuse au dessous de l'eau comme au dessous delà surface de la terre ; c'est cette espèce de mine de fer que les minéralogistes ont appelée vena palustris : elle a les mêmes propriétés et sert au même usage que les autres mines de fer en grains, et son origine primordiale est la même ; ce sont les roseaux, les joncs, et les autres végétaux aquatiques, dont les débris accumulésau fond des marais y forment les couches de cette terre limoneuse dans laquelle le fer se trouve sous la forme de rouille. Souvent ces mines de marais sont plus épaisses et plus abondantes que les mines terrestres, parce que les couches de terres limoneuses y sont elles-mêmes plus épaisses, par la raison que toutes les plantes qui croissent dans les eaux y retombent en pourriture , et qu'il ne s'en fait aucune consommation , au lieu que , sur la terre, l'homme et le feu en détruisent plus que la pourriture.
Je ne puis répéter assez que cette couche de terre végétale qui couvre la surface du globe est non seulement le trésor des richesses delà nature vivante, le dépôt des molécules organiques qui servent à l'entretien des animaux et des végétaux, mais encore le magasin universel des élérnens qui entrent dans la composition de la plupart des minéraux. On vient de voir que les bitumes , les charbons de terre , les bols , les ocres , les mines de fer en grains , et les pyrites , en tirent leur première origine, et nous prouverons de même que le diamant et plusieurs autres minéraux régulièrement figurés se forment dans cette même terre, matrices de tous les êtres.
Comme cette dernière assertion pourroit paroître hasardée, je dois rappeler ici ce que j'ai écrit en 1772 sur la nature du diamant, quelques anuées avant qu'on eût fait les expériences par lesquelles on a démontré que c'étoit une substance inflammable : je Pavois présumé par analogie de sa puissance ùe réfraction , qui , comme celte (fe