VÉGÉTALE
toutes les huiles et autres substances inflammables , est proportionnellement beaucoup plus grande que leur densité. Cet indice, comme l'on voit, ne m'avoit pas trompé, puisque , deux ou trois ans après , on a vu des diamans s'enflammer et brûler au foyer du miroir ardent. Or je prétends que le diamant qui prend une figure régulière et se cristallise en octaèdre est un produit immédiat de la terre végétale; et voici la raison que je puis en donner d'avance , en attendant les preuves plus particulières que je réserve pour l'article ou je traiterai de cette brillante production de la terre. On sait que les diamans, ainsi que plusieurs autres pierres précieuses, ne se trouvent que dans les climats du midi, et qu'on n'a jamais trouvé de diamans dans le nord , ni même dans les terres des zones tempérées : leur formation dépend donc évidemment de l'influence du soleil sur les premières couches de la terre ; car la chaleur propre du globe est à très - peu près la même a une petite profondeur dans tous les climats froids ou chauds. Ainsi ce ne peut être que par cette
S lus grande influence du soleil sur les terres es climats méridionaux que le diamant s'y forme à l'exclusion de tous les autres climats ; et comme cette influence agit principalement sur la couche la plus extérieure du globe , c'est-à-dire , sur- celle de la terre végétale , et qu'elle n'a nulle action sur les couches intérieures, on ne peut attribuer
3u'à cette même terre végétale la formation u diamant et des autres pierres précieuses qui ne se trouvent que dans les contrées du midi : d'ailleurs l'inspection nous a démontré que la gangue du diamant est une terre rouge semblable à la terre limoneuse. Ces considérations seules suffiraient pour prouver en général que tous les minéraux qui ne se trouvent que sous les climats les plus chauds, le diamant en particulier, ne sont formés que par les élérnens contenus dans la terre végétale, et combinés avec la lumière et la chaleur que le soleil y Verse en plus grande quantité que partout ailleurs.
Nous avons dit qu'il n'y a rien de combustible dans la nature que ce qui provient des êires organisés f nous pouvons avancer de même qu'il n'y a rien de régulièrement figuré dans la matière que ce qui a été tra vaille par les molécules organiques, soit avant , soit après la naissance de ces mêmes êtres organises : c'est par la grande auantilé de ces molécules organiques contenues dans la terre végétale que se fait la production de tous les végétaux et l'entretien des an>
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MINÉRAUX
maux ; leur développement, leur accroissement, ne s'opèrent que par la susception de ces mêmes molécules qui pénètrent aisément toutes les substances ductiles : mais lorsque ces molécules actives ne rencontrent que des matières dures et trop résistantes, elles ne peuvent les pénétrer, et tracent seulement à leur superficie les premiers linéamens de l'organisation qui forment les traits de leur figuration.
Mais revenons à la terre végétale prise en masse, et considérée comme la première couche qui enveloppe le globe. Il n'y a que très-peu d'endroits sur la terre qui ne soient pas couverts de cette terre ; les sables brûfans de l'Afrique et de l'Arable, les sommets nus des montagnes composées de quartz ou de granité , les régions polaires , telles que Spitzbcrg et Sandwich, sont les seules terres ou la végétation ne peut exercer sa puissance, les seules qui soient dénuées de cette couche de terre végétale qui fait la couverture et produit la parure du globe. « Les roches pelées et stériles de la terre de Sandwich, dit M. Forster, ne paraissent pas ^couvertes du moindre grain de terreau , et on n'y remarque aucune trace de végétation.... Dans la baie de Possession, nous avons vu deux rochers où la nature commence son grand travail de la végétation z : elle a déjà formé une légère enveloppe de sol au sommet des rochers; mais son ouvrage avance si lentement , qu'il n'y a encore que deux plantes , un gramen et une espèce de pimprenelle.... A la Terre-de-Feu, vers l'ouest , et à la Terre-des-États , dans les cavités et les crevasses des piles énormes de rochers qui composent ces terres, il se conserve un peu d'humidité , et le frottement continuel des morceaux de roc détachés, précipités le long des flancs de ces masses grossières , produit de petites particules d'une espèce de sable : là, dans une eau stagnante, croissent peu à peu quelques plantes du genre des algues , dont les graines y ont été portées par les oiseaux. Ces Slantes créent, à la fin de chaque saison, es atomes de terreau qui s'accroît d'une année à l'autre ; les oiseaux , la mer , et le vent, apportent d'une île voisine sur ce commencement dé terreau les graines de quelques-uues des plantes à mousse qui y végètent durant la belle saison : quoique ces plantes ne soient pas véritablement des
t. C'est plutôt que le travail de la nature expire •or ces extrémités polaires ensevelies déjà par les progrès do. refroidissement, et qui sont a jamais perdues pour la nature vivante.
mousses, elles leur ressemblent beaucoup.- Toutes, ou du moins la plus grande partie, croissent d'une manière analogue à ces régions , et propre à former du terreau et du sol sur les rochers stériles. A mesure que ces plantes s'élèvent , elles se répandent en tiges et en branches qui se tiennent aussi près l'une de l'autre, que cela est possible; elles dispersent ainsi de nouvelles graines, et enfin elles couvrent un large canton : les fibres, les racines, les tuyaux, et les feuilles les plus inférieures , tombent peu à peu en putréfaction, produisent une espèce de tourbe ou de gazon , qui insensiblement se convertit en terreau et en sol. Le tissu serré de ces plantes empêche l'humidité qui est au dessous de s'évaporer, fournit ainsi à la nutrition de la partie supérieure , et revêt à la longue tout l'espace d'une verdure constante....'Je ne puis pas oublier , ajoute ce naturaliste voyageur , la manière particulière dont croit une espèce de gramen dans l'île du Houvel -An, près de la Terre-des- États , et à la Géorgie australe. Ce gramen est perpétuel , et il affronte les hivers les plus froids. Il vient toujours en touffes ou panaches, à quelque distance l'un de l'autre; chaque année les bourgeons prennent une nouvelle tète, et élargissent le panacha jusqu'à ce qu'il ait quatre ou cinq pieds de haut , et qu'il soit deux ou trois fois plus •large au sommet qu'au pied. Les feuilles et les tiges de ce gramen sont fortes et souvent de trois à quatre pieds de long. Les phoques et les pingouins se réfugient sous ces touffes; et comme ils sortent souvent de la mer tout mouillés, ils rendent si sales et si boueux les sentiers entre les panaches, qu'un homme ne peut y marcher qu'ai sautant de la cime d'une touffe à l'autre. Ailleurs les oiseaux appelés nigauds s'emparent de ces touffes et y font leurs nids. Ce gramen et les éjections des phoques, des pingouins, et des nigauds, donnent peu à peu une élévation plus considérable au sol du pays. »
On voit par ce récit que la nature se sert de tous les moyens possibles pour donner à la terre les germes de sa fécondité , et pour la couvrir de ce terreau ou terre végétale qui est la base et la matrice de toutes ses productions. Nous avons déjà exposé, à l'article des volcans, comment les laves et toutes les autres matières vulcanisées se convertissent avec le temps en terre féconde; nous avons démontré la conversion du verre primitif en argile par l'intermède de l'eau. Cette argile, mêlée des détrimens des ani-
DE LA TERRE VÉGÉTALE
Sot
maux marins, n'a pas été long-temps stérile; elle a bientôt produit et nourri des plantes dont la décomposition a commencé de former des couches de terre végétale, qui n'ont pu au'augmenter partout où ce travail successif de la nature n'a point trouvé d'obstacle ou souffert de déchet.
On a vu ci-devant que l'argile et le limon, ou, si Ton veut, la terre argileuse et la terre limoneuse , sont deux matières fort différentes , surtout si Ton compare l'argile
Sure au limon pur, l'une ne provenant que u verre primitif décomposé par les élémens humides, et l'autre n'étant au contraire que le résidu ou produit ultérieur de la décomposition des corps organisés : mais, dès que es couches extérieures de l'argile ont reçu les bénignes impressions du soleil, elles ont acquis peu à peu tous les principes de la fécondité par le mélange des poussières de l'air et du sédiment des pluies; et bientôt les argiles, couvertes ou mêlées de ces limons terreux , sont devenues presque aussi fécondes que la terre limoneuse; toutes deux sont également spongieuses, grasses, douces au toucher , et susceptibles de concourir à la végétation par leur ductilité. Ces caractères communs sont cause que ni les minéralogistes ni même les chimistes ne les ont pas assez distinguées, et que l'on trouve en plusieurs endroits de leurs écrits le nom de terre argileuse au lieu de celui de terre limoneuse. Cependant il est très-essentiel de ne les pas confondre , et de convenir avec nous que les terres primitives et simples peuvent se réduire à trois, l'argile, la craie, et la terre limoneuse , qui toutes trois différent par leur essence autant que par leur origine.
Et quoique la craie ou terre calcaire puisse être regardée comme une terre animale, puisqu'elle n'a été produite que par les délrimens des coquilles, elle est néanmoins plus éloignée que l'argile de la nature •le la terre végétale : car cette terre calcaire ne devient jamais aussi ductile ; elle se refuse long -temps à toute fécondation; la sécheresse de ses molécules est si grande, et les principes organiques qu'elle contient sont en si petite quantité que par elle-même elle demeureroit stérile à jamais , si le mélange de la terre végétale ou de l'argile ne lui communiquoit pas les élémens de la fécondation. Nous avons déjà eu occasion d'observer que les pays de craie et de pierre calcaire sont beaucoup moins fertiles que ceux d'argile et de cailloux vitreux; ces mêmes cailloux, loin de nuire à la fécondité,
y contribuent en se décomposant; leur sur* face blanchit à l'air, et s'exfolie avec le temps en poussière douce , ductile ; et comme cette poussière se trouve en même temps imprégnée du limon des rosées et des pluies, elle forme bientôt une excellente terre végétale , au lieu que la pierre calcaire , quoique réduite en poudre , ne devient pas ductile , mais demeure aride , et n'acquiert jamais autant d'affinité que l'argile avec la terre végétale ; il lui faut donc beaucoup plus de temps qu'à l'argile pour s'atténuer au point de aevenir féconde. Au reste, toute terre purement calcaire, et tout sable encore aigre et purement vitreux, sont à peu près également impropres à la végétation , parce que les sables vitreux et la craie ne sont pas encore assez décomposés , et n'ont pas acquis le degré de ductilité nécessaire pour entrer seuls dans la composition des êtres organisés.
Et comme l'air et l'eau contribuent beaucoup plus que la terre à l'accroissement des végétaux , et que des expériences bien faites nous ont démontré que dans un arbre, quelque solide qu'il soit , la quantité de terre qu'il a consommée pour son accroissement ne fait qu'une très-petite portion de son
Eoids et de son volume, il est nécessaire que i majeure et très-majeure partie de sa masse entière ait été formée par les trois autres élémens , l'air , l'eau , et le feu : les particules de la lumière et de la chaleur se sont fixées avec les parties aériennes et aqueuses pendant tout le temps du développement de toutes les parties du végétal. Le terreau et le limon sont donc produits originairement par ces trois premiers élémens combinés avec une très - petite portion de terre : aussi la terre végétale contient - elle très-abondamment et très-évidemment tous les principes des quatre élémens réunis aux molécules organiques ; et c'est par cette raison qu'elle devient la mère de tous les êtres organisés , et la matrice de tous les corps figurés.
J'ai rapporté ailleurs des essais sur différentes terres dont j'avois fait remplir de grandes caisses , et dans lesquelles j'ai sema des graines de plusieurs arbres. Ces épreuves suffisent pour démontrer que ni les sables calcaires, ni les argiles, ni les terreaux trop nouveaux , ni les fumiers , tous pris séparément , ne sont propres à la végétation ; que les graines les plus fortes , telles que les glands , ne poussent que de très-foibles racines dans toutes ces matières, où ils ne font que languir et périssent bientôt : la terre végétale elle-même , lorsqu'elle est ré-
3o* MINÉfejLTJX.
c(uite en parfait limon et en bol , est alors trop compacte pour que les racines des plantes délicates puissent y pénétrer. La meilleure terre , après la terre de jardin , est celle qu'on appelle terre franche, qui n'est ni trop massive, ni trop légère, ni trop grasse, ni trop maigre, qui peut admettre l'eau des pluies sans la laisser trop promptement cribler , et qui néanmoins ne la retient pas assez pour qu'elle y croupisse. Mais
* c'est au grand art de l'agriculture que l'histoire naturelle doit renvoyer l'examen particulier des propriétés et" des qualités des différentes terres soumises à la culture : l'expérience du laboureur donnera souvent dès résultats que la vue du naturaliste n'aura pas aperçus.
Bans les pays habités, et surtout dans ceux où la population est nombreuse , et où presque toutes les terres sont en culture, la quantité de terre végétale diminue de siècle en siècle , non seulement parce que les encrais qu'on fournit à la terre ne peuvent équivaloir à la quantité des productions qu'on en tire , et que ordinairement le fer-
,mier avide ou le propriétaire passager, plus pressés de jouir que de conserver, effritent, affament leurs terres en les faisant porter au delà de leurs forces, mais encore parce que
cette culture donnant d'autant plus de produit que la terre est pins travaillée, plus divisée , elle fait qu'en même temps la terre est plus aisément entraînée par les eaux; ses parties les plus unes et les plus substantielles, dissoutes ou délayées, descendent par les ruisseaux dans les rivières , et des rivières à la mer : chaque orage en été , chaque grande pluie d'hiver, charge toutes les eaux courantes d'un limon jaune dont la quantité est trop considérable pour que toutes les forces et tous les soins de Phomnie puisseut jamais en réparer la perte par de nouveaux amendemens. Cette déperdition est si grande et se renouvelle si souvent, qu'on ne peut même s'empêcher d'être étonné que la stérilité n'arrive pas plus tôt, surtout dans les terrains qui sont en pente sur les coteaux. Les terres qui les couvraient étoient autrefois grasses, et sont déjà devenues maigres à force de culture ; elles le deviendront toujours de plus en plus jusqu'à ce qu'étant abandonnées à cause de leur stérilité elles puissent reprendre , sous la forme de friche , les poussières de l'air et des eaux , le limon des rosées et des pluies, et les autres secours de la nature bienfaisante , qui toujours travaille à rétablir ce que l'homme ne cesse de détruire.
DU CHARBON DE TERRE
Nous avons vu , dans l'ordre successif des grands travaux de la nature, que les roches vitreuses ont été les premières produites par le feu primitif; qu'ensuite les grès , les argiles, et les schistes, se sont formés des débris et de la détérioration de ces mêmes roches vitreuses, par l'action des élémens humides, dès les premiers temps après la chute des eaux et leur établissement sur le globe ; qu'alors les coquillages marins ont pris naissance et se sont multipliés en innombrable quantité , avant et durant la retraite de ces mêmes eaux ; que cet abaissement des mers s'est fait successivement par l'affaissement des cavernes et grandes boursouflures de la terre qui s'étoient formées au moment de sa consolidation par le premier refroidissement ; qu'ensuite , à mesure que les eaux Uissoient en s'abaissant les parties hautes du globe à découvert , ces terrains élevés se couvraient d'arbres et d'autres végétaux, les-
quels, abandonnés à la seule nature, ne croissoient et ne se multiplioient que pour périr de vétusté et pourrir sur la terre, ou pour être entraînés , par les eaux courantes, au fond des mers ; qu'enfin ces mêmes végétaux , ainsi que leurs détrimens en terreau et en limon , ont formé les dépôts en amas ou en veines que nous retrouvons aujourd'hui dans le sein de la terre sous la forma de charbon ; nom assez impropre, parce, qu'il paroi t supposer que cette matière végétale a été attaquée et cuite par le feu, tandis qu'elle n'a subi qu'un plus ou moins grand degré de décomposition par l'humidité , et qu'elle s'est conservée au moyen de son huile convertie par les acides en bitume.
Les débris et résidus de ces immenses forêts et de ce nombre infini de végétaux nés de plusieurs centaines de siècles avant l'homme , et chaque jour augmentés , multipliés
DU CHARBON DE TERRE. 3o3
tàns déperdition , ont couvert la surface de II y a donc beaucoup de cnarbons de terre la terre de couches limoneuses qui de même trop impurs pour pouvoir être préparés et ont été entraînées par les eaux , et ont for- substitues aux mêmes usages que le charbon mé en mille et mille endroits des dépôts en de bois ; celui qu'on pourrait appeler pur masses et des couches d'une très - grande ne serait pour ainsi dire que du bitume
comme le jayet, qui me paraît faire la nuance entre les bitumes et le charbon de terre : mais dans les meilleurs charbons il se trouve toujours quelques-unes des matières étrangères dont nous venons de parler , et qu'il est difficile d'en séparer ; la qualilé du charbon est souvent détériorée par l'effervescence des pyrites martiales , occasionée par l'humidité de la terre : comme cette effervescence ne se fait point sans mouvement et sans chaleur , c'est toujours aux dépens du charbon, parce que souvent cette chaleur le pé* nètre, le consume, et le dessèche ; et lorsqu'on lui fait subir une demi - combustion semblable à celle du bois qu'on cuit en charbon , l'on ne fait que lui enlever et convertir en vapeur de soufre les parties pyriteuse$9 qui souvent y sont trop abondantes.
Mais avant de parler de la préparation et des usages infiniment utiles de ce charbon , il faut d'abord en considérer la substance dans son état de nature ; il me parait certain,
étendue sur le fond de la mer ancienne ; et ce sont ces mêmes couches de matière végétale que nous retrouvons aujourd'hui a d'assez grandes profondeurs dans les argiles, les schistes , les grès , et autres matières de féconde formation qui ont été également transportées et déposées par les eaux : la seconde formation de ces veines est donc bien postérieure à celle des matières primitives , puisqu'on ne les trouve qu'avec leurs détrimens et dans les couches déposées par les eaux , et que jamais on n'a vu une seule veine de ce charbon dans les masses primitives de quartz ou de granité.
Comme la masse entière des couches on veines de charbon a été roulée , transportée , et déposée par les eaux en même temps et de la même manière que toutes les autres matières calcaires ou vitreuses réduites en poudre , la substance du charbon se trouve presque toujours mélangée de matières hé* térogènes, et, selon qu'elle est pure, elle devient plus utile et plus propre à la préparation qu'elle doit subir pour pouvoir rem- S lacer comme combustible tous les usages u bois : il y a de ces charbons qui sont si mêlés de poudre de pierre calcaire z , qu'on ne peut en faire que de lachau\, soit qu'on les brûle en grandes ou en petites masses ; il y en a d'autres qui contiennent une si grande quantité de grès , que leur résidu , après la combustion , n'est qu'une espèce de sable vitreux; plusieurs autres sont mélangés de matière pyriteuse : mais tous sans sxception tirent leur origine de matières végétales et animales , dont les huiles et les graisses se sont converties en bitume ».
i. A Alais, et dans plusieurs outres endroits du Languedoc, on fait de la chaux arec le charbon même , sans autre pierre ni matières calcaires que celles qu'il contient, et aussi sans autre substance combustible que son propre bitume , qui , après s'être constaté , laisse à nu la base calcaire que le charbon contenoil en grande quantité.
s. M. de Gensanne distingue cinq espèces de charbon de terre qui sont , z4 la houille, a° le charbon de terre cubique qu'on appelle aussi carré , 3° le charbon à facettes ou ardoisé , 4° le charbon jayet , 5° le bois fossile. Je dois observer que M. de Gensanne est le seul des minéralogistes qui ait présenté cette division des charbons de terre dans laquelle le bois fossile ne doit pas être compris tant qu'il n'est pas bitumineux.
La houille est une terre noire bitumineuse et combustible ; elle se trouve toujours fort près de la surface de la terre, et voisine des véritables
veines de charbon.... Le charbon de terre cubique a ses parties constituantes disposées par cubes arrangés les uns contre les autres ; de sorte qu'en les pilant , même tres-menu , ces mêmes parties conservent toujours une configuration cubique x il est fort luisant à la rue ; U s'en trouve qui représente les plus belles couleurs de l'iris , qui ne sont que l'effet d'une légère efflorescence de soufre.... L* charbon à facettes ou ardoisé ne diffère du charbon cubique que par la configuration de »e$ parties constituantes, et qu'en ce qu'il est plus sujet que le précédent à renfermer des grains de pyrites qui détériorent sa qualité x on distingue à la rue simple qu'il est composé de petites lames entassées les unes sur les autres , dont l'ensemble forme de petits corps irréguliers rangés les uns à côté des autres.... Le charbon jayet est nne substance bitumineuse plus ou moins compacte , lisse , et fort luisante ; il est plus pesant que les charbons précédons. Sa dureté est fort variable : il y en a qui est si dur qu'il prend un assez beau poli , et qu'on le taille comme les pierres ; on en fait dans bien des endroits des boutons d'habits, des colliers, et d'autres menus ouvrages de cette espèce x il y en a d'autre qui est si mou qu'on le pelote dans la main ; et toutes ces différences ne viennent que du plus ou du moins de suLstance huileuse que ce fossile renferme ; car il est bon de remarquer qu'il n'est point de charbon de terre , de quelque espèce qu'il soit , qui ne contienne une portion plus ou moins considérable d'une huile connue sous le nom de pétrole ou à* asphalte. Le jayet n'est pas , comme le dit M. de Gensanne, plus pesant que les charbons de terre t il est au contraire plus léger ; car les charbons de terre ordinaires ne surnagent point dans l'eau au , lieu que le jayet y surnage , et c'est même par cette propriété qu'on peut le distinguer du charbon*
Soi
MINÉRAUX
comme je viens de le dire, que la matière qui en fait le fonds est entièrement végétale. J'ai cité les faits par lesquels il est prouvé ;u'au dessus du toil et dans la couverture le la tête de toutes les veines de charbon il se trouve des bois fossiles et d'autres végétaux dont l'organisation est encore reconnoissable , et que souvent même on y rencontre des couches de bois à demi charbonnifié >; on reconnoit les vestiges des végétaux non seulement dans la substance du charbon , mais encore dans les terres et les schistes dont ils sont environnés : il est donc évident que tous les charbons de terre tirent leur origine du détriment des végétaux.
De même on ne peut pas nier que le charbon de terre ne contienne du bitume» puisqu'il en répand l'odeur et l'épaisse fumée au moment qu'on le "brûle. Or le bitume n'é-
z. Outre les impressions de plantes esses cominunes dans le toit de ces mines , on rencontre fréquemment , dans leur voisinage ou dans les fouilles qu'entraîne leur exploitation , des portions de bois» et même des arbres entiers.
M. l'abbé de Saurages fait mention dans les Mimoires de l'Académie des Sciences, année 1743»
1>age 4i3, de fragment de bois pierreux fortement ncrustés du côté de l'écorce , d'un ou deux pouces de charbon de terre , dans lequel a'éloit faite cette pétrification.
Il est très-ordinaire de trourer au dessus des ■aines de houille du bois qui n'est point du tout «écomposé ; mais à mesure qu'on le trouve enfoui plus profondément, il est sensiblement plus altéré.
A Bull , près de Cologne et de Bonn, M. de Bury, fameux bouilleur de Liège , en faisant fouiller dans on Talion , troura une espèce de terre houille , qui n'étoit autre chose que du bots qui avoit été cou* vert par une montagne de terre.
Il y a plusieurs mines dans lesquelles on ne peut méconnoître des troncs et des branches d'arbres qui ont conservé leur texture fibreuse , compacte , comme on en trouve à Querfurt, dont la couleur est d'un brun jaunâtre. M. Darcet a vu, dans la mine de Wentorcastle , un tronc de la grosseur d'un mat de petit vaisseau , qui étoit implanté dans l'argile, tout-à-fait à l'extrémité et hors de la mine : la partie supérieure étoit du vrai charbon de terre absolument semblable à celui de la mine , tandis que la partie de dessous ce même tronc étoit en* core du bois , et ne sautoit pas en éclats comme celle du dessus ; mais elle se fendoit , et la hache y étoit retenue comme elle a coutume de s'arrêter dans le boia.
Outre ces troncs d'arbres épars, ces débris de bois , il est des eudroits où l'on ne connoît pas de mines de charbon de terre, et où l'on rencontre , à une grande profondeur» des amas de bois fossiles , disposés par bancs séparés les uns des autres par des lits terreux, et qui présentent en tout des soupçons raisonnables d'un passage de la nature ligneuse à celle de la houille , d'une vraie transmutation de bois en charbon de terre. (Du charbon de terre, par M. Morand, p. 5 et 6.)
M. de Gensanne cite lui-même quelques mines de charbon de terre dont les têtes sont composées de
tant que de l'huile végétale on de la graisse animale imprégnée d'acide , la substance entière du charbon de terre n'e$t donc formés que de la réunion des débris solides et de 1 huile liquide des végétaux , qui se sont ensuite durcis par le mélange des acides. Cette vérité, fondée sur ces faits particuliers, se prouve encore par le principe général qu'aucune substance dans la nature n'est combustible qu'en raison de la quantité de matière végétale ou animale qu'elle contient, puisqu'avant la naissance des animaux et des végétaux la terre entière a non seulement été brûlée , mais fondue et liquéfiée par le feu : en sorte que toute matière purement brute ne peut brûler une seconde fois.
Et l'on auroittort de confondre ici le soufre avec les bitumes , par la raison qu'ils se trouvent souvent ensemble dans le charbon de terre. Le soufre ne provient que de la combustion des pyrites formées elles-mêmes de l'acide et du feu fixe contenus dans les substances organisées , au lieu que les bitumes ne sont que leurs huiles grossières imprégnées d'acide : aussi les bitumes ne contiennent point de soufre et les soufres ne contiennent point de bitume. Ces deux combinaisons , opposées dans des matières qui toutes deux proviennent du détriment des corps organisés , indiquent assez que les moyens employés par la nature pour les former sont différens l'un de l'autre, puisque ces deux produits ne se réunissent ni ne se rencontrent ensemble. En effet , le soufre est formé par l'action du feu , et le bitume par celle de l'acide sur l'huile. Le soufre se produit par la combinaison du feu fixe1 contenu dans les substances organisées lorsqu'il est saisi par l'acide vilrioïique ; les bitumes , au contraire , ne sont que les huiles mêmes des végétaux décomposées par l'eau et mêlés avec les acides : aussi l'odeur du soufre et celle du bitume sont-elles très-différentes dans la combustion; et l'un des plus grands défauts que puisse avoir le charbon de terre , surtout pour les usages de la métallurgie , c'est d'être trop mêlé de matière {>yriteuse, parce que, dans la combustion, es pyrites donnent une grand quantité de soufre : l'excellente qualité du charbon vient au contraire de la pureté de la matière végétale et de l'intimité de son union avec le
s* Si l'on objecte qu'il se produit du soufre noa seulement par le feu , mais sans feu , et par ce qu« l'on appelle la voie humide, comme dans les voiries et les fosses d'aisances, je répondrai que ce Jiassage ou changement ne se fait que par une effervescence accompagnée d'une chaleur qui fait ici le même effet que le feu.
DU CHARBON DE TERRE
bitume ; néanmoins les charbons trop bitumineux ont peu de chaleur , et donnent une flamme trop passagère ; et il paroi t que la parfaite qualité du charbon vient de la parfaite union du bitume avec la base terreuse, qui ne permet que successivement les progrès et le développement du feu.
Or les matières végétales se sont accumulées en masses, en couches, en veines, en filons, ou se sont dispersées en petits volumes , suivant les différentes circonstances ; et lorsque ces grandes masses , composées de végétaux et de bitume, se sont trouvées voisines de quelques feux souterrains , elles ont produit , par une espèce de distillation naturelle, les sources de pétrole, d'asphalte, et des autres bitumes liquides que Ton voit couler quelquefois à la surface de la terre , mais plus ordinairement à de certaines profondeurs dans son intérieur, et même au fond des lacs * et de quelques plages de la mer *. Ainsi toutes les huiles qu'on appelle terrestres , et qu'on regarde vulgairement comme des huiles minérales , sont des bitumes qui tirent leur origine des corps organisés, et qui appartiennent encore au règne végétal ou animal ; leur inflammabilité , la constance et la durée de leur flamme, la quantité très-petite de cendres ou plutôt de matière charbonneuse qu'ils laissent après la combustion , démontrent assez que ce ne •ont que des huiles plus ou moins dénaturées par les, sels de la terre, qui leur donnent en même temps la propriété de se durcir et de faire ciment dans la plupart des matières où ils se trouvent incorporés.
Mais , pour nous en tenir à la seule considération du charbon de terre dans son état de nature , nous observerons d'abord qu'on peut passer par degrés de la tourbe récente et sans mélange de bitume à des tourbes plus anciennes devenues bitumineuses, du boischarbonnifié aux véritables charbons de terre, et que par conséquent on ne peut guère douter , indépendamment des preuves rapportées ci-devant, que ces charbons ne soient de véritables végétaux que le bitume a conservés. Ce qui me fait insister
z. L'asphalta est en très-grande quantité dans la mer BJorte de Judée , à laquelle on a même donné le nom de la* Aspkaltique ; ce bitume s'élève à la surface de l'eau, et les voyageurs ont remarqué dans les plaines voisines de ce lac plusieurs pierres et mottes de terre bitumineuses.
a. Flaceour dit avoir vu entre le cap Vert et le cap de Bonne- Espérance un espace de mer qui avoit une teinture jaune , comme d'une huile ou bitume qni surnageoit , et qni , venant a se figer par succession de temps , durcit ainsi que l'ambre jaune
sir ce point c'est qu'il y a des observateurs qui donnant à ceschatnoBs une tout antre origine : par exemple, If. Genneté prétend que le charbon de terre est produit par un certain roc ou grès auquel il donne te nom à'agas 3 ; et M. de Gensanne, l'un de nos plus sa vans minéralogistes , vent que la substance de ce charbon ne soit que de l'argile. La première opinion n'est fondée que sur te que M. Genneté a vu des veine» de charbon sous des bancs de grès ou d'agas , lesquelles veines paroissent s'augmenter ou se régénérer dans les endroits vides dont on a tiré le charbon quelques années auparavant : il dit positivement que le roc (agas) est la matrice du charbon ; que dans le pays de Liège la masse de ce roc est à celle du charbon comme a5 sont à i, en sorte qu'il y t vingt-cinq pieds cubiques de roc pour un pied cube de charbon, et qu'il est étonnant que ces vingt-cinq pieds de roc suffisent pour fournir le suc nécessaire à la formation d'un pied cube de charbon. Il assure qu'il se reproduit dans ces mêmes veines trente ou quarante ans après qu'elles ont été vidées , et que ce charbon nouvellement produit les remplit dans ce même espace de temps. « On voit, ajoutet-il, que la nouille est formée d'un suc bitumineux qui distille du roc, s\ arrange en veines d'une grande régularité, s'y durcit comme la pierre; et voilà aussi sans doute pourquoi elle se reproduit Mais pendant mille ans qu'une veine de houille demeure entre les bancs de roc qui la soutiennent et la couvrent sans aucun vide, et sans que cette veine augmente en épaisseur non plus qu'en long et en large, et encore sans qu'elle fasse de dépôt ailleurs , autant qu'on sache, que devient donc le suc bitumineux qui, dans quarante ans , peut reproduire et produit en effet une semblable veine? Je ne sais , continue-t-il , s'il est possible de dévoiler ce mystère. »
M. Genneté est peut-être de tous nos minéralogistes celui qui a donné les meilleurs renseignemens pour l'exploitation des mines de charbon, et je rends bien volontiers jus tice au mérite de cet habile homme , qui a joint à une excellente pratique de très-bon*
3. « La matrice dans laquelle s'arrangent let veines de houille est une sorte de grès dur comme du fer, dans l'intérieur de la terre , mais qui se réduit en poussière lorsqu'il est exposé à l'air : les hou illeurs nomment cette pierre agas. » J'ai vu de ces pierres pyriteuses , qni sont eu effet très-dures, dans l'intérieur de la terre, et dont on ne peut percer les bancs qu'à force de poudre , et qui ta décomposent à l'air ; elles se trouvent asses août si M dessus des reines de charbon.
Burroir. H.
JoÔ
MINÉRAUX
' Ma remarques ; mais sa théorie , que je viens 4'expeeer\ mm me pare* tirée que dhnt fait particulier, dont û ne fidloit pat foire un principe général. II est certain, et je l'ai tu moi-même, qu'il se forme dan» quelques eirconstances des charbons nouveaux par la . atiUation des eaux f de la même manière qu'à ae fbreae de nouvelles pierres , des albâtres , et des marbres nouveaux , dans tous les endroits qui se trouvent au dessous des matières de même espèce : ainsi, dans une veine de charbon tranchée verticalement et abandonnée depuis du temps, on. voit sur les parois et entre les petits lits de l'ancien charbon un* concrétion ordinairement brune et quefaueftns blanchâtre, qui n'est qu'une véritable stalactite ou concrétion de la même nature que le charbon dont elle tire son origine par la filtration de l'eau. Ces incrustations charbonneuses peuvent augmenter avec le temps, et peut-être remplir, dans une longue succession d'années, une fente de quelques pouces , ou , si Ton veut , de quelques pieds de largeur : mais, pour que • ©et effet soh produit , il est nécessaire qu'il y art au dessus ou autour de la fente ou cavité qui se remplit une masse de charbon , ' laquelle fournit non seulement le bitume , mais encore les autres parties composantes de ee charbon qui se forme , c'est-a-dire la partie végétale , sans quoi ce nouveau charbon ne ressemblerait pas à l'autre , et s'il ne découloit que du bitume , la stillation ne formeroit que du bitume pur et non pas du charbon. Or M. Genneté convient et même affirme que les veines anciennement vidées Se remplissent en quarante ans de charbon tout semblable à celui qu'elles contenoient, et que cela ne se fait que par le suintement du bitume fourni par le roc voisin de cette veine; dès lors il faut qu'il convienne aussi que cette veine ne pourroit , par ce moyen, être remplie d'autre chose que de bitume , et non pas de charbon. Il faut de même qu'il fasse attention à une chose très-naturelle et très- possible, c'est qu'il y a certaines pierres, agas, ou autres , qui non seulement sont bitumineuses , mais encore mélangées par lits ou par filons de vraie matière de charbon , et que très - probablement les veines qu'il dit s'être remplies de nouveau étoient environnées et couvertes de cette espèce de roche à demi charbonneuse; et dès lors ce mystère qu'il ne croit pas possible de dévoiler est un effet très simple et très-ordinaire dans la nature. U me semble qu'il n'est pas nécessaire d'en dire davantage pour qu'on soit bien convaincu que ja-
mais ni le grès, ni l'agas, ni aucune autre roche, n'ont été les matrices d'aucun charbon de terre, à moins qu'ils n'en soient eux* mêmes mélangés en très-grande quantité.
L'onmion de M. de Gensahne est beaucoup mieux appuvéc, et ne mê paroît s'é- .faigner de la vérité que par un point sur lequel il et oit facile de se méprendre, c'est de regarder l'argile et le limon , on , pour mieux dire, la terre argileuse et la terre fc moneuse , comme n'étant qu'une seule et même chose. Le charbon de terre, selon M. de Gensanne, est une terre argileuse, mêlée d'assez de bitume et de soufre pour
Su'elie soit combustible. « A la vérité, dit- ^ , ce charbon dans son état naturel ne contient aucun soufre formé; mais il en renferme tous les principes, qui, dans le moment de la combustion , se développent , se combinent ensemble, et font un véritable soufre. »
Il me semble que ce savant auteur n'auroit pas dû faire entrer le soufre dans sa définition du charbon de terre, puisqu'il avoue que le soufre ne se forme que dans sa combustion. Il ne fait donc pas partie réelle de la composition naturelle du charbon; et en effet, l'on connoit plusieurs de ces charbons
Sui ne donnent point de soufre à la cornustion. Ainsi l'on ne doit pas compter le soufre dans les matières dont tout charbon de terre est essentiellement composé , ni dire avec M. de Gensanne qu'on doit regarder les veines de charbon de terre comme de vraies mines de soufre. Et ce qui prouve évidemment que, dans le charbon pur, il n'y a point de soufre formé, c'est qu'en raffinant le cuivre , le plomb , et l'argent, avec du charbon pur, on n'observe pas la moindre décomposition du métal ; point de motte, point de plackmall, même après plusieurs heures de chauffe ».
Mais un autre point bien plus important, c'est l'assertion positive que le fonds du charbon de terre n'est que de l'argile ; en sorte que, suivant ce physicien, tous les naturalistes se sont trompés lorsqu'ils ont dit que ces charbons étoient des débris de forêts et d'autres végétaux ensevelis par des bouleversemens quelconques. « Il est vrai , continue-t-il, que la mer Baltique charrie tous les printemps une quantité de bois qu'elle amène du Nord, et qu'elle arrange par cou ches sur les côtes de la Prusse, qui sont successivement recouvertes par les sables : mais ces bois ne deviendroient jamais charbon de
i. Note communiqué p*r M. Le Camus de limare, 1« 5 juillet 178©.
OU GHAftMtflfiftTERRE.
ton* #W*> tiumÉy m» sebataoea Iritomieeuse qui se oembiae avec eux pour leur donner cette qualité ; sans «sue comhtV uajson ils sa pouiviront et «evmndrontterre.» Ceci in'arréte une seconde mis; «ar Vautour çaaveaaut que le cbarheiMle terre peut aa former de bojs et de bitume-, pourquoi veuJtil que tous lea cbarbpas soient composés de terre argileuse? et se suffit-il pas de dira que , partout .où les bois et autres débris de végétaux se seront bituminisés par le mélange de l'acide, ils seront devenus charbons de terre? et pourquoi composer cette matière combustible d'une matière qui ne peut brûler? N'y a-t-il pas nombre de charbons qui brûlent en entier, et ne laissent après la combustion que des cendres même encore plus douces et plus fines que celles du bois z ? 11 est donc très-certain que ces charbons qui brûlent en entier ne contiennent pas plus d'argile que le bois ; et ceux qui se boursouflent dans la combustion et laissent une sorte de scorie semblable à du mâchefer léger u'offrent ce résidu que parce qu'ils sont eu effet mêlés , non pas d'argile , mais de limon , c'est-à-dire de terre végétale , dans laquelle toutes les parties fixes du bois se sont rassemblées : or j'ai démontré en plusieurs endroits de cet ouvrage, et surtout dans les mémoires de la partie expérimentale, que l'origine du mâchefer ne doit point être attribuée au fer , puisqu'on trouve le même mâchefer dans le feu de l'orfèvre , comme dans celui du forgeron , et que j'ai lait moi-même du mâchefer en grande quantité avec du charbon de bois seul et sans addition d'aucun minéral : dès lors le charbon de terre doit en produire comme le charbon de bois; et lorsqu'il en donne en plus grande quantité, c'est que, sous le même volume, il contient plus de parties fixes que le charbon de bois. J'ai encore prouvé, dans ces mêmes mémoires et dans l'article précédent , que le limon ou la terre végétale est
i. « A Birmingham on emploie dans les cheminées une autre espèce de charbon qui est plus cher que le charbon de terre ordinaire : ou rappelle flew-coal ;la mine est située à sept milles au nord de Birmingham , à iredgfrory near JFarsal iu Staffordshirt : on le tire par gros morceaux qui out beaucoup de consistance, et il se vend trois prne* «nd pennjr le cent , du poids de cent douze livres * faisant à peu près un quintal , poids de marc. Ce charbon rallume avec du papier* comme du bois de sapin ; sa flamme est blanche et claire ; son fan très-ardent : il est d'ailleurs sans odeur, et il se réduit en une cendre blanche aussi légère que celle du bois. Cette espèce de charbon n'a point été décrite dans M. Morand, ni dans aucun autre ouvrage de ma coiinoissance. » {Note communiqué* pur M* Le Cmmus de Limare, le 5 juillet 1780.)
le eVafsnar réside 4ea végétaux sUoompeséa, qui d'abord se réduisent en terreau et par. succession de temps on limon; j'ai de mes** averti ou'il né mUett £as confondre celte terra végétale ou hmeneuse avec Fargua, dont l'origine et les qualités sont toutes dif* forçâtes , même à l'égard des effets du feu* puisque l'argile s'y resserre et que le limon se boursoufle; et cela seul prouveroit qu'il n'y a jamais d'argile , du moins en quantité sensible, dans le charbon de terre» et que dans ceux qui missent , après la combustion, une scorie boursouflée, il y a toujours une quantité considérable de ce limon formé dea parties fixes dea végétaux : ainsi tout charbon de terre pur n'est réellement composé que de matières provenant plus ou moins immédiatement des végétaux.
Pour mieux entendre la génération primitive du charbon de terra et développer aa composition , il mut se rappeler tous las degrés et marne tâcher de suivre les nuancée de la décomposition des végétaux, soit à l'air , soit dans l'eau : les feuilles , les herbes, et les bois abandonnés et gisans sur le terre, commencent par fermenter; et, s'ils sont accumulés en masses, cette effervescence est assez forte pour les échauffer au point qu'ils brûlent ou s'enflamment d'eux-mêmes : refferveseence développe donc toutes lea parties du feu fixe que les végétaux contiennent; et ces parties ignées étant une fois enlevées, le terreau produit par la décomposition de ces végétaux n'est qu'une espèce de terre qui n'est plus combustible, parce Qu'elle a perdu, et pour ainsi dire exhalé dans l'air, tes principes de sa combustibilité. Dans l'eau la décomposition est infiniment plus lente, l'effervescence insensible, et ces mêmes végétaux conservent très-long-temps, et peut-être à jamais , les principes combus» tibles qu'ils auraient en très-peu de tempe perdus dans l'air. Les tourbes nous représentent cette première décomposition dea végétaux dans l'eau ; la plqpart ne contiennent pas de bitume et ne laissent pas de brûler. 11 en est de même de tous ces bois fossiles noirs et luisans qui sont décomposés au point de ne pouvoir en connoître les espèces, et qui cependant ont conservé assez de leurs principes inflammables pour brûler, et qui ne donnent en brûlant aucune odeur, de bitume : mais lorsque ces bois ont été long- temps enfouis ou submergés, ils se sont bituminisés d'eux-mêmes par te mêlante de leur huile avec les acides; et quand ces1 mêmes bois se sont trouvés sous des couches de terre mêlées de pyrites ou abreu? ées de
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sues ntriotiqties, ib «ont devenus pyriteux ; et, dans cet état, ils donnent en brûlant une forte odeur de soufre.
En suivant cette décomposition des végétaux sur la terre, nous verrons que les herbes, les roseaux, et même les bois légers et tendres, tels que les peupliers, les saules, donnent, en se pourrissant , un terreau noir tout semblable à la terre que l'on trouve souvent par petits lits très-minces au dessus des mines de charbon ; tandis que les bois solides, tek que le chêne, le hêtre, conservent de la solidité, même en se décomposant, et ferment ces couches de bois fossiles qui se trouvent aussi très-souvent au dessus des mines de charbon. Enfin le terreau, par succession de temps, se change en limon ou terre végétale , qui est le dernier résidu de la décomposition de tous les êtres organisés. L'observation m'a encore démontré cette vérité : mais tout le terreau dont la décomposition se sera mite lentement, et qui ne s'étoit pas crouvé accumulé en grandes masses, n'aura par conséquent pas perdu la totalité de ses principes combustibles par une prompte fermentation, et le limon, qui n'est quelle terreau même seulement plus atténué, aura aussi conservé une partie de ces mêmes principes. Le terreau, en se changeant en limon, de noir devient jaune on roux psr la dissolution du fer qu'il contient ; il devient aussi onctueux et pétrissante parle développement de son huile végétale : dès lors tout terreau et même tout limon, n'étant que les résidus des substances végétales, ont également retenu plus ou moins de leurs principes combustibles; et ce sont les couches anciennes de ces mêmes bois , terreaui et limons, lesquelles se présentent aujourd'hui sous la forme de tourbe, de bois fossile, de houille , et de charbon ; car il est encore nécessaire , pour éviter toute confusion , de distinguer ici ces deux dernières matières , quoique la plupart des écrivains aient employé leurs noms comme synonymes : mais nous n'adopterons, avec M. de Gensanne, celui de houille1 que pour ces
s. M. Morand, de l'Académie des Sciences , qui a fait un très-grand et bon ouvrage sur le charbon de terre , • regardé , arec la plupart des minéralogistes , les noms de houille et de charbon de terre comme synonymes : il dit que dans le pays de liège on distingue les matières combustibles des mines en houille grasse , en houille maigre , en cbjirbons forts» et en charbons foibles.... Cette Bouille grasse s'emploie à Liège dans les foyers î •lie se colle aisément au feu ; elle rend plus de chaleur que la houille maigre.... Elle se réduit, pour la plus grande partie , en cendres grisâtres , nais plus graveleuses que «lies du boit ; son feu
terres noires et combnstftim qui te trouvent souvent au dessus et quelquefois au dessous des veines de charbon, et qui sont l'an deê plus surs indices de n présence deces fossiles ; et ces houilles ne sont autre chose que nos terreaux * purs ou mêlés d'unepetke quantité de bitume. La vase qui se dépose dans la mer par couches inchnées suivant la pente du terrain, et s'étend souvent à plusieurs lieues du rivage, comme à la Gmane, n'est autre chose que le terreau des arbres ou autres végétaux qui, trop accumulés sur ces terres inhabitées, sont entraînés par les eaux courantes-; et les huiles végétales de cette vase, saisies par les acides de la mer , deviendront , avec te temps, de véritables houilles bitumineuses, mais toujours légères et friables, comme le terreau dont elles tirent leur origine, tandis que les végétaux eux-mêmes moins décomposés, étant de même entraînés et déposés par les eaux , ont formé les véritables veines de charbon de terre , dont les caractères distinctife et differens de ceux de la houille se reconnoissent à la pesanteur du charbon, toujours plus compacte que la houille, et au gonflement qu'il prend au feu en s'y boursouflant comme le limon , et
est trop ardent, et elle est trop grasse pour que les maréchaux puissent s'en sertir : le feu de la houille maigre est plus foible ; elle est presque généralement en usage pour les feux domestiques...» Elle dure plus long-temps au feu ; et lorsque son peu de bitume est consumé , elle se réduit en braise qu'on allume, sans qu'elle donne de l'odeur ni presque de fumée. Les charbons forts sont d'une couleur noire pins décidée et plus frappante que les charbons foibles ; ib sont gras an toucher et comme onctueux par la grande quantité de bitume qu'ils contiennent : ces charbons forts sont excel* lens dans tous les cas où il faut un feu d'une grande violence , comme dans les plus grosses forges ; ils pénètrent également les parties du fer, les rendent propres à recevoir toutes sortes d'impressions, réunissent même les parties qui ne seroient pas assez liées : mais , par sa trop grande ardeur, ce charbon fort ne convient pas plus aux maréchaux que la houille grasse.
Le charbon foible est toujours un charbon qui se trouve aux extrémités d'une veine; il donne beaucoup moins de chaleur que le charbon fort , et ne peut servir qu'aux cloutiers , aux maréchaux, et aux petites forges , pour lesquelles on a besoin d'un feu plus doux.... Son usage ordinaire est pour les briquetiers ou tuiliers, et pour les fours à chaux, où le feu trop violent des charbons forts pénétreroit trop précipitamment les parties de la terre et de la pierre, les diviserait, et les détruiroît... Les chsrbons foibles se trouvent aussi dans les veines très- minces; ils sont toujours menus , et souvent en poussière.
s. « C'est dans une pareille terre que j'ai trouvé, à huit pieds de profondeur, des racines encore très-reconnoisssbles , environnées de terreau où l'on aperçoit déjà quelques couches de petits cubes de charbon, n {Note communiquée par M. de Morreem.) \
Adonnant de
moins poreuse. ....
Ainsi je croit pouvoir conclure, de cet réflexions et observations , que l'argile n'entre que peu ou point dans la composition do charbon de terre ; que Je soufre n*y entre que sous la forme de matière pyriteuse qui se combine avec la substance végétale , do sorte que l'essence du charbon est entièrement de matière végétale, tant sous la forme de bitume que sous celle do végétai même. Les impressions si multipliées dos différentes plantes qu'on voit dans tous les schistes limoneux qui servent de toits aux veines de charbon sont des témoins-qu'on ne peut récuser , et qui démontrent que c'est aux végétaux qu'est due la substance combustible que ces schistes contiennent.
Mais, dira-t-on, ces schistes, qui non seulement couvrent, mais accompagnent et enveloppent de tous côtés et en tous lieux les veines de charbon , sont eux-mêmes des argiles durcies et qui ne laissent pas d'être combustibles. A cela, je réponds que la méprise est ici la mémo : ces schistes combustibles qui accompagnent la veine du charbon sont , comme l'on voit , mêlés de la substance des végétaux dont ils portent les impressions ; la même matière végétale qui a fait le fonds de la substance' du charbon a dû se mêler avec le schiste voisin ; et dès lors ce n'est plus du schiste pur ou de la simple argile durcie, mais un composé de matière végétale et d'argile, un schiste limoneux imprégné de bitume, et qui dès lors a la propriété de brûler. Il en est de même de toutes les autres terres combustibles que l'on pourroit citer ; car il ne faut pas perdre de vue le principe général que nous avons établi, savoir, que rien nest combustible que ce qui provient des corps organisés.
Après avoir considéré la nature du charbon de terre, recherché son origine, et montré que sa formation est postérieure à la naissance des végétaux , et même encore postérieure à leur destruction et à leur accumulation dans le sein de la terre, il faut maintenant examiner la direction, la situation, et l'étendue des veines de cette matière, qui, 'quoique originaire de la surface de la terre, ne laisse pas de se trouver enfoncée à de graudes profondeurs; elle occupe même des espaces très-considérables et se rencontre dans toutes les parties du globe. Nous tommes assurés, par des observations constantes, que la direction la plus générale des veines de charbon est du levant an couchant,