‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 122 sur 150 · SELS · texte numérisé non relu

SELS

tions qu'on se permet de faire en conséquence de cette extension des définitions nuisent encore plus à la netteté de nos ^ues, et s'opposent au libre exercice de l'esprit, en le surchargeant de petites idées particulières, souvent précaires, en lui présentant des méthodes arbitraires qui l'éloignent de l'ordre réel des choses, et enfin en l'empêchant de s'élever au point de pouvoir généraliser les rapports que l'on doit en tirer. Quoiqu'on puisse donc réduire tous les sels de la nature à un seul principe salin , et que ce principe primitif soit, selon moi, l'acide aérien, la nombreuse* énumération qu'on a faite des sels sous différens noms ne pouvoit manquer de s'opposer à cette vue générale ; on a cru jusqu'au temps de Stahl , et plusieurs chimistes croient encore, que les principes salins dans l'acide nitreux et dans l'acide marin sont très-différens de l'acide vitriolique, et que ces mêmes principes sont non-seulement différens, mais opposés et contraires

. dans les acides et dans les acalis; or n'est-ce pas admettre autant de causes qu'il y a d'effets dans mPméme ordre de choses ? c'est don. ner la nomenclature pour la science, et substituer la méthode au génie.

De la même manière qu'on a fait et compté trois sortes d'acides relativement aux trois règnes , les acides minéraux , vé- ' gétaux, et animaux , on compte aussi trois sortes d'alcalis, le minéral, le végétal, et l'animal; et néanmoins ces trois alcalis doivent se réduire à un seul , et même l'alcali peut aussi se ramener à l'acide, quoiqu'ils paraissent opposés, et qu'ils agissent violemment l'un contre l'autre.

Nous ne suivrons donc pas, en traitant des sels, l'énumération très nombreuse qu'on en a faite en chimie, d'autant que chaque jour ce nombre peut augmenter, et que les combinaisons qui n'ont pas encore été tentées pourroient donner de nouveaux résultalts salins dont la formation , comme celle de la plupart des autres sels, ne seroit due qu'à notre art ; nous nous contenterons de présenter les divisions générales, en nous attachant particulièrement aux sels que nous offre la nature , soit dans le sein et à la surface de la terre , soit an sommet de ses volcans '.

x. Si l'eu» veqt se satisfaire à eet égard, on perii eeasulter la tabla ai- jointe, que mon illustre ami, M. de Morrean , Tient de publier. Cette nomencla tare, quoique très- abrégée, paroitra néanmoiat encore assca nombreuse.

MINÉRAUX

Nous Tenons de voir que la première division des acides et des alcalis en minéraux , végétaux , lition non

x , et animaux , est plutôt une parominale qu'une division réelle , puis-

Tablbau de nomenclature chimique, contenant les principales dénominations analogiques , et des exemples de formation des noms composés.

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