‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 121 sur 150 · DES · texte numérisé non relu

DES

ils se produisent principalement à la surface du liquide, à mesure qu'il s'évapore ; ce qui prouve que l'air contribue à leur formation, et qu'elle ne dépend pas uniquement du rapprochement des parties salines qui s'unissent à la vérité par leur attraction mutuelle, mais qui ont besoin pour cela d'être mises en liberté parfaite ; or elles n'obtiennent cette liberté entière qu'à la surface du liquide, parce que sa résistance augmente avec sa densité par l'évaporation , en sorte que les parties salines se trouvent à la vérité plus voisines parla diminution du volume du liquide, mais elles ont en même temps plus de peine à vaincre sa résistance , qui augmente dans la même proportion que ce volume diminue ; et c'est par cette raison que toutes les cristallisations des sels s'opèrent plus efficacement et plus abondamment à la surface qu'à l'intérieur du liquide en évaporation.

Lorsque l'on a tire par ce moyen tout le sel en cristaux que le liquide chargé de sel peut fournir , il en reste encore dans Veaumère; mais ce sel y est si fort engagé avec la matière grasse , qu'il n'est plus susceptible de rapprochement de cristallisation; et même si cette matière grasse est en trèsgrande quantité, l'eau ne peut plus en dissoudre le sel ; cela prouve que la solubilité dans l'eau n'est pas une propriété inhérente et essentielle aux substances salines.

U en est du caractère de la cristallisation comme de celui de la solubilité : la propriété de se cristalliser n'est pas plus essentielle aux sels que celle de se dissoudre dans l'eau; et l'un de nos plus judicieux physiciens, M. de Morveau , a eu raison de dire « que la saveur est le seul caractère distinctif des sels , et que les autres propriétés qu'on a voulu ajouter à celle-ci , pour perfectionner leur définition, n'ont servi qu'à rendre plus incertaines les limites que l'on vouloit fixer .... , la solubilité par l'eau ne convenant pas plus aux sels qu à la gomme et à d'autres matières. Il en est de même de la cristallisation , puisque tous les corps sont susceptibles de se cristalliser en passant de l'état liquide à l'état solide ; il eu est encore de même, ajoute-t-il, de la qualité qu'on suppose aux sels de n'être point combustibles par eux-mêmes; car dans ce cas le nitre ammoniacal ne seroit plus un sel. »

Nos définitions , qui pèchent si souvent par défaut , pèchent aussi , comme l'on voit, quelquefois par excès ; l'un nuit au complément, et l'autre à la précision de l'idée que représente la chose; et les énuméra-

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