‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 132 sur 150 · AUTRES COMBINAISONS DE L'ACIDE VITRIOLIQUE · texte numérisé non relu

AUTRES COMBINAISONS DE L'ACIDE VITRIOLIQUE

sont que des modifications de cet acide altéré, enveloppé, déguisé par des substances • accessoires. Nous n avons pas adopté cette

Iidée , 'qui néanmoins a le mérite de se rapprocher de la simplicité de la nature. L'acide vititrioliquesera, si l'on veut, le second acide ; mais l'acide aérien est le premier, non seulement dans l'ordre de leur formation , mais encore parce qu'il est le plus pur et le plus simple de tous, n'étant composé que d'air et de feu , tandis que l'acide vitriolique et tous les autres acides sont mêlés de terre et d'eau. Nous nous croyons donc fondés à regarder l'acide aérien -comme l'acide primitif, et nous pensons qu'il faut sulratituer cette idée à celle de ce grand chimiste, qui le premier a senti qu'on devoit ramener tous les acides à un seul acide primitif et universel. Mais sa seconde supposition, qne cet acide universel n* est composé +que de terre et d'eau, ne peut se soutenir, non seulement parce que les effets ne s'accordent point avec la cause supposée, mais encore parce que cette idée particulière et secondaire me paroît opposée et même contraire à tonte théorie, puisqu'alors l'air et feu , les deux principaux ageos de la nature, seraient exclus de toute substance essentiellement saline et réellement active, attendu que toutes ne contiendr oient que ce même principe sajin , uniquement composé de terre et d'eau.

Dans la réalité, l'acide est, après le feu, l'agent le plus actif de la nature ; et c'est par le feu et par l'air contenus dans sa substance qu'il est actif, et qu'il le devient encore plus lorsqu'il est aidé de la chaleur, ou lorsqu'il se trouve combiné avec des substances qui contiennent elles - mêmes beaucoup d'air et de feu, comme dans le nitre : il devient, au contraire, d'autant plus foible qu'il est mêlé d'une plus grande quantité d'eau , comme dans les cristaux d'alun , la crème de tartre , les sels ou les sucs des plantes fermentées ou non fermentées, etc.

Les chimistes ont avec raison distingué les substances. salines par elles-mêmes des matières qui ne- sont salines que par le mélange des principes salins avec d'autres substances. « Tous les acides et alcalis minéraux, végétaux , et animaux , tant fixes que volatils, fluors ou concrets, doivent, dit M. Macqoer, être regardés comme des substances salines par elles-mêmes; il y a même quelques autres substances qui n'ont «oint de propriétés acides ou alcalines décjdées, mais qui, ayant celles des sels en général el pou-

EUFFQIT. II.

vant coumroniquer les propriétés satina aux composés dans lesquels eues entrent , pet vent par cette raison être regardées coauame des substances essentieUetneat Salines : tels sont l'arsenic et le sel sédatif..... Toutes ces substances, quoique essentiehesdent saline*, diffèrent beaucoup entre elles , surtout par les degrés de force et d'activité, et par leur attraction plus ou moins grande avec les matières dans lesquelles elles peuvent se combiner ; comparez , par exemple , la force de l'acide vitriolique avec la faiblesse de l'a cide du tartre,... Les acides minéraux sont plus forts que 4es acides tirés des végétaux et des animaux; et parmi les acides minéraux l'acide vitriolique est le plus fort , le plus inaltérable, et par conséquent le plus pur, le plus simple, le plus sensiblement et essentiellement &el.„ Parmi les autres subsstances salines, celles qui paraissent les plus actives , les plus simples , telles que les autres acides minéraux , nitreux , et marins , sont en même temps celles dont les propriétés se rapprochent le plus de celles tactde vitrioUque. On peut faire prendre à l'acide vitriolique plusieurs des propriétés caractéristiques de l'acide nitreux en le combinant d'une certaine manière avec le principe inflammable, comme on le voit par l'exemple de l'acide sulfureux volatil : les acides- hoi- ' leux végétaux deviennent d'autant plus sorts, et plus semblables à Cookie vitriolique, qu'on les dépouille plus exactement de leurs principes huileux, et peut-être parviendrott-on à les réduire en acide vitriolique par en multipliant les opérations; et réciproquement l'acide* vitriolique et le nkreux, affaiblis par l'eau et traités avec une grande quantité de matières huileuses, et encore mieux avec l'esprit -de -vin, prennent des caractères d'acides végétaux... Les propriétés des alcalis fixes semblent, à la vérité, s'éloigner beaucoup de celles des acides en général, et par conséquent de l'acide vitriolique : cependant comme il entre dans la composition des alcali» fixes une grande quantité de terre, qu'on peut séparer beaucoup de cette terre par des distillations et ealcuiations réitérées, et qu'à mesure qu'on dépouille ces substances salines de leur principe terreux elles deviennent d'autant moins fixes et d'autant plus déliquescentes, en un mot , qu'elles se rapprochent d'autant plus de t acide vitriolique à cet égard , il ne paroitra pas hors de vraisemblance que les alcalis puissent devoir leurs propriétés saline* à un principe salin de ta nature de t acide vitriolique, mais beaucoup déguisé

MINÉRAUX

yar «a mmààk «W tsyrectv en principes infumunablcs auxquels il est -juent dam cas combinai— m $ et les alcalis volatils sont des matières salins* essentiellement de mémo nature que l'alcali fixe , et afiti ne dormat leur volatilité qu'âme différente proportion etconabaattusoii de leurs principes prochains. »

J'ai cm devoir rapporter tons ees faits., avoués par les chimistes , et tels qu'ils sont consignes dans les ouvrages d'un des plus •avants et des plus circonspects d'entre eu*» pour qu'on ne puisse plas douter de l'unité du principe sain ; qu'on cesse de voir les — *J nttrcux et marin, et les acides. vé-

acsdês

gétaux- et animaux, différent de l'acide vitrielique, et qu'enfia en s'habitue à ne pas regarder les alcalis comme des substances salines d'une nature opposée et même contraire à cette des acides ; c'étoit l'opinion dominante depuis plus d'un siècle, parce qu'on ne jugeoitoe l'acide et de l'alcali qu'en les opposant l'un à l'autre, et qu'au lieu de chercher ce qu'ils «art de commun et de semblable, on ne s'attaeboit qu'à la différence que présentent leurs effets , sans faire attention que ees mêmes effets dépendent moins de leurs propriétés salines que de k quantité des substances accessoires dont ils sont mélangés, et dans lesquelles le principe satin ne peut se manifester sous la même forme, ni s'exercer avec la même force et de la même manière «me dans l'acide, où 41 n'est ni contraint ai-masque. s

Et cette conversion des acides et des sicals r qui , dans l'opinion de Stabl , peuvent tous se ramener a l'acide vitriolique, est supposée réciproque ; en sorte que cet acide peut devenir lui-même un alcali ou un autre acide : mais tous , sous quelque forme qu'As se présentent, proviennent originairement de l'acide série».

Reprenant, donc le principe salin dans son essence et sous sa forme la plus pure , eV*t4 -dire, sous cette de Pacide aérien, et le suivant dans ses combinaisons, nous trouverons qu'en se mêlant avec l'eau il en a formé des liqueurs spiritueuses ; toutes les eaux adduleuses et mousseuses, le vin, le cidre, la bière, ne doivent leurs qualités qu'au mélange de cet ^cfcle aérien qu'ils contiennent sous la forme d'air fixe : nous verrons qu'étant ensuite absorbé par «es mêmes matières, il leur donne l'aigreur du vinaigre, du tartre, etc.; qu'étant entré la substance des végétaux et des anic, il a formé l'acide animal et tous les

alcalis par le travail de l'orçamsation. Cet acide primitif s'étant d'abord combiné avec la terre vitrifiée a formé l'acide vitriotique , lequel a produit avec les substances métal laques les vitriols de fer, de cuivre, et de aine; avec l'argile et la terre calcaire, l'alun et la séléuite; le sel de Glauber avec Msali minéral, et le sd à'JBpsom ou de Sedlitz «vec la magnésie.

Ce sont là les principales combinaisons sous lesquelles se présente l'acide vitriobo,Ue ; car nulle part on né 1e trouve dans son état de pureté et sous sa forme liquide ; e t cela par la raison que , ayant une très grande tendance à -s'unir avec le feu libre avec l'eau, et avec la plupart des substances terreuses et métalliques , il s'en saisit partout, et ne demeure nulle part sous cette forme liquide que nous lui connoissonslors qu'il est séparé, par notre art, de toute* les substances auxquelles il est naturellement uni Cet acide, bien déflegmé et concentré, pèse spécifiquement plus du double de l'eau, et par conséquent beaucoup plus

Sue la terre commune ; et comme sa fluidité imittue à mesure qu'on le concentre, on doit croire que si l'on pouvoit ramener s un état concret et solide , il auroit plus de densité que les pierres calcaires et les grès »: mais comme il a une très-grande affinité avec l'eau, et que même il attire l'humidité de l'air, il n'est pas étonnant que, ne pouvant être condensé que par une forte chaleur , il ne se trouve jamais sous une forme sèche et solide dans le sein de la terre.

Dans les eaux qui découlent des collines calcaires, et qui se rassemblent sur la glaise oui leur sert de base, l'acide vitrio- Uque de la çhise se trouve combiné avec la terre calcaire; ees eaux contiennent donc de la séléuite en plus ou moins grande quantité ; et c'est de là que vient la crudité de presque toutes les eaux de puits; la selénite dont elles sont imprégnées leur donne une sorte de sécheresse dure qui les em-

Kèche de se mêler au savon, et de pénétrer * pois et autres graines que l'on veut faire cuire. Si l'eau a filtré profondément dans l'épaisseur de la glaise, la saveur de l'acide vkrtolique y devient plus sensible, et dans les houx qm recèlent les feux son terrains, ces eaux deviennent sulfureuses par leur mélange avec l'acide sulfureux volatil , etc.

i. Bsj supposent que l'eau distillée pèse dix raille , 1e grès des tailleurs de pierre ne pète que ▼iinjt mille boit cent cinquante-cinq : ainsi l'acide ritrioiique bien concentré , pesant pins da double de l'eau, pèse au saoios autant que le très.

AUTRES COMBINAISONS DE L'ACIDE VmUOUQTJE. M7

L'acide aérien et primitif, ea se eom&r, aérien a communiqué une partie de sa voiront avec la terre calcaire, « produit l'acide Utilité. Nous exposerons les propriétés parmarin, qui est moins fixe et moi» puissant ticuUères de cet acide dans les articles que le vitrioliqne , et auquel eet acide suivans.

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