EXPLICATION DE LA CARTE GÉOGRAPHIQUE
Cette carte représente les deux parties polaires du globe depuis le 45* degré de latitude : on y a marqué les glaces tant iî atlantes que fixes , aux points où elles oni été reconnues par les navigateurs.
Dans celle du pôle arctique, on voit les glaces flottantes trouvées par Barents à 70 degrés de latitude , près du détroit de Waigats , et les glaces immobiles qu'il trouva à
77 et 78 degrés de latitude à l'ouest de ce détroit , qui est aujourd'hui entièrement obstrué par les glaces. On a aussi indiqué le grand banc de glaces immobiles reconnues par Wood, entre le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble, et celui qui se trouve entre le Spitzberg et le Groenland , que les vaisseaux de la pêche de la baleine rencontrent constamment à la hauteur de 77 ou
78 degrés , et qu'ils nomment le banc de f Ouest, en le voyant s'étendre sans bornes de ce côté , et vraisemblablement jusqu'aux côtes du vieux Groenland, qu'on sait être aujourd'hui perdues dans les glaces. La route du capitaine Phipps est marquée sur celte carte avec la continuité des glaces qui l'ont arrêté au nord et à l'ouest du Spitzberg.
On a aussi tracé sur cette carte les glaces flottantes rencontrées parEllis dès le 58 ou 59e degré , à l'est du cap Farewe/l; celles que Forbisher trouva dans son détroit , qui est actuellement obstrué, et celles qu'il vit à 6a degrés vers la côte de Labrador ; celles que rencontra Baffin dans la baie de son nom par les 7a et 73e degrés , et celles qui se trouvent dans la baie d'Hudson dès le 63e degré , selon Ellis , et dont le Welcome est quelquefois couvert ; celles de la baie de Repulse, qui en est remplie, selon Middletton. On y voit aussi celles dont presque en tout temps le détroit de Davis est obstrué, et celles qui souvent assiègent celui' d'Hudson , quoique plus méridional de 6 ou 7 degrés. L'île Baërcn, ou île aux Ours, qui est au dessous du Spitzberg à 74 degrés, se voit ici au milieu des glaces flottantes. L'île de Jean de May en, située près du vieux Groenland , à 70 degrés 1/2 , est engagée dans les glaces par se& côtes occidentales.
On a aussi désigné sur cette carte les glaces flottantes le long des côtes de la Sibérie
et aux embouchures de toutes les grandes rivières qui arrivent à cette mer glaciale, depuis Ylrtisch joint à YOby, jusqu'au fleuve Kolima : ces glaces flottantes iucommodent la navigation , et dans quelques endroits la rendent impraticable. Le banc de la glace solide du pôle descend déjà à 76 degrés sur le cap Piasida, et engage. celte pointe de terre, qui n'a pu être doublée ni -par l'ouest du côté de i'Oby, ni par l'est du côté de la Lena , dont les bouches sont semées de glaces flottantes ; d'arbres glaces immobiles au nord-est de l'embouchure de la Jana ne laissent aucun passage ni à l'est ni au nord. Les glaces flottantes devant VOlenek et le Chatanga descendent jusqu'aux 74 et 73e degrés : on les trouve à la même hauteur devant rindigirka et vers les embouchures du Kolima, qui paroîi être le dernier terme où aient atteint les Russes par ces navigations coupées sans cesse par les glaces. C'est d'après leurs expéditions que ces glaces ont été tracées sur notre carte : il est plus que probable que des places permanentes ont engagé le cap Szalaginzki , et peut-être aussi la côte nord-est de la terre des Tschutschis •, car ces dernières cotes n'ont pas été décou • vertes par la navigation, mais par des ex-
1 éditions sur terie, d'après lesquelles on es a figurées. Les navigations qu'on prétend s'être faites autrefois autour de ce cap et de la terre des Tschutschis ont toujours été suspectes, et vraisemblablement sont impraticables aujourd'hui; sans cela les Russes, dans leurs tentatives pour la découverte des terres de P Amérique , seroient partis des fleuves de la Sibérie, et n'auroient pas pris la peine de faire par terre la traversée immense de ce vaste pays pour s'embarquer à Kamtschatka, où il est extrêmement difficile de construire des vaisseaux , faute de bois , de fer , et de presque tout ce qui est nécessaire pour l'équipement d'un navire.
Ces glaces qui viennent gagner les côtes du nord de l'Asie; celles qui ont déjà envahi les parages de la Zemble , du Spitzberg, et du vieux Groenland ; celles qui couvrent en partie les baies de Baffin," d'Hudson , et leurs détroits, ne sont que comme les bords ou les appendices de la glacière de ce pôle ,
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