SEPT1ÈME ÉPOQUE
duire les mêmes fruits que l'individu don* on les a séparés pour les unir au sauvât geon, lequel ne leur communique aucune de ces mauvaises qualités , parce qu'il n'a pas contribué à leur formation, qu il n'est pas une mère, mais une simple nourrice qui ne sert qu'à leur développement par la nutrition.
Dans les animaux , la plupart des qualités
3ui paroisse ut individuelles ne laissent pas e se transmettre et de se propager par la même voie que les propriétés spécifiques : il étoit doue plus facile à l'homme d'influer sur la nature des animaux que sur celle des végétaux. Les races, dans chaque espèce d'animal, ne sont que des variétés constantes, qui se perpétuent par la génération, au lieu que, dans les espèces végétales, il n'y a point de races , point de variétés assez constantes pour être perpétuées par la reproduction. Dans les seules espèces de la poule et du pigeon, l'on a fait naître trèsrécemment de nouvelles races en grand nom bre, qui toutes peuvent se propager d'ellesmêmes : tous les jours , dans les autres espèces , on relève , on ennoblit les races en les croisant ; de temps en temps on acclimate, on civilise quelques espèces étrangères ou sauvages. Tous ces exemples modernes ei recens prouvent que l'homme n'a connu que tard l'étendue de sa puissance, et que même il ne la connoit pas encore assez ; elle dépend en entier de l'exercice de son intelligence : ainsi plus il observera , plus il cultivera la nature , plus il aura de moyens pour se la soumettre , et de facilités pour tirer de son sein des richesses nouvelles , sans diminuer les trésors de son inépuisable fécondité.
Et que ne pourroit-il pas sur lui-même, je veux dire sur sa propre espèce, si la volonté étoit toujours dirigée par l'intelligence ! Qui sait jusqu'à quel point l'homme pourroit perfectionner sa nature, soit au moral, soit au physique? T a-t-il une seule nation qui puisse se vanter d'être arrivée au meilleur gouvernement possible , qui se* roit de rendre tous les hommes non pas également heureux , mais moins inégale* ment malheureux, en veillant à leur con serval ion, à l'épargne de leurs sueurs et de leur sang par la paix , par l'abondance des subsistances , par les aisances de la vie , et les facilités pour leur propagation? Voilà le but moral de toute société qui cherche à s'améliorer. Et , pour le physique , la médecine et les autres arts dont l'objet est de nous conserver sont-ils aussi avancés , aussi
lia DES ÉPOQUES
connus, que les arts destructeurs enfantés par ta guerre? Il semble que de tout temps l'homme ait fait moins de réflexions sur le bien que de recherches pour le mal : toute société est mêlée de l'un et de l'autre; et comme de tous les sentiraens qui affectent la multitude, la crainte est le plus puissant, les grands talens dans l'art de faire du mal ont été les premiers qui aient frappé l'esprit de l'homme; ensuite ceux qui l'ont amusé ont occupé son cœur ; et ce n'est qu'après un trop long usage de ces deux moyens de feux honneur et de plaisir stérile qu'enfin il a reconnu que sa vraie gloire est la science, et la paix son vrai bonheur.
ADDITIONS DE BUFFON
(Sur la pag* Îa3.)
La période de six cents ans dont Josèphe dit que se servoient les anciens patriarches avant le déluge est une des plus belles et des plus exactes que l'on ait jamais inventées. Il est de fait que, prenant le mois lunaire de 29 jours 12 heures 44 minutes 3 secondes, ou trouve que 210 mille 146 jours ijifont 7 mille 421 mois lunaires ; et ce même nombre de 21Q mille 146 jours 1/2 donne 600 années solaires , chacune de 365 jours S heures Sï minutes 36 secondes, d'où résulte le mois lunaire à une seconde près , tel que les astronomes modernes l'ont déterminé, et l'année solaire plus juste qu'Hipparque et Ptolémée ne l'ont donnée plus de deux mille ans après le déluge. Josèphe a cité , comme ses garans , Manethon , Bérose , et plusieurs autres anciens auteurs dont les écrits sont perdus il y a long-temps. . . Quel que soit le fondement sur lequel Josèphe a parlé de cette période , il faut qu'il y ait eu réelle* ment et de temps immémorial une telle période ou grande année, qu'on avoit oubliée depuis plusieurs siècles , puisque les astronomes qui sout venus après cet historien s'en seroient servis préférablement à d'autres hypothèses moins exactes pour la détermination de l'année solaire et du mois lunaire* s'ils l'avoient connue , ou s'en seroient fait honneur , s'ils l'avoient imaginée.
« Il est constant, dit le savant astronome Dominique Cassini , que dès le premier âge du monde , les hommes avoieot déjà fait de grands progrès dans la science du mouvement des astres : on pourroit même avancer qu'ils en avoient beaucoup plus de connois- •ances que l'on s'en a eu long-temps depuis
DE LA NATURE
le déluge , s'il est bien vrai qqe Tannée dont les anciens patriarches se servoient fût de la grandeur de celles qui composent la grande période de six cents ans dont il est fait mention dans les antiquités des Juifs , écrites par Josèphe. Nous ne trouvons dans les monumens qui nous restent de toutes les autres nations aucun vestige de cette période de six cents ans , qui est une des plus belles que l'on ait encore inventées. »
M. Cassini s'en rapporte , comme on voit, à Josèphe, et Josèphe avoit pour garans les historiographes égyptiens, babyloniens, phéniciens, et grecs; Manethon, Bérose, Mochus , Hestiéus , Jérôme l'Égyptien , Hésiode, Hécatée, etc., dont les écrits pouvoient subsister et subsistoient vraisemblablement de son temps.
Or, cela posé, et quoi qu'on puisse opposer au témoignage de ces auteurs, M. de Mairan dit , avec raison, que l'incompétence des juges ou des témoins ne sauroit avoir lieu ici. Le fait dépose par lui-même son authenticité : il suffit qu'une semblable période ait été nommée, il suffit qu'elle ail existé , pour qu'on soit en droit d'en conclure qu'il aura donc aussi existé des siècles d'observations et en grand nombre , qui l'ont précédée; que l'oubli dont elle fut suivie est aussi bien ancien, car on doit regarder comme temps d'oubli tout celui où l'on a ignoré la justesse de cette période, ej où l'on a dédaigné d'en approfondir les élémens et de s'en servir pour rectifier la théorie des mouvemens célestes , et où l'on s'est avisé d'y en substituer de moins exactes* Donc, si Hipparque, Méton, Pythagore, Thaïes, et tous les anciens astronomes de la Grèce , ont ignoré la période de six cents ans, on est fondé à dire qu'elle étoit oubliée non seulement chez les Grecs , mais aussi en Egypte, dans la Phénicie, et dans la Chaidée, où les Grecs avoient tous été puiser leur grand savoir en astronomie.
(Sur la page 3 s 6.)
Les astronomes et les philosophes grecs avoient puisé en Egypte et aux Indes la plus grande partie de leurs connoissauces. Les Grecs étoient donc des gens très-nouveaux en astronomie en comparaison des Indiens , des Chinois , et des Atlantes habitans de l'Afrique occidentale ; Uranus et Atlas chei ces derniers peuples , Fo-hi à la Chine, Mercure en Egypte, Zoroastre eu Perse, etc.
Les Atlantes , chez qui régnoit Atlas, paraissent être les plus anciens peuples de 1 A'
SEPTIÈME
frique , et beaucoup plus anciens que les Égyptiens. La théogonie des Atlantes, rapportée par Diodore de Sicile , s'est probablement introduite en Egypte , en Ethiopie, et en Phénicie , dans le temps de cette grande irruption dont il est parlé dans le Tunée de Platon,. d'un peuple innombrable qui sortit de File Atlantide et se jeta sur une grande partie de l'Europe, de l'Asie , et de l'Afrique.
Dans l'occident de l'Asie , dans l'Europe, dans l'Afrique , tout est fondé sur les connoissances des Atlantes, tandis que les peuples orientaux , chaldéens , indiens , et chinois, n'ont été instruits que plus tard, et ont toujours formé des peuples qui n'ont pas eu de relation avec les Atlantes , dont l'irruption est plus ancienne que la première date d'aucun de ces derniers peuples.
Atlas, fils d'Urantis et frère de Saturne, vivoit , selon Manéthon et Dicéarque , 3 mille 900 ans environ avant l'ère chrétienne.
Quoique Diogène-Laèrce , Hérodote, Diodore de Sicile , Pomponius Mêla , etc. , donnent à l'âge d'Uranus , les uns 48 mille 860 ans, les autres a3 mille ans f etc. , cela n'empêche pas qu'en réduisant ces années à la vraie mesure du temps dont on se servoit dans différens siècles chez ces peuples , ces mesures ne reviennent au même, c'està-dire à 3 mille 890 ans avant l'ère chrétienne.
Le temps du déluge, selon les Septante, a été a mille a56 ans après la création.
L'astronomie a été cultivée en Egypte plus de trois mille ans avant l'ère chrétienne ; on peut le démontrer par ce que rapporte Ptolémée sur le lever héliaque de Sirius : ce lever de Sirius étoit très-important chez les Égyptiens , parce qu'il annonçoit le débordement du Nil.
Les Chaldéens paroissent plus nouveaux dans la carrière astronomique que les Égyptiens.
Les Égyptiens connoissoientle mouvement du soleil plus de 3 mille ans avant Jésus- Christ, et les Chaldéens plus de a mille 473 ans.
Il y avoit chez les Phrygiens un temple dédié à Hercule qui paroi t avoir été fondé a mille 800 ans avant l'ère chrétienne, et l'on sait qu'Hercule a été dans l'antiquité l'emblème du soleil.
On peut aussi dater les connoissances astronomiques chez les anciens Perses plus de 3 mille aoo ans avant Jésus-Christ
L'astronomie chez les Indiens est tout aussi ancienne ; ils admettent quatre âges,
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et c'est au commencement du quatrième qu'est liée leur première époque astronomique : cet âge durait en 176a depuis 4 mille 863 ans, ce qui remonte à Tannée 3ioa avant Jésus-Christ. Ce dernier âge des Indiens est réellement composé d'années solaires : mais les trois autres , dont le premier est de 1 million 728 mille années', le second de 1 million 396 mille, et le troisième de 864 mille années , sont évidemment composés d'années ou plutôt de révolutions de temps beaucoup plus courtes que les années solaires.
Il est aussi démontré par les époques astronomiques que les Chinois avoient cultivé l'astronomie plus de 3 mille ans avant Jésus- Christ, et dès le temps de Fo-hi.
Il y a donc une espèce de niveau entre ces peuples égyptiens, chaldéens ou perses, indiens , chinois , et tartares. Ils ne s'élèvent pas plus les uns que les autres dans l'antiquité, et cette époque remarquable de trois mille ans d'ancienneté pour l'astronomie est à peu près la même partout.
« Ceux qui résident depuis long-temps dans la Pensylvanie et dans les colonies voisines ont observé, dit M. Hugues Williamson , que leur climat a considérablement changé depuis quarante ou cinquante ans , et que les hivers ne sont point aussi froids
« La température de l'air dans la Pensylvanie est différente de celle des contrées de l'Europe situées sous le même parallèle. Pour juger de la chaleur d'un pays , il faut non seulement avoir égard à sa latitude, mais encore à sa situation et aux vents qui ont coutume d'y régner , puisque ceux-ci ne sauraient changer sans que le climat change aussi. La face d'un pays peut être entièrement métamorphosée par la culture ; et l'on se convaincra , en examinant la cause des vents , que leur cours peut pareillement prendre de nouvelles directions
« Depuis l'établissement de nos colonies , continue M. Williamson, nous sommes par venus non seulement à donner plus de chaleur au terrain des cantons habités , mais encore à changer en partie la direction des vents. Les marins , qui sont les plus intéressés à cette affaire , nous ont dit qu'il leur falloit autrefois quatre ou cinq semaines pour aborder sur nos côtes , tandis qu'aujourd'hui ils y abordeut avec la moitié moins de temps. On convient encore que le froid est moins rude , la neige moins abondante et moins continue qu'elle ne l'a jamais été , depuis que nous sommes établis dans cette province
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« Il y a plusieurs autres causes qui peurent augmenter et diminuer la chaleur de l'air; mais on ne sauroit m'alléguer cependant un seul exemple du changement de climat , qu'on ne puisse attribuer au défrichement du pays où il a lieu. On m'objectera celui qui est arrivé depuis dix-sept cents ans dans l'Italie et dans quelques contrées de l'Orient , comme une exception à cette règle générale. On nous dit que l'Italie étoit mieux cultivée du temps d'Auguste qu'elle ne l'est aujourd'hui, et que cependant le climat y est beaucoup plus tempéré. ... Il est vrai que l'hiver étoit plus rude en Italie il y a dix-sept cents ans qu'il ne l'est aujourd'hui .... mais on peut en attribuer la cause aux vastes forêts dont l'Allemagne , qui est au nord de Rome , étoit couverte dans ces
DE LA NATURE
temps là. . . . Il s'élevoit de ces déserts incultes des vents du nord perçans, qui se répandoient comme un torrent dans l'Italie, et y causoient un froid excessif. . . et l'air étoit autrefois si froid dans ces régions incultes , au'il devoit détruire la balance dans l'atmosphère de l'Italie, ce qui n'est plus de nos jours. . . .
« On peut donc raisonnablement conclure que dans quelques années d'ici, et lorsque nos descendais auront défriché la partie intérieure de ce pays , ils ne seront presque plus sujets à la gelée ni à la neige , et que leurs hivers seront extrêmement tempérés. »
Ces vues de M. Williamson sont très-justes, et je ne doute pas que notre postérité ne les voie confirmées par l'expérience.
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