DU MICA ET
temps ont partie delà douceur; de la transparence , et de la flexibilité du talc x. »
De tous les talcs le blanc est le plus beau ; on Fappelle verre fossile en Moscovie et en Sibérie , où il se trouve en assez grand volume : il se divise aisément en lames minces et aussi transparentes que le verre ; mais il se ternit à l'air au bout de quelques années , et perd beaucoup de sa transparence. On en peut faire un bon usage pour les petites fenêtres des vaisseaux , parce qu'étant plus souple et moins fragile que le verre il résiste mieux à toute commotion brusque « et en particulier à celle du canon,
U y a des talcs verdâtres , jaunes, et même noirs \ et ces différentes couleurs, qui altèrent leur transparence , n'en changent pas les autres qualités. Ces talcs colorés sont à peu près également doux ait toucher, souples et plians sous la main , et ils résistent comme le taie blanc , à l'action des acides et du feu.
Ce n'est pas seulement en Sibérie et en Moscovie que l'on trouve des veines ou des masses de talc ; il y en a dans plusieurs antres contrées, à Madagascar , en Arabie* en Perse , ou néanmoins il n'est pas en feuillets aussi minces que celui de Sibérie. M. Cook parle aussi d'un talc vert qu'il a vu dans la Nouvelle - Zélande , dont les habitans font commerce entre eux : il s'en trouve de même dans plusieurs endroits du continent et des îles de l'Amérique, comme à Saint-Domingue , en Virginie, et au Pérou , ou il est d'une grande blancheur et très-transparent. Mais , en citant les relations de ces voyageurs , je dois observer que quelques - uns d'entre eux pourroient s'être trompés en
Srenant pour du talc des gypses avec lesquels est aisé de le confondre ; car il y a des gypses si ressemblans au taie qu'on ne peut guère les distinguer qu'à l'épreuve du feu de calcination. Ces gypses sont aussi doux au toucher , aussi transparens que le talc : j'en ai vu moi-même dans de vieux vitraux d'église qui n'avoéent pas encore perdu toute leur transparence; et même il paroit que le gypse résiste, à cet égard, plus long-temps que le talc aux impressions de l'air.
Il paroît aussi assez difficile de distinguer le talc de certains spaths autrement que par la cassure ; car le talc , quoique composé de lames brillantes et minces , n'a pas la cassure apathique et chatoyante comme les spaths, et il ne se rompt jamais qu'obliquement et sans direction détenninée. ,
i. Mémoires sur ridsloire naturelle de la Lor* raine, eosnanuûques par IL l'alibi 1
DU TALC aoj
La matière qu'on appelle taie de Tenue 9 et fort improprement craie d'Espagne, craie de Briançon , est différente du talc de Moscovie ; elle n'est pas comme ce talc en grandes feuilles minces , mais seulement en petites lames; et elle est encore plus douce au toucher et plus propre à faire le blanc de fard qu'on applique sur la peau.
On trouve aussi du talc en Scanie, qui n'a que peu de transparence. En Norwège, il y en a de deux espèces : la première, blanchâtre ou verdâtre , dans le diocèse de Chrisliana ; et la seconde , brune ou noirâtre , dans les mines d'Aruda a. « En Suisse le talc est fort commun, dit M. Guettard , dans le canton d'Uri ; les montagnes en don* nent qui se lève en feuilles flexibles que l'on peut plier , et qui ressemble en tout à celui qu'on appelle communément verre de Moscovie, » On tire aussi du talc de la Hongrie, de la Bohème, de la Silésie, du Tyrol, du comté de Holberg , de la Styrie , du mont Bructer , de la Suéde , de l'Angleterre , de l'Espagne, etc.
Nous avons cru devoir citer tous les lieux où l'on a découvert du talc en masse , par la raison que , quoique les micas soient répandus , et pour ainsi dire disséminés dans la plupart des substances vitreuses , ils ne forment que rarement des couches de talc pur qu'on puisse diviser en grandes feuilles minces.
En résumant ce que j'ai ci-devant exposé, il me parott que le mica est certainement un verre, mais qui diffère des autres verres primitifs , en ce au'il n'a pas pris , comme eux. , de la solidité ; ce qui indique qu'il étoit exposé à l'action de l'air, et que c'est par cette raison qu'il n'a pu se recuire asses pour devenir solide : il formoit donc la couche extérieure du globe vitrine ; les autres verres se sont recuits sous cette enveloppe et ont pris toute leur consistance : les micas, au contraire, n'en ayant point acquis par la fusion , faute de recuit , sont demeurés friables, et bientôt ont été réduits en particules et en paillettes; c'est là l'origine de ce verre qui diffère du quart! et du jaspe en
a. Actes de Copenhague, année 1677. H. Pott fait a ce sujet «ne remarque qui me paroît fondée ) il dit que Borricbius confond ici le talc avec la pierre oUaire , et il ajoute que Broémel est tombe dan* la même erreur, en parlant de la pierre ollaire dont on fait des pots et plusieurs sortes d'autres rases dans le Semptland ; en effet la pîerre ollaire, comme la molybdène , quoique contenant beaucoup de talc, doivent être distinguées et séparées des talcs purs. voyes les Mémoires de VMmdémie de Berlin , l ' 1746, pages 65 et sur?,
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ce qu'il est un peu moins rcfractaire à l'action du feu , et qui diffère en même temps du feld-spath et du schorl en ce qu'il est beaucoup moins fusible et qu'il ne se convertit qu'en une espèce de scorie de couleur obscure , tandis que le feld-spath et le schorl donnent un verre compacte et communément blanchâtre.
Tous les micas blancs ou colorés sont également aigres et arides au toucher : irais lorsqu'ils ont été atténués et ramollis par f impression des élémens humides, ils sont devenus plus doux et ont pris la qualité du talc; ensuite les particules talqueuses rassemblées en certains endroits par l'infiltration ou le dépôt des eaux se sont réunies par leur affinité , et ont formé les petites couches horizontales ou inclinées dans lesquelles se trouvent les talcs plus ou moins purs et en plaques plus ou moins étendues.
Cette origine du mica et cette composition du talc me paroissent très-naturelles; mais, tomme tous les micas ne se présentent qu'en petites lames minces , rarement cristallisées, on pourroit croire que toutes ces paillettes ne sont que des exfoliations détachées par
les élémens humides , et enlevées de la sar» face de tous les verres primitifs en général. Cet effet est certainement arrivé ; et Ton ne
S eut pas douter que les parcelles exfoliées es jaspes , du feld-spath , et du schorl , ne se soient incorporées avec plusieurs matières, soit par sublimation dans le feu primitif, soit par la stillation des eaux : mais il n'en faut pas conclure que les exfoliations de ces trois derniers verres aient formé les vrais micas ; car si c'étoit là leur véritable origine, ces micas auroient conservé , du moins en partie, la nature de ces verres dont ils se seroient détachés par exfoliation , et l'on trouverait des micas d'essence différente, hs uns de celle du jaspe , les autres de celle du feld-spath ou du schorl; au lieu qu'ils sont tous i peu près de la même nature et d'une essence qui paroit leur être propre et particulière. Nous sommes donc bien tondes à regarder le mica comme un troisième verre de nature, produit par le feu primitif, et qui, s'étant trouvé à la surface du globe, n'a pu se recuire ni prendre de la solidité eomme le quartz et le jaspe.
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