‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 81 sur 150 · DES ROCHES VITREUSES ET DU PORPHYRE · texte numérisé non relu

DES ROCHES VITREUSES ET DU PORPHYRE

apporté on échantillon T. Quelques naturalistes ont appelé cette pierre granité simple, parce qu'elle ne contient que du quartz et du feldspath , sans mélange de mica ni de schorl; et c'est de cette même composition qu'est formée la roche de Provence, décrite

4° Le quartz et le schorl. Cette matière est composée de quartz blanc , ou blanchâtre, et de schorl tantôt noir et tantôt vert ou verdâtre, distribué par taches irrégukeres. Ce premier mélange taché de noir sur un fond blanc a été nommé improprement

par M. Angerstein* sous le nom mal appli- jaspe d'Egypte et granité oriental, et le se

que de petrosilex,

qu'alors elle doit être nommée rock* cornée (en suédois , graeberg) ; car les parties essentielles de la roche cornée sont dn quartz dans lequel il y a des taches ou des raies grossières de mica , séparées les (mes des autres. Mais lorsque ces raies de mica sont très -rapprochées , et que par là la roche de. rient schisteuse ou feuilletée , on la nomme en allemand gestellstein , d'après l'usage que l'on en fait pour les fourneaux.... On désigne aussi par roche de corne quelques cailloux (petrosilex).... On ne devroit donner le nom de schiste corne qu'à l'espèce de pierre dans laquelle le quartz est intimement lié avec le mica , de manière qu'ils ne sauroient être distingués de l'un et l'autre à la rue. »

Le savant traducteur finit , comme l'on voit , à Tégard du prétendu schiste corné, par tomber dans la mauvaise application des noms qu'il censure.

i. Il s'en est trouvé aussi dans les Alpes.

s. « Dans la forêt de l'Esterelle en Provence , entre Cannes et Fréjus , il y a une montagne de roche grossière et grisâtre entremêlée de mica , de quartz, et de feld-spath, les mêmes espèces qui entrent dans la composition des granités , avec cette différence qu'elles sont plus mûres , plus fines , et plus compactes dans ceux-ci que dans l'autre.... Et plus loin on trouve une pierre rougeàtre appelée petrosilex» c'est-à-dire caillou de roche, qui est la mère des porphyres et des jaspes , de même que la pierre brute gri«e , dont je viens de parler, est la mère des granités. On trouve des petrosilex qui sont noirs , bruns , rougeàtres , verts , et bleuâtres.

« A mesure qu'on avance , cette pierre devient

λlus dure ; on y voit des taches opaques d'un petit éld-spath , semblables à celles qu'on voit dans le porphyre d'Egypte : on y aperçoit aussi de petites taches de plomb , lesquelles se trouvent aussi, quoique rarement , dans les porphyres antiques ; ces taches sont cristallisées comme les autres ; mais on juge par la couleur que c'est un minéral qu'on appelle mofybdena , lequel , aussi bien que le schorl ou le corneus cristallisants , peut être compté parmi les minéraux inconnus.... Vers le sommet de la montagne de l'Esterelle, ce même porphyre acquiert encore une autre sorte de taches qui , par leur transparence, ressemblent au verre, étant formées en cristaux spatheux , pyramidaux , et pointus aux deux bouts ; mais à mesure que les taches nouvelles s'accroissent , les autres disparaissent. Ce nouveau porphyre est plus beau que l'autre dans son poli, et ses taches deviennent entièrement transparentes quand on le scie en plaques minces. »

Je remarquerai que cette pierre, que M. Angerstein a ci-devant regardée comme la mère du porphyre^, devient ici une matière dont la finesse du grain , la dureté, et la consistance, l'ont déterminé à placer cette pierre parmi les jaspes.

« En avançant quelques lieues , continue-t-H , dans les bois de l'Esterelle , on ne remarque plus qu'une continuité de ce changement alternatif de porphyre et de jaspe : mais dans certains endroits, et surtout du coté de Fréjus , ces deux sortes de

cond mélange a été tout aussi mal nommé porphyre vert. Nous ne croyons pas qu'il soit nécessaire d'avertir que cette pierre quartzeuse tachetée de noir ou de vert par le mélange d'un schorl de l'une ou de l'autre de ces couleurs n'est ni jaspe, ni granité, ni porphyre. J'ignore si cette matière se trouve en grande masse; mais je sais qu'elle reçoit un beau poli, et qu'elle frappe agréablement les yeux par le contraste des couleurs.

Pierres sont amoncelées et congelées l'une avee . autre , et forment un produit qui a le caractère du marbre sérancolin des Pyrénées.

« Au sud-ouest , on trouve , au pied de la montagne , le petrosilex : dans cet endroit , il est tantôt rouge-brun, tantôt tirant sur le bleu céleste, tantôt sur le vert ; ce qui fait présumer que l'on poorroit y trouver encore des jaspes et des porphyres verts et bleuâtres, parce qu'on a vu ci-devant que la

Setrosilex ou le caillou de roche d'un rouge-brun a onné l'origine aux jaspes et aux porphyres de la même couleur.

« En dernier lieu , on remarque une petite colline d'une pierre appelée corneus , d'un gris foncé , mêlé de fibres en forme de petits filets , et de taches de spath cristallisé à quatorze pans , et quelquefois congelées en forme de grappes : arrivé à Fréjus , toutes ces pierres disparaissent. » (Remarques sur les montagnes de Provence, par M. Angerstein , dans les Mémoires des savons étrangers , t. II ) Nous devons faire observer que cette idée de M. Angerstein , de regarder la roche grossière et grisâtre de la forêt de l'Esterelle en Provence comme la mire des granités , est sans aucun fonde* ment : car les granités ne sont pas des pierres enfantées immédiatement par d'autres pierres ; et cette prétendue mère des granités m'est elle-même qu'un granité gris qui ressemble aux autres par sa composition, puisqu'il contient du quartz, du mica, et du feld-spath , de l'aveu même de l'auteur. Il dit même que son petrosilex est la mère des porphyres et des jaspes / ce qui n'est pas plus fondé, puisque ni le jaspe ni le porphyre ne contiennent point de quartz ; tandis que ce prétendu petrosilex étant composé de quartz et de feld-spath , n'a point de rapport avec les jaspes ; il est du nombre des matières de la troisième combinaison dont nous venons de parler, ou, si l'on veut, il fait la nuance entre cette pierre et les granités, parce qu'on y voit quelques taches de plomb noir ou molybdène, qui, comme l'on sait, est une matière micacée; il n'est donc pas possible que ce petrosilex ait produit des jaspes , puisqu'il n'en contient pas la matière. Ainsi la distinction que cet observateur fait entre le granité, la roche grisâtre , mère des granités , et son petrosilex , mère des porphyres et des jaspes , ne me paroît pas établie sur une juste comparaison ; et , de plus, nous verrons que le vrai petrosilex est une matière différente de celle à laquelle M. Angerstein en applique ici le nom.

Mirobuifs.

*« Le ja*pe et k mica. Cette combinaison n'existe peut-être pat dans la nature, dit moins je ne commis aucune substance qui la représente; et lorsque le mica se trouve avec le jaspe, il est seulement uni légèrement à sa surface, et non pas incorporé dans sa substance.

6P Le Jaspe et le foW-spalh, et 70 le jaspe et le sehorl. Ces deux mélanges for* ment également des porphyres.

S° Le mica et le feld-spath. Il en est de Ce mélange à peu près comme du cinquième, c'est-à-dire de celui du jaspe et du mica : on trouve en effet du feld-spath couvert et chargé de mica , mais qui n'est point incorporé dans sa substance'.

90 Le mica et le sehorl. (Jette combinaison ne m'est pas mieux connue, et peut-être n'existe pas plus dans la nature que la précédente et la cinquième.

100 Le feld-spath et le sehorl. Ce mélange est celui qui a formé la matière des ophites, dont il y a plusieurs variétés, mais ton les composées de feld-spath plus ou moins mêlé de sehorl de différentes couleurs.

Des dix combinaisons de ces mêmes cinq verres primitifs pris trois à trois, et qui, dans la spéculation , paroissent être également possibles, nous n'en connoissons néanmoins que trois ^ dont deux forment les granités, et la troisième un porphyre différent des deux premiers : car, i° le quarU, le feld-spath, et le mica, composent la sub* «tance de plusieurs granités; a° d'autres granités, au lieu de mica, sont mêlés de tchorl, et 3° il y a du porphyre composé de jaspe, de feld-spath, et de sehorl.

Eoun des qualre combinaisons des, cinq verres primitifs pris quatre à quatre,. nous n'en connoissons qu'une qui est encore un granité, dans la composition duquel le quartz, le mica, le feld-spath, et le sehorl, se trouvent réunis. Je doute qu'il y ait aucune matière de première formation qui contienne ces cinq matières ensemble; tant il est vrai que la nature ne s'est jamais soumise à nos abstractions ; car de ces vingtcmq combinaisons, toutes également possibles en spéculation, nous n'en pouvons compter en réalité que onze , et peut-être même dans ce nombre y en a-t-il quelquesunes qui n'ont pas été produites, comme les autres , par le feu primitif, et qui n'ont été formées que des detrimeus des premières., réunis par L'intermède de l'eau*

Quoi qu'il en soit, le porphyre est la plus précieuse de ces matières composées ; c'est , après le jaspe , la plus belle des sub-

stances vitreuse* en. grandes masses, fi est, comme nous venons de le dire, formé d« jaspe , de feld-spath , et de petites parties de sehorl incorporées ensemble. On ne peut le confondre avec les jaspes, puisque ceuxci sont d'une substance simple, et ne contiennent m feld-spath ni sehorl ; en ne doit pas non plus mettre le porphyre au nombre des granités, parce qu'aucun granité ne contient de jaspe , et qu'ils sent composés de trois et même de quatre autres substances, qui sont le quartz, le feld-spath , le sehorl, et le mica ; de ces trois ou quatre substances, il n'y a que le feld-spath et le sehorl qui soient «ommtins aux deux. Le porphyre a donc sa nature propre et particulière , et il paroît être plus éloigné du granité que du jaspe ; car le quartz, qui entre toujours dans la composition des granités, ne se trouve point dans les porphyres , qui tous ne contiennent que du jaspe, du feld-spath, et du sehorl.

Le nom de porphyre sembleroit désigner exclusivement une matière d'un rouge de pourpre, et c'est en effet la couleur du plus beau porphyre; mais cette dénomination s'est étendue à tous les porphyres, de quelque couleur qu'ils soient : car il en est àe$ porphyres comme des jaspes; il y en a de

S lus ou moins colorés de rouge , d© brun , e vert , et. de différentes nuances de quelques autres couleurs. Le porphyre rouge est semé de très-petites taches plus ou moins blanches, et quelquefois rougeâtres; ces taches présentent les parties du feld-spath et du sehorl, qui sont disséminées et incorporées dans la pâte du jaspe; et le caractère essentiel de tous les porphyres , et par lequel ils sont toujours reconnoissables, c'est ce mélange du feM-spalh, ou du sehorl, ou de tous deux ensemble, avec la matière de jaspe : ils sont d'autant plus opaques et phis colorés que le jaspe est entré en plus grande quantité dans leur eoaipo&itiea; et ils pren nent au centrante un pen de transparence lorsque le feld-spath y est en grande quantité. Nous pouvons , à ce sujet , observer qu'en général, dans les matières vitreuses produites par le feu primitif , pres il» y a- de transparence , et plus il y a de dureié ; au lieu que» dans les matières calcinantes, toutes formées par l'intermède de Feau , la transparence indiquera meMessf . Ainsi moins un porphyre est opaque , plus il est dur; et , au contraire, plus un marbre est transparent, plus ifc est tendre : o* le voit évidemment dans te marbre de Peros et dans les albâtres. Cette différence vient de ce que

DES ROCHES VITREUSES ET DU PO*raTO&.

le spath calcaire est plus tendre aue la pâte du marbre dans laquelle il est mêlé , et que le feld-spath. et le schorl sont aussi durs que (e quartz et Je jaspe, avec lesquels ils sont incorporés dans les porphyres et les granités.

Il n'y a ni quartz ni mica dans les porphyres , et il est aisé de les distinguer des granités, qui contiennent toujours du quartz, et souvent du mica ; il y a plus de cohérence entre les parties de la matière dans les porphyres que dans les granités , surtout dans ceux où le mélange du mica diminue non seulement la cohésion des parties, mais aussi la densité de la masse. Dans le porphyre , c'est le fond « ou la pâte > qui est profondément coloré , et les grains de feld-spath •t de schorl sont blancs , ou quelquefois ils sont de la couleur du fond , et alors seulement d'une teinte plus foible : dans le granité, au contraire, c'est le feld-spath et le schorl qui sont colorés , et le quartz , que Ton peut regarder comme sa pâte , est toujours blanc ; et c'est ce qui prouve que le porphyre a la matière du jaspe pour base, tomme le granité celle du quartz.

Quelques naturalistes , en convenant avec moi que le feld-spath et le schorl entrent comme parties constituantes dans les porphyres, se refusent à croire que la matière qui en fait la pâte soit réellement du jaspe, et ils se fondent sur ce que la cassure du porphyre n'est pas aussi nette que celle du jaspe; mais ils ne font pas attention que parmi les jaspes il y en a qui ont la cassure un peu terreuse, comme le porphyre, et qu'on ne doit le comparer qu'aux jaspes communs , qui se trouvent en grandes mafias, et non aux jaspes fins qui sont de seconde formation. Ces nouveaux jaspes ont 1* cassure plus brillante que celle des anciens, desquels ils tirent leur origine $ et ces anciens jaspes ne diffèrent pas par leur cassure de la matière qui fait la pâte des porphyres.

Quoique beaucoup moins commun que les f ramies , le porphyre ne laisse pas de se trouver en fortes masses et même par grands hlocs en quelques endroits * : il est ordinairement voisin des jaspes, et tous deux perlent » comme le granité , sur des roches qoattzeuset; et cette proximité indique entre eux une formation contemporaine. La •ettdilé très-durable de la substance du por»

'• On ea voit à Constanlinople de très-hautes «Jonnes d'une seule pièce , dans TégHse de Salnle- ****»•» •* «oit ont ce» «oleatee vitaaent de 1* ThébaiOe,

nhyre atteste de même son affinité avec le jaspe; ils ne se ternissent tous deux que par une très-longue impression des élémens humides ; et de toutes les matières du globe que Ton peut employer en grand volume, lé quartz , le jaspe, et le porphyre, sont les plus inaltérables : le temps a effacé et détruit en partie les caractères hiéroglyphiques des colonnes et des pyramides du granité égyptien , au lieu que les jaspes et les porphyres, dans les monumens les plus anciens, ne paroissent avoir reçu que de légères atteintes du temps, et il est à croire qu'il en seroit de même des ouvrages faits de quartz , si les anciens l'eussent employé ; mais comme il n'a ni couleurs brillantes ni variétés dans sa substance , et que sa grandie dureté le rend très-difficile à travailler et à polir, on Ta toujours rejeté; et, d'autre part , les porphyres et les jaspes ne se trouvant que rarement en grandes masses continues, on a de tout temps préféré les granités à ces premières matières pour les grands monumens.

Le quartz, qui forme la roche intérieure du globe , est en même temps -la base universelle des autres matières vitreuses; il soutient les masses des granités et celles des porphyres et des jaspes , et tous sont plus ou moins oontigus à cette roche primitive à laquelle ils tiennent comme à leur matrice ou mère commune, qui semble les avoir nourris des vapeurs qu elle a laissées traus-

Sirer, et qui leur a fait part des trésors e son sein en les teignant des plus riches couleurs.

M. Ferber , ayant curieusement examiné tous les porphyres en Italie , .les distingue en cinq sortes ; i° le porphyre rouge , qui est le plus commun, et dont le fond est d'un rouge foncé avec de petites tachée blanches et oblongues, souvent irrégulièree ou parallélipipèdes. Le fond de ce porphyre est d'un rouge plus ou moins foncé, et quelquefois si brun , qu'il tire sur le noir. « On ne peut nier, dit-il, que la matière de ces taches ne soil du spath dur, opaque, compacte, blanc de lait, et en même temps de la nature du schorl; ce que la forme et la simple vue indiquent assez. Il en est de même des autres sortes de porphyres, et il me paroit que les taches sout d'une espèce de pierre qui tient le milieu entre le feldspath et le schorl. En général, eoutiuue-t-il, ii y a très-peu de différence essentielle entre le schorl, le spath dur ou feld-spath, le quartz » tes autnes cailloux , et les grenat*, » Je dois observer que tout ce que dit ici

MINÉRAUX

M. Ferber, loin de répandre de la lumière Sur ce sujet, y porte de la confusion. Le schorl ne doit pas être confondu avec le feld-spath; il ny a point de pierre dont la substance tienne le milieu entre le feldspath et le schorl. La substance qui , dans les porphyres, se trouve incorporée avec la matière du jaspe , n'est pas uniquement du schorl , mais aussi du feld-spath. La différence du schorl au feld-spath est bien connue, et certainement le schorl, le spath dur (feld-spah), le quartz, les cailloux, et les grenats, ont chacun entre eux des différences essentielles que ce minéralogiste n'auroit pas dû perdre de vue.

« a° Le porphyre taché de blanc, continue M. Ferber, dont il y a deux variétés : la première est le porphyre noir, proprement dit , dont le fond est entièrement noir avec de petites taches oblongues, et qui ne diffère du porphyre rouge que par cette couleur du fond ; la seconde variété est la serpentine noire antique , dont le fond est noir avec de grandes taches blanches oblongues ou parallélipipèdes.

« 3° Le porphyre à fond brun avec de grandes taches ver dâ très oblongues ; il s'en trouve aussi dont le fond est d'un brun rougeâtre avec des taches d'un vert clair, et d'autres dont le fond est d'un brun noirâtre avec des taches moitié noirâtres et moitié verdâtres.

« 4° Le porphyre vert , dont il y a plusieurs variétés : i° la serpentine verte antique , dont le fond est vert , et les taches oblongues et parallélipipèdes sont d'un vert plus ou moins clair , et de la nature àx\ feldspath ou du schorl. On trouve quelquefois dans ces pierres des bulles telles que celles qui se forment dans les matières fondues par la sortie de l'air qui y est renfermé: on y voit aussi assez souvent des taches blanches et transparentes arrondies irrégulièrement, et qui paroissentétre de la nature de l'agate. a° Le porphyre à fond vert taché de blanc. 3° Le porphyre à fond vert foncé avec des taches noires. 4° Le porphyre à fond vert clair , ou plutôt jaune verdàtre taché de noir.

« 5° Le porphyre vert, proprement dit, qui a plusieurs variétés : la première à fond vert foncé presque noir, de la nature du jaspe, avec des taches blanches distinctes, oblongues, en forme de schorl, plus grandes que les taches du porphyre noir, et plus petites que celles de là serpentine noire antique. La seconde variété est à fond de la nature du jaspe , d'un vert foncé avec de

petites taches blanches , rondes , et longues, et ressemble , à la couleur près , au porphyre rouge. La troisième à fond vert foncé, qui est de la nature du trapp; les taches sont blanches , quartzeuses , irrégulières, et quelquefois si grandes et si nombreuses1, qu'on diroit, avec raison, que le fond est blanc : de temps en temps le fond s'est cristallisé en rayons de schorl ; alors cette espèce de porphyre vert se rapproche beaucoup de l'espèce du granité qui est mêlé de schorl au lieu de mica. La quatrième à fond vert foncé de la nature du trapp, comme celle du précédent, avec de petites taches blanches serrées, oblongues comme du schorl, rarement d'une figure régulière ou déterminée, mais entrelacées les unes dans les au* très , et repliées comme de petits vers : les ouvriers appellent cette variété porphyre vert fleuri. La cinquième d'un fond vert clair de la nature du trapp avec de petites taches oblongues , de figure déterminée , et détachées les unes des autres , et de petits rayons de schorl noir. »

Je ne puis m'empêcher d'observer encore que cet habile minéralogiste confond ici le schorl avec le feld-spath dans sa description de la première variété du porphyre vert, et qu'en même temps qu'il semble attribuer au feu la formation de cette pierre , il dit

Î|u'on \ trouve des agates; or, l'agate étant ormée par l'eau, il n'est pas probable que cette pierre de porphyre ait été pour le reste

F réduite par le .feu , à moins d'imaginer que agate s'est produite par infiltration dans les bulles dont M. Ferber remarque que cette pierre est soufflée.

: Je remarquerai aussi que sur ces cinq variétés il n'y a que les deux premières qui soient de vrais porphyres, et qu'à l'égard des trois dernières variétés dont le fond n'est pas de jaspe, mais de la matière tendre appelée trapp, on ne doit pas les mettre au nombre des porphyres , puisqu'elles en diffèrent non seulement par leur moindre dureté , mais même par leur composition , et autant que le jaspe diffère du trapp. Ceci nous démontre que M. Ferber a confondu sous le nom de porphyre, plusieurs substances qui sont d'une autre essence , et que celles qu'il nomme serpentines noires antiques et serpentines vertes antiques sont peutêtre , comme le trapp , des matières différentes du porphyre ; nous pouvons même dire que ceux qui , comme M. Ferber dans le Vicentin , et M. Soulavie dans le Yiva« rais , n'ont observé la nature qu'en désordre , n'ont pu prendre que de fausses idéef

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