ET EN PARTICULIER DU PORPHYRE
Arai* avoir parlé du aûartz, du jaspe, du mica, du feld-spath, et du schorl, qui sont les cinq substances les plus simples que la nature ait produites par le moyen du feu , nous allons suivre les combinaisons qu'elle en a faites en les mêlant deux, trois ou quatre, et même toutes cinq ensemble, pour composer d'autres matières par le même moyen du feu, dans les premiers temps de la consolidation du globe : ces cinq verres primitifs , en se combinant seulement deux à deux , ont pu former dix matières différentes , et de ces dix combinaisons il n'y en a que trois qui n'existent pas, ou du moins qui ne soient pas counues.
Les dix combinaisons de ces cinq verres primitifs pris deux à deux sont :
i° Le quartz et le jaspe. Cette matière se trouve dans les fentes perpendiculaires et dans les autres endroits où le jaspe est contigu au quartz; ils sont même quelquefois comme confondus ensemble dans leur jonction, et quelquefois aussi le quartz forme des veines dans le jaspe. J'ai vu une plaque de jaspe noir traversée d'une veine de quartz blanc.
a° Le quartz et le mica. Cette matière est fort commune, et se trouve par grandes masses , et même par montagnes : on pourrait l'appeler quarte micacé1.
i. « La pierre» dit M. Ferber, que les Allemands appellent schiste corné ou tekiste de corne est formée de quartz et de mica , et ce schiste de corne n'est pas la même chose que la pierre de corne ; celle-ci est une espèce de silex , on pierre à fusil. »
Mous ne pouvons nous dispenser d'observer que cet habile minéralogiste est ici tombé dans une double méprise. D'abord il n'y a aucun schiste qui •oit formé de quarts et de mica ; et il n'eut point dû appliquer à ce composé de quartz et de mica le nom de schiste de corne, puisqu'il dit que ce schiste
3° Le quartz et le feld-spath. Il y a des roches de cette matière en Provence et en Laponie, d'où M. de Maupertuis nous en a
de corne n'a rien de commun arec la pierre de corne , qui , selon lui , est un silex : ce qui est une seconde méprise ; car la pierre de corne n'est point un silex, mais une pierre composée de schiste et de matière calcaire. Tout quartz mêlé de mica doit être appelé quart* micacé, tant que le mica n'a pas changé de nature ; et lorsque , par sa décomposition , il s'est converti en argile on en schiste , il faut nommer quarts schisteux ou schiste quarUeux la pierre composée des deux.
« Il y a dans le Piémont , continue M. Ferber, des montagnes calcaires et des montagnes quartzeuses ; celles-ci ont des raies pins ou moins fortes de mica , et c'est de cette espèce de pierres que sont formées les montagnes voisines de Turin : ou les nomme sortis ; on s'en sert pour les fondations des batimens , pour des colonnes , etc. » {Lettres sur ht minéralogie , par M. Ferber, page 456.)
Le même M. Ferber (page 344) » en parlant d'un prétendu granité à deux substances , quartz et mica, s'exprime encore dans les termes suivans: « Quand il n'entre point du tout de spath dur (feldspath) dans la composition des granités, on nomme alors ce mélange de quartz et de mica hornbergt{ hornfels , gestellstein ; ce qui vient de l'usage qu'on en fait dans les fourneaux de fonderie. Lorsque la mica y est plus abondant, la pierre est schisteuse.»
Le nom de gestellstein (pierre de fondement , ou base des fourneaux) me paroit aussi impropre que celui de schiste corné, pour désigner la matière vitreuse qui n'est composée que de quarts et de mica , et non de schiste ; et M. le baron de Oie* trich remarque avec raison (pages 4q* et 492 des Lettres sur la minéralogie, note du traducteur) «qu'il y a beaucoup de roches composées qui n'ont au* cune dénomination ; que d'autres, au contraire, es ont tant et de si indéterminées , que l'on ne s'entend point lorsqu'on se sert de ces noms ; par exemple , le granité , la roche cornée , ce qu'on nomme en allemand gestellstein, sont des noms que l'on confond souvent , et que l'on applique maL Chaque granité proprement dit doit renfermer du quartz, du spath dur (feld-spath) , et du mica : mais on nomme aussi granité cette même espèce de pierre» quand il n'y a pas de feld-spath, tandis