DEUXIÈME ADDITION À L'ARTICLE DU CHIEN
On a vu dans l'histoire et la description que j'ai données des différentes races de chiens, que celie du chien de berger parait être la souche ou tige commune de toutes les autres races, et j'ai rendu cette conjecture probable par quelques faits et par plusieurs comparaisons. Ce chien de
berger, que je regarde comme le vrai chien de nature, se trouve dans presque tous les pays du monde. MM. Cook et Forster nous disent « qu'ils « remarquérent à la Nouvelle-Zélande un grand «nombre de chiens que les habitants du pays « paraissent aimer beaucoup, et qu'ils tenaient «attachés dans leurs pirogues par le milieu du « ventre. Ces chiens étaient de l'espèce à longs « poils , et ils ressemblaient beaucoup au chien « de berger de M. de Buffon. Ils étaient de di- « verses couleurs , les uns tachés, ceux-ci entié- « rement noirs, et d'autres parfaitement blancs. « Ces chiens se nourrissent de poisson ou des « mêmes aliments que leurs maitres, qui ensuite « les tuent pour manger leur chair et se vêtir « de leurs peaux. De plusieurs de ces animaux « qu'ils nous vendirent, les vieux ne voulurent « rien manger, mais les jeunes s’accoutumèrent « à nos provisions. »
«A la Nouvelle-Zélande, disent les mêmes « voyageurs, et suivant les relations des pre- « miers voyages aux iles tropiques de la mer du « Sud, les chiens sont les animaux les plus stu- « pides et les plus tristes du monde: ils ne pa- « raissent pas avoir plus de sagacité que nos « moutons ; et comme à la Nouvelle-Zélande on « ne les nourrit que de poisson, et seulement « de végétaux dans les iles de la mer du Sud, « ces aliments peuvent avoir contribué à chan- « ger leur instinct. »
M. Forster ajoute que « la race des chiens « des îles de la mer du Sud ressemble beaucoup « aux chiens de berger; mais leur tête est, dit- (il, prodigieusement grosse. Ils ont les yeux « d’une petitesse remarquable, desoreilles poin- « tues, le poil long, et une queue courte et touf- « fue. Ils se nourrissent surtout de fruits aux «iles de la Société ; mais sur les iles basses et à « la Nouvelle-Zélande, ils ne mangent que du « poisson. Leurstupiditéestextrème. Ilsaboient « rarement où presque jamais , mais ils hurlent « de temps en temps. Ils ont l’odorat très-fai- « ble, etils sont excessivement paresseux. Les «naturels les engraissent pour leur chair qu'ils «aiment passionnément, et qu'ils préfèrent à « celle du cochon :ils fabriquent d’ailleurs avec « leurs poils des ornements ; ils en font des fran- « ges, des cuirasses aux îles de la Société, et « ils en garnissentleurs vêtements à la Nouvelle- « Zélande. »
On trouve également les chiens comme indigenes dans l'Amérique méridionale, ou on les
a nommés chiens des bois, parce qu'on ne les a pas encore réduits, comme nos chiens, en domesticité constante.