‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 3)Chapitre 119 sur 186 · DE LA FEMELLE, SECONDE GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

DE LA FEMELLE, SECONDE GÉNÉRATION

Cette jeune femelle, âgée de six mois, le 3 septembre 1776, avait les dimensions suiéantes :

Longueur de la tête et du corps, mesurés en

ligne droite, depuis le bout du nez jusqu'à l'origine de la queue. . . . . . Ba oies 2-2. 0 Hauteur du train de devant. . . . . . . . . . 1206 Hauteur du train de derrière . . . . . #... 1 2 0 Depuis le bout du nez jusqu’à l'occiput. . . . 0 7 6 Du bout du nez à l'œil. . .. . . . . . . . 1011982 Distance de l'œil à l'oreille . . . . . . . . . 10N 28 4 Longueur de l'oreille ... . . . . . . . . . - . 0 5 10 Largeur de l'oreille à sa base. . . . . . . . . 0 2 5 Longueur de la queue. . . . . . . . . . . . . 0 510 Depuis le ventre jusqu’à terre . . . . . . . 1089 0

On voit par ces dimensions, que cette femelle avait le corps un peu moins haut que le mäle du même âge : elle était aussi plus fournie de chair. Ces deux jeunes animaux ne se ressemblaient pas plus que leurs père et mère par leur naturel; car cette jeune femelle était douce comme sa mere, et le jeune mâle avait le caractère sauvage et le regard farouche de son père.

La présence des étrangers n'irritait ni ne choquait cette jeune femelle; ellese familiarisait tout de suite avec eux, pour peu qu'ils la flattassent; elle les prévenait même lorsqu'ils étaient indifférents, quoiqu'elle sût les distinguer de ses amis, qu’elle accueillait toujours de préférence, et avec lesquels elle était si caressante , qu'elle en devenait importune.

Elle avait, comme sa mère et son grand-père chien, la queue courte et émousséex elle était couverte d'un poil blanc en-dessous jusqu'à la moitié de sa longueur, et sur le reste, de fauve pâle nuancé de cendré; mais le dessus de la queue était noir mélangé de fauve pâle et de cendré, et presque tout noir à son extrémité. Elle avait la tête un peu allongée, et sensible-

ment plus que celle du jeune mâle, les orbites

des yeux inclinées, etles yeux éloignés l’un de l'autre, mais cependant un peu moins que ceux de sa mère, de laquelle elle tenait encore par la couleur jaunâtre du sommet de la tête, du front, du contour des yeux, du dessus et des côtés du nez jusqu'à environ un pouce de la lèvre supérieure, du dehors des oreilles et des jambes, et des côtés du ventre; enfin, elle lui ressemblait encore par les poils grisâtres qu’elle avait sur le front, et depuis les yeux jusqu’au bout du nez. Cependant la couleur jaune ou roussâtre était beaucoup moins foncée que sur sa mère ; elle tirait même un peu sur le blanc; ce qui semblait provenir du père, dont le poil était d'un jaune presque blanc sur les mêmes endroits.

Elle tenait de son père par les pieds et les ongles , qui étaient blanchâtres, et par les oreilles , quiétaient pendantes. A la vérité, il n'y avait que sept ongles blanchâtres dans le père, au lieu qu'ils. étaient tous de cette couleur, à peu près, dans cette jeune femelle. Elle avait aussi les oreilles entièrement pendantes, au lieu que celles du père'ne l’étaient qu'au tiers. Elle avaitde plus, comme son père, une grande tache longitudinale sous le cou, qui commençait à la gorge, s’étendait en s’élargissant sur la poitrine, et finissait en pointe vers le milieu de la partie inférieure du corps. Elle jui ressemblait encore par la couleur blanchâtre du poil sur les joues, sur le bord de la lèvre su périeure, sur toute la mâchoire inférieure, sur la face intérieure des jambes, le contour de l'anus et des pieds, et enfin par la couleur du ventre, qui était blanchâtre, mélée d'un gris cendré.

HISTOIRE NATURELLE

Elle avait de commun avec son père et sa mère la couleur grisâtre du dos et des côtés da corps, le mélange de fauve et de blanchâtre sur le cou, le derrière des épaules et le dessus de la face extérieure des cuisses.

D'après l'examen etles descriptions que nous venons de faire de ces quatre animaux, äl parait qu'ils avaient plus de rapport avee la louve qu'avec le chien, par les couleurs du poil ; car ils avaient, comme la louve, toute la partie supérieure et les côtés du corps de couleur grisÂtre , mêlée de fauve en quelques endroits. Ils avaient aussi, comme la louve, du roussâtre et du blanchätre sur la tête, sur les jambes et sous le ventre: seulement, le mâle de la première génération avait plus de blane et moius de jaune que sa femelle; ce qui semblait venir du père chien, qui était plus blane que noir. Cependant la qualité du poil n'était pas absolument semblable à celle du poil de la louve; car , dans ces quatre animaux, il était moins rude, moins long et plus couché que dans la louve, qui d'ailleurs, comme tous les autres animaux carnassiers et sauvages, portait un second poil court et crêpé immédiatement sur la peau , lequel couvrait la racine des lopgs poils. Dans nos quatre animaux , nous avons remarqué ce petit poil; mais il n'était ni si crépé ni si touffu que dans la louve, auquel néanmoins il ressemblait par ce caractère, puisque ce second poil ne se trouve pas communément dans nos chiens domestiques. D'ailleurs le poil de ces quatre animaux , quoique différent , par la qualité, de celui de la louve, était en même temps plus rude et plus épais que celui du chien; en sorte qu’il semblait que la mère avait influé sur la couleur: et le père sur la nature de leur poil. #

A l'égard de la forme du corps, on peut dire que , dans le mâle et la femelle de la première génération, elle provenait plus de la mère louve que du père chien; car ces deux animaux avaient , comme la louve, le corps fort épais de bas en haut et beaucoup de ventre. Ils avaient le train de derrière fort affaissé, ce qui était produit par la forme de leurs jambes” de derrière, qui étaient'plus coudées que elles des chiens ordinaires, quoiqu'elles ie soient moins que celles des A Cela s'accorde parfaitement avec ce que j'ai dit des mulets , et semble prouver que la mère éonne la grandeur et la forme du corps, tandis que le père donne

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