‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 3)Chapitre 130 sur 186 · LE CHIEN DES BOIS DE CAYENNE · texte numérisé non relu

LE CHIEN DES BOIS DE CAYENNE

Il y a en effet plusieurs animaux que les habitants de la Guiane ont nommés chiens des bois , et qui méritent ce nom, puisqu'ils s’accouplent et produisent avec les chiens domestiques. La première espèce est celle de laquelle M. de la Borde nous a envoyé la dépouille. Cet animal avait deux pieds quatre pouces de longueur; la tête, six pouces neuf lignes , depuis le bout du nez jusqu’à l’occiput : elleest arquée à la hauteur des yeux , qui sont placés à cinq pouces trois lignes de distance du bout du nez. On voit que ses dimensions sont à peu près les mêmes que celles du chien de berger, et c'est aussi la race de chien à laquelle cet animal de la Guiane ressemble le plus : car il a, comme le chien de berger, les oreilles droites et courtes, et la forme de la tête toute pareille ; mais il n’en a pas les longs poils sur le corps, la queue et les jambes. Il ressemble au loup par le poil, au point de s'y méprendre, sans cependant avoir ni l’encolure ni la queue du loup. Il a le corps plus gros que le chien de berger, les jambes et la queue un peu plus petites ; le bord des paupières est noir, ainsi que le bout du museau ; les jouessont rayées de deux petites bandes noirâtres ; les moustaches: sont noires ; les plus grands poils ont deux pouces cinq lignes. Les oreilles n’ont que deux pouces de longueur sur quatorze lignes de largeur à leur base; elles sont garnies, à l'entrée, d’un poil blanc-jaunâtre , et couvertes d’un poil court roux mêlé de brun. Cette couleur rousse s'étend des oreilles jusque sur le cou; elle devient grisâtre vers la poitrine qui est blanche , et tout le milieu du ventre est d'un blanc-jaunâtre , ainsi que le dedans des cuisses et des jambes de devant. Le poil de la tête et du corps est mélangé de noir, de fauve, de gris et de blanc. Le fauve domine sur la tête et les jambes; mais il y a plus de gris

vw DESCRIPTION

sur le corps, à cause du grand nombre de poils blanes qui y sont mêlés. Les jambes sont menues, et le poil en est court; il est, comme celui des pieds, d’un brun foncé, mêlé d’un peu dé roux. Les pieds sont petits et n’ont que dix-sept lignes jusqu'à l'extrémité du plus long doigt; les ongles des pieds de devant ont cinq lignes et demie : le premier des ongles internes est plus fort que-les autres; il a six lignes de longueur et trois lignes de largeur à sa naissance ; ceux des pieds de derrière ont cinq lignes. Le tronçon de la queue a onze pouces; il est couvert d'un petit poil jaunâtre tirant sur le gris ; le dessus de la queue à quelques nuances de brun, et son extrémité est noire.

Plusieurs personnes m'ont assuré qu'il y a de plus dans l'intérieur des terres de la Guiane, surtout dans les grands bois du canton d'Oyapok, une autre espèce de chiens des bois , plus petite que la précédente, dont le poil est noir et fort long , la tête grosse et le museau plus allongé. L uvages élèvent ces animaux pour la End eevotié et des accouchis. Ces petits chiens des bois s’accouplent aussi avec les chiens d'Europe, et produisent des métis que lessauvages estiment beaucoup, parce qu'ils ont encore plus de talent pour la chasse que les chiens des bois.

Au reste, ces deux espèces chassent les agoutis, les pacas, etc.; ils s'en saisissent etles tuent: faute de gibier, ils montent sur les arbres dont ils aiment les fruits, tels que ceux du bois rouge, etc. Ils marchent par troupes de six ou sept. Ils ne s’apprivoisent que difficilement, et consefvent toujours un caractère de méchanceté.

DESCRIPTION DU CHIEN

(EXTRAIT DE DAUBENTON

Le chien et le cheval sont peut-être, de toutes les espèces d'animaux quadrapèdes, celles qui varient le plus par rapport à leurs diverses races; mais il se trouve entre les chiens des différences bien plus considérables qu'entre les chevaux , par la grandeur et par les proportions du corps, par la longueur et la qualité du poil ete. En comparant un petit danois à un dogue de forte race, un basset à jambes torses à un lévrier, un grand barbet à un chien-ture, ete., on serait porté à croire que ces animaux seraient d'espèces différentes, surtout

après s'être convaincu que le cheval et l'âne ne sont point de la même espèce, parce que leur produit est stérile, Au contraire, quel que puisse étre le mélange dans l'accouplement des chiens, les individus qui en proviennent sont féconds dans une suile constante de générations; par conséquent, ni les variétés singulières qui s’y rencontrent, ni les différences marquées qui s’y perpétuent, ne doivent pas nous empêcher de rapporter tous les chiens à une seule et même espèce.

Il y a plusieurs races très-distinctes parmi les chiens ; et de plus , il y a dans cette même espèce un grand nombre d'individus, dont chacun réunit en soi des caractères de ces différentes races : on leur donne le nom de métis, parce qu'ils ont été engendrés par un mäle et une femelle, chacun de race différente. On reconnaît aisément dans un métis les races dont il provient : si un barbet s'accouple avec une danoise , les individus qu'ils pro-

duisent portent ordinairement des caractères de

ces deux races, qui, quoique mélées, sont très-reconnaissables. Quelquelois ces métis ressemblent également au père et à la mère, et le mélange paraît s'être fait par moitié; mais le plus souvent l'une des races domine , et les métis ont plus de ressemblance avec les barbets qu'avec les danois,

ou «u contraire les caractères des danois sont plus

marqués que ceux des barbets. Il arrive anssi que le mélange ne se manifeste par aucune apparence sensible, et que le métis est si ressemblant au père ou à la mère, qu'il paraît être entièrement barbet ou danois. Le double métis , c'est-à-dire celui qui vient de deux métis , a des caractères fort équivoques : on ne reconnait pas facilement de quelles races il dérive , surtout lorsqne les deux premiers

| métis, pèreet mère du second, sont provenus de

quatre races différentes, deux pour le père et deux pour la mère. Je suppose, en prenant des exemples dans les extrêmes, que le père ait été engendré par un barbet et une danoise , et la mère par un basset et une levrette; les caractères de ces quatre races si différentes entre elles, qui ont déjà été mèlés et altérés dans la première génération , se confondent de nouveau, et disparaissent presque en entier dans la seconde, de sorte que le double métis participe plus ou moins aux caractères des quatre races, du barbet, du danois, du basset et du lévrier , mais cependant en diffère au point de pouvoir constituer une nouvelle race , s’il trouvait son pareil pour se perpétuer sans altération.

Les métis étant dès la seconde génération si différents des races connues, ils en différeraïent toujours de plus en plus de nouveaux mélanges dans la suite des générations, s’il n'y avait dans la nature même de l'espèce une tendance à restituer les caractères qui constituent les principales races; car, lorsqu'un métis s'accouple avec un chien de

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race décidée, ceux qu'ils produisent doivent recevoir plus de caractères de cette race que de celle du métis. On pourrait en acquérir la preuve par une suite d'expériences sur plusieurs générations de chiens de races décidées, et de métis mêlés ensemble ; mais, au défaut du temps ét des facilités qui seraient nécessaires pour ces recherches, on peut jeter des lumières sur ce sujet, en raisonnant d’après les faits connus.

S'il existait des chiens sauvages qui n'eussent jamais été altérés par l'éducation domestique, on verrait tous les caractères de l'espèce des chiens, réunis dans un seul individu, et il n'y aurait entre les chiens que de légères variétés, comme il s'en trouve parmi les renards, parmi les loups, etc. ; mais les chiens étant devenus des animaux domestiques, on a développé toutes les propriétés de leur nature. Les divers climats dans lesquels ils ont été transportés , les diverses nourritures qu'on leur a données , les divers exercices qu'on leur a fait faire, ont produit des différences dans la forme de leur corps et dans leur instinct : lorsque ces différences ont été assez sensibles pour être remarquées, on a eu soin de les perpétuer, on les à même augmentées en faisant accoupler des individus doués des mêmes qualités : de là sont venues des races nouvelles et distinctes. Ces races sont, pour ainsi dire, avouées de la nature, puisqu'elles se maintiennent dans la suite des générations , et les caractères qui les constituent sont les plus naturels à l'espèce considérée dans l'état de domesticité, puisqu'ils se sont développés avant ceux des chiens métis : aussi les barbets, les danoïs, les bassets , les lévriers , etc., se perpétuent sans altération sensible , chacun dans sa propre race. Mais lorsqu'un barbet et une danoise ont produit un métis qui porte des caractères des deux races, si ce métis s’accouple avec un barbet on un danois, les earactères du métis disparaissent dans cette génération, et la nature rétablit en entier ceux du barbet ou du danois.

On voit de même que, dans les accouplements de deux métis provenus, l'un d’un barbet et d'une danoïse, l'autre , d'un basset et d'une levrette, le mélange des caractères de ces quatre races ne peut guère se faire en proportion égale relativement à chaque race ; car, quoique cela ne soit pas absolument impossible , il faudrait un hasard fort extraordinaire pour qu'il se rencontrât dans le mème temps , et dans le même lieu, deux métis de cette nature , l'un mâle et l'autre femelle, et tous les deux disposés à s’accoupler. En supposant mème toutes ces circonstances réunies, elles ne suffiraient peut-être pas encore pour empêcher que l’une des quatre races originaires ne reparût dans le produit de cet acconplement , puisque, comme nous l'avons dit, il n'est guère possible que les individus

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qui viendraient de ces deux métis reçussent précisément autant de caractères des unes que des autres des quatre races qui auraient produit les deux premiers métis. Il arrive presque toujours qu’à la première génération mn métis a plus de caractères de l’une que de l’autre des races principales dont il sort; dans ce cas, les caractères dominants passent au second métis, et peuvent dès cette seconde génération rétablir l’une des races originaires. Ce rétablissement doit se faire bien plus facilement et plus vite, si chacun des deux métis a eu pour père ou pour mère un individu de même race; par exemple, si l’un des métis vient d'un barbet et d'une danoïse, et l’autre, d’un barbet et d’une levrette, alors les caractères du barbet doivent l’emporter dans la seconde génération sur ceux du danois et du lévrier, par conséquent les deux métis peuvent souvent produire de vraisbarbets.

C'est ainsi que les races des chiens se perpétuent et renaissent, pour ainsi dire, des métis : sans cette tendance qu'a la nature à conserver et à rétablir les caractères des races principales, le mélange fréquent des différentes races les altérerait et les ferait disparaître en peu de temps, car ibest certain que les chiens se mèlent indistinctement; la ievrette en chaleur reçoit indifféremment le barbet, le basset, etc., comme le lévrier ; et réciproquement, le barbet et le basset s’approchent de la levrette aussi fréquemment que des femelles de leur race; c'est pourquoi les races qui on! moins d'individus que les autres dans un canton se dénaturent bientôt et s'éteignent entièrement. En Bourgogne, les mâtins' sont beaucoup plus nombreux que les lévriers ; aussi ny a-t-il presque plus de lévriers qui ne participent de la naturé et de la figure du mâtin. Si l'on croisait la race, comme pour les chevaux, on pourrait la rétablir : Je suppose que l'on fit venir d'ailleurs des lévriers et des levrettes en plus grand nombre que les mâtins, on verrait la race des lévriers reparaître dans la suite des générations, se perfectionner et se perpétuer ; mais, en tenant les chiens de différentes races séparément les uns des autres, on prévient tout mélange, et par conséquent toute altération, si ce n’est celle que le climat peut produire.

De toutes les races que l’on a distinguées dans l'espèce du chien, examinons quelle est celle qui ressemblerait le plus aux chiens sauvages, s’il en existait encore, et quelle est la race qui a été le moins dénaturée par l'éducation ,.et qui représente le mieux les caractères originaires de l'espèce.

4 On donne vulgairement le nom de mâtins aux chiens qu'on ne peut rapporler à aucune des races connues, parce qu'ils ont des caractères dérivés de différentes races, et mal exprimés : on les regarde comme de vilains chi eschiens des rues ; mais le nom de mâtin, dans l'aceeption propré, appartient à une des principales races des chiens, comme on le verra dans la suite de cet ouvrage.

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Après avoir observé les parties intérieures d'un grand nombre de chiens de diverses races, j'ai vu qu'excepté les différences de grandeur ces animaux se ressemblent tous à l'intérieur par les parties molles, et que les caractères distinctifs de chaque race consistent dans'les os et dans la forme extérieure du corps. Comme il y a de grandes différences et des variétés considérables dans cette forme parmi les différentes races, on ne peut pas distinguer dans cette diversité de figures quelle est celle qui approche le plus de la figure originaire des chiens sauvages ; mais, la forme des parties molles étant la même dans toutes les races, ce caractère commun ne pourrait-il pas être une sorte de moyen ou d'indice pour reconnaitre la figure originaire de l'espèce? Dans cette vue, je cherche parmi les animaux sauvages ceux qui ressemblent le plus an chien par les parties intérieures du corps, et je trouve que ce sont le loup et le renard. Cette conformité est si frappante entre ces trois animaux , et dépend de caractères si singuliers, que l'on pourrait peut-être en tirer quelque induction pour la ressemblance extérieure, et en conclure que la figure du chien sauvage approcherait plus de celle du renard ou du loup, que de celle d'aucun autre animal : or on voit au premier coup d'œil que les chiens dont le museau est le plus allongé sont ceux qui ressemblent le plus au loup et au renard.

Donc les chiens qui ont le museau le plus allongé paraissent être ceux qui ressembleraient le plus aux chiens sauvagés , s’il en existait, ceux qui ont été le moins dénaturés par l'éducation, et qui représentent le mieux les caractères originaires de l'espèce.

Laforme du museau est le trait le plus marqué de la physionomie des chiens de chaque race, et le caractère le plus décisif pour les distinguer; car la grandeur du corps, qui est le caractère le plus apparent , est aussi le plus inconstant, puisqu'il se trouve de très-grands et de très-petits chiens dans la même race, au lieu que la figure du museau ne varie presque jamais d'une manière sensible, que dans des races différentes. Plus le museau est allongé, plus il est conforme à l’état primitif de l’espèce ; plus il est raccourci, plus il a dégénéré de la figure originaire; c'est pourquoi, dans l'énumération des différentes races de chiens qui nous sont connues, je commenceraipar ceux qui ont le museau le plus long , je placerai ensuite ceux qui l'ont moins allongé, et je finirai par ceux qui ont le museau le plus court. Les mâtins, les danois et les lévriers sont sans contredit les chiens qui ont le museau le plus long, etles dogues sont ceux qui l'ont le plus court. Les mâtins et les dogues sont donc les deux extrèmes dans l'espèce des chiens considérés relativement à la forme du museau;

mais cette partie ne varie, pour l'ordinaire, que par nuances légères dans les races intermédiaires ; aussi ne s'agit-il ici que de races dépendantes d’une même espèce, dont les différences ne sont pas aussi tranchées que celles qui se trouvent entre des espèces réelles : c’ést par cette raison qu'il est souvent difficile de reconnaitre les races principales et les races mêlées.

Si l'on avait vu les chiens et les loups, les chiens et les renards , s'accoupler les uns avec les autres, et produire ensemble, comme les anciens naturalistes l'ont rapporté, on croirait que le museau effilé des renards aurait influé sur celui des lévriers, et le museau du loup sur celui des mâtins; mais les expériences que M. de Buffon a faites à ce sujet rendent fort douteux ce que les anciens en ont dit; ainsi nous ne pouvons pas assurer que le museau des lévriers vienne du renard, et celui des mâtins du loup, ni savoir si les races des lévriers et des danois se sont formées en même temps que celle des mâtins, ou si les lévriers ont été le produit de certains mâtins qui avaient le museau moins gros, le corps plus mince et les jambes plus longues que les autres; si les danois viennent au contraire de mätins dont le museau était plus gros et le corps plus ample, et si ces qualités se sont maintenues et perfectionnées dans la suite des générations , par l'influence du climat, de la nourriture, de l'exercice, etc. On ne peut done distinguer les mâtins, les lévriers et les danoïs en trois races principales que par une convention arbitraire ; aussi je ne prétends donner la forme du museau pour marque distinctive des races des chiens, que comme un garactère arbitraire, et par conséquent incertairr et faulif, comme ceux des méthodes introduites en histoire naturelle. Quand même il serait certain que tous les chiens sauvages auraient eu le museau semblable à celui des mâtins, et que les chiens qui ont le museau raccourci auraient dégénéré de la race des mâtins, cependant les différents degrés de longueur et de grosseur dans le museau ne suffiraient pas encore pour déterminer les races distinctes et les races mêlées : il y a lieu de croire qu'elles se sont toutes formées par des mélanges dans l'accouplement, et par l'influence des elimats; que celles que nous regardons comme principales, sont seulement les plus anciennement connues, et qu'on les a maintenues constamment ou renouvelées en différents temps par le choix des mäles et des femelles que l'on a fait accoupler. Quoi qu'il en soit, les caractères établis sur la figure du museau indiquent au moins la succession des changements qui sont arrivés dans l'espèce des chiens, et feront distinguer avec plus de facilité qu'aucun autre caractère les différentes races de cette espèce.

Dans l'énumération des différentes races de

DU CHIEN

chiens connues en France, la race des mâtins précédera celle des danois et des lévriers, parce que les mätins y sont en plus grand nombre; d’ailleurs ils paraissent être les plus agrestes, ils passent leur vie au milieu des champs, et ils ne reçoivent qu'une éducation rustique, la moins capable d’altérer la nature, et de changer les caractères des chiens sauvages. Le chien de berger n'est pas moins agreste que le mätin, et même il ressemble au loup et au renard plus que le mâtin, par la longueur du poil et par la direction des oreilles qui sont droites en entier, tandis que celles du mâtin sont pendantes par l'extrémité. M. de Buffon, après avoir recueilli plusieurs faits historiques sur les chiens qui se trouvent dans différentes parties du monde , présume que le chien de berger est celui qui approche

: longueur, et le reste est pendant. Les jambes sont

le plus de la race primitive des chiens. On à vu avec |

quel succès M. de Buffon rapporte, dans l’histoire du chien, les caractères que chaque climat a produits sur les animaux de cette espèce, et les diverses races de chiens qui en sont dérivées dans chaque pays : mais comme je me borne, dans la description de ces animaux, aux races connues en France , je les considère toutes réunies dans le même climat, et sujettes à un mélange continuel dans les accouplements ; c’est dans ce point de vue que je distingue les races principales , les races métives , et les races provenues des races métives.

De même que la race des chevaux les plus communs en France a été le sujet de la description que j'ai faite des parties intérieures du cheval, la race des mâtins sera aussi le principal sujet de la descriplion des parties intérieures du chien, parce que les chiens de la race des mâtins sont plus communs en France, et peut-être plus naturels dans ce climat , que ceux d'aucune autre race. On verra que l'énumération suivante des diverses races des chiens de ce pays , rangées dans un ordre relatif aux différents degrés de longueur du museau, est d'accord avec l'énumération des mêmes races faite par M. de Buffon relativement aux influences des climats , puisque les races des chiens de chaque pays se trouvent placées de suite dans chacune de ces énunmérations , Ce qui prouve qu'ils ne dégénèrent que jusqu’à un certain point dans le même climat, et que ies caractères tirés de la figure du museau sont les plus sûrs pour distinguer les différentes races de ces animaux.

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