CHIENS DE CALABRE
Ces chiens sont très-grands parce qu'ils viennent des grands danois mêlés avec les grands épagneuls. Il y a quelques années que l’on en fit peindre à Versailles deux très-beaux de la haute taille du danois, fort courageux et très-ardents à la chasse
du loup. Hs participaientaux caractères des danois et des épagneuls pour la forme du corps et pour le poil. Voilà les races des chiens dont j'ai eu connaissance; mais je ne doute pas qu'il n'y en ait bien d'autres, qui ne se sont pas maintenues jusqu’à présent, et dont on n’a pas gardé le souvenir comme de celles des bichons, des chiens-lions, etc. Les auteurs ont fait mention de certaines races qui n'existent plus aujourd'hui , ou que l’on ne connaît plus; etil y en a peut-être qui se perpétuent depuis longtemps, et dont personne ne fait mention, parce qu'elles n'ont aucun caractère qui puisse les faire remarquer. Un plus grand détail sur ce sujet serait inutile, car on conçoit aisément que l'on pourrait avoir autant de nouvelles races qu'il y a de combi- Laisons à faire dans le mélange des chiens de toutes les races décidées. La nature produit des variétés presque à l'infini dans cette espèce d'animaux : nonseulement on peut faire changer d’une génération à l’autre la forme du corps , la qualité et la couleur du poil, mais encore la grandeur des individus. En faisant accoupler le chien de la plus haute taille avec la chienne la plus grande, ils produiraient le plus souvent des individus qui seraient encore plus grands; au contraire , en choisissant les chiens les plus petits, il viendrait de leur accouplement des chiens encore plus petits; enfin on est déjà parvenu à en avoir de si grands et de si petits, qu'ils semblent excéder les limites naturelles de la taille des animaux de cette espèce. Tant de variétés si grandes et si subites prouvent assez qu'il n’est pas possible de faire des descriptions exactes et précises des chiens des différentes races, et qu'on pourra trouver quelques exceptions toutes les fois qu’on appliquera la description à un nouvel individu. Lorsqu'il n’y a qu'une race parmi les animaux d'une même espèce, le caractère de la physionomie est celui qui varie le moins dans les individus ; mais plus le nombre des races est grand, plus il se trouve de variétés dans les physionomies, et plus il est difficile de les décrire: c'est pourquoi on ne pourrait donner aucune idée de la physionomie des chiens et des différences qu’on y remarque dans les diverses races de cette espèce, si l’on ne considérait d'abord les principaux caractères et les différents traits dans les races qui se ressemblent le moins, pour reconnaître ensuite les nuances qui sont entre ces extrêmes. La figure du museau , sur laquelle j'ai établi les caractères distinctifs des principales races, est aussi le caractère le plus expressif de la physionomie des chiens des différentes races considérées relativement les unes aux autres. Plus cette partie est allongée , plus elle exprime la douceur et la docilité ; mais à proportion qu'elle se trouve raccourcie , elle semble devenir le signe dela férocité et de la fureur, signe à la vérité souvent démenti dans les chiens dont le caractère a été dénaturé par
DESCRIPTION DU CHIEN
l'éducation ou par le mélange des races. Voyez un mâtin tranquille sur ses quatre jambes, ou seulement sur les deux jambes de devant , tandis que le train de derrière est rubattu et posé sur la terre; l'allongement du museau de cet animal donne à sa physionomie l'apparence de la douceur, malgré la position des oreilles qui sont en partie dressées. Le dogue au contraire, quoique dans les mêmes attitudes , porte sur sa physionomie un caractère de cruauté qui vient de son museau aplati et de ses lèvres longues et épaisses, et qui ne peut être adouci par la situation de ses oreilles pendantes. Les lèvres minces et courtes du mâtin , du lévrier, du danois, contribuent à rendre leur physionomie plus douce : le museau effilé et le chanfrein arqué du lévrier paraissent dénoter sa timidité : les oreilles du chien-loup, du chien de Brie , du chien d'Islande , qui sont toujours droites, semblent être une marque de leur agilité : le museau long et gros des chiens courants et des braques exprime bien moins de finesse dans leur physionomie, que le museau plus court et moins gros des épagneuls et des barbets; mais le long poil de ceux-ci masque leurs traits, de même que dans les bichons, les chienslions , eten général dans tous ceux dont le museau est couvert par le poil. :
Des nomenclateurs ont fait servir le nom du chien pour dénommer un genre d'animaux quadrupèdes, qui a été appelé le genre canin, et qui renferme l'espèce des chiens, celles des loups, des renards , des blaireaux , des civettes, des loutres et de plusieurs autres espèces. Les animaux de ce prétendu genre ne ressemblent pas tous au chien autant les uns queles autres : nous ferons voir dans la suite de cet ouvrage que les loups et les renards sont les seuls qui aient des rapports essentiels avec les chiens.
Les caractères du genre canin sont, selon les méthodistes, 40 les ongles des doigts, qui distinguent les chiens des animaux solipèdes et des animaux à pieds fourchus , en ee que ceux-ci ont des sabots et non pas des ongles. 20 Le nombre des doigts, qui est au-dessus de deux : par ce caractère le chien diffère du chameau qui n'a que deux doigts. 50 La séparation des doigts marquée à l'extérieur, au contraire de l'éléphant, qui a les doigts réunis les uns avec les autres. 40 Les ongles étroits : par cette figure, ils diffèrent de ceux des singes, qui sont larges. 59 Les dents ineisives de chaque mâchoire, qui sont en plus grand nombre que celles des lièvres, des lapins, etc., car ceux-ci n’en ont que deux. 60 La grandeur du corps, qui est bien au dessus de la taille des belettes , des putois , des fouines, des furets, ete., dont le corps est fort mince et très-allongé. To Enfin, la figure du museau, qui est plus long que celui des chats, des tigres, des lions , des ours, etc.