‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 3)Chapitre 176 sur 186 · DESCRIPTION DU LIÈVRE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU LIÈVRE

épie, l'écureuil , le castor , lesrats, ete.; c’est pourquoi dés nomenclateurs ont rangé tous ces animaux : sous un genre dont la dénomination alété tirée de celle du lièvre. 11 suffit d'avoir indiqué ces caractères pour donner une première idée de la conformation de cet animal; nous les décrirons chacun en particulier, conformément au plan quenous suivons dans cet ouvrage pour la description des animaux,

Un levraut qui a été tué en Bourgogne, sur la fin de l'automne, et qui a servide sujet pour la description dés couleurs du poil, avait un pied un pouce et demi de long depuis le bout du museau jusqu'à l'anus ; la longueur des oreilles était de quatre pouces, et celle de la queue de deux pouces. Le dos , les Jombes, le hant de Ja croupe-et des c6tés du corps avaient une couleur roussâtre , mêlée d'une teinte blanchätre , et étaient noirâtres dans quelques endroits, En écartant les poils , on reconnaissait qu'il y en avait de deux sortes : les uns formaient une espèce de duvet, ils étaient les plus courts; et ils avaient une couleur cendrée qui s'étendait depuis la racine sur environ la moitié de leur longueur ; il y avait plus haut une couleur roussâtre; el l'extrémité était noirâtre:; les autres poils avaient plus de longueur ; et ils ‘étaient ‘aussi un peu plus gros et plus fermes que ceux du duvet, . mais moins nombreux ; ils avaient une, couleur cendrée claire sur environ un tiers de leur longueur depuis la racine; l'autre tiers était noirâtre, et le troisième tiers de couleur roussätre ou blanchâtre jusqu’à l'extrémité. Tous ces poils étant appliqués les uns contre les autres, on ne voyait que la couleur roussâtre des longs poils , et la couleur noirätre qui était sur le milieu de leur longueur et sur l'extrémité des poils courts.-Il y avait sur!le sommet de la tête un duvet de couleur cendrée entre des poils plus longs et plus fermes, de couleur cendrée à la racine, noire dans le milieu, et, fauve à l'extrémité. Les yeux étaient environnés d'une bande.de couleur blanchâtre , qui s’étendait en avant jusqu'à la moustache et en arrière jusqu'à l'oreille. La partie antérieure de la face extérieure des oreilles était colorée de noir et de fauve; la partie postérieure avait une couleur mêlée de cendré et de fauve sur environ les trois quarts de sa longueur depuis la base, et le reste était moir; dans les levrauts encore plus jeunes que celui dont il s'agit, la partie postérieure de la face extérieure de l'oreille est en partie blanche ou blanchâtre. Le dessous de la mächoire inférieure , les oreilles, la partie postérieure de la poitrine, le ventre, les parties de la génération, les aines et la face intérieure des cuisses et des jambes étaient garnis d'un poil blanc , avec de légères teintes roussâtres dans quelques endroits; l’entre-deux des oreilles, le cou , la partie antérieure de la poitrine , les épau-

HISTOIRE NATURELLE DU LAPIN

les, la partie inférieure des côtés du corps etles quatre jambes étaient de couleur fauve; la face inférieure de la queue avait une couleur mêlée de blanc et de fauve très-pale, et la face supérieure était noirâtre.

Un vieux lièvre tué en Bourgogne sur la fin de i'automne , comme le levraut dont il vient d'être fait mention, avait un pied huit pouces et demi de longueur depuis le bout du museau jusqu’à l'anus ; il différait du levraut en ce que le duvet du dos, des lombes, du haut de la croupe et des côtés du corps était blanc depuis la racine des poils sur la plus grande partie de leur longueur; que l’extrémité des grands poils fermes était de couleur fauve plas foncée que sur le levraut, et que, ces poils étant plus longs, on y voyait plus de noir; il y avait aussi sur le sommet de la tête du fauve plus foncé ; les taches de couleur blanchâtre qui se trouvent sur le levraut entre les angles antérieurs des yeux et les moustaches , et entre les angles postérieurs et les oreilles, étaient beaucoup plus étendues sur le vieux lièvre dont il s'agit, et avaient une couleur blanche. La partie postérieure de la face extérieure des oreilles était presque blanche dans les’endroits qui avaient une couleur cendrée sur le levraut. Il se trouvait entre les oreilles et sur lechignon beaucoup de poils dont l'extrémité était blanche; le reste de ces poils et les autres, de même que ceux du cou , de la partie antérieure de la poitrine , des épaules, de la partie inférieure des côtés du corps et des quatre jambes , avaient une couleur rousse, et non pas fauve comme sur le levraut. La face inférieure de la queue n'avait qu'une légère teinte de fauve qui se trouvait près de l’anus , elle était presque entièrement blanche J'aivu d'autres lièvres qui n'avaient pas cette teinte de fauve. Il m'a paru aussi que la couleur rousse qui est répandue sur diverses parties du corps de ces animaux était plus ou moins foncée sur différents individus; mais en général je n’ai aperçu aucunes différences marquées dans les couleurs des lièyres et des hases observées à peu près dans le même âge et dans le même canton. Le duvet du corps avait environ un pouce de longueur ; l’autre poil un pouce et demi, et ik s’en trouvait encore de plus longs qui étaient placés à quelque distance les uns des autres, et qui avaient jusqu'à deux pouces de longueur.

La plapart des levrauts ont au sommet de la tête quelques poils blancs qui forment une marque appelée l'étoile; elle disparait ordinairement à la première mue, mais elle reste sur quelques-uns sans s’effacer, même dans l’âge le plus avancé, car j’en ai vu un vieux qui l’avait ; et de quatre-vingts qui ont été tués le même jour dans les pares de Versail- Jes, il s’est trouvé une vieille hase qui était étoilée.

Le lièvre a la tête longue, étroite et arquée de-

puis le bout du museau jusqu’à l’origine des oreilles; le museau est gros, et les ouvertures des narines ont l'apparence d'une seconde bouche placée à environ quatre lignes au-dessus de l'ouverture des lèvres, parce qu'il y a sur la cloison des narines un enfoncement qui paraît être une continuation de leurs ouvertures, et qui les réunit toutes les deux en une seule fente aussi longue que la bouche ; la lèvre supérieure est échancrée dans le milieu, et divisée presque en entier par un sillon assez large qui s'étend jusqu’à l’enfoncement de la cloison des narines; les yeux sont grands, ovales et placés à peu près sur le milieu de la partie supérieure des faces latérales de la tête. Il y a de chaque côté de la bouche une moustache composée de soies, dont les plus grandes ont quatre pouces et plus de longueur: elles sont noires près de la racine, et blanches dans le reste de leur étendue jusqu'à l'extrémité; les plus petites sont noires en entier ; il s’en trouve aussi quelques-unes au delà des ouvertures des narines , au-dessus et au-dessous des yeux. Les oreilles s'étendent en arrière ; elles semblent se toucher par la base, mais leurs pointes sont à quelque distance l'une dé l'autre, surtout dans les femelles , que les chasseurs reconnaissent à ce signe ; l'ouverture de l'oreille est tournée de côté, le bord antérieur se recourbe en dedans, et le postérieur en dehors. Le corps du lièvre est allongé et à peu près de la même grosseur sur toute sa longueur ; la queue , quoique fort courte, se replie en haut; les jambes de devant sont courtes et minces, principalement dans la partie inférieure de l’avant-bras ; la partie des jambes de derrière qui correspond à la jambe de Fhomme n'est pas plus grosse à proportion que l’avant-bras ; mais le pied de derrière, le métatarse et le tarse dénotent, par leur grosseur, de mème que les lombes ; que lon appelle le räble, la force que le lièvre a pour la course, et la longueur des jambes de derrière marque la facilité avec laquelle il s'élance en avant. Il y a quatre doigts dans les pieds de derrière et cinq dans ceux de devant ; chaque doigt est terminé par un ongle de grosseur médiocre, qui est caché dans le poil ; car tous les pieds sont velus en entier, et il se trouve, sur la partie postérieure du métacarpe et du carpe, du métatarse et du tarse , un poil touffu en forme de brosses qui s'étendent jusqu'au talon.

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