‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 3)Chapitre 56 sur 186 · NOMBRE DES ENFANTS TROUVÉS PAR CHAQUE ANNEE · texte numérisé non relu

NOMBRE DES ENFANTS TROUVÉS PAR CHAQUE ANNEE

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Ce nombre des enfants trouvés monte pour ces mêmes vingt-deux années à 99210, lesquels étant retranchés de 416181, reste 316971; ce qui ne ferait que 3£ enfants environ , ou si l’on veut dix enfants pour trois mariages ; mais il

NAISSANCES, MARIAGES, ere.

faut considérer que, dans ce grand nombred'enfants trouvés, il y en a peut-être plus d'une moitié de légitimes que les parents ont exposés ; ainsi on peut croire que chaque mariage donne à peu près quatre enfants.

Le nombre des enfants trouvés depuis 1745 jusqu'en 1766 a augmenté depuis 3233 jusqu'à 5604, etce nombre va encore en augmentant tous les ans; car, en 1772, il est né à Paris 18713 enfants, dont 9557 garçons et 9150 filles, en y comprenant 7676 enfants trouvés ; ce qui semble démontrer qu'il y a même plus de moitié d'enfants légitimes dans ce nombre.

Érar des Baptèmes , Mariages et Sépullures dans la ville de Montbard en Bourgogne, depuis 1765 inclusivement, jusques et compris l’année 1774.

De cette table, on peut conclure, 1° que les mariages sont plus prolifiques en province qu'à Paris, trois mariages donnant ici plus de dixhuit enfants , au lieu qu’à Paris trois mariages n'en donnent que douze.

20 On voit aussi qu'il naît précisément autaut de filles que de garçons dans cette petite vi'e :

5 Qu'il naît dans ce même lieu près d’un quart de plus d'enfants qu'il ne meurt de personnes ;

49 Qu'il meurt un peu plus de femmes que d'hommes, au lieu qu'à Paris il en meurt beaucoup moins que d'hommes; ce qui vient de ce qu'à facampagne elles travaillent tout autant que les hommes, et souvent plus à proportion de

tandis que dans toutes les autres années il y en | à eu douze, treize, quatorze et même viugt : cette grande différence provient de la misère du peuple dans cette année 1771 ; le grain était au double et demi de sa valeur , et les pauvres, au lieu de penser à se marier, ne songeaient qu'aux moyens de leur propre subsistance. Ce seul petit exemple suffit pour démontrer combien la cherté du grain nuit à la population : aussi l'année suivante, 1772, est-elle la plus faible de toutespour la production, n'étantné quesoixantedix enfants, tandis que dans les neuf autres années, le nombre moyen des naissances est de quatre-vinet-quatre.

6° On voit que le nombre des morts a été beaucoup plus grand en 1772 que dans toutes les autres années ; il y a eu cent un morts, tandis qu'année commune, la mortalité pendant les neufautres années n'a étéqued'environsoixanteet une personnes : la cause de cette plus grande mortalité doit être attribuée aux maladies qui suivirent la misère , et à la petite vérole qui se déclara dès le commencement de l'année 1772, et enleva un assez grand nombre d'enfants.

7° On voit par cette petite table qui a été faite avec exactitude , que rien n’est moins constant que les rapports qu'on a voulu établir entre le nombre des naissances des garcons et des filles. Ona vu, parlerelevédes premières tables, quece rapportétait de 17 à 16; ona vu ensuite qu'à Paris ce rapport n’est que de 27 à 26, et l'on vient de voir qu'ici le nombre des garçons et celui des filles est précisément le mème. Il est donc probable que suivant les différents pays, et peutêtre selon les différents temps, le rapport du nombre des naissances des garcons et des filles varie considérablement.

80 Par un dénombrement exact des habitants de cette petite ville de Montbard, on y a trouvé 2337 habitants ; et, commele nombre moyen des morts pour chaque année est de 65 , et qu'en multipliant 65 par 36 on a 2340, ilest évident qu'il ne meurt qu'une personne sur trente-six | dans cette ville.

leurs forces, et que d’ailleurs, produisant beau- |

coup plus d'enfants, elles sont plus épuisées et

courent plus souvent les risques des couches. 5° L'on peut remarquer dans cette table qu'il

L’y a eu que quatre mariages en l'année 1771,

HISTOIRE NATURELLE

Érar des Naissances, Mariages el Morts dans posée de bourgeois , et que le petit peuple n'y

la ville de Semur en Auxois, depuis l'année 1770 jusques el compris l'année 1774.

à | | B\PTEMES, MORTUAIRES.|

Filles.

Garçons ——

Par cette table, il parait, 1° que trois mariases donnent 16 { enfants à peu près, tandis qu'à Montbard, qui n'en est qu'à trois lieues , trois mariages donnent plus de dix-huit enfants ;

20 Qu'il nait plus de garçons quede filles, dans la proportion à peu près de 25 à 23, ou de 12 4 à 11 4, tandis qu'à Montbard le nombre des garçons et des filles est égal ;

3° Qu'il nait ici un cinquième à peu près d’'enfants de plus qu'il ne meurt de personnes ;

4° Qu'il meurt plus de femmes que d'hommes, dans la proportion de 164 à 147 ; ce qui est à peu près la même chose qu'à Montbard.

5° Par un dénombrement exact des habitants

de cette ville de Semur , on y a trouvé 4345 |

personnes; et, comme le nombre moyen des

morts est 622, divisé par 5 ou 124 ?, et qu'en

multipliant ce nombre par 35, on a 4354, il en

résulte qu'il meurt une personne sur trente-

cinq dans cette ville.

Érar des Naissances, Mariages et Morts dans la petite ville de Flavigny , depuis 1770 jusques el compris l’année 1174.

MORTUAIRES

Hommes|Femmes

BAPTÈMES.

19 Par cette table, trois mariages ne donnent que 13 Ÿ enfants; par celle de Semur, trois mariages donnent 16 £ enfants, et par celle de Montbard, trois mariages donnent plus de dixhuit enfants : cette différence vient de ce que Flavigny est une petite ville presque toute com-

est pas nombreux , au lieu qu'à Montbard le peuple y est en très-grand nombre en comparaison des bourgeois, et à Semur la proportion des bourgeois au peuple est plus grande qu'à Montbard. Les familles sont généralement toujours plus nombreuses dans le peuple que dans les autres conditions.

2° I nait plus de garçons que de filles , dans une proportion si considérable , qu'elle est de près d’un cinquième de plus; en sorte qu'il parait que les lieux où les mariages produisent le plus d'enfants sont ceux où il y a le plus de petit peuple, et où le nombre des naissances des filles est plus grand ;

39 II nait ici à peu près un neuvième de plus d'enfants qu'il ne meurt de personnes;

4° Il meurt un peu plus d'hommes que de femmes, et c'est le contraire à Semur et à Montbard; ce qui vient de ce qu'il nait dans ce lieu de Flavigny beaucoup plus de garcons que de filles.

Érar des Naissances, Mariages et Morts dans la petite ville de Vilteaux, depuis 1770 + jusques et compris l’année 1774.

BAPTÈMES

1° Par cette table, trois mariages donnent plus de dix-huit enfants comme à Montbard.

Vitteaux est en effet un lieu oùil y a, comme à Montbard , beaucoup plus de peuple que de bourgeois.

20 I] nait plus de filles que e garçons, et c'est ici le premier exemple que nous en ayons : car à Montbard le nombre des naissances des garcons et des filles n’est qu'égal, ce qui fait présumer qu'il y a encore plus de peuple à Vitteaux, proportionnellement aux bourgeois.

30 [1 nait ici environ un quart plus d’enfants

qu'il ne meurt de personnes, à peu près comme

à Montbard.

40 II meurt plus de femmes que d'hommes ,

dans la proportion de 83 à 71, c’est-à-dire de

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