ANIMAUX DOMESTIQUES
cription particulière de chaque animal pour l'examen des caractères génériques et spécifiques. On peut voir, par ce qui a été rapporté des principales méthodes de distribution des quadrupèdes, en quoi consiste l’art des méthodes, et à quoi peuvent servir ces systèmes pour la vraie connaissance des animaux. On a vu que chaque méthodiste ne nous présente que quelques parties de leur corps, et qu'en vertu de la comparaison et de la combinaison qu'il fait de ces mêmes parties dans chaque espèce d'animal, il les approche ou il les éloigne , il les place, illes range, il en dispose à son gré; l'ordre auquelil lessoumet n’est déterminé que par des conventions arbitraires, si peu essentielles pour la plupart, qu'elles varient , qu’elles diffèrent et qu’elles changent dans chaque méthode, de façon que les méthodistes semblent se jouer des animaux et de la nature, au lieu d’en faire des observations suivies et une étude sérieuse : cependant il y a un préjugé qui n’est que trop répandu dans ce siècle, et qui donne aux méthodes beaucoup plus de considération qu’elles n'en méritent; on croit qu'elles sont de vrais tableaux de la nature, et qu'on y voit le dénouement de son système. Ceux qui sont dominés par ce préjugé le respectent d'autant plus, qu'ils ont employé plus de temps dans ce genre d'étude, et tombent dans l'illusion en se persuadant qu'ils connaissent parfaitement les animaux , parce qu’ils savent quele est la forme, le nombre et la situation de leurs dents, de leurs mamelles, de leurs pieds, de leurs doigts, etc. On se contente de cette connaissance superficielle, sans s'inquiéter du reste de l'animal que l'on ne peut bien connaître que par des descriptions complètes. Il faut que les hommes se succèdent par plus d’une génération, avant que de parvenir à l'extinction totale d’un faux préjugé ; mais ceux qui sont les premiers à reconnaitre l'erreur doivent travailler à la détruire sans aucune dissimulalion : c’est pourquoi nous ne suivrons dans l'histoire naturelle et dansla description des animaux quadrupèdes, que l'ordre le plus simple et le plus éloigné de ioute distribution méthodique ; nous commençons par les animaux domestiques, ensuite viendront les animaux, sauvages et enfin les animaux étrangers.Les motifs de cette succession ont été si bien expliqués par Buffon, qu'il suffit de renvoyer à son discourseur la manière d'étudier et de traiter l’histoire naturelle.