‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 3)Chapitre 76 sur 186 · CHE VAL · texte numérisé non relu

CHE VAL

l'Arabie, et comment ils se conduisent et savent se gouverner eux-mêmes lorsqu'ils se trouvent indépendants de l'homme.

Suivant les différents pays et selon les différents usages auxquels on destine les chevaux, on les nourritdifféremment, Ceux dé racearabe, dont on veut faire des coureurs pour la chasse, en Arabie et en Barbarie , ne mangent que rarement de l'herbe et du grain, On ne les nourrit ordinairement que de dattes et de lait de chameau qu'on leur donne le soir et le matin ; ces aliments , qui les rendent plutôt maigres que gras , les rendent en même temps très-nerveux et fort légers à lacourse. Ils tettent même les femelles des chameaux , qu'ils suivent, quelque grands qu'ils soient !, et ce n'est qu'à l'âge de six ou sept ans qu'on commence à les monter.

En Perse on tient les chevaux à l'air dans la campagne le jour et la nuit, bien couverts néanmoins contre les injures du temps, surtout l'hiver, non-seulement d'une couverture de toile mais d’une autre par-dessus qui est épaisse et tissue de poil , et qui les tient chauds et les défend du serein et de la pluie. On prépare une place assez grande et spacieuse, selon le nombre des chevaux , sur un terrain sec et uni, qu'on balaie et qu'on accommode fort proprement ; on les y attache a côté l'un de l’autre à une corde assez longue pour les contenir tous, bien tendue et liée fortement par les deux bouts à deux chevilles de fer enfoncées dans la terre; on leur lâche néanmoins le licou auquel ils sont liés, autant qu'il le faut pour qu'ils aient la liberté de se remuer à leur aise. Mais pour les empècher de faire aucune violence, on leur attache les deux pieds de derrière à une corde assez longue qui se partage en deux branches , avec des boucles de fer aux extrémités , où l’on place une cheville enfoncée en terre au-devant des chevaux , sans qu'ils soient néanmoins serrés si étroitement qu'ils ne puissent se coucher, se lever et se tenir à leur aise, mais seulement pour les empêcher de faire aucun désordre; et quand on les met dans des écuries, on les attache et on les tient de la même façon. Cette pratique est si ancienne chez les Persans, qu'ils l'observaient dès le temps de Cyrus, au rapport de Xénophon. Ils prétendent , avec assez de fondement, que ces animaux en devien-

4 Voyage de Marmol, tome 1, page 50.

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nent plus doux, plus traitables, moins hargneux entre eux ; ce qui est utile à la guerre, où les chevaux inquiets incommodent souvent leurs voisins lorsqu'ils sont serrés par escadrons. Pour litière on ne leur donne en Perse que du sable et de la terre en poussière bien sèche, sur laquelle ils reposent et dorment aussi bien que sur la paille‘. Dans d’autres pays, comme en Arabie et au Mogol, on fait sécher leur fiente que l’on réduit en poudre , et dont on leur fait un lit très-doux ?. Dans toutes ces contrées, on ne les fait jamais manger à terre ni même à un râtelier; mais on leur met de l'orge et de la paille hachée dans un sac qu'on attache à leur tête , car il n'y a point d'avoine, et l’on ne fait guère de foin dans ce climat. On leur donne seulement de l’herbe ou de l'orge en vert au printemps, et en général on a grand soin de ne leur fournir que la quantité de nourriture nécessaire ; car lersqu'on les nourrit trop largement, leurs jambes se gonflent, et bientôt ils ne sont plus de service. Ces chevaux auxquels on ne met point de bride et que l’on monte sans étriers se laissent conduire fort aisément; ils portent la tête très-haute au moyen d'un simple petit bridon , et courent très-rapidement et d’un pas très-sûr dans les plus mauvais terrains. Pour les faire marcher, on n’emploie point la houssine et fort rarement l’éperon ; si quelqu'un en veut user, il n’a qu’une petite pointe cousue au talon de sa botte. Les fouets dont on se sert ordinairement ne sont faits que de petites bandes de parchemin nouées et cordelées ; quelques petits coups de ce fouet suffisent pour les faire partir et les entretenir dans le plus grand mouvement.

Les chevaux sont en si grand nombre en Perse, que quoiqu'ils soient très-bons, ils ne sont pas fort chers. Il y en a peu de grosse et grande taille, mais ils ont tous plus de force et de courage que de mine et de beauté. Pour voyager avec moins de fatigue, on se sert de chevaux qui vont l’'amble, et qu'on a précédemment accoutumés à cette allure, en leur attachant par une corde le pied de devant à celui de derrière, du même côté; et dans la jeunesse on leur fend les naseaux, dans l'idée qu'ils en respirent plus aisément; ils sont si bons marcheurs, qu'ils font très-aisément

* Voyage della Valle, Rouen, 4745, in-12, tome V, page 284 jusqu'à 302.

? Voyage de Thévenot, tome III, pag. 129 et suivantes.

sept à huit lieues de chemin sans s'arrêter.

Mais l'Arabie, la Barbarie et la Perse ne sont pas les seules contrées où l’on trouve de beaux et bons chevaux ; dans les pays même les plus froids , s'il ne sont point humides, ces animaux se maintiennent mieux que dans les climats très-chauds. Tout le monde connaît la beauté des chevaux danois, et la bonté de ceux de Suède, de Pologne, etc. En Islande, où le froid est excessif, et où souvent on ne les nourrit que de poisson desséché , ils sont très-vigoureux, quoique petits?; il y en a même de si petits, qu'ils ne peuvent servir de monture qu'à des enfants *. Au reste ils sont si communs dans cette ile, que les bergers gardent leurs troupeaux à cheval; leur nombre n’est point à charge, car ils ne coûtent rien à nourrir. On mène ceux dont on n'a pas besoin dans les montagnes, où on les laisse plus ou moins de temps après les avoir marqués ; et lorsqu'on veut les reprendre, on les fait chasser pour les rassembler en troupe, et on leur tend des cordes pour les saisir, parce qu'ils sont devenus sauvages. Si quelques juments donnent des poulains dans ces montagnes, les propriétaires les marquent comme les autres et les laissent là trois ans. Ces chevaux de montagne deviennent communément plus beaux , plus fiers etplus gras que tous ceux qui sont élevés dans les écuries#.

Ceux de Norwége ne sont guère plus grands, mais bien proportionnés dans leur petite taille ; ils sont jaunes pour la plupart, et ont une raie noire qui leur règne tout le long du dos; quelques-uns sont châtains, et il y en a aussi d'une couleur de gris-de-fer. Ces chevaux ont le pied extrêmement sür; ils marchent ayec précaution dans les sentiers des montagnes escarpées, et se laissent glisser en mettant sous le ventre les pieds de derrière lorsqu'ils descendent un terrain raide et uni. Ils se défendent contre l'ours; et lorsqu'un étalon aperçoit cet animal vorace , et qu'il se trouve avec des poulains ou des juments, il les fait rester derrière Jui, va ensuite attaquer l'ennemi, qu'il frappe avec ses pieds de devant, et ordinairement il le fait périr sous ses coups. Mais si le cheval veut se défendre par des ruades, c’est-à-dire ayec les

1 Voyage della Valle, Rouen, 4745, in-12, tome V, page 284 jusqu'à 502, 2 Recueil des voyages du Nord. Rouen, 1716 tome L

page 18.

# Description de l'Islande, ete., par Jean Anderson, p.79. 4 Histoire générale des Voyages, tome XVIII, page 19,

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pieds de derrière, il est perdu sans ressource; car l'ours lui saute d’abord sur le dos et le serre

si fortement, qu'il vient à bout de l’étouffer et |

de le dévorer ‘.

Les chevaux de Nordland ont tout au plus quatre pieds et demi de hauteur. À mesure qu'on

avance vers le nord les chevaux deviennent |

petits et faibles. Ceux de la Nordland occidentale sont d’une forme singulière ; ils ont la tête grosse, de gros yeux , de petites oreilles, le cou fort court, le poitrail large, le jarret étroit , le corps un peu long, mais gros , les reins courts entre queue et ventre, la partie supérieure de la jambe longue, l'inférieure courte, le bas de la jambe sans poil , la corne petite et dure, la queuë grosse, les crins fournis, les pieds petits, sûrs et jamais serrés ; ils sont bons, rarement rétifs et fantasques, grimpant sur toutes les montagnes. Les pâturages sont si bons en Nordland, que lorsqu'on amène de ces chevaux à Stockholm, ils y passent rarement une année sans dépérir ou maigrir et perdre leur vigueur. Au contraire, les chevaux qu'on amène en Nordland , des pays plus septentrionaux, quoique malades dans la première année, y reprennent leurs forces ?.

L'excès du chaud et du froid semble être également contraire à la grandeur de ces animaux: au Japon, les chevaux sont généralement petits, cependant il s’en trouve d'assez bonne taille, et ce sont probablement ceux qui viennent des pays de montagnes, et il en est à peu près de même à la Chine. Cependant on assure que ceux du Tonquin sont d'une taille belle et nerveuse,

qu'ils sont bons à la main, et de si bonne na- | ture, qu'on peut les dresser aisément, et les |

rendre propres à toutes sortes de marches*.

Ce qu'il y a de certain , c'est que les chevaux |

qui sont originaires des pays secs et chauds dégénèrent , et même ne peuvent vivre dans les climats et les terrains trop humides , quelque chauds qu'ils soient ; au lieu qu’ils sont trèsbons dans tous les pays de montagnes, depuis le climat de l'Arabie jusqu'en Danemarck et en Tartarie, dans notre continent, et depuis la Nouvelle-Espagne jusqu'aux terres Magellaniques dans le nouveau continent: ce n’est done

* Essai d'une histoire naturelle de la Norwége, par Pontoppidam , Journal étranger, mois de juin 1756.

3 Histoire générale des Voyages, tome XIX, page 561.

5 Histoire du Touquin , par le P. de Rhodes, jésuite, p. 51 et suivantes.

ni le chaud ni le froid, mais l'humidité seule qui leur est contraire.

On sait que l'espèce du cheval n'existait pas dans ce nouveau continent, lorsqu'on en a fait la découverte ; et l’on peut s'étonner avec raison de leur prompte et prodigieuse multiplication : care n moins de deux cents ans, le petit nombre de chevaux qu'on y a transportés d'Europe s’est si fort multiplié, et particulièrement au Chili, qu'ils y sont à très-bas prix. Frezier dit que cette prodigieuse multiplication est d'autant plus étonnante, que les Indiens mangent beaucoup de chevaux , et qu'ils les ménagent si peu pour le service et le travail, qu'il en meurt un très-grand nombre par excès de fatigue". Les chevaux que les Européens ont transportés dans les parties les plus orientales de notre continent, comme aux îles Philippines, y'ont aussi prodigieusement multiplié ?.

En Ukraine Ÿ, et chez les Cosaques du Don, les chevaux vivent errants dans les campagnes. Dans le grand espace de terre compris entre le

| Don et le Niepper , espace très-mal peuplé , les

chevaux sont en troupes de trois, quatre ou cinq cents, toujours sans abri, même dans la saison où la terre est couverte de neige ; ils détournent cette neige avec le pied de devant pour chercher et manger l'herbe qu’elle recouvre.

Deux ou trois hommes à cheval ont le soin de conduire ces troupes de chevaux ou plutôt de les garder, car on les laisse errer dans la campagne, et ce n’est que dans les temps des hivers les plus rudes qu’on cherche à les loger pour quelques jours dans les villages, qui sont fort éloignés les uns des autres dans ce pays. On a fait sur ces troupes de chevaux, abandonnés pour ainsi dire à eux-mêmes, quelques observations qui semblent prouver que les hommes ne sont pas les seuls qui vivent en société, et qui obéissent de concert, au commandement de quelqu'un d’entre eux. Chacune de ces troupes de chevaux a un cheval-chef qui la commande, qui la guide, qui la tourne et range quand il faut marcher ou

4 Voyage de Frezier dans la mer du Sud, etc., p. 67, in-4°, Paris, 1732.

2 Voyage de Gemelli Careri, tome V, page 162.

5 Dans l'Ukraine il ya des chevaux qui vont par troupes de cinquante ou soixante; ils ne sont pas capables de service, mais ils sont bons à manger , leur chair est agréable à voir et plus tendre que celle du veau, et le peuple la mange avec du poivre. Les vieux chevaux , n'étant point faits pour être dressés, sont engraissés pour la boucherie, où on les vend chez les Tartares au prix du bœuf et du mouton. Description de l'Ukraine, par Beauplan,

BRU s'arrêter; ce chef commande aussi l'ordre et les mouvements nécessaires , lorsque la troupe est attaquée par des voleurs où par les loups. Cechef est tres-vigilant et toujours alerte; il fait souvent le tour de sa troupe; et si quelqu'un de ses chevaux sort du rang ou reste en arrière, il court à lui, le frappe d'un coup d'épaule et lui fait prendre sa place. Ces animaux, sans être montés ni conduits par les hommes , marchent en ordre à peu près comme notre cavalerie.

Quoiqu'ils soient en pleine liberté, ils paissent en files et par brigades, et forment différentes compagnies, Sans se séparer ni se mêler. Au reste, le cheval-chef occupe ce poste , encore plus fatigant qu'important , pendant quatre ou cinq ans; et lorsqu'il commence à devenir moins fort et moins actif, un autre cheval, ambitieux de commander, et qui s'en sent la force, sort de la troupe, attaque le vieux chef, qui garde son commandement s'il n’est pas vaineu , mais qui rentre avec honte dans le gros de la troupe s’il a été battu , et le cheval victorieux se met à la tête de tous les autres et s’en fait obéir!.

En Finlande, au mois de mai, lorsque les neiges sont fondues , les chevaux partent de chez leurs maîtres et s'en vont dans de certains cahtons des forêts, où il semble qu'ils se soient donné rendez-vous. Là ils forment des troupes différentes, qui ne se mêlent ni ne se séparent jamais ; chaque troupe prend un canton différent de la forêt pour sa pâture; ils s'en tiennent à un certain territoire et n'entreprennent point sur celui des autres. Quand la pâtureleur manque, ils décampent et vont s'établir dans d'autres pâturages avec le même ordre. La police de leur société est si bien réglée, et leurs marches sont si uniformes , que leurs maitres savent toujours où les trouver lorsqu'ils ont besoin d'eux; et ces animaux, après avoir fait leur service , retournent d'eux-mêmes vers leurs compagnons , dans les bois. Au mois de septembre, lorsque la saison devient mauvaise, ils quittent les forêts, s'en reviennent par troupes, et se rendent chacun à leur écurie.

Ces chevaux sont petits, mais bons et vifs, sans être vicieux. Quoiqu'ils soient généralement assez dociles , il y en a cependant quelques-uns qui sé défendent lorsqu'on les prend, ou qu'on veut les attacher aux voitures ; ils se

4 Extrait d'un Mémoire fourni à M. de Buffon, par M. Sanchez, ancien premier médecin des armées de Russie

HISTOIRE NATURELLE

portent à merveille, et sont gras quand ils reviennent de la forêt; mais l'exercice presque continuel qu'on leur fait faire l'hiver, et le peu de nourriture qu'on leur donne, leur fait bientôt perdre cet embonpoint. Ils se roulent sur la neige comme les autres chevaux se roulent sur l'herbe. Ils passent indifféremment les nuits dans la cour comme dans l'écurie , lors même qu'il fait un froid très-violent ‘.

Ces chevaux qui vivent en troupes et souvent éloignés de l'empire de l'homme font la nuance entre les chevaux domestiques et les chevaux sauvages. Il s'en trouve de ces derniers à l’ile de Sainte-Hélène , qui, après y avoir été transportés, sont devenus si sauvages et si farouches, qu'ils se jetteraient du haut des rochers dans la mer plutôt que de se laisser prendre ?. Aux environs de Nippes , il s’en trouve qui ne sont pas plus grands que des ânes, mais plus ronds, plus ramassés et bien proportionnés ; ils sont vifs et infatigables, d’une force et d’une ressource fort au-dessus de ce qu'on en devrait attendre. A Saint-Domingue, on n’en voit point de la grandeur des chevaux de carrosse, mais ils sont d’une taille moyenne et bien prise. On en prend quantité avee des piéges et des nœuds coulants. La plupart de ces chevaux ainsi pris sont ombrageux *. On en trouve aussi dans la Viroinie, qui, quoique sortis de cavales privées, sont devenus si farouches dans les bois, qu'il est difficile de les aborder, et ils appartiennent à celui qui peut les prendre ; ils sont ordinairement si revêches, qu'il est très-difficile de les dompter *. Dans la Tartarie, surtout dans le pays entre Urgentz et la mer Caspienne, on se sert, pour chasser les chevaux sauvages, qui y sont communs , d'oiseaux de proie dressés pour cette chasse: on les accoutume à prendre l'animal par la tête et par le cou, tandis qu'il se fatigue sans pouvoir faire lâcher prise à l'oiseau”. Les chevaux sauvages du pays des Tartares Mongoux et Kakas ne sont pas différents de ceux qui sont privés ; on les trouve en plus grand nombre du côté de l'ouest, quoiqu'il en

4 Journal d'un voyage au Nord, par M. Outhier, en 1756 et 1737. Amsterdam, 1746.

2 Voyez Mémoires pour servir à l'histoire des Indes orientales, page 199.

: Nouveau Voyage aux Îles de l'Amérique, tome V, pages 192 et suivantes. Paris, 1722.

4 Histoire de la Virginie. Orléans, page 406.

: Histoire générale des Voyages, tome VII, page 156.

DU CHEVAL

paraisse aussi quelquefois dans le pays des Ka-

‘kas qui borde le Harni. Ces chevaux sauvages sont si légers, qu’ils se dérobent aux flèches même des plus habiles chasseurs. Ils marchent en troupes nombreuses ; et lorsqu'ils rencontrent des chevaux privés, ils les environnent et les forcent à prendre la fuite. On trouve encore au Congo des chevaux sauvages en assez bon nombre ‘. On en voit quelquefois aussi aux environs du cap de Bonne-Espérance; mais on ne les prend pas , parce qu’on préfère les chevaux qu'on y amène de Perse ?.

J'ai dit à l’article du cheval, que par toutes les observations tirées des haras, le mâle parait influer beaucoup plus que la femelle sur la progéniture , et ensuite je donne quelques raisons qui pourraient faire douter de la vérité générale de ce fait, et qui pourraient en même temps laisser croire que le mâle et la femelle influent

. également sur leur production. Maintenant je me suis assuré depuis, par un très-grand nombre d'observations , que non-seulement dans les chevaux, mais même dans l’homme et dans toutes les autres espèces d’animaux , le mâle influe beaucoup plus que la femelle sur la forme extérieure du produit , et que le mâle est le prineipal type des races dans chaque espèce.

J'ai dit que, dans l'ordonnance commune de la nature, ce ne sont pas les mâles, mais les femelles, qui constituent l’unité de l’espèce : mais cela n'empêche pas que le mâle ne soit le vrai type de chaque espèce; et ce que j'ai dit de l’unité doit s entendre seulement de la plus grande facilité qu’a la femelle de représenter toujours son espèce , quoiqu’elle se prête à différents mâles. Nous avons discuté ce point avec grande attention dans l’article du serin, et dans l’article mulet: en surte que, quoique la femelle paraisse influer plus que le mâle sur le spéeifique de l’espèce, ce n’est jamais pour la perfectionner, le mâle seul étant capable de la maintenir pure et de la rendre plus parfaite.

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