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gereux ; mais si elle était grosse sans être grasse, cette difformité n'influerait pas sur les yeux; cependant elle ne défigurerait pas moins le cheval, car cet animal ne peut avoir aucun air de noblesse ou d'agrément avec une grosse tête. C'est un défaut pour les chevaux d’avoir la tête trop allongée, on l'appelle tête de vieille. Le cheval porte mal sa tête lorsque le bout du nez ne se trouve pas dans la direction d'une ligne perpendiculaire avec le front, si le bout du nez est en ayant, c'est ce qu'on appelle tendre le nez, porter au vent, tirer à la main; s'il se trouve en arrière, la tête est pesante; mais si ce défaut va à l'excès, et que le bout du nez approche du gosier, on dit que le cheval est encapuchonné; enfin, la tête est mal attachée lorsque sa partie supérieure est plus élevée que l’encolure.
On appelle oreillards les chevaux qui ont les oreilles trop épaisses et pendantes, au lieu de les avoir petites et déliées. Lorsqu'il y a trop de distance entre les oreilles, surtout dans le bas, elles sont mal placées; et lorsqu'elles ne s'approchent pas encore de plus près au-dessus qu’au-dessous, le cheval n’a pas l'oreille hardie; c'est un défaut, de même que de baisser les oreilles à chaque pas comme les cochons.
Si le front est bas et enfoncé, c’est une difformité que l'on désigne en disant que le cheval est camus, au lieu d’avoir le front avancé comme les béliers.
Lorsque les yeux sont gros, proéminents , et qu'ils sortent, pour ainsi dire, hors de la tête, le cheval paraît morne et stupide ; si au contraire les yeux sont petits et enfoncés, on les appelle yeux de cochon, et le cheval a le regard triste et souvent la vue mauvaise,
Il faut examiner avec grande attention les yeux d'un cheval pour pouvoir être assuré qu’il a la vue bonne. On doit se mettre à portée de la lumière, et prendre garde d’en être offusqué : c’est une épreuve équivoque que d'approcher la main contre l'œil pour savoir s’il le fermera, car l'impression de l'air qui est agité par ce mouvement, peut faire fermer l'œil sans que le cheval ait aperçu ce qu'on lui a présenté. On est aussi dans l'usage de s'approcher de l'œil pour voir si la cornée représente le; objets comme un miroir ; c’est une épreuve fautive, car il suffit pour cet effet que la cornée soit polie ; elle peut l'être dansle plus mauvais œil, même sans être transparente : il faut donc que l'on puisse voir à travers pour s'assurer de cette transparence, ou pour reconnaître si la vitre est trouble ou double, ou de mauvaise couleur, au lieu d'être assez claire et assez transparente pour qu’on puisse voir dis= tinctement la prunelle. Lorsque la vitre est trouble et couverte, c’est une marque que le cheval est sujet à avoir des fluxions; si cette maladie a altéré l'œil à un certain point, il est plus petit que l’autre,
ce qui prouve qu'il se dessèche : par conséquent il est entièrement gâté Un oil peut ètre bon quoiqu'il paraisse plus petit que l'autre, parce que la paupière aura éte rétrécie par quelque accident ; mais dans ce cas 1l n'est mi trouble pi brun. 1 ya aussi des maladies passagères qui rendent la vue trouble pour un temps, c'est la gourme, l'éruption des dents de lait et des crochets de la mächoire supénieure. Si on voit au fond de l'œil une petite tache blanche, c'est ce qu'on appelle le dragon , elle s'étend avec le temps et occupe la prunelle; de sorte que le cheval devient borgne sans qu'il y ait
remède ; cette tache peut aussi être rousse ou |
noire; elle a quelquefois la figure d'un petit ver ou d'un petit serpent tortueux , d'où vient le nom de dragon. Lorsque la prunelle parait d'un blanc-verdâtre, c'est un œil cul-de-verre : ce défaut ne rend
pas toujours lecheval borgne, mais il y a beaucoup |
à craindre qu'il ne le devienne; si on voit dans la prunelle plus de blanc que de verdätre, on dit alors que ie cheval a l'œil vairon.
Lorsque les deux os de la mächoire inférieure sont trop gros, trop ronds ou trop chargés de chair, on dit que la ganache est carrée, c'est une difformité; mais si ces deux os sont trop près l'un de l'autre, et si le canal qu'ils forment n'est pas assez
large et assez évidé, c’est un défaut, parce que le |
cheval ne pouvant pas faire toucher les parois de ce canal contre son gosier, ce que l'on appelle se ramener, cet obstacle empèche qu'il ne porte bien sa tête, à moins que l'encolure ne soit mince à proportion du resserrement du canal : si on y sent quelque tumeur, c'est un signe de maladie.
Quand la bouche du cheval est trop grande ou trop petite, c'est un inconvénient pour la position du mors. Dans le premier cas, il approche des dents mächelières : on ditalors que lecheval boit la bride; dans l’autre cas le mors fait froncer les lèvres ou porte sur les crochets. Si les lèvres sont trop grosses et trop charnues, elles couvrent les barres et empêchent l'effet du mors, c'est ce qu'on appelle s'armer des lèvres. Le palais est trop sensible au mors lorsque les sillons sont trop gras et trop épais; mais il faut remarquer qu'en général les vieux chevaux ont le palais etles gencives moins charnus que les jeunes. Les barres doivent être élevées et former un canal qui soit suffisant pour loger la langue sans qu'elle déborde, et décharnées au point d'être sensibles au mors; lorsqu'elles sont trop tranchantes, c'est un défaut parce que le cheval a trop de sensibilité, et il en a trop peu si les barres sont basses, rondes et charnues. La langue doit être proportionnée à la capacité du canal dans lequel elle est placée; si elle en sort, ou si elle est épaisse au point de s'élever au-dessus des barres, c'est un défaut qui s'oppose à l'impression du mors. La barbe est une partie qui contribue aussi beau-
DESCRIPTION
coup à la bonté de la bouche. Si les deux os qui la composent sont tropéloignés l'un de l’autre et trop peu saillants, elle est trop plate et trop sensible, parce que la gourmette n'appuie que sur les côtés ; lorsque les deux os sont trop près l'un de l’autre et trop saillants, la barbe est au contraire trop relevée et trop sensible, parce que la gourmette n'appuie que dans le milieu; enfin si la barbe a trop de poil, on si elle est trop charmue, s'il ya des duretés où des calus, ce sont des défauts qui marquent que le cheval n'est pas assez sensible, ou qu'il a été mal soigné ou mal conduit.
On distingue trois principales sortes d'encolures mal faites, savoir, l'encolure renversée, l’encolure fausse, et l'encolure penchante ; la première est aussi appelée encolure de cerf, parce qu’elle est dis: posée comme le cou de cet animal; elle forme une convexité par-devant depuis la tête jusqu'au poitrail ; la fausse encolure est perpendiculaire le long du gosier (comme on l'a déjà dit dans l'histoire du cheval), et par-derrière au-dessus du garrot il y a un enfoncement que l'on appelle le cou de hache; enfin les encolures penchantes sont celles qui semblent incliner en effet d'un côté ou d'un autre, parce qu'il y a près de la crinière trop de chair qui tombe d'un côté.
Les grosses et larges crinières, qui chargent l’encolure et la font quelquefois pencher, sont difformes et malpropres,
Lorsque le garrot est rond et trop charnu, les épaules ne sont pas libres, la selle peut tomber dessus et y causer des plaies difficiles à guérir ; cependant le garrot ne doit pas être trop élevé dans les chevaux de bât ou dans ceux qui portent des trousses de fourrage.
Les chevaux qui ont la pointe des épaules grosse et ronde , et en général les épaules trop grosses, trop charnues, et qui sont, comme on dit en un mot, chargés d'épaules, sont pesants, sujets à broncher, et ils ne peuvent servir que pour le tirage, à moins qu'ils n'aient les épaules mouvantes. Ceux qui ont de plus les jointures de chaque côté du poitrail grosses et avancées, ne peuvent servir qu'aux voitures ; la pesanteur de leurs épaules les rend plus forts à tirer : on dit de ces chevaux qu'ils sont larges du devant, ce quiest fort différent d'être ouverts du devant , c'est-à-dire d'avoir le poitrail large ; lorsqu'il est étroit et serré par les épaules, au point que les jambes de devant sont si près l’une de l’autre par le haut, que peu s’en faut qu’elles ne se touchent , le cheval est faible sur le devant et sujet à se mêler les jambes en marchant et à tomber. On appelle épaules chevillées celles qui paraissent engourdies , liées et sans mouvement ; ce défaut rend la démarche des chevaux rude et pesante , les expose à broncher, et leur ruine bientôt les jambes ; la plupart des chevaux de selle qui
DU CHEVAL
ont les épaules trop décharnées , les ont ainsi chevillées ; enfin certains chevaux lèvent bien les jambes quoiqu'ils aient les épaules chevillées, parce que le mouvement ne vient que du bras.
La poitrine large et ouverte rend pesants les gros chevaux; mais ce ne serait pas un défaut pour les chevaux fins, qui pour la plupart l'ont trop étroite.
Plus un cheval a les reins courts, c'est-à-dire le dos , mieux il galope sur les hanches : mais il ne va pas si bien au pas , et le centre du mouvement se trouvant trop près de la selle, le cavalier en est incommodé. Si le dos est long, le cheval marche plus aisément , parce qu'il a plus de liberté pour étendre les jambes ; mais aussi il a de la difliculté à galoper : lorsque le dos est bas et enfoncé, on dit que le cheval est ensellé; cette conformation lui donne de la légèreté et de l'avantage pour avoir un bel avant-main, son encolure est relevée et sa tête placée haut ; mais il se lasse bientôt, et il ne peut pas porter de gros fardeaux.
On appelle chevaux plats ceux dont les côtes n'ont pas assez de convexité et sont serrées et avalées. Ce defaut empêche qu'ils ne prennent du corps, leur ventre descend et s'avale, ils sont lourds , ils ont peu d’haleine , et leur croupe n'est jamais belle ; mais ils peuvent avoir les reins bons.
Lorsque le ventre s'élève vers le train de derrière, comme celui d’un lévrier, on dit que le cheval n’a pas de corps, ou qu'il est étroit de boyau ; ceux qui sont ainsi conformés mangent peu pour la plupart, cependant ils ont presque tous de l’ardeur.
Si le ventre descend plus bas que les côtes, et si cette partie est trop pleine , on dit que le ventre est avalé, et que c'est un ventre de vache ; si avec cela le cheval est jeune, s’il mange beaucoup et s'il tousse souvent , on doit craindre qu'il ne devienne poussif.
Les flancs qui ne sont pas assez remplis sont appelés flanes retroussés ; lorsqu'ils sont creux , c’est une autre difformité ; et si la dernière des fausses côtes est trop éloignée de l'os de la hanche, ou si elle ne descend pas assez bas, le cheval ne prend point de corps ou le perd aisément ; pour le distinguer, on dit qu'il a la côte trop courte.
En général, les chevaux sont efflanqués, c’est-àdire manquent de flanc dès qu'ils ressentent de la douleur dans quelque partie du train de derrière. Lorsque les flancs battent plus qu’àl’ordinaire, sans qu'il y ait d’excès de fatigue, le flanc est altéré ; mais si c'est seulement parce que le cheval respire difficilement lorsqu'il s'exerce , on l'appelle souffleur, ou gros d'haleine si ce défaut est moins sensible; et on le distingue aisément de ceux qui ont le flanc altéré , parce que les battements du souffleur s'arrêtent dès qu'il est en repos.
Les croupes qui ne sont pas assez arrondies de-
nr,
puis les reins jusqu'à la queue, et qui paraissent courtes parce qu'elles tombent trop tôt, passent pour être difformes ; on les appelle des croupes avulées ou des culs de prune; les croupes coupées sont celles qui n'ont pas assez de saillie et d'étendue en arrière ; et enfin on donne le nom de croupe de mulet à celles qui sont tranchantes, parce quelles fesses sont aplaties : ces défauts ne sont d’aucune conséquence pour la bonté du cheval. +
Lorsque les os du haut des hanches sont trop élevés dans un cheval qui n’est pas fort maigre, il passe pour avoir les hanches hautes ; mais s'il est fort gras, on dit que le cheval est cornu. Ordinairement la côte plate et le ventre avalé le rendent tel ; cette difformité donne toujours l'apparence de la maigreur. Sil’une des hanches est plus basse que l’autre, on dit que le cheval est épointé ou éhanché : on peut juger de la conformation des hanches par la situation du jarret; s’il est trop en arrière , les hanches sont trop longues et le cheval n’est jamais bien fort ; si les hanchés s'étendent à plomb sur le boulet , elles sont trop courtes, alors le jarret ne plie que difficilement.
La queue platée trop haut rend la croupe pointue , celle qui est trop basse dénote que les reins sont trop faibles. On peut juger qu'un cheval est vigoureux , s’il serre la queue lorsqu'on veut la relever : onappelle queues de rat celles qui n’ont que peu de poil; elles sont défectueuses; de même que les queues courtes et celles qui tombent à plomb au lieu de former une convexité en sortant de la croupe, ce qu’on appelle porter la queue en trompe.
Les chevaux qui ont le coude trop serré entre les côtes portent la jambe et le pied en dehors; ceux qui l'ont trop ouvert, c'est-à-dire trop éloigné des côtes, portent le pied en dedans ; l’une et l’autre position dénotent de la faiblesse.
Les bras longs sont les plus forts, les bras courts sont plus favorables pour le mouvement et le pli de la jambe ; le bras menu est difforme, et de plus on en peut conclure que la jambe n'a pas de force.
Les genoux gros et enflés font soupçonner que la jambe est travaillée; mais c'en est une preuve certaine lorsqu'ils sont couronnés, c'est-à dire pelés dans le milieu , et lorsqu'on est sûr que le poil n'a été détruit que par les chutes fréquentes que le cheval a faites sur ses genoux, et non par d’autres causes. Le genou gros marque que le cheval est pesant ; lorsque le genou est naturellement un peu plié en avant, de sorte que le canon n'est pas à plomb, le cheval est appelé brassicourt. Ce défaut de conformation ne préjudicie pas à la bonté du cheval; maïs s'il n’a pas été ainsi conformé de naissance , et si c'est l'effet de la fatigue et dutravail, ou des entraves qu'on lui aurait mises pendant un long temps , on dit que le cheval est arqué : les jambes usées ne deviennent pas d'abord arquées,
elles commencent par être droites par-devant depuis le genou jusqu'à la couronne, comme celles deschèvres. On exprime ce défaut en disant que le cheval est droit sur ses jambes; dans cet état il est sujet à se laisser tomber ; si on continue à l'excéder de travail , les jambes ne peuvent plus s'étendre , elles restent courbées, et elles tremblent lorsqu'il s'arrête après avoir marché ; dans cet état d'épuisement on le croirait incapable de fournir au travail, cependant il peut encore servir, surtout s'il a de grands reins. On appelle jambes de veau celles qui sont un peu pliées en arrière à l'endroit du genou ; ce défaut est tout contraire à celui des chevaux brassicourts et arqués, dont les jambes sont pliées en devant.
Si le canon est trop menu, c'est une marque de faiblesse pour la jambe dans les chevaux des pays froids et humides ; il faut examiner s’il n'y a point de tumeurs sur le canon , parce qu'elles dénotent
des maladies de l'os, qui sont plus ou moins dan-
gereuses.
Lorsque le nerf est menu, les chevaux ne résistent pas longtemps à la fatigue ; ils bronchent, et leurs jambes s’arrondissent, c'est-à-dire que le nerf ne paraît plus détaché; c’est un indice de maladie : aussi est-il nécessaire de passer la main sur le nerf pour sentir s'il est dans l'état naturel, sans tumeur et sans engorgement,; lorsqu'il se trouve peu éloigné de l'os, ce défaut fait donner à la jambe le nom de jambe de bœuf ou de veau; dans ce cas le nerf est menu et la jambe n’est pas longtemps saine : sile nerf devient trop petit près du genou, c'est ce qu'on appelle nerf failli; c’est une marque de faiblesse dans cette articulation, mais elle est rare.
Les boulets menus sont trop flexibles et sujets par ce défaut aux tumeurs que l’on appelle des molettes ; cependant les chevaux qui ont la jointure du boulet un peu pliante, ont les ressorts plus doux et plus liants, par conséquent ils valent mieux pour le manége et pour la parade; mais, ils sont mauvais pour le tirage , et peu propres à reculer et à retenir dans les descentes. Lorsque le boulet est couronné, c’est-à-dire lorsqu'il déborde tout autour plus que le sabot, sans qu'il y ait de blessure ou d’autre accident qui ait causé ce défaut , c’est une preuve que la jambe est usée , et on l'appelle jambe boutée ou bouletée.
Les paturons qui sont trop menus, où qui sont longs et qui se soutiennent si mal que l’ergot touche presque toujours la terre , n'ont jamais assez de force. Lorsque cette partie , quoique longue , se maintient dans une bonne situation, c'est une marque qu'il y a de la force , surtout dans le nerf, qui empêche le boulet de trop plier, alors le cheval n’est bon que pour la parade , et il ne résiste pas à la fatigue ; dans l’un et dans l’autre cas on dit que
DESCRIPTION
les chevaux sont long-jointés, parce que les paturons portent aussi le nom de jointure , comme nous l'avons déja fait observer; ceux qui ont au contraire le paturon trop court, sont appelés courtjointés. Si le genou , le canon et la couronne de ces chevaux se trouvent sur une même ligne perpendiculaire, on dit qu'ils sont droits sur leurs jambes , et les maquignons les appellent chevaux huchés ; ils sont sujets à broncher, à tomber et à devenir bouletés , surtout si on laisse le talon trop haut ; ils sont aussi plus incommodes pour le cavalier, que ceux qui sont long-jointés. Il y a des chevaux qui ont l’un des côtés du paturon plus élevé que l'autre, c’est un défaut léger, que l’on peut corriger par la ferrure , de même que celui qui rend le cheval droit sur ses jambes. Il ne faut pas que le poil du paturon soit hérissé, surtout près de la couronne, on serait en droit de soupçonner que la gratelle farineuse , que l’on appelle peignes, en serait la cause.
Lorsque la couronne est plus élevée que le pied, c’estune marque que le pied est desséché, ou qu’elle est enflée. Cette partie est fort exposée aux coups que l’on appelle des atteintes , que le cheval reçoit d’un autre qui le suit, ou qu'il se donne en heurtant les pieds de derrière contre ceux de devant, ou en se blessant avec les crampons ou les clous-à glace que l’on met aux fers.
Le pied trop petit à proportion du corps est faible et souvent douloureux , et a les talons serrés; celui qui a médiocrement de talon et peu d’épaisseur de pied , s’'échauffe sur un chemin dur , et le cheval boite. Un pied qui est trop gros et dont la corne du sabot et la sole ont peu d'épaisseur, est appelé pied gras, c'est aussi un pied faible; les chevaux qui ont les pieds trop grands sont lourds et pesants.
La corne blanche est plus cassante que la corne d'une autre couleur, c’est un défaut fort incommode ; on le reconnait aisément , il suffit de voir si elle a été cassée par les clous des fers. Les pieds cerclés sont ceux dont le sabot est creusé tout autour par des sortes de gouttières transversales : cette irrégularité dans l'accroissement de la corne vient de chaleur et de sécheresse dans le pied; ce défaut rend souvent le cheval boiteux : si quelque partie de la corne est entamée et emportée, il s’en forme une nouvelle; on appelle ce remplacement un quartier neuf où une avalure, parce que la nouvelle corne pousse l’ancienne en bas; c’est une difformité, en ce que la nouvelle corne est plus raboteuse, plus grosse et plus molle que l'ancienne.
Lorsque les quartiers sont trop serrés, que le sabot est trop étroit auprès de la fente de la fourchette, que les talons sont terminés en pointe et collés l'un contre l’autre, on dit que les pieds sont encastelés. Les talons et les quartiers ainsi confor--
DU CHEVAL
més pressent le petit pied, c'est-à-dire un des os contenus dans l'intérieur du pied, dont nous ferons mention dans la suite, et font boiter le cheval, ou au moins ils l’empêchent de marcher à son aise. Si les talons sont allongés en arrière , le pied est trop long et sujet à l’encastelure, qui peut aussi produire des seimes, c’est-à-dire des fentes qui sont dans l'un des quartiers, et qui s'étendent quelquefois depuis la couronne jusqu'au bas du sabot. Les talons faibles obéissent sous la main, les talons bas ne sont pas assez épais, ces deux défauts peuvent faire boiter le cheval, parce que les talons n'ont pas assez de résistance.
Lorsque le sabot est trop large par le bas, et que les quartiers se jettent en dehors, on dit que le pied est plat: dans ce cas la fourchette porte sur la terre, ce qui fait que le cheval boite souvent.
Il est sujet à la même incommodité, et par la même cause, lorsque la corne de la fourchette est trop large , ce qu'on appelle fourchette grasse, et ce qui arrive ordinairement lorsque les talons sont bas; la fourchette maigre, serrée, petite et desséchée , doit faire soupçonner une encastelure.
Lorsque la sole est trop mince, elle est aisément foulée ; lorsqu'elle est trop haute et qu'elle déborde sur la corne, c’est-à-dire lorsque le dessous du pied m'est pas creux, on dit que le cheval à le vied comble, il marche sur la sole, ainsi il doit se blesser et boiter ; les chevaux qui ont les pieds ainsi conformés ne peuvent servir que pour la charrue.
Ce qui a été dit par-rapport au canon, au boulet, au paturon , à la couronne et au pied des jambes de devant , servira pour les mêmes parties des jambes de derrière ; il ne reste donc qu'à parler de la cuisse et du jarret.
Les cuisses maigres, qui n’ont pas le gros de la cuisse bien exprimé , dénotent de la faiblesse dans le train de derrière ; lorsque les cuisses ne sont pas ouvertes en dedans, c'est-à-dire lorsqu'elles sont trop près l’une de l’autre, on dit que le cheval est mal gigoté; c’est un signe de faiblesse.
Les petits jarrets sont faibles ; on appelle jarrets gras ceux qui ne sont pas assez décharnés ; ce défaut les rend sujets à plusieurs maladies, qui sont la causé dés maux de jambes ; lorsque les jarrets sont trop près l'un de l’autre , on dit que le cheval est crochu où jarreté, ou qu'il est clos du derrière ; dans ce cas il est faible du train de derrière, cependant il peut avoir assez de reins; si le boulet, au lieu d’être à plomb sous le jarret, comme il doit être naturellement , se trouve posé en avant, c'est-à-dire si le bas des jambes de derrière est trop en devant , le cheval passe aussi pour être crochu. Lorsque les jarrets sont trop tournés en dehors, ils empèchent le cheval de s'asseoir sur les hanches , c'est-à-dire d’avoir la croupe plus basse que les
épaules ; les jarrets qui se jettent en dehors lorsque le cheval marche , et que l'on appelle pour cette raison jarrets mous, affaiblissent toujours | de derrière ; lorsque le boulet avance de façoni que le cheval n'appuie que sur la pince, on Vappelle rampin ou juché ; ce défaut augmente avec l'âge, et n'est indifférent que lorsqu'il | diént de riaissance, et qu'il est pour ainsi dire naturel.
Il faut considérer les jambes les unes par fapport aux autres, lorsque le cheval est arrêté et en repos,
pour savoir si leur position n’est pas défectueuse, ”
car celles de devant peuvent être trop serrées par le haut, ce qui rend la démarehe difficile ; les jambes se todéHAHt souvent lorsqu'elles sont en mouvement, le cheval peut culbuter. Si les pieds de derrière sont posés trop en avant sous le ventre, cette attitude prouve que le cheval est bien fatigué, il tâche de diminuer le poids qui porte sur ses jambes de devant en avançant celles de derrière sous le corps autant qu’il est possible ; lorsque les pieds de derrière sont au contraire posés en arrière , de sorte que l'origine de la queue ne se trouvé pas perpendiculairement au-dessus des jarrets, mais plus en avant, quoique cette situation soit mauvaise à Fœil, elle n'est pas furt nuisible aux chevaux, ils peuvent seulement avoir les hanches trop longues. Ce defaut ne les empêche pas de bien al-
ler au pas; mais le train de derrière est plus tôt
ruiné que dans un cheval différemment conformé : ceux qui n’ont pas le jarret reculé en arrière, comme il doit l'être naturellement, et dont les hanches, les jarrets et les jambes suivent une même direction en ligne droite, ne marchent que difficilement au pas; si le boulet est saillant en avant comme s’il était déboîté, C'est encore une mauvaise position; les chevaux qui posent leurs pieds sur la pince, au lieu d’être posés plats, sont mal situés ; et s'ils tournent en dehors les pieds de derrière , ils n’ont point de force dans les han-. ches en descendant, et ne peuvent reculer qu'à peine.
Les chevaux qui, étant arrêtés, meuvent alternativement leurs jambes au lieu de rester tranquilles, sont soupçonnés d'être excédés ou usés par le travail, comme ceux qui posent une des jambes de derrière sur la pince , ou ceux qui avañcén U une des jambes de devant et qui demeurent dans celte attitude, ce que l'on appelle vulgairement montrer le chemin de Saint-Jacques. Cependant ces . signes peuvent être équivoques, parce qu’ils sont familiers à certains chevaux qui sont inquiets et pleins d’ardeur ; il y en a d’autres à qui ces mou-
.vements et ces mauvaises attitudes sont naturelles ;
d’ailleurs une lassitude momentanée peut en être ,
la cause, et même faire tenir en l'air une jambe de dev ant, car ilarrive assez souvent à ces animaux de se reposer sur trois jambes; mais S'ils ap-
puient une jambe de derrière sur la pince, tandis qu'une des jambes de devant est en l'air, c'est une marque certaine qu'ils ressentent de ladouleur dans les jambes.
Voilà la plupart des signes par lesquels on peut reconnaitre les difformites et les défauts des chevaux. J'aurais pu en rapporter un plus grand nombre, mais j'ai été arrêté par la crainte de rendre ce détail trop long ; je ne me le serais pas même permis, s’il n’était ici question d'un animal qu'il importe de connaître, parce qu'on ne trouve que très-rarement des chevaux qui n'aient point de mauvaises qualités, et qu'il est très-diflicile de ne se pas laisser tromper sur les défauts des autres. Le choix de ces animaux demande beaucoup d'attention; aussi les a-t-on examinés très-scrupuleusement , car je ne crois pas qu'il y ait aucun autre animal sur lequel on ait fait autant d'observations que sur le cheval : tout ce que je viens de dire des différentes parties de son corps n’est que pour faire connaître par leur extérieur ce que l’on doit en attendre lorsqu’elles sont en mouvement ; c'est dans cet état que le cheval tourne toutes ses forces à notre avantage, qu'il nous obéit avec autant de docilité que de constance , et qu’il nous sert avec autant de finesse d'instinct que de courage : c'est alors que l'on peut le juger avec le plus de certitude, puisqu'il est dans l'exercice actuel de ses bonnes ou de ses mauvaises qualités.
M. de Buffon, dans son histoire du cheval, a décrit ce bel animal dans l'état de repos et dans l'état de mouvement ; et en exposant ses diffé-
rentes allures , il a fait mention des défauts qui”
peuvent les vicier. M. de Buffon a considéré tous les chevaux en général , et a distingué les principales races de ces animaux ; il ne reste donc plus qu’à détailler les différentes sortes de chevaux que nous employons à divers usages, et qu’à décrire le cheval comme individu , pour le comparer aux autres animaux, et distinguer son espèce relativement à toute autre.
Le mélange des différentes races de chevaux produit dans nos haras des poulains qui diffèrent, pour ainsi dire, tous pour la taille , les proportions du corps et les qualités du tempérament et de l’instinct, etc. C’est dans cette grande variété que l'on choisit pour chaque usage les chevaux qui paraissent y être le plus convenables ; ainsi on emploie différents chevaux pour les voyages, pour la guerre, pour le tirage, pour le bât, etc.
Les chevaux que l’on destine à servir de monture dans les voyages , et que l’on appelle chevaux de maître, doivent être dans la force de leur âge et de bonne taille pour résister à la fatigue ; il faut qu'ils aient la jambe sûre, le pied bien fait, la corne bonne, la bouche légère et les mouvements doux : on recherche ceux qui n'ont pas trop d'ardeur,
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mais qui sont tranquilles sans être paresseux. Pour vu qu'ils aient un grand pas, on n’exige pas d'autres allures pour les voyages : on rejette les chevaux peureux et ceux qui sont si délicats pour le manger qu'on n’est pas assuré de trouver partout de quoi les nourrir : ces conditions sont nécessaires pour un cheval de maître ; mais on n'en demande pas tant pour un cheval de suite, il suffit qu'il soit de taille étoffée et assez fort pour porter les fardeaux dont il est chargé. La bouche de ces sortes de chevaux doit être aussi ferme que la main qui les conduit peut être grossière; certaines gens montent aussi en voyage des bidets qui vont l'amble ou qui aubinent.
On prend ordinairement des chevaux entiers pour servir de bidets de poste, afin qu'ils résistent mieux à leur pénible emploi ; il faut de plus qu'ils soient étoffés, courts et ramassés, qu'ils aient la jambe et le pied bons, et qu'ils galopent aisément sans faire sentir leurs reins ; on doit craindre qu'ils ne soient rétifs ou qu'ils n'aient des fantaisies ; au reste, on ne s'inquiète pas des qualités de leur bouche ni de l'élégance de leur taille.
On ne choisit pour le manége, c'est-à-dire on ne dresse pour la guerre que des chevaux qui soient beaux, légers, vigoureux, briilants et vifs ; ils ne peuvent pas avoir la bouche trop bonne ni les mouvements trop doux ; il faut que leur pas et leur galop soient vifs et raccourcis, les jarrets et les reins bons, etc.
Les chevaux de guerre que montent les officiers doivent être fins, sensibles, souples , adroïts, courageux et légers ; ceux qui sont peureux , où trop délicats, ou trop ardents, ne conviennent pas à ce genre de service; mais il suffit, pour les chevaux de troupes, qu'ils soient étoffés, robustes et bons trotteurs ; qu'ils aient bien de la jambe et la bouche ferme.
On ne recherche que de beaux dehors dans les chevaux d'appareil: ainsi leurs principales qualités sont la beauté du poil, de la figure et des crins; mais il n’est pas moins nécessaire qu'ils soient inquiets et relevés, qu'ils aient la bouche bonne et écumante, et qu'ils mâchent continuellement leur mors : les piaffeurs font un très-hon effet dans ce genre d'étalage, oùil suffit d'avoir du faux brillant.
Lorsqu'on veut avoir un cheval sur lequel on puisse prendre le plaisir de la promenade, on le choisit de taille médiocre, et plutôt petit que grand, parce que les mouvements d'un double bidet sont moins fatigants que ceux d'un grand cheval. Il faut qu'il soit paisible et qu'il marche très-bien le pas; on n'en exige pas trop de vigueur, il suffit qu'il ait la jambe sûre et la bouche bonne; les plus doux et les plus tranquilles des chevaux de ce genre sont ceux que l'on appelle des chevaux de
| femme.
DU CHEVAL
Les chevaux de maître que l’on destine pour la
chasse des chiens courants doivent avoir de la vi- |
tesse, de la légéreté, du fond et de l'haleine; il faut qu'ils aient la bouche bonne ; cependant s'ils l'avaient trop sensible , ce serait un inconvénient à cause des branches qui touchent à la bride : on demande aussi qu'ils soient froids , car s’ils se laissaient emporter au bruit du cor et des chiens, la tête pourrait leur tourner ; on donne aux piqueurs des chevaux plus étoffés et plas communs, mais cependant prompts et vigoureux.
Pour chasser au chien couchant , on accoutume les chevaux à entendre un coup de fusii sans s’effrayer, et on les appelle chevaux d’arquebuse ; on les prend de la taille de double bidet, c'est-à-dire
médiocre , afin qu'il soit plus facile de les monter; |
il faut qu'ils soient tranquilles et sans aucune espèce de volonté; il suffit qu'ils marchent bien le pas.
En général, les chevaux de carrosse doivent avoir un bon trot, les hanches basses, les reins droits et la tête haute , la bouche bonne , les jambes nerveuses et les pieds bien conditionnés.
Pour les chaises de poste , il faut que le cheval de brancard soit de bonne taille , étoffé et allongé, et qu'il trotte vite et facilement ; il n’est pas nécessaire que le bricolier, c’est-à-dire celui qui porte le postillon , soit si étoffé, mais il doit avoir un galop raccourci et aisé.
Or prend ordinairement pour mettre aux charreltes , à la charrue, ete., des chevaux entiers, de race commune , et épais, que l’on appelle des rous- Sins ; comme ils tirent avec un collier, il est nécessaire qu'ils soient bien étoffés, qu'ils aient le poitrail large et les épaules nourries.
Les chevaux de bât , qui servent à porter des fardeaux , doivent être étuffés et avoir les côtes larges et de bons reins ; mais il faut que les chevaux de messager soient plus minces et plus légers , parce qu'ils vont souvent au trot".
Voilà les principaux usages auxquels les chevaux servent, et les principales qualités qui les y rendent propres : ceux qui viennent de race commune et grossière ne sont pas moins nécessaires que les plus fins et les plus beaux , qui ne résisteraient pas si bien au travail pénible de la culture des terres et du tirage des voitures. Quand nous n’aurions donc que des chevaux de cette sorte, ils ne seraient pas indignes de notre attention et de nos soins, par les services qu'ils nous rendent pour les choses les plus nécessaires ; si nous les méprisons à d’autres égards , ce n'est que par la comparaison que nous en faisons avec des chevaux nés dans un climat différent, et doués de qualités plus brillantes , mais souvent opposées à celles qui sont les plus utiles à l'homme. Un naturaliste s'élève au-dessus de toutes
4 Voyez le nouveau Parfait Maréchal , par M. Garsault, seconde édition, pages 44 et suivantes.
D) ces vues particulières , pour ne considérer tous les
chevaux ensemble que comme des individus appartenant à la même espèce : toutes les races qui
| proviennent de divers climats ne peuvent être
regardées que comme des variétés, puisque les différences que l’on y remarque ne sont constantes, pour ainsi dire, en aucun pays, et que la migration de ces races et leur mélange dans l’accouplement les changent et les combinent presque à l'infini dans la suite des générations ; mais les parties essentiellesà l'espèce ne peuvent être dénaturées par aucune de ces variations. Tous les chevaux se ressemblent dans toutes les parties qui les constituent, relativement à l'espèce ; par conséquent, de quelque race qu'ils puissent être, ils sont également propres à servir de sujets dans les observations qui ont rapport à l'espèce des chevaux; aussi n’ai-je pas fait grand choix pour ceux que j'ai observés; je les ai pris à peu près tels que j'ai pu les trouver.