PARTIE EXPÉRIMENTALE
tsae étamer avec pliis de soin qa'on ne le fiiit ordinaurement. J'ai remarqué qu'en général les glaoes fratcbement étamées réflédnssent plu$ àt lumière que celles qui le sont ancienne^ ment; rétamage, en se séchant, se gerce, se divise et laisse de petits intervalles qu'on aperçoit en y regardant de près avec nne loupe; et ces petits intervalles donnant passage à la lumière , la glace en réfléchit d'autant moins. On pourroit trouver le moyen de foire un meilleur étamage, et je crois qu'on y parvkndroit en employant de Tor et du vif-argent : la lumière serok peut-être un peu jaune pàr la réflexion de cet étamage ; mais bien loin que cela fit un désavantage , j'imagine au contrake qu'il y aureit à gagner , parce que les rayons jaunes sont ceux qoi ébranlent lé plus fértement la réline et qui brûlent le plus violemment , comme je crois m'en être assuré , en réunissant, an moyen d'un verre lenticulaire, une quantité de rayons jaunes qui m'étoient fournis par un grand prisme , et en comparant leur action avec une égale quantité de rayons de toute autre couleur , réunis par le même verre lenticulaire » et fournis par le même prime.
Sixièmement, ilCaudroit un châssis de fer et des vis de cuivre, et im ressort pour assujettir chacune des petites plandies qui portent les glaces; tout cela conforme à un modèle que j'ai fait exécuter par le sieur Gboiutel , afin que la sécheresse et l'humidité, qui agissent sur le châssis et les vis en bois, ne causassent pas d'inconvénient, et que le foyer, lors* qu'il est une fins formé, ne fot pas siget à s'élargir, et à se déranger lorsqu'on fiait rouler le miroir sur son {Hvot, et qu'on le fiait tourner autour de son axe pour suivre le soleil : il faudffoit aussi y ajouter une alidade avec deux pinulcs au milieu . de la partie inférieure du châssis, afin de s'assurer de la position du miroir par rapport au soleil, et une autre alidade semblable, mais dans un plan vertical au plan de la première, pour suivre le soleil à ses différentes hauteurs.
Au moyen de toutes ces attentions, je crois pouvoir assurer, par l'expérience que j'ai acquise en me servant de mon miroir, qu'on pourroit en réduire la grandeur à moitié, et qu'au lieu
42 MINÊRi^DX. INTRODUCTION.
d'an nûnnr de sept pieds avec lequel j'ai brûlé du bois à cemt einqnante pieds, on prodoiroit le même effet ayee on miroir de dnq pieds et demi, ce qui n'est, comme Vùû yoit^çi'uae très médiocrè grandeur pour un très grand jeffet ; et , de même , je crois pouvoir assurer quil ne ftndrmt alors qu*tto miroir de quatre pieds et demi pour brûler à cent pieds, ei qu'un miroir de trois pieds et demi brûlerbtt à toiiante pieds, ce qui est une distance Inen considérable en comparaison du diamètre du miroir.
Avec un assenAlage de petits miroirs plans bmgones et d'ader poli, qui auroient plus de solidité, plus de durée que les s^ces étamées, et qui ne seroient point sqjels au altérations que la luùnère du soleil ftit subbr la kmgue à rétamage, on pourroit produire des effets très utiles, et qui dédoHunageroient amplement des dépenses de la constittction du miroir.
i^^ Pour toutes les opérations des eaux salées, où Van esl^ obligé de consommer du bois et du chaiixm, ou d'emplojrer Tart des bâtiments de graduation, qui coûtent beaucoup phn. que la construction de plusieurs miroirs tels que je les propose, n ne faudroit, pour l'évaporation des eaux salées, qu'a» assemblage de douie miroirs plans d'un pied carré cbMm;> la chaleur qu'ils réBéchiront à leur foyer, quoique dirigée andessous de leur niveau, et à quinze oii seize pieds de distance, sera encore assez grande pour faire bouillir l'eau , et produire, par conséquent, une prompte évaporation; car la du^leur de Teau bouillante n'est que triple de la cbaleor d9 soleil d*été; et, comme la réflexion d'une surface plane bien polie ne diminue la chaleur que de moitié , il ne fiiudroit que six miroirs pour produire au foyer une chaleur ég^e à celle de l'eau bouillante; mais j'en double le nombre, afin que la chaleur se communique plus vite, et aiissi à cause de la perte occasionée par l'obliquité , sous laquelle le fiûsceau de la lumière tombe #ur la surfoce de l'eau qu'on veut Ciire évapora*, et encore parce que l'eau salée s'édiauffie plus lentement que l'eau fk)ttce. Ce miroir, dont l'assemblage ne formermt qu'un carré
PARTIE EXPÉRIMENTALE. «I ée qoitre piedade Urgemr sur trois de baotenr r seroit mé à minier €t i CraBsporter ; et, n Ton vonloit endooMer ou tripler les efitots dans le même temps , il vaqdroit mieux, fiiire* pliisiears mirmrs semblables, c'est*à-dire doobler ou tripler le nombre de ces mêmes miroirs de quatre pieds sor trois , que d'en aagmenter Tétendiie, car Teaa ne peut receroir qu'on certain degré de dialenr déterminée, et Ton gagnermt pres^ tfft rien à augmenter ce degré, et par conséquent la grandeur du miroir; au lieu qu'en £ûsant deux foyers par deux miroirs égaux, on doublera T^ffèt de révapwation, et on le^ triplera pour th>is miroirs dont les foyers tomberont séparé- > ment les uns des antres sur la surftce de Teaa qu*on yeut fiaire> é?aporer. An reste, Ton ne peut éviter la perte causée par Tobliquité ; et ai Ton veut y remédier, ce ne peut être que par une autre perte encore ptes grande, en recevant d'abord des rayons du soleil sur une grande g^ace qui les réflédiiroit sur leminnr brisé; car alors ilbrftleroitenbas, auDenikbrèler en haut; mais il perdroit moitié de la chaleur par la première réflexion, et moitié du reste par la seconde; en sorte qu'au lieu de six petits miroirs, il en (Endroit douze pour (d)tenir Jine dialeur égale à celle de l'eau bouillante.
Pour que l'évaporation se hm avec plnsrde succès, il faudra dimniuer l'épaisseur de l'eau autant quil sera possible. Une masse d'eau d'un pied d'épaisseur ne s'évaporera pas aussi vite, à beancoopprès, que la masse même réduite à six pouces d'épaisseur et iHigmentée du double en superficie. D'ailleurs le fond étant plus près de la surface , il s'échauffe plus promptement, et cette chaleur que reçoit le fond du vaisseau contribue^ encore à 4a célMté de l'évaporation.
2^ On pourra se servir avec ava^ge de ces miroirs pour calciner les plâtres et même les pierres calcaires; mais il let faudroit plus grands et placer les matiferes en haut, Ifin de ne rien perdre par l'obliquité de la lumière. On a vu par les expériences détaillées dans le second de ces mémoires que le gypse s'échauffe plus d'une fois plus vite que la {Mcrre calcaire l^ndre, et près de deux fois plus vite que le marbre ou 1a
pierre calcaire dure; leur calcinatioa respective dok être en même raison. J'ai irouvé, par une expérience répétée trôis fois, qu'il faut un peu plus de chaleur pour calciner le gypse Manc qu'on appelle àlMtre que pour fondre le plomb. Or la chaleur nécessaire pour fondre le plomb est, suivant les expériences de Newton, huit fob phis grande que la dialeur du soldi d!été : il faudroit donc au moins seize petits mfaws pour calciner le gypse; et à cause des pertes occasionées uni par l'obliquité de la lumière que par Firrégularité du foyer , qn*oo n'éloignera pas au-delà de quinze pieds, je présume quil fau- <lroit vingt et peut-être vingt^uatre miroirs d'un pied carré diacun pour calciner le gypse en peu de temps : par consé-^ quent il iaudroit un assemblage de quarante-huit de ces petits miroirs pour opérer la calcination sur la pierre calcaire la plus tendre, et soixante - douze des mêmes miroirs d'un pied en carré pour calciner les pierres calcaires dures. Or un mm>ir tle douze pieds de largeur sur six pieds de hauteur ne laisse pas d'être une grosse machine embarrassante et diffidle à mouvoir, à monter et à maintenir. Cependant on viendroit à bout de ces difficultés, si le produit de la caldoation étoit assez considérable pour équivaloir et même surpasser la dépense de la consommation du bois : il faudroit, pour s'en assurer, commencer par calciner le plâtre avec un miroir de vingt-quatre pièèes, et , si cela réussissoit , foire deux autres miroirs pareils , au lieu d'en foire un grand de soixante douze pièces ; car , en faisant coïncider les foyers de ces trois miroirs de vingt-quatre pièces, on produira une chaleur égale, *et qui sêroit assez forte pour calciner le marbre ou la pierre dure.
Mais une chose très essentielle reste douteuse; c'est de savoir combien il faudroit de temps pour calciner , par exemple, un pied cube de matière, surtout si ce pied cube n'étoit frappé de chaleuf que par une foce : je vois qu'il se passeroit du temps avant que la chaleur eût pénétré toute son épaisseur; je vois que , pendant tout ce temps , il s'en perdroit une assez grande partie qui sortiroit de ce bloc de matière après y être entrée: je crains donc beaucoup que la pierre n'étant pas saisie par la