BUFFO:!. III
102 L MINÉRAUX. INTRODUCTION, qu'ils «ont ilon-seulenieiit beaucoup plu» foibles , mait aussi à'une bien moindre dorée. Pour peu qn'oo soit versé dans la connoissance de la fusion des mines de fer, on anra reaiarqaé en coulant des enclumes, des boulets, et à plus forte rtisoo
. des canons , qoe.la force centrifoge de la chaleur pousse à la ciroonfiérence la partie la plus massive et la plus pore de la fonte ; il ne reste au centre que ce qu'il y a de plus masvais ,
, tt souvent même il s*y forme une cavité : sur m nombre de boulets que Ton fora casser, on en trouvera plus de moitié qui auront une cavité dans le centre, et dans tous les autres me matière plus poreuse que le restedu boulet. On remarquera de plus qu'il j a plusieurs rayons qui tendent du centreà l^^drconférence, et que la matière est plus compacte elde meilleare qualité à mesure qu'elle est plus éloignée du centre. On obser^ vera encore que Técorce dn boulet, de l'enclume on da canoiH est beaucoup plus dure que fintérieup; cette dorelé plus grande provient de la trempe que llHimidité du moule donne à l'extérieur de la pièce, et elle pénètre ju^u'à trois lignes d'é^ paisseur dans les petites pièces, et à une ligne et demie dans les grosses. C'est en quoi consiste la plus grande force du canon : car cette couche extérieure réunit les extrémités de touè les rayons divergents dont je viens dè parler, qui sont les lignes paroùseferoit la rupture; elle sert de cuiras^aucanon,i6telle en est la partie la plus pure, et ^ par sa grande dureté^, die contient toutes les parties intérieures qui sont plus molles , et
. cèderoient sans cela plus aisément à la force de l'aplosion. Or que &it-on lorsque l'on tourne les canons? On qominence par enlçver au ciseau , poussé par le marteau ^ioute cette surfoce extérieure que les couteaux du tour ne pourroient entamer; on pénètre dans Ti^térieur de la pièce jusqu'au point o^ elle se trouve assez douce pour se laisser tourner^ et on lui eidève en même temps; par cette opération, peut-être un quart de sa force.
Cette couche extérieure , que Ton à si grand tort d'anlevcr , est en même temps la cuira^ et la sauvegarde du canon; non-seulement elle lui donne toute la force de résistance (ja'il
PARtlE EXPÉRIMENTALE. 16^
doit âToir, niab elle le défend encore de la ronillet 4^ ronge cnpea de temps ceftcanons tournés: on a beaa les lostrer avec deUmile, les peindre, oo les polir; comme la matiirede la wrfeee «LtéricnJ^ est aussi tendre <|ue toot le reste, Ja roaiUe y mord avec mille fois plus d'avantage que sur ceux dont la torfiMe est garantie par la trempe, lorsque je fus donc con^ Tâinco par lAes propres observations du préjudice que poftoit à nos canons cette mauvaise pratique, je donnai au ministre mon avis motivé pour qu'elle Mt proscrite ; mais je ne^ crois pas qdVm ait suivi cet avis, parce qu'il s'est trouvé plusieurs personnes ^ très éclairées d'ailleurs, et nommément M. de Moro9ies,qQi ont pensé difFéremment. Leur opinion, si eon? traire à la mienne , est fondée sur ce que la trempe rend le fèr plos cassant, et dès-lors ils rqpirdent la coudie extérieuiv coBune la plus foible et la moins résistante de toutes lc;s par* tittde la pièce, et colKloent qu'on ne lui fait pas grand tort de feolever ; ils ijootent que , si l'on veut même remédier à ce tort, il n> aqn'&dMuer aux canon$quelques lignes d'épaisseur de plus.
J'avoue que je n'ai pu me rendre à ces raisons. Il faut distinguer dans la trempe^ comme dans toute autre chqse , pluneors états et même plusieurs nuances. Le fer et Tacier ^hs|uf- Ks à bbnc et trempés subitemént dans une eau très froide deviennent très cassants; trempés dans une ^n moins frofde , ils sont beaucoup moins cassants; et dans d^ l'eau cbaude , la trempe ne leur donne aucune fragilité sensible. JTài sur cela des expérienctsqui me paroissent décisives. Pendant l'été dernier, 1773, j'ai fait tremper dans l'eau de la rivière, qui étoit snez diaude pour s'y baigner, toutes les barres de fer qn^on ârgcoit à mi des feux de ma forge; et comparant ce fer avec eelai qui n'étôit pas trempé, la différence du gprain^ n'en étoit Pttsensible, nm plus que celle de leur résistance à la masse, lorsqiToQ les eassoit Mais ce même fer, travaillé dè la mèm^ iacon par les mêmes ouvriers et trempé cet biver dans l'eau de la même rivière qui étoit presque glacée partout, est nonmlcment devenu fragile, mais a perdu en même temps tout
m . MINÉRAUX. INTRODtJGTlON.
son nerf v^en sorte qu'on aHroit cru que cè n'étoit plus le même fer. Or la trempe qui se frit à la surface du canon n'est assurément pas une trempe à Aroid; elle n'est produite que par la petite dumidité qui sôrt du moule d^a bien séché : il ne faut donc pas en raisonner comme d'une autre trempe à froid , ni en conclure qu'elle rend cette couche eitérieure beaucoup plus cassante qu'elle ne le^seroit sans cela. Je supprime plusieurs autres raisïms que je pourrois alléguer^ parce que la chose me parott assez clairé.
Un autre objet , et shr lequel il n^est pas aussi Caicite de prononcer affirmativement, c'est la prafique où l'on est actuellemènt de couler les canons plein,. pour les forer ensuite am des jnachines difficiles à exécuter et encore plus difficiles â conduire, au lieu de les couler creux comme on le faisoit acKréfois; et dans ce temps nos canons crevoient m(>ins qu'aujourd'hui. J'ai balancé les raisons pour et contre, et je vais les présenter ici. Pour couler un canon creux , il feut établir un noyau dans le moule, et le placer avec la plus grande précision , afin que le canon se trouve partout de l'épaisseur requise et qu'un c6té ne soit pas plus fort que l'âutrè. Gomme la matière en fusion tombe entre le noyau et le moule, elle a beaucoup moins de force centrifàge, etd^-lofs la qualité de la matière est moins inégale dans le canon coulé creux que dans le canon coulé plein ; maisaussi cette matière, par là raison ihème qu'elle est moins inégale, est au total moins bonne d^ns le èanon creux , parce que les impuretés qu'eH/s contient s'y trouvent mêlées partout, au lieu qujs, dans le canon coulé plein, cette mauvaise matière reste au centre et se sépare ensuite du canon par l'opération des forets. Je fienserois donc, par cette première raison , que les canons forés doivent être préférés aux canona à noyau. Si l'on pouvoit cependant couler ceux-ci avec assez de précision pour n^ètre pas obligé de toucher à la surfiice intéi^re; si, lorsqu'on tire le noyau, cette surface se ' trouvoit assez unie , assez égale dans toutes ses directions pour n'avoii^ pas besoin d'être calibrée, et par conséquent en partie détruite par l'instrument d'acier, ils auroient un grand avan-
PAETIE EXPÉRIMENTALE. W
tage mt les autres , parce que , dans ce cas , la su rfoee intérieure se troQTermt treaipée comme lasurfoce extérieure , et disriors ^ la Péristance de la {nèce se trouverôit bien ^lus {^nde. Mais
notre art ne va pas jnsque-U; on étoit^ obligé de radsser à rintérieur toutes les pièces coulées creux, afin de les calibrer : en les forant on ne fait que la même chose, et ooa TayanUge d'ôter tonte la mauvaise matière^ quise trouveautouf duicentre de la pièce coulée plein ; matière qui reste , au contraire^ disr persée dans toute la masse de la pi^ coulée creux.
D'ailleut^ les canons coulés plein sont beaucoup moins sur jets Atx spaffluDes, aux chambres, aux gerçures, on faïusses soudures, etc. Pour bien couler les canons à noyau et les roidre parfaits, il iaudroit des évents, au lieu q^e les c^ons pleins n'en 6nt aucun besoin. Gomme ils ne touchent à la terre OQ au sable dont leur moule est composé , que par la surface extérieure; qu'il est rare, si ce moule est bien préparé, bien sédié, qull s'en détache quelque chose; que, j^urvu qu'on ne fasse pas tomber la fonte trop précipitamment et qu'elle soit bien liquide, elle ne retient ni les bull^ dej'air ni ceUes des vapeurs qui s'exhalent à mesure que le moulé se remplit dans UMitesacapacité,il nedoitpasse trouver autant de ces défauts, àbeaucoup près, dans cette matière coulée plein que dans celle où le noyau, rendant à rintérieur son air et son humidité, né peut guère manquer d'occasioner des soufflures et des chambres, qui sé fbrmeroiit d'autant plus aisément que l'épaisseur de la matière est. moindre, sa qyi^litë moins bonne et son refiroidiss^ent plus subit. Jusqu'ici tout Semble donc concourir à donner la préférence à la pratique de couleif les canons plein. Néanmoins, comme il fout une moindre quantité de matière pour les canons creux , qu'il est dès-lors plus aisé de l'ér purer au fourneau avant de la couler, que lesfra|s des machines à forer sont immenses en comparaison d^ ceux des ^ noyaux, on feroit bien d'essayer sF, par le moyen des évents
^ que je viens de proposer, on n'arriveroit pas au point de
* rendre les pièces coulées à noyau assez parfoites pour |f avoir
106 NlNffiAUX. INTRODUCTION,
pas à craindre ler^ui^res; et a'éire pas obligé de leur en* lever la trempe de leur surfoce intérieure: ils seroîent alors d'une plus grande résistance que les autres , auxquels on peut d'ailleurs (aire quelques reproches par les raisons que je vais exposer. ^ ' -
Plus la fente de fer est épurée, plus elle est compacte, dure et dif^leàforer; les meilleurs outils d'acier ne Tentament qu'avec peine, et Tonvragede la forerieva d'autant moins vite que la fonte est meilleure. Ceux qui ont introduit cette pratique ont donc , pour la commodité de leiirs machines , altéré la nature'de I4 matière ^ ; ils ont changé Vusage où l'on
* Sur la fin de Faniiée 1762, H. Maritz fit couler ara fourneaux de La Nouée eo Bretagae des gueuses avec des mines de La Perrière et de Noyai; jil en. examina la fonte, en dressa tin procès-?erbal , et sur les assurances qu'il donna aux entrepreneurs, que leur fer afoit toutes les qualUésTequises pour de bons canons , Ils se déterminèrent à établir des roouleries, fooderies» déoapiteries, oentreries, forerifes, et les tours nécessaires pour tourner extéri^ronent les pièces. Lô entrepreneurs, après aVoir formé leur éiablisiement,' ont mis les deux fourneaux en feu |e 29 janirier 1765, et le 12 fériier Suimt 00 commença à couler du canon de huit. M. lllaritz,;i*étaQl rendu à la forge le 21 mars, trouTa que toutes ces pièces éCpi^t trop dures pour souffYir le forage, et jugea à propos de changer la matière. On ooula deux pièces de douze aTec un nouTcau mélange, et une autre pièce de doutt afèc un autre méânge, et encore deux antres pièc^ de douze avec un troisième mélange, qui parurent si durs sous la scie et au premier fùret^ que M. Maritz jugea inutile de fondr&aTce ces mélanges de différentes mines, et 11 fit un autre essai atec 11,550 Uyrés de la mine de Noyai , 3.390 Urres de la mine de La Ferrièce, et 3,600 de la mine des environs, faisant en tout 18,540 livres, dont on coula, Ie3t mars, une pièce de douze à trente charges basses. A la décapiterie, ainsi qu'en formant le support de la vol^^e, M. Mariu jugea œ fer delxmne nature : mais le prage de cette pièce pu difficile ; ce qui porta M. Waritzà £sUre une autrç expérience.
Le l®** et le 3 avril , il fit couler deux pièces de douze pour ^Mcune desquelles on porta trente-quatre charges composées chacune de 18,700 livres de mipe de Hoyd et de 2,720 livres de mme des environs^ en tout 2M20 livres. Ged démootr^ 4 M. Haritz rimpossibiUté qu'il y avoit de fondre avec de la mine de Noyai seule; car, même avec es mélange, l'intérieur du fourneau s'embarrassa au point que le laitier ne couloit plus, et que les ouvriers avoient une peine incroyable à l'arracher du fond de l'oorrage : d'ailleurs les deux pièces provenUes de cette expérience se trouvèrent si dures au ft)rage, et si profondément chambrées â 18 et 20 pouces de la volée, que ^uand la mine de Noyai pourrdt se fondre sans être alliée avec uneespèoe