PARTIE EXPÉRIMENTALE
puis zéro jusqu'à 33 minutes; ce qui fait qu'il est inuiossible , quekpe courbure qu'on donne à un nsiîroir , de rendre le diamètre du foyer plus petit que la corde de Tare qui mesure cet angle de 32 minutes. Ainsi , quand même on pourroit Mre un mirmr.concave pour brûler à une grande distance, par exemple à amt cinquante pieds , en le travaillant dans tous ses points SOT HeiphiNde six cents pieds 4/t dîeimitre, et en employant une masse énoriM de Terre ou de métal , il est dair qu'on aura à peu pris autant d^ayantage à n'employer au contraire que de petits miroirs plans.
Au reste, comme tout a des limites, quoique mon miroir soit susceptible d'une grande perfection, tant pour rajustem&ïï que pour plusieurs autres choses, et que je compte bien en faire un autre dont les effets seront supérieurs, <fbpendant il ne fuit pas espérer qu'on puisse jamais brûler à de très grandes distance» : car pour brûler , par exemple , à une demi* lieue , il iaudrmt un miroir deux mille foispids grand que le mien; et tout ce qu'on pourra jamais ftdré est de brûler h huit ou neuf cents pieds tout . au plus. Le foyer , dont le motwcment correspond toiyours à celui du sMeil, marche d'autant pins vite qu'il est plas éloigné du mirofa*; et à neuf cents pMs de distance , il fèroit un chemin (Fenviron six pieds par minute.
Il n'est pas nécessaire d'avertir qu'on peut fafre, avec de petits morceaux plats de glace ou de métal , des miroirs dont les foyers seront variables, et qui brûleront à de petites distances avec une grande vivaché; et, en les montant à peu près comme Ton monte les parasols, il ne foudroit qu'un seul mouvement pour en ajuster le foyen.
Maiatenant cpie j*ai reqdn compte de ma découverte et du succès de mes expériences,^ dois rendre à Archimède et auk anciens la gloire qui leur est due. Il est certain qtt*Archim&dc a pu faire avec des miroirs de métal ce que je fais avec des mireirs de verre; il est sûr qu'il avoit piQs de lumières quil n'en ftiut poùr imaginer la théorie qui m'a guidé et la mécanique que j'ai fait exécuter, et que par conséquent on ne peut
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lai reftiaer le litre de prenûer inventeur de ces miroirs, qae Toccasion où il sut employer rendit sans donte plnscilBMvs qiie le mérite de la chose même.
Pendant le temps qae je travaihois à ces miroirs, jignorois le détail de tont ce qu'en ont dit les anciens ; mais après avoir réussi à les Aire, je fus bieù aise de m'en instruire. Feu M. Melot, de TAcademie des Belles-Lettres, et Tun des gardes de la Bibliothèque du Roi, dont la grande érudition et les talents éloient connus de tous les savants, eut la bonté de me communiquer une eicellente dissertation qu'il avoit faite sinr ce si^t, dans laquelle il rapporte les témoignages de tous les auteurs qui ont parlé des miroirs ardents d*Archimède. Ceux qui en parlent le plus daii^ment sont Zonaras et Tzetzès , qui Tivoient ^ous dlux dans le douzième sièele. Le premier dit qu'Archimède , avec ses miroirs ardents , mit en cendres toute la ftolte des Romains. «Ce géomètre , dit-il , ayant reçu les rayons du soleil sur un miroir, à Taide de ces rayons rassemblés et réfléchis par l'épaisseur et le poli du miroir, il embrasa Tair , et alluma une grande flamme qu'il lança tout entière sur les vaisseaux qui mouiHoient dans la sphère de son activité, et qui furent tous réduits en cendres.» Le même Zonaras rapporte aussi qu'au siège de Gonstantinople;80us l'empire d'Aoastase, Tan 614 de Jésus-Christ, Proclus brûla, avec des miroirs d'aihân, la flotte de Vitalien, qui assiégeoit Constantinople; il lyoute que ces mirmrs étoient une découverte ancienne , et que l'historien Dion en donne l'honneur à Arcbimède, qui la fit, et s'en servit comme les Romains lorsque Marcelhis fit le si^ de Syracuse.
Ttetzès nou'-seulement rapporte et assure lefaitdes miroirs, mais même il en explique en quelque feçon la constnicdon. « Lorsque les vaisseaux , dit-il , fiir«ftt à la portée du trait , Archimède fit foire une espèce de miroir hexagone, et d'autres plus petits de vingt-quatre angles^ chacun, qu'il plaça dans une cûstance proportionnée, et qu'on pouvoit mouvoir à l'aide de leurs charnières et de certaines lames de métal :^il plaça le miroir hexagone de façon qu'il étoit coupé par le miOeu par