‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 8 sur 103 · PARTIE BXP«R1IIENT]^LI. - St · texte numérisé non relu

PARTIE BXP«R1IIENT]^LI. - St

le méridien dlûver et d'été, en sorte que les rayons do sdeil' reçQS sur ce miroir, venant à se briser, allumèrent un fjrand feu qui réduisit en cendres les vaisseaux romains, quoiqu'il fassent éloigné de la portée d'un trait » Ce passage me paraît assez clair fixe la distance à laquelle Arcbimède a brûlé; la portée du trait ne peut guère être que de cent cinquante ou deux cests pieds : il donne Tidée de la construction , et hit voir qoe le miroir d'Archimède poorait être, comme le mien , composé de plusieurs petits miroirs qui se mouvoient.par dei mouvements de charnières et de ressorts; et enfin il indique la position du miroir, en disant ^e le miroir hexagone; au-, tour duquel étoient sans doute les miroirs plus petits, étoit coupé par le méridien , ce qui y^t dire apparemment que le mirairdoit être opposé directement an soleil : d'ailleurs le miroir hexagone étoit pndïablement celui doM l'image servoit de mire pour i^Qster les autres, et cette figure n'est pas toutà-fiiit indifférente, non plus que celle de vingt-quatre angles on vingt-quatre côtés des petits miroirs. Il est aisé de sentir qu'il y a en effèt de l'avantage à donner à ces miroirs une figure ^lygone d'un grand nombre de côtés égaux , afin que la quantité de lumière soit moins inégalement répartie dans rimage réfléchie; et elle sera répartie le moins inégalement qu'il est possible lorsque les miroirs seront circulaires. J'ai bien va qu'il y avoit de la perte à employer des miroirs quadrangqlairés , longs de six pouces sur huit pouces; mais j'ai préféré cette forme, parce qu'elk est, comme je l'ai dit, plus avantageuse pour lûrûler horizootalement.

J'ai aussi trouvé, dans la même dissertation de M. Melot, que le P. Kircher avoit écrit qu'Arçhimède avoit pu brûler à une gvndedistance avec des miroirs plans, et que l'expérience lui avoit appris qu'en réunissant de cette façon lei images du soleil, on produisoil une dialeur considj^rable an point d^ réunion.

Enfin^ dans les Mémoiresde V Académie, année 1726, M. du Fay, dont j'honorerai toujours la mémoire et les talents, parplt avoir toocfaé à cette découverte : il dit «qu'ayant reçu l'image

il MÏNËRACX. INTRODUCTION,

du soleil sor un miroir plan d'un pied en carré, et Tayant portée jusque siï dents pieds sur un miroir concave de dix-^pt ponces de diamètre , elle avoit encore la force de brûler des matières combustibles au foyer de ce dernier miroir ; » et à la fin de son Méjg^oire il dit que a quelques auteurs ( U veut sans doute parler du P. Kircher) ont proposé de former un miroir d'un très long foyer par un grand nombre de petits miroirs plans, que plusieurs personnes tiendroient à la main , et dirigeroient de feçon que les images du soleil formées par cbacun de ces miroirs concourroient en un même point , et que ce serait peutêtre la façon de réussir la plus sûre et la moins diffidle à exécuter. D Un peu de réflexion sur Texpérience du miroir concave et sur ce projet auroit porté M. du Paye â la découverte dn miroir d'Archimède, qu'il traite cependant de feble un peu plus haut; car il me parbtt qu'il étoit tout naturd de conclure de son expérience que , puisqu'un miroir concave de dix - sept pouces de diamètre sur lequel l'image du soleil ne tond)oit pas tout entière, à beaucoup près, peut cependant brûler par cette seule partie de l'image du soleil réfléchie à six cents pieds dans un ftg^er que je suppose large de trois lignes , onze cent cinquante -six miroirs plans, semblables au premier miroir réfléchissant, dôivent à plus forte raison brûler directement à celte distance de six cents pied», et que par conséqnient deux ctxA quatre-vingt-neuf miroirs plans aiiroient été plus que suffisants pour brûler à trois cents pieds, en réunissant les deux cent quatre-vingt neuf images ; mais , en fait de découvertes, le dernier pas, quoique souvent le plus< fsicile, est cepoulant celui qu'on fait le plus rarement.

Mon mémoire , tel qu'on vient de le lire , a été imprimé daps le volume de Wdcadémie des Sciences, année 1747, sous le titra : Inventions des miroirs pour brûler à une grande distance. Feu M. Bougner, et quelques autres membres de cette savante compagnie, m'ayant foit plusieurs objections, tirées prindpalemrat de la doctrine de Descartes dans son Traité de Dioptrique /it crus devoir y répondra par le miroir suivant, qui fot lu à l'Académie la même année, mais que je ne fis pas

partie: expérimentale. 23 imprimer par ménagement pour me$ adversaires en opinion. Cependant, comme il contient plusieurs choses utiles, et qu'il pourra servir de préservatif contre les erreurs contenues dan» quelques livres d'optique, surtout dans celui de la Dioptrlque de Descartes , que d'ailleurs il sert d'explication et de suite au mémoire précédent, f ai jugé à propos de les joindre ici et de les pnblier ensemble.

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