‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 4)Chapitre 93 sur 103 · PARTIE HYPOTHÉTIQUE. 9i · texte numérisé non relu

PARTIE HYPOTHÉTIQUE. 9i

caase$ particolièrei qui produisent Yettet total de la chaleur i la surface du globe; car indépendamment de la chaleur appartient en propre à la terre et qu'elle poesède dès le temps de rincàndescence, chaleur dont la quantité est très considérablement diminuée et continuera de diminuer dans la succession des temps , indépendamment de la dialeur qui noua vient du soleil, qu'on peut regarder comme constante, et qui par conséquent fera dans la suite une plus grande compensatîoo qu'aujourd'hui à la perle de cette chaleur propre du globe fil y a encore deux autres causes particulières qui peuvent ajouter une quantité considérabfe de chaleur à T^et des deux premièreSy qui sont les seules dont nous ayons fiiit jusqu'ici Téva- Ination.

L'une de ces causes particulières provient en quelque foçpn de la première cause générale, et peut y ajouter quelque chose. Il est certain que dans le temps de rincàndescence , et dans tous les siècles subséquents, jusqu'à celui du refiroidissement de la terre, au point de pouvoir la toucher, toutes les matières volatiles ne pouvoient résider à la surfoce ni même dans l'intérieur du globe; eUes étoient élevées et répandues en forme de vapeurs, et n'ont pu se déposer que successivement à mesure qu'il se refrmdissoit. Ces matières ont pénétré par les fentes et les crevasses de la terre à d'assez grandes profondeurs en une infinité d'endroits : c'est là le fonds primîiif des volcans, qui, comme l'on sait, se trouvent tous dans les hautes montagnes, où les fentes de la terre sont d'autant plus grandes que ces pointes du globe sont plus avancées , plus isolées. Ce dépôt des matières volatiles du premier âge aura été prodigieusement augmenté par l'addition de toutes les matières combustibles, dont la formation est des âges subséquents. Les pyrites, les soufres, les charbons de terre, les bitumes, etc., ont pénétré dans les cavités de la terre, et ont produit presque partout de grands amas de matières inflam-> mables, et souvent des incendies qui se manifestent par dea tremblements de terre, par l'éruption des volcans, et par les iQurces chaudes qui découlent des montagnes ou sourdent à

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Ilntérieur dans les cavités de la terre. Oa peut donc présamer que ces feux souterrains, dont les uns brûlent, pour ainsi dire, sourdement et sans explosion, et dont \e.% autres éclatent avec tant de violence, augmentent un peu Teffet de la chaleur générale du globe. Néanmoins cette addition de chaleur ne peut être que très petite; car on a observé qu'il Fait à très peu près aussi froid au^essus des volcans qu'au-dessus des autres montagnes à la même hauteur, à Teiception des temps où le volcan travaille et jette au dehors des vapeurs enflammées ou des matières brûlantes. Celte cause particulière de chaleur ne me parott donc pas mériter autant de considération que lui en ont donné quelques physiciens.

Il n*en est pas de même d'une seconde cause à laquelle il semble qu'on n'a pas pensé, c'est le mouvement de la lune autour de la terre. Cette planète secondaire Fait sa révolution autour de nous en 27 jours un tiers environ, et, étant éloignée à 85 mîHe 325 lieues, elle parcourt une circonférence de 536 mille 329 lieues dans cet espace de temps, ce qui fait un mouvement de 817 lieues pas heure, ou de 13 à 14 lieues par minute. Quoique cette marche soit peut-être la plus lente de tous les corps célestes , elle ne laisse pas d'être assez rapide pour produire sur la terre, qui sert d'essieu ou de pivot à ce mouvement, une chaleur considérable par le frottement qui résulte de la charge et de la vitesse de cette planète; mais il ne nous est pas possible d'évaluer cette quantité de chaleur produite par cette cause extérieure, parce que nous n'avons rien jusqu'ici qui puisse nous servir d'unité ou de terme de comparaison; mais si l'on |)arvient jamais à connoltre le nombre, la grandeur et la vitesse de toutes les comètes, comme nous connoissons le nombre, la grandeur et la vitesse de touies les planètes qui circulent autour du soleil , on pourra juger alors de la quantité de chaleur que la lune peut donner à la terre, par la quantité beaucoup plus grande de feu que tous ces vastes corps excitent dans le soleil; et je serois fort porté à croire que la chaleur produite par cette cause dans le globe de la terre ne laisse pas de faire une partie assez consi-

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