PARTIE HYPOTHÉTIQUE
dârable de sa chaleur propre , et qu'en conséquence il Faut encore étendre les limites des temps pour la durée de la nature. Mais revenons à notre principal objet.
Nous ayons vu que les étés sont à très peu près égaux dans tous les climats de la terre , et que cette vérité est appuyée sur des faits incontestables ; mais il n'en est pas de même des hivers ; ils sont très iné(|^ui , et d'autant plus inégaut dans les différents climats , qu'on s'éloigne plus de celui de l'équateur, où la chaleur en hiver et en été est à peu près la même. Je crois en avoir donné la raison dans le cours de ce mémoire , et avoir expliqué d'une manière satisfaisante la cause de cette inégalité par la suppression des émanations de la chaleur terrestre. Cette suppression est, comme je l'ai dit, occasionée par les vents froids qui se rabattent du haut de l'air , resserrent les terres, glacent les eaux et renferment les émanations de la chaleur terrestre pendant tout le temps que dure la gelée, en sorte qu'il n'est pas étonnant que le firoid des lûvers soit en effiet d'autant plus grand que l'on avance davantage vers les dimatsoù la masse de l'dir, recevant plusobliquementles rayons du soleil , est , par cette raison , la plus froide.
Mais il y a pour le froid comme pour le chaud quelques contrées sur la terre qui font une exception à la règle générale. Au Sénégal , en Guinée , à Angole et probablement dans tous les pays où l'on trouve l'espèce humaine teinte de noir, comme en Nàbie , à la terre des Papous , dans la Nouvelle-Guinée , etc. , il est certain que la chaleur est plus grande que dans tout le reste de la terre; mais c'est par des causes locales , dont nous avons donné l'explication dans le premier volume de cet ouvrage *. Ainsi , dans ces climats particuliers où le vent d'est règne pendant toute l'année et passe, avant d'arriver, sur une étendue de terre très considérable où il prend une chaleur brûlante, il n'est pas étonnant que la chaleur se trouve phis grande de 6, 6, et même 7 degrés, qu'elle ne l'est partout ailleurs; et de même les froids excessifs de la Sibérie ne prou* vent rien autre chose , ànon que cette partie de la surfiKe da
' Voyez l'Hiiloire oitiireUe, article f^oH^ de
globe est beaucoup plus élevée que toutes les terres adjacentes, a Les pays asiatiques septeotrionaux , dit le baroo de Strahlenberg, sont considérablement plus élevés que les européens: ils le sont comme une table Test en comparaison du plancher aur lequel elle est posée; car lorsqu'en venant de Touest et sortant de la Russie , on passe à Test par les monts Riphées et Rymniques pour entrer en Sibérie, on avance toujours plus en montant qu'en descendant II y a bien des plaines en Sibérie , dit M. Gmelin, qui ne sont pas moins élevées au-dessus du reste de la terre , ni moins éloignées de son centre «jque ne le sont d'assez hautes montagnes en plusieurs autres régions.» Ces plaines de Sibérie paroissent être en effèt tout aussi hautes que le sommet des monts Riphées , sur leqpel la glace et la neige ne fondent pas entièrement pendant Tété; et si ce même effet n'arrive pas dans les plaines de Sibérie , c'est parce qu'elles sont moins isolées, car cette circonstance locale fait encore beaucoup à la durée et à l'intensité du froid ou du chaud. Une vaste plaine, une f6is échauffée, conservera sa chaleur plus long-temps qu'une montagne isolée, quoique toutes deux lement élevées, et par cette même raison la montagne, une fois refroidie, conservera sa neige ou sa glace plus kmg-temps que la plaine.
Mais si l'on compare l'excès du chaud à l'excès du froid produit par ces causes particulières et locales, on sera peutHètre surpris de voir que, dans les pays tels que le Sénégal, où la chaleur est la plus grande, elle n'excède néanmoins que de 7 degrés la plus grande chaleur générale , qui est de 26 degrés aurdessus de la congélation, et que la plus grande hauteur à laquelle s'élève la liqueur du thermomètre n'est tout an plus que de 33 d^;rés au-dessus de ce même point; tandis que les grands froids de Sibérie vont quelquefois jusqu'à 60 et 70 degrés au-de$sous de ce même point de la congélation , et qu'à Pétersbourg , à Upsal , etc. , sous la même latitude de la Sibérie , les phis grands froida ne font descendre la liqueur qu'à 26 ou 26 degrés au-dessous de la congélation. Ainsi l'excès de clialeur [MtKluit par les causes locales n'étant que de 6 ou 7 degrés