Voyez ci-devant l’article de la Pierre calcaire
2. Les veines vertes qui se rencontrant dans le marbre Campan sont dues, selon M. Bayen , à une matière schisteuse. Il en est de même de celles qui se trouvent dans le marbre cipollin; et, par les expériences qu’il a faites sur ce dernier marbre , il a reconnu que les veines blanches conlenoient aussi une petite portion de quartz.
La matière verte d’un autre morceau de. cipollin, soumise à l’expérience étoit une sorte de mica qui, selon M. Daubènton , étoit le vrai laïcité.
Un morceau de vert antique, soumis de même à l’expérience, a fourni une matière talqueuse.
Un échantillon de marbre rouge appelé griotte a fourni à M. Bayen du schiste couleur de lie de vin.
Un échantillon envoyé d’Autun , sous le 110m de marbre noir antique , avoit de la disposition à se séparer par couches, et son grain n’avoit aucun rapport avec celui des marbres proprement dits : M. Bayen a reconnu que ce marbre répandoit une forte odeur bitumineuse, et qu’il seroit bien placé avec les bitumes, ou du moins avec les schistes bitumineux.
a76 MINÉRAUX.
preuve de la calcination, la quantité plus ou moins grande de ces deux substances hétérogènes ; car si les marbres contiennent seulement autant d’argile qu’en contient la marne , ils ne feront que de la mauvaise chaux, et s’ils sont composés de plus d’argile, de limon, de lave, ou d’autres substances vitreuses, que de matière calcaire, ils ne se convertiront point en chaux , ils résisteront à l’action des acides ; et , n’étant marbres qu’en partie, on doit, comme je l’ai dit , les rejeter de la liste des vrais marbres , et les placer dans celle des pierres miparties et composées de substances différentes.
Or l’on ne doit pas être étonné qu’il se trouve de ces mélanges dans les marbres de seconde formation. A la vérité, ceux qui auront été produits précisément de la même matière que les albâtres, dans des cavernes uniquement surmontées de pierres calcaires ou de marbres, ne contiendront de même que des substances pierreuses et spathiques, et ne différeront des albâtres qu’en ce qu’ils seront plus denses et plus uniformément remplis de ces mêmes sucs pierreux : mais ceux qui se seront formés soit au dessous des collines d’argile surmontées de rochers calcaires, soit dans des cavités au dessus desquelles il se trouve des matières mélangées, des marnes , des tuffeaux , des pierres argileuses, des grès, ou bien des laves et d’autres matières volcaniques, seront tous également mêlés de ces différentes matières ; car ici la nature passe, non pas par degrés et nuances d’une même matière, mais par doses différentes de mélange , du marbre et de la pierre calcaire la plus pure à la pierre argileuse et au schiste.
Mais, en renvoyant à un article particulier les pierres mi -parties et composées de matière vitreuse et de substance calcaire, nous pouvons joindre aux marbres brèches une grande partie des pierres appelées poudingues , qui sont formées de morceaux arrondis et liés ensemble par un ciment qui , comme dans les marbres brèches, fait le fonds de ces sortes de pierres. Lorsque les morceaux arrondis sont de marbre ou de pierre calcaire, et que le ciment est de cette même nature, il n’est pas douteux que ces poudingues entièrement calcaires ne soient des espèces de marbres breches ; car ils n’en diffèrent que par quelques caractères accidentels, comme de ne se trouver qu’en plus petits volumes et en masses assez irrégulières, d’être plus ou moins durs ou susceptibles de poli, d’être moins homogènes
dans leur composition , etc.; mais, étai au reste formés de même et entièremei composés de matière calcaire , on ne do pas les séparer des marbres brèches, pour\ toutefois qu’ils aient à un certain degré qualité qu’on exige de tous les marbre; c’est - à - dire qu’ils soient susceptibles ( poli.
U n’en est pas de même des poudingu »
dont les morceaux arrondis sont de la n ture du silex ou du caillou , et dont ciment est en même temps de matière x treuse, tels que les cailloux de Rennes d’Angleterre; ces poudingues sont, comn l’on voit, d’un autre genre, et doivent êt réunis aux cailloux en petites masses , souvent ils ne sont que des débris du quart du jaspe, et du porphyre.
Nous avons dit que toutes les pierres a rondies et roulées par les eaux du Rhôr® que M. de Réaumur prenoit pour de vn cailloux , ne sont que des morceaux ( pierre calcaire : je m’en suis assuré n<i seulement par mes propres observation mais encore par celles de plusieurs de m correspondans. M. de Morveau, savant pli sicien , et mon très-digue ami, m’écrit, i sujet de ces prétendus cailloux, dans 1 termes su i vans : « J’ai observé, dit-il, q: ces cailloux gris noirs , veinés d’un be; blanc, si communs aux bords du Rhôu qu’on a regardés comme de vrais caillou:, ne sont que des pierres calcaires roulées arrondies par le frottement, qui toutes n pnroissent venir de Millery en Suisse , set endroit que je connoisse où il y ait u|i carrière analogue; de sorte que les mass de ces pierres, qui couvrent plus de quj rante lieues de pays, sont des preuves m équivoques d’un immense transport par 1 eaux '. » U est certain que des eaux au; rapides que celles du Rhône peuvent Iran: porter d’assez grosses masses de pit rres de très-grandes distances; mais l’origine i ces pierres arrondies me paroît bien pi ancienne que l’action du courant des fleuv et des rivières, puisqu’il y a des montagn presque entièrement composées de ces pie res arrondies, qui n’ont pu y être accunn lées que par les eaux de la mer : noi en avons déjà donné quelques exemple M. Guettard rapporte « qu'entre Sain Chaumont en Lyonnois et Rives-de-Git les rochers sont entièrement composés t cailloux roulés... que les lits des monlagm ne sont faits eux - mêmes que de ces ann
i. Lettre de M. de Morveau à M. de Buffon , di téc de Bourg eii-Bresse, le 22 septembre 1778.
DU MARBRE
ie cailloux entasses... que le chemin qui st au bas des montagnes est également
empli de ces cailloux roulés qu’on eu
«trouve après Bourgnais; qu’on n’y voit jue de ces pierres dans les chemins , de nôme que dans les campagnes voisines et ans les coupes des fossés qu’ils ressem-
route , on retrouve les cailloux roulés à Oeil, à Fitz-James, et dans un endroit appelé la Folie. Ils 11e diffèrent pas essentiellement de ceux qui se présentent dans les cantons précédens, ni par leur grosseur, ni par leur couleur, qui est communément noirâtre. Celte couche noire est celle que
dent à ceux qui sont roulés par le Rhône j’ai principalement remarquée dans les cail-
pie des coupes de montagnes assez hautes, elles que celles qui sont à la porte de Lyon, n font voir abondamment ; qu’ils sont au tessons d’un lit qu’on prendrait pour un able marneux que le chemin qui con-
nût de Lyon à Saint -Germain est égaleront rempli de ces cailloux; qu’avant d’ariver à Fontaine on passe une montagne ni en est composée; que ces cailloux sont e la grosseur d’une noix, d’un melon, et e plusieurs autres dimensions entre ces eux-ci; qu’on en voit des masses qui forcent de mauvais poudingues que ces
ûlloux roulés se voient aussi le long du liemin qui est sur le bord de la Saône; ue les montagnes en sont presque entièrelent formées, et qu’elles renferment des oudingues semblables à ceux qui sont de autre côté de la rivière. »
M. de La Calisson nière, cité par M. Guetird , dit « qu’en sortant de Lyon , à la droite u Rhône, on l’encontre des poudingues; u’on trouve dans quelques endroits du anguedoe de ces mêmes pierres; que tous s bords du Rhône en Dauphiné en sont irais, et même à une très-grande élévation 1 dessus de son lit, et que tout le terrain ;t rempli de ces cailloux roulés, mais qui e paraissent, ajoute M. de La Galissonière, plutôt des pierres noires calcaires que ; vrais cailloux ou silex : ils forment dans usieurs endroits des poudingues. Le plus and nombre sont noirs : mais il y en a issi de jaunes , de rougeâtres , et très-peu blancs. »
M. Guetfard fait encore mention de plueufs autres endroits où il a vu de ces ûlloux roulés, et des poudingues formés, âr leur assemblage, en assez grosses masses. « Après avoir passé Luzarches et la Morix on monte, dit -il, une montagne dont s pierres sont blanches, calcaires, remplies ; pierres numhmales , de peignes, et de fférentes autres coquilles mal conservées, d’un si grand nombre de cailloux roulés, elits et de moyenne grosseur, qu’on pour- )it regarder ces rochers comme des pouingues coquilliers. En suivant cette grande
loux roulés que j’ai observés parmi les sables de deux endroits bien éloignes de ces derniers, (tes sables sont entre Andreville et Épernon, »
Les cailloux roulés qui se trouvent dans les plaines de la Crau d’Arles sont aussi des pierres calcaires de couleur bleuâtre. On voit même sur les bords et dans le lit de la rivière Necker, près de Cronstadt en Allemagne , des masses considérables de poudingues formés de morceaux calcaires, arrondis, blancs, gris, roussàtres, etc. Il se trouve des masses semblables de ces galets réunis sur les montagnes voisines, et jusqu’à leur sommet , d’où ils sont sans doute roulés dans les plaines et dans le lit des rivières.
On peut regarder le marbre appelé brèche antique comme un poudingue calcaire, composé de gros morceaux arrondis bien distincts, les uns blancs, bleus, rouges, et les autres noirs ; ce qui rend cette brèche trèsbelle par ses variétés de couleurs. La brèche d’Alep est de même composée, comme la brèche antique, de morceaux arrondis, dont la couleur est Isabelle. La brèche de Saravezze ou Saravèche présente des morceaux arrondis d’un bien plus grand diamètre , dont la plupart tirent sur la couleur violette, et dont les autres sont blancs ou jaunâtres. Dans la brèche violette commune il y a des morceaux arrondis assez gros, et d’autres bien plus petits; la plupart sont blancs, et les autres d’un violet foible.
Tous les poudingues calcaies sont donc des espèces de brèches, et on ne les en aurait pas séparés si d’ordinaire ils ne se fussent pas trouvés différons des brèches par leur ciment , qui est moins dur et qui ne peut recevoir le poli. Il ne manque donc à ces poudingues calcaires qu’un degré de pétrification de plus pour être entièrement semblables aux plus beaux marbres brèches, de la même manière que dans les poudingues composés de vrais cailloux vitreux arrondis il ne manque qu’un degré de pétrification dans leur ciment pour en faire des matières aussi dures que les porphyres ou les jaspes.
DU PLATRE ET DU GYPSE
Le plâtre et le gypse sont des matières calcaires, mais imprégnées d’une assez grande quantité d’acide vitriolique pour que ce même acide, et même tous les autres, n’y fassent plus d’impression. Cet acide vitriolique est seul dans le gypse; mais il est combiné dans le plâtre avec d’autres acides : et , pour que les noms ne fassent pas ici confusion, j’avertis que j’appelle gypse ce que les nomenclaleurs ont nommé sélénite , par le rapport très-éloigné qu’ont les reflets de la lumière sur le gypse avec la lumière de la lune.
Ces deux substances , le gypse et le plâtre, qui sont au fond les mêmes, ne sont jamais bien dures; souvent elles sont friables, et toujours elles se calcinent, à un degré de chaleur moindre que celui du feu nécessaire pour convertir la pierre calcaire en chaux. On les broie après la calcination; et, en les détrempant alors a^ec de l’eau , on en fait une pâte ductile qui reçoit toutes sortes de formes, qui sèche en assez peu de temps, se durcit en se séchant, et prend une consistance aussi ferme que celle des pierres tendres ou delà craie dure.
Le gypse et le plâtre calcinés forment, comme la chaux vive, une espèce de crème à la surface de l’eau ; et l’on observe que , quoiqu’ils refusent de s’unir avec les acides, ils s’imbibent facilement de toutes les substances grasses. Pline dit que celte dernière propriété des gypses étoit si bien connue, qu’on s’en servoit pour dégraisser les laines. C’est aussi en polissant les plâtres à l’huile qu’on leur donne un lustre presque aussi brillant que celui d’un beau marbre.
L’acide qui domine dans tous les plâtres est l’acide vitriolique ; et si cet acide étoit seul dans toutes ces matières, comme il l’est dans le gypse, on seroit en droit de dire que le gypse et le plâtre ne sont absolument qu’une seule et même chose : mais l’on verra par quelques expériences rapportées ci-après que le plâtre contient non seulement de l’acide vitriolique, mais aussi des acides nitreux et marins, et que par conséquent on ne doit pas regarder le gypse et le plâtre comme des substances dont l’essence soit absolument la même. Je ne fais celte réflexion qu’en conséquence de ce que nos
chimistes disent, « que le plâtre ou gypse n’est qu’un sel vitriolique à base de terre calcaire, c’est-à-dire une vraie sélénite. » I me semble qu’on peut donc distinguer Fur de l’autre en disant que le gypse n’est ex effet imprégné que de l’acide vitriolique tandis que le plâtre contient non seulemen l’acide vitriolique avec la base calcaire, mai encore une portion d’acides nitreux et ma rins. D’ailleurs le prétendu gvpse fait arti ficiellemenl en mêlant de l’acide vitrioliqu avec une terre calcaire ne ressemble pa assez au gypse ou au plâtre produit par 1 nature, pour qu’on puisse dire que c’est un seule et même chose. M. Pott avoue mêmr que ces deux produis de l’art et de la na, ture ont des différences sensibles; mais, avau de prononcer affirmativement sur le nombr et la qualité des élémens dont le plâtre et composé après la calcination , il faut d’abor le voir et l’examiner dans son état de ne ture.
Les plâtres sont disposés, comme 1< pierres calcaires , par lits horizontaux; ma tout concourt à prouver que leur formatic est postérieure à celle de ces pierres. x° L masses ou couches de plâtre surmonter!
généralement les bancs calcaires , et n’< sont jamais surmontées ; ces plâtres ne so recouverts que de couches plus ou moi épaisses d’argile ou de marne amoncelées £ souvent mélangées de terre limoneuse. i° ] substance du plâtre n’est évidemment qu’u poudre détachée des masses calcaires a jj tiennes, puisque le plâtre ne contient poi l de coquilles, et qu’on y trouve, coun nous lèverions, des ossemens d’anima terrestres; ce qui suppose une format!
postérieure à celle des bancs calcaires.
Cette épaisseur d’argile dont on voit encc la plupart des carrières de plâtre surmo tées semble être la source d’où l’acide a c coulé pour imprégner les plâtres; en so j que la formation des masses plâtreuses ] roit tenir à la circonstance de ces dep | d’argile rapportés sur les débris des n (| tières calcaires, telles que les craies, < >( des lors ont reçu par stillation les acid et surtout l’acide vitriolique, plus abond; • qu’aucun autre dans les argiles; Ce qui u’e ( pèche pas que, lors de sa formation , le
DU PLATRE ET DU GYPSE
; n’ait aussi reçu d’autres principes salins nt l’eau de la mer cioit imprégnée; et c’est quoi le plâtre diffère du gvpse, dans leel l’acide vitriolique est seul combiné avec terre calcaire.
Mais , de quelque part que viennent les des contenus dans le plâtre , il est certain e le fonds de sa substance n’est qu’une ussière calcaire qui ne diffère de la craie ’en ce qu’elle est fortement imprégnée ces mêmes acides; et ce mélange d’acides is la matière calcaire suffit pour en chan- * la nature, et pour donner aux stalac- *s qui se forment dans le plâtre des proélés et des formes toutes différentes de les des spaths et autres concrétions calres. Les parties intégrantes du gypse, vues i loupe, paroissenl être tantôt des prismes jrenés les uns dans les autres, tantôt de gués lames avec des fibres uniformes en mens allongés , comme dans l’alun de me, auquel l’acide donne aussi celte |me, mais dans une matière bien diffère, puisque la base de l’alun est argise , au lieu que celle de tout plâtre est îaire.
La plupart des auteurs ont employé sans inclion le nom de gypse et celui de plâpour signifier la nîème chose : mais , !ir éviter une seconde confusion de noms, ï5 n’appellerons plâtre que celui qui est !ique , et que l’on trouve en grands bancs |ame la pierre calcaire, d’autant que le n de gypse n’est connu ni dans le comrce ni par les ouvriers, qui nomment \tre toute matière gypseuse et opaque; is n’appliquerons donc le nom de gypse à ce que l’on appeloit sélénite , c’est-à-dire es morceaux transparens , et toujours de ire régulière, que l’on trouve dans toutes carrières plâtreuses.
.e plâtre ressemble, dans son état de nae, à la pierre calcaire tendre; il est de ine opaque et si friable, qu’il ne peut reloir le moindre poli. Le gypse, au contre, est transparent dans toute son épaisr ; sa surface est luisante et colorée de hâtre, de verdâtre, et quelquefois elle d’un blanc clair. Les dénominations de "re speculaire ou de miroir d'âne, que mlgaire, avec quelques autres nomenclars, ont données à celte matière cristale , n’étant fondées que sur des rapports dvoques ou ridicules, nous préférons avec »on le nom de gypse ; car le talc , aussi n que le gypse , pourroit être appelé rre speculaire, puisque tous deux sont nsparens, et la dénomination de miroir
à âne, ou miroir d'âne, n’aurait jamais dô sortir de la plume de nos docteurs.
Le gypse est transparent, et s’exfolie, comme lu talc, en lames étendues et minces ; il perd de même sa transparence au feu : mais il en diffère même à l’extérieur , en ce que le talc est plus doux et comme onctueux au toucher ; il en diffère aussi par sa cassure spathique et chatoyante; il est calcinable, et le talc ne l’est pas ; le plus petit degré de feu rend opaque le gypse le plus transparent , et il prend , par la calcination , plus de blancheur que l’autre plâtre.
De quelque forme que soient les gypses , ce sont toujours des stalactites du plâtre qu’on peut comparer aux spaths des matières calcaires. Ces stalactites gypseuses sont composées ou de grandes lames appliquées les unes contre les autres, ou de simples filets posés verticalement les uns sur les autres, ou enfin de grains à facettes irrégulières , réunis latéralement les uns auprès des autres ; mais toutes ces stalactites gypseuses sont transparentes , et par conséquent plus pures que les stalactites commîmes de la pierre calcaire 1 ; et quand je réduis à ces trois formes de lames , de filets , et de grains, les cristallisations gypseuses , c’est seulement parce qu’elles se trouvent le plus communément ; car je ne prétends pas exclure les autres formes qui ont été ou qui seront remarquées par les observateurs , puisqu’ils trouveront en ce genre, comme je l’ai moi-même observé dans les spaths calcaires, des variétés presque innombrables dans la figure de ces cristallisations, et qu’en général la forme
i. M. Sage, savant chimiste de l’Académie des Sciences, distingue neuf espèces de matières plâtreuses : r° la terre gypseuse , blanche et friable comme la craie, et qui n’en diffère qu’en ce qu’elle ne fait point effervescence avec les acides ; 20 l’albàtre gypseux, qui est susceptible de poli , et qui est ordinairement demi transparent ; 3° la pierre à plâtre, qui n'est point susceptible de poli; 4° le gypse ou sélénite cunéiforme, appelé aussi pierre speculaire , miroir d’àne, et vulgairement talc de Montmartre ; 5° le gypse ou sélénite rhomboidale , dont il a trouvé des morceaux dans une argile rouge et grise de la montagne de Saint-Gcrmain-en- Laye; 6° le gypse ou sélénite prismatique décaèdre, dont il a vu des morceaux dans l’argile noire de Picardie; 70 la sélénite basaltine en prismes hexaèdres dans une argile grise de Montmartre ; 8° le gypse ou sélénite lenticulaire, dont les cristaux sont opaques ou demi transparens , et forment des groupes composés de petites masses orbiculaires renflées dans je milieu , amincies vers les bords; 90 enfin le gypse ou sélénite striée, composée de fibres blanches, opaques, et parallèles , ordinairement brillantes et satinées : on la trouve en Franche-Comté , à la Chine, en Sibérie, et on lui donne communément le nom de g/pse de la Chine.
a8o MINÉRAUX.
de cristallisation n’est pas un caractère constant, mais plus équivoque et plus variable qu’aucun autre des caractères par lesquels on doit distinguer les minéraux.
Nous pensons qu’on peut réduire à trois classes principales les stalactites transparentes de tous les genres : i° les cristaux quart zeux ou cristaux de roche, qui sont les stalactites du genre vitreux , et sont en même temps les plus dures et les plus diaphanes; 2° les spaths , qui sont les stalactites des matières calcaires, et qui ne sont pas, 3 beaucoup près, aussi dures que les cristaux vitreux; 3° les gypses, qui sont les stalactites des matières plâtreuses , et qui sont les plus tendres de toutes. Le degré de leu qui est nécessaire pour faire perdre la transparence à toutes ces stalactites paroît proportionnel à leur dureté : il ne faut qu’une chaleur très-médiocre pour blanchir le gypse et le rendre opaque; il en faut une plus grande pour blanchir le spath et le réduire en chaux ; et enfin le feu le plus violent de nos fourneaux ne fait que très-peu d’impression sur le cristal de roche, et ne le rend pas opaque. Or la transparence provient en partie de J’homogénéité de toutes les parties constituantes du corps transparent; et sa dureté dépend du rapprochement de ces mêmes parties , et de leur cohésion plus ou moins grande : selon que ces parties intégrantes seront elles-mêmes plus solides , et à mesure qu’elles seront plus rapprochées les unes des autres par la force de leur affinité , le corps transparent sera plus dur. Il n’est donc pas nécessaire d’imaginer, comme l’ont fait les chimistes, une eau de cristallisation, et de dire que cette eau produit la cohésion et la iransparenee , et que la chaleur la faisant évaporer, le corps transparent devient opaque , et perd sa cohérence par cette soustraction de son eau de cristallisation ; il suffit de penser que, la chaleur dilatant tous les corps, un feu médiocre suffit pour briser les foibles liens des corps tendres , et qu’avec un feu plus puissant on vient à bout de séparer les parties intégrantes des corps les plus durs; qu’enfin ces parties séparées et tirées hors de leur sphère d’affinité ne pouvant plus se réunir, le corps transparent est pour ainsi dire désorganisé , et perd sa transparence, parce que toutes ses parties sont alors situées d’une maniéré différente de ce qu’elles étoient auparavant.
U y a des plâtres de plusieurs couleurs.
Le plâtre le plus blanc est aussi le plus pur, et celui qu’on emploie le plus communément dans les enduits pour couvrir le plâtre
gris, qui feroit un mauvais effet à l’œil, ! qui est ordinairement plus grossier que ! blanc. On connoît aussi des plâtres r ugt j très, jaunâtres, ou variés de ces couleur jt elles sont toutes produites par les malien j ferrugineuses et minérales dont 1 eau charge en passant à travers les couches de | terre végétale; mais ces couleurs ne so 1 pas dans les plâtres aussi fixes que dans 1 j marbres; au lieu de devenir plus foncées J plus intenses par 1 action du feu, comme | arrive dans les marbres chauffés, elles s’t | facent au contraire dans les plâtres au mên degré de chaleur, en sorte que tous les pl j très après la calcination sont dénués de co leurs, et paroissent seulement plus ou moii blancs. Si l’on expose à l’action du feu gvpse composé de grandes lames minces, c i voit ces lames se désunir et se séparer II] unes des autres; on les voit en même tenq i blanchir et perdre toute leur transparence] Il en est de même du gypse en filets ou r j grains; la différente figure de ces stalactite gypseuses n’en change ni la nature ni h! propriétés.
Les bancs de plâtre ont été, comme ceu des pierres calcaires, déposés par les eaux e couches parallèles, séparées par lits horizor taux-; mais, en se desséchant, il s’est form dans tout l'intérieur de leur masse un nonu bre infini de fentes perpendiculaires qui 1 divisent en colonnes à plusieurs pans. M. De; marest a observé cette figuration dans lé bancs de plâtre à Montmartre ; ils sor entièrement composés de prismes posés ver ticalement les uns contre les autres, et c savant académicien les compare aux prie mes de basalte, et croit que c’est par la retraite de la matière que cette figuration été produite; mais je pense au contraire; comme je l’ai déjà dit, que toute malièn ramollie par le feu ou par l’eau ne petit prendre cette figuration, en se desséchant que par son renflement et non par sa re traite, et que ce n’est que par la corn près sion réciproque que ces prismes peuven s’être formés et appliqués verticalement le uns contre les autres. Les basaltes se ren fient par l’action du feu qu’ils contiennent et l’on sait que le plâtre en se séchant, ai lieu de faire retraite, prend de l'extension et c’est par cette extension de volume et pa ce renflement réciproque et forcé que le différentes parties de sa masse prennen cette figure prismatique à plus ou moin de faces, suivant la résistance plus ou moiu grande de la matière environnante.
Le plâtre semble différer de toutes les au
DU PLÂTRE ET DU GYPSE
très matières par la propriété qu’il a de prendre très- promptement de la solidité, après avoir été calciné , réduit en poudre, et détrempé avec de l’eau ; il acquiert même tout aussi promptement, et sans addition d’aucun sable ni ciment , un degré de dureté égal à celui du meilleur mortier fait de sable et de chaux : il prend corps de lui-même, et devient aussi solide que la craie la plus dure ou la pierre tendre; il se moule parfaitement, parce qu’il se renfle en se desséchant ; enfin il peut recevoir une sorte de ^ poli qui, sans être brillant, ne laisse pas d’avoir un certain lustre.
La grande quantité d’acides dont la maière calcaire est imprégnée dans tous les flaires, et même saturée, ne fait en somme u’une très-petite addition de substance; ar elle n’augmente sensiblement ni le vo- ®l urne ni la masse de cette même matière ;lia alcaire ; le poids du plâtre est à peu près V :gal à celui de la pierre blanche dont on 11,1 ait de la cliaux; mais ces dernières pierres ^ perdent plus du tiers et quelquefois moitié le leur pesanteur en se convertissant en baux, au lieu que le plâtre ne perd qu’eniron un quart par la calcination1. Do même
J’ai mis dans le foyer d’une forge un moreau de plâtre du poids de deux livres, et, après li avoir fait éprouver une chaleur de la plus L'ande violence pendant l’espace de près de huit D( eures , lorsque je l’en ai tiré il ne pesoit plus que ingt-quatre onces trois gros : il m’a paru qu’il voit beaucoup diminué de volume; sa couleur S® toit devenue jaunâtre; il étoit beaucoup plus dur d’auparavant , surtout à sa surface; il n’avoit ni peur ni goût, et l’eau-forte n’y a fait aucune imression. Après l’avoir broyé avec peine, je l’ai I ! Btrempé dans une suffisante quantité d’eau; mais en est pas plus imbibé que si c’eût été du ?rre en poudre, et il n’a acquis ensuile ni dureté cohésion. J’ai répété encore cette expérience de manière suivante : J’ai fait calciner un morceau plâtre dans un fourneau à chaux , et au degré chaleur nécessaire pour la calcination de la lad! jerre; après l’avoir retiré du fourneau, j’ai obrvé que sa supe ficie s’étoit durcie, et étoit deveîe jaunâtre; mais ce qui m’a surpris, c’est que plâtre exhaloit une odeur de soufre extrêmement tel biétrante; l’ayant cassé, je l’ai trouvé plus teni re à l’intérieur que lorsqu’il a été cuit à la maère ordinaire , et , au lieu d’étre blanc, il étoit un bleu clair. J’ai remis encore une partie de ce orceau de plâtre dans un fourneau de la même jx'ce : sa superficie y a acquis beaucoup plus de irelé : l’intérieur étoit aussi beaucoup plus dur J ^auparavant; le feu avoit enlevé sa couleur bleue,
I ! l’odeur du soufre se faisoit sentir beaucoup oins ; celui qui n’avoit éprouvé que la première flcination s’est réduit facilement en poudre; i’au- 1K !e, au contraire, étoit parsemé de grains trésors, qu’il falloit casser à coups de marteau. Ayant etrempé ces deux morceaux de plâtre pulvérisés >ns de l’eau pour essayer d’en former une pâte, premier a exhalé une odeur de soufre si forte et
il faut une quantité plus que double d’eau pour fondre une quanlité donnée de ehaux, tandis qu’il ne faut qu’une quantité égale
si pénétrante que j’avois peine à la supporter ; mais je 11e me suis pas aperçu que le mélange de l’eau ait rendu l’odeur du second plus sensible; et ils n’ont acquis l’un et l’autre, en se desséchant, ni dureté ni cohésion.
J’ai fait calciner un autre morceau de plâtre du poids d’environ trois livres , au degré de chaleur qu’on fait ordinairement éprouver à cette pierre lorsqu’on veut l’employer : après avoir broyé ce plâtre, je l’ai détrempé dans douze pintes d’eau de fontaine, que j’ai fait bouillir pendant l’espace de deux heures dans des vaisseaux de terre vernissés : j’ai versé ensuite l’eau par inclination dans d’autres vaisseaux ; et, après, l’avoir filtrée, j’ai continué de la faire évaporer par ébullition : pendant l’évaporation, sa superficie s’est couverte d’une pellicule formée de petites concrétions gypseuses , qui se précipitoient au fond du vaisseau lorsqu’elles avoient acquis un certain volume. La liqueur étant réduite à la quantité d’une bouteille , j’en ai séparé ces concrétions gypseuses qui pesoient environ une once, et qui étoienl blanches et demi transparentes; en ayant mis sur des charbons allumés, loin d’y acquérir une plus grande blancheur, comme il seroit arrivé au plâtre cru , elles y sont devenues presque aussitôt brunes. J’ai filtré la liqueur, qui étoit alors d’un jaune clair et d’un goût un peu lixiviel ; et, l’ayant fait évaporer au feu de sable dans un grand bocal, il s’y est encore formé des concrétions gypseuses : lorsque la liqueur a été réduite à la quantité d’un verre , sa couleur m’a paru plus foncée; et, l’ayant goûtée, j’y ai démêlé une saveur acide et néanmoins salée; je l’ai filtrée avant qu’elle ait été refroidie , et l’ayant mise dans un lieu frais, j’ai trouvé, le lendemain, au fond du vaisseau, trente-six grains de nitre bien cristallisé, formé en aiguilles ou petites colonnes à six faces , qui s’est enflammé sur les charbons en fulminant comme le nitre le plus pur: j’ai fait ensuite évaporer, pendant quelques instans, le peu de liqueur qui me restoit , et j’en ai encore retiré la même quantité de matière saline, d’une espèce différente, à la vérité, de la première; car c’étoit du sel marin, sans aucun mélange d’autres sels , qui étoient cristallisés eu cubes, mais dont la face attachée au vaisseau avoit la forme du sommet d’une pyramide dont l’extrémité auroit été coupée : te reste de la liqueur s’est ensuite épaissi, j et il ne s’y est formé aucuns cristaux salins.
J’ai fait calciner dans un fourneau à chaux un autre morceau de plâtre : il pesoit , après l’avoir calciné, dix onces; sa superficie étoit devenue trèsdure , et il exhaloit une forte odeur de soufre ; l’ayant cassé , l’intérieur s’est trouvé très-blanc, mais cependant parsemé de taches et de veines bleues, et l’odeur sulfureuse étoit encore plus pénétrante au dedans qu’au dehors. Après l’avoir broyé, j’ai versé quelques gouttes d’eau-forte sur une pincée de ce plâtre, et il a été sur-le-champ dissous avec beaucoup d’effervescence , quoique les esprits acides soient sans action sur le plâtre cru , et sur celui qui n’a éprouvé qu’une chaleur modérée ; j’en ai ensuite détrempé une once avec de l’eau : mais ce mélange ne s’est point écha'uffé d’une manière sensible, comme il seroit arrivé à la chaux ; cependant il s’en est élevé des vapeurs sulfureuses extrêmement pénétrantes : ce plâtre a été long-
aSa MINERAUX.
d’eau pour détremper le plâtre calciné, c’est-à-dire plus de deux livres d’eau pour une livre de chaux vive, et une livre d’eau seulement pour une livre de plâtre calciné.
Une propriété commune à ces deux matières , c’est-à-dire à la chaux et au plâtre calciné, c’est que toutes deux exposées à l’air , après la calcination , tombent en poussière et perdent la plus utile de leurs propriétés : on ne peut plus les employer dans cet état. La chaux , lorsqu’elle est ainsi décomposée par l’humidité de l’air, ne fait plus», d’ébullition dans l’eau, et ne s’y détrempe ou délaie que comme la craie ; elle n’acquiert ensuite aucune consistance par le dessèchement , et ne peut pas même reprendre par
temps à se sécher, et il n’a acquis ni dureté ni adhésion.
On sait, en général, que les corps qui sont imprégnés d’une grande quantité de sets et de soufre sont ordinairement très-durs t telles sont les pyrites vitrioliques , et plusieurs autres concrétions minérales. On observe, de plus, que certains sels ont la propriété de s’imbiber d’une quantité d’eau trèsconsidérable , et dé faire paroitre les liquides sous upe forme sèche et solide. Si on fait dissoudre dans une quantité d’eau suffisante une livre de sel de Glauber, qu’on aura fait sécher auparavant à la chaleur du feu ou aux rayons du soleil, jusqu’à ce qu’il soit réduit en une poudre blanche, on retirera de cette dissolution environ trois livres de set bien cristallisé; ce qui prouve que l’eau qu’il peut absorber est en proportion double de son poids : il se peut donc faire que la petite quantité de sel que le plâtre contient contribue en quelque chose à sa cohésion ; mais je suis persuadé que c’est principalement au soufre auquel il est uni qu’on doit attribuer la cause du prompt dessèchement et de la dureté qu’il acquiert , après avoir éprouvé l’effervescence, en comparaison de celle qu’acquiert la chaux vive jetée dans l’eau. Cette effervescence est cependant assez semblable et très réelle, puisqu’ily a un mouvement intestin , chaleur sensible, et augmentation de volume : or toute effervescence occasionne une raréfaction et même une génération d’air ; et c’est par cette raison que le plâtre se renfle et qu’il pousse en tous sens , même après qu’il a clé mis en œuvre : mais cet air produit par l’effervescence est bientôt absorbé et fixé de nouveau dans les substances qui abondent en soufre. En effet , selon M Haies ( Statistique des végétaux , expér. GUI) , le soufre absorbe l’air, non seulement lorsqu’il brûle, mais même lorsque les matières où il se trouve incorporé fermentent : il donne pour exemple des mèches faites de charpie de vieux linges trempés dans du soufre fondu et ensuite enflammé, qui absorbèrent cent quatre-vingt-dix-huit pouces cubiques d’air. On sait d’ailleurs que cet air ainsi fixé, et qui a perdu son ressort, attire avec autant de force qu’il repousse dans son état d’élasticité : on peut donc croire que le ressort de l’air contenu dans le plâtre ayant été détruit, durant l’effervescence, par le soufre auquel il est uni, les parties constituantes de ce mixte s’attirent alors mutuellement , et se rapprochent assez pour lui donner la dureté et la densité que nous lui voyons prendre en aussi peu de temps, (Note communiquée par M. lYadault .)
une seconde calcinalion les qualités de li chaux vive : et de même le plâtre en poudrt ne se durcit plus lorsqu’il a été éventé, c’est à-dire abandonné trop long-temps aux inju res de l’air.
La chaux fondue n’acquiert pas à la Ion gue, ni jamais par le simple dessèchement le même degré de consistance que le plâtm prend en très-peu de temps après avoir été comme la pierre calcaire , calciné par le fer et détrempé dans l’eau. Cette différence viem en grande partie de la manière dont on opèr sur ces deux matières. Pour fondre la chaux on la noie d’une grande quantité d’eai qu’elle saisit avidement; dès lors elle fer mente, s’échauffe, et bout en exhalant un odeur forte et lixivielle. On détrempe L plâtre calciné avec une bien moindre quan tité d’eau ; il s’échauffe aussi, mais beaucoup moins , et il répand une odeur désagréabl qui approche de celle du foie de soufre. 1 se dégage donc de la pierre à chaux, comm de la pierre à plâtre , beaucoup d’air fixe ^ et quelques substances volatiles, pyriteusess bitumineuses, et salines, qui servent de lietEi à leurs parties constituantes, puisqu’étan enlevées par l’action du feu leur cohérence est en grande partie détruite : et ne doit-o< pas attribuer à ces mêmes substances volai tiles fixées par l’eau la cause de la consisi tance que reprennent le plâtre et les mortier de chaux? En jelant de l’eau sur la chaux on fixe les molécules volatiles auxquelles se parties solides sont unies : tant que dure l’e; fervesceilce, ces molécules volatiles font eJ fort pour s’échapper; mais lorsque toute et] fervescence a cessé , et que la chaux est ei fièrement saturée d’eau, on peut la consemj pendant plusieurs années , et même pendai des siècles, sans qu’elle se dénature, sai j même qu’elle subisse aucune altération seie sibie. Or c’est dans cel état que l’on emplo o le plus communément la chaux pour en fan; du mortier ; elle est donc imbibée d’une ; grande quantité d’eau, qu’elle ne peut a quérir de la consistance qu’en perdant ui partie de cette eau par la sécheresse des s blés avec lesquels on la mêle ; il faut mên un très-long temps pour que ce mortier sèche et se durcisse en perdant par ui j lente ‘évaporation toute son eau superflui. mais comme il ne faut au contraire qu’ui ] petite quantité d’eau pour détremper le pl ! tre , et que s’il en étoit noyé comme | pierre à chaux il ne se sèeheroit ni ne du j ciroit pas plus tôt que le mortier , on sais ! pour l’employer , le moment où l’efferve i cence est encore sensible ; et quoique cet j
delà
DU PLATRE ET DU GYPSE
i 1 Effervescence soit bien plus foible que celle sMe la chaux bouillante, cependant elle n’est x lnj4as sans chaleur, et même cette chaleur dure jendant une heure ou deux ; c’est alors que lal°4 plâtre exhale la plus grande partie de son videur. Pris dans cet état et disposé par la plàfrt iain de l’ouvrier, le plâtre commence par ,r été ie renfler , parce que ses parties spongieues continuent de se gonfler de l’eau dans v,'e»l iquelle il a été détrempé ; mais , peu de opère emps après , il se durcit par un desséclieh®, lent entier. Ainsi l’effet de sa prompte corail lésion dépend beaucoup de l’état où il se t fer rouve au moment qu’on l’emploie ; la preuve tooîfn est que le mortier fait avec de la chaux Wefive se sèche et se durcit presque aussi «an complément que le plâtre gâché , parce que coup î chaux est prise alors dans le même état 'ablt 'effervescence que le plâtre. Cependant ce ■e. I. l’est qu’avec beaucoup de temps que ces munortiers faits avec la chaux , soit vive, soit ixefteinte, prennent leur entière solidité, au '«lieu que le plâtre prend toute la sienne dès ealie premier jour. Enfla cet endurcissement an lu plâtre, comme le dit très-bien M. Macncdjuer, « peut venir du mélange de celles de t-ot les parties qui ont pris un caractère de chaux olî: Vive , pendant la calcination , avec celles qui sis ji’ont pas pris un semblable caractère et qui ieriiervent de ciment. *> Mais ce savant chimiste ix tjoule que cela peut venir aussi de ce que le se plâtre reprend l'eau de sa cristallisation , et ’efxe cristallise de nouveau précipitamment et ^confusément. La première cause me paroît
Îi simple et si vraie, que je suis surpris de 'alternative d’une seconde cause, dont on e ne connoît pas même l’existence : car celte eau de cristallisation n’tst, comme le phlogistique, qu’un être de méthode, et non de la nature.
Les plâtres n’étant que des craies ou des poudres de pierres calcaires imprégnées et saturées d’acides, on trouve assez souvent jdes couches minces de plâtre entre les lits jd’argile , comme l’on y trouve aussi de petites couches de pyrites et de pierres calcaires. Toutes ces petites couches sont de nouvelle formation , et proviennent également du dépôt de l'infiltration des eaux. Comme l’argile contient des pyrites et des acides, et qu’en même temps la terre végétale qui la couvre est mêlée de sables calcaires et de parties ferrugineuses, l’eau se charge de toutes ces particules calcaires, pyriteuses, acides, et ferrugineuses, et les dépose ou séparément ou confusément entre les joints horiizontaux et les petites fentes verticales des bancs ou lits d’argile. Lorsque l’eau n’est
chargée que des molécules de sable calcaire pur, son sédiment forme une concrétion calcaire tendre , ou bien une pierre semblable à toutes les autres pierres de seconde formation; mais quand l’eau se trouve à la fois chargée d’acides et de molécules calcaires , son sédiment sera du plâtre. Et ce n’est ordinairement qu’à une certaine profondeur dans l’argile que ces couches minces de plâtre sont situées, au lieu qu’on trouve les petites couches de pierres calcaires entre les premiers lits d’argile. Les pyrites se forment de même , soit dans la terre végétale, soit dans l’argile, par la substance du feu fixe réunie à la terre ferrugineuse et à l’acide. Au reste, M. Pott a eu tort de douter que le plâtre fût une matière calcaire, puisqu’il n’a rien de commun avec les matières argileuses que l’acide qu’il contient, et que sa base, ou, pour mieux dire, sa substance est entièrement calcaire , tandis que celle de l’argile est vitreuse.
Et de même que les sables vitreux se sont plus ou moins imprégnés des acides et du bitume des eaux de la mer en se convertissant en argile , les sables calcaires, par leur long séjour sous ces mêmes eaux, ont dû s’imprégner de ces mêmes acides, et former des plâtres, principalement dans les endroits où la mer étoit le plus chargée de sels : aussi les collines de plâtre, quoique toutes disposées par lits horizontaux , comme celles des pierres calcaires, ne forment pas des chaînes étendues , et ne se trouvent qu’en quelques endroits particuliers; il y a même d’assez grandes contrées où il ne s’en trouve point du tout.
Les bancs des carrières à plâtre , quoique superposés horizontalement, ne suivent pas la loi progressive de dureté et de densité qui s’observe dans les bancs calcaires ; ceux de plâtre sont même souvent séparés par des lits interposés de marne, de limon, de glaise, et chaque banc plâtreux est pour ainsi dire de différente qualité, suivant la proportion de l’acide mêlé dans la substance calcaire. Il y a aussi beaucoup de plâtres imparfaits , parce que la matière calcaire est très-souvent mêlée avec quelque autre terre, en sorte qu’on trouve assez communément un banc de très-bon plâtre entre deux bancs de plâtre impur et mélangé.
Au reste, le plâtre cru le plus blanc ne l’est jamais autant que le plâtre calciné , et tous les gypses ou stalactites de plâtre, quoique transparais, sont toujours un peu colorés, et ne deviennent tres-blancs que par la calcination; cependant l’on trouve en
MINÉRAUX
quelques endroits le gypse d’un blanc transparent dont nous avons parlé, et auquel on a donné improprement le nom à'albdtre.
Le gypse est le plâtre le plus pur, comme le spath est aussi la pierre calcaire la plus pure : tous deux sont des extraits de ces matières , et le gypse est peut-être le plus abondant proportionnellement dans les bancs plâtreux que le spath ne l’est dans les bancs calcaires ; car on trouve souvent entre les lits de pierre à plâtre des couches de quelques pouces d’épaisseur de ce même gypse transparent et de figure régulière. Les fentes perpendiculaires ou inclinées, qui séparent de distance à autre les blocs des bancs de plâtre, sont aussi incrustées et quelquefois entièrement remplies de gypse transparent et formées de filets allongés; et il paroît en général qu’il y a beaucoup moins de stalactites opaques dans les plâtres que dans les pierres calcaires.
Les plâtres colorés, gris, jaunes, ou rougeâtres , sont mélangés de parties minérales : la craie ou la pierre blanche réduite en poudre aura formé les plus beaux plâtres ; la marne, qui est composée de poudre de pierre, mais mélangée d’argile ou de terre limoneuse , 11’aura pu former qu’un plâtre impur et grossier , plus ou moins coloré suivant la quantité de ces mêmes terres ; aussi voit-on dans les carrières plusieurs bancs de plâtres imparfaits, et le bon plâtre se fait souvent chereher bien au dessous des autres.
Les couches de plâtre, comme celles de craie, ne se trouvent pas sous les couches des pierres dures ou des rochers calcaires; et ordinairement les collines à plâtre ne sont composées que de petit gravier calcaire, de tuffeau , qu’on doit regarder comme une poussière de pierre, et enfin de marne, qui n’est aussi que la poudre de pierre mêlée d’un peu de terre. Ce n’est que dans les couches les plus fiasses de ces collines, et nu dessous de tous les plâtres, qu’on trouve quelquefois des bancs calcaires avec des impressions de coquilles marines. Ainsi toutes ces poudres de pierre, soit craie, marne ou tuffeau , ont été déposées par des alluvions postérieures , avec les plâtres, sur les bancs de pierre qui ont été formés les premiers , et la masse entière de la colline plâtreuse porte sur celte pierre ou sur l’argile ancienne et le schiste , qui sont le fondement et la base générale et commune de toutes les matières calcaires et plâtreuses.
Comme le plâtre est une matière très-utile, il est bon de donner une indication des différais lieux qui peuvent en fournir, et où
il se trouve par couches d’une certaine étendue, à commencer par la colline de Mont-j martre à Paris : on en tire des plâtres blancs, i gris, rougeâtres, et il s’y trouve une très- 1 grande quantité de gypse, c’est-à-dire des stalactites transparentes et jaunâtres en assez grands morceaux plus ou moins épais, et composés de lames minces appliquées les unes contre les autres. Il y a aussi de bon plâtre à Passy , à Montreuil près de Creteil , à Gagny , et dans plusieurs endroits aux environs de Paris ; on en trouve de même à Decizc en Nivernois, à Somfiernon près de Vitteaux en Bourgogne , où le gypse est blanc et très - transparent. « Dans le village de Charcey , situé à trois lieues au couchant de Châlous-sur-Saône, sur la route de cette ville àAutun, il y a. m’écrit M. Dumorey , des carrières de très-beau plâtre blanc et gris. Ces carrières s’étendent dans une grande partie du territoire; elles sont à peu de pro fondeur en terre : on les découvre souvent er cultivant les vignes qui couvrent la colline oi elles se trouvent ; elles sont placées presque an pied du coteau, qui est dominé de toutes paî t: des montagnes les plus élevées du pa)s. La surface de tout le coteau n’est pas sous de: pentes uniformes; elle est au contraire coupée presque en tous sens par des anciens ravin* qui forment dans ce pays un nombre de pe-> tits monticules disposés sur la croupe générale de la montagne. Ce plâtre est de la première qualité pour l’intérieur des appartemens , mais moins fort que celui de Montmartre et que celui de Salins en Franche Comté, lorsqu’il est exposé aux injures de l’air >. » M. Guettard a donné la description de la carrière à plâtre de Serbeville en Lorraine, près de Lunéville. Dans cette plâ trière les derniers bancs ne portent pas sur j l’argile, mais sur un banc de pierres cal- J caires mêlées de coquilles. Il a aussi parle! de quelques-unes des carrières à plâtre dn | Dauphiné; et, en dernier lieu, M. PraloaJ a tres-bien décrit celle de Montmartre près - Paris.
En Espagne, aux environs de Molina , il y a plusieurs carrières de plâtre ; on en voit . une colline entière à Dovenno près de Li- , ria, et l’on y voit des bancs de plâtre blanc, ! gris, et rouge. O11 trouve aussi du plâtré j rouge au sommet d'une montagne calcaire à ^ Albaracin , qui paroît être l’un des lieux les (|
plus élevés de l’Espagne , et il y en a de
même près d’Alicante, qui est un des lieux ^
r. Note communiquée par M. Dumorey, ingé- il nieur en chef de la province de Bourgogne, à M. de Buffon , 2 2 juillet 1779-
DU PLATRE ET DU GYPSE
;s plus bas , puisque cette ville est située ur les bords de la mer : elle est voisine ’uue colline dont les bancs inférieurs sont e plaira de différentes couleurs.
En Italie , le comte Marsigli a donné la escription de la carrière à plâtre de Saint- \aphael, aux environs de Bologne, où l’on fouillé à plus de trois cents pieds de prorndeur. On trouve aussi du bon plâtre ans plusieurs provinces de l’Allemagne,
: il y en a de très blanc dans le duché de Virtemberg.
« Dans quelques endroits de la Pologne, it M. Guettard , le vrai plâtre n’est pas ire. Celui de Rohatin (starostie de Russie) st entièrement semblable au plâtre des e lirons de Paris, que l’on appelle gry gnard: est composé de morceaux de pierres spédaires jaunâtres et brillantes, qui affectent le figure triangulaire. Les bancs de cette erre sont de toutes sortes de largeurs et épaisseurs. » On trouve encore du plâtre l du beau gypse aux environs de Bâle en lisse, dans le pays de Neufchâtel, et dans usieurs autres endroits de l’Europe.
! Il y a de même du plâtre dans file de hypre, et presque dans toutes les provinces î l’Asie ; on en fait des magots à la Chine aux Indes.
L’on ne peut donc guère douter que cette atière ne se trouve dans toutes les parties 1 monde, quoiqu’elle se présente seulement ms des lieux particuliers, et toujours dans voisinage de la pierre calcaire : car le âtre n’étant composé que de substance lcaire réduite en poudre, il ne peut se ouver que dans les endroits peu éloignés !S rochers, dont les eaux auront détaché js particules calcaires; et comme il con- ;nt aussi beaucoup d’acide vilriolique, tte combinaison suppose le voisinage de terre limoneuse, de l’argile, et des pyri- >, en sorte que les matières plâtreuses ne seront formées , comme nous l’avons dit, e dans les terrains où ces deux circonmces se trouvent réunies.
Quelque hautes que soient certaines coiffes à plâtre, il n’est pas moins certain que utes sont d’une formation plus nouvelle e celle des collines calcaires; outre les euves que nous en avons déjà données, la peut se démontrer par la composition ime de ces éminences plâtreuses ; les coues n’en sont pas arrangées comme dans collines calcaires; quoique posées horir.talement, elles ne su vent guère un ore régulier; elles sont placées confusément • unes sur les autres, et chacune de ces
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couches est de matière différente; elles sont souvent surmontées de marne ou d’argile, quelquefois de tuffeau ou de pierres calcaires en débris, et aussi de pyrites, de grès, et de pierre meulière. Une colline à plâtre n’est donc qu’un gros tas de décombres amenés par les eaux dans un ordre assez confus, et dans lequel les lits de poussière calcaire qui ont reçu les acides des lits supérieurs sont les seuls qui se soienl convertis en plâtre. Cette formation récente se démontre encore par les ossemens d’animaux terrestres 1 qu’on trouve dans ces couches de plâtre, tandis qu’on n’y a jamais trouvé de coquilles marines; enfin elle se démontre évidemment, parce que, dans cet immense tas de décombres, toutes les matières sont moins dures et moins solides que dans les carrières de pierres anciennes. Ainsi la nature, même dans son désordre, et lorsqu’elle nous paroît n’avoir travaillé que dans la confusion , sait tirer de ce désordre même des effets précieux et former des matières utiles, telles que le plâtre, avec de la poussière inerte et des acides destructeurs; et comme cette poussière de pierre, lorsqu’elle est fortement imprégnée d’acides , ne prend pas un grand degré de dureté, et que les couches de plâtre sont plus ou moins tendres dans toute leur étendue, soit en longueur ou en largeur, il est arrivé que ces couches, au lieu de se fendre, comme les couches de pierre dure, par le dessèchement, de distance en distance sur leur longueur, se sont au contraire fendues dans tous les sens, en se renflant tant en largeur qu’en longueur; et cela doit arriver dans toute matière molle qui se renfle d’abord par le dessèchement avant de prendre sa consistance. Cette même matière se divisera par ce renflement en prismes plus ou moins gros et à plus ou moins de faces , selon qu’elle sera plus ou moins tenace dans toutes ses parties. Les couches de pierre, au contraire , ne se renflant point par le dessèchement , ne se sont fendues que par leur retraite et de loin en loin, et plus fréquemment sur leur longueur que sur leur largeur , parce que ces matières plus dures avoient trop de consistance , même avant le dessèchement, pour se fendre dans ces deux dimensions , et que dès lors les fentes perpendiculaires n’ont pu se faire que par effort sur l’endroit le plus foible, où la matière s’est trouvée un peu moins dure que
r. Nous avons au Cabinet du Roi des mâchoires de cerf , avec leurs dents, trouvées dans les car rières de plâtre de Montmartre près Paris.
le reste de la masse, et qu’enfin le dessèchement seul , c’est-à-dire sans renflement de la matière, ne peut la diviser que très-irré-
gulièrement, et jamais en prismes ni « aucune autre figure régulière.
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