‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 101 sur 147 · M. Gleditsch donne une bonne description dJ · texte numérisé non relu

M. Gleditsch donne une bonne description dJ

ostéocoles qui se trouvent en grande quantité da 1 les terrains maigres du Brandebourg. « Ce fossil.ijj dit-il, est connu de tout le monde dans les de il Marches, où on l’emploie depuis plusieurs siècll à des usages tant internes qu’externes.... O11 1

trouve dans un sable plus ou moins léger, blan<l gris , rouge, ou jaunâtre , fort ressemblant à l’eil pèce de sable qu’on trouve ordinairement au fon t des rivières : celui qui touche immédiatemei J l’ostéocole est plus blanc et plus mou que le reste. 1 Quand dans les temps pluvieux cette terre , qi s’attache fortement aux mains, vient à se dissoi i dre dans les lieux élevés, les eaux l’entraînent e forme d’émulsion dans les creux qui se trouvent a dessous.... Elle ne diffère guère de la marne, et s trouve attachée au sable dans des proportions di, férenies.. . Mais plus le sable est voisin des bran ches du fossile, plus la quantité de cette terre aug mente : il n’y a pas grande différence entre elle c la matière même du fossile. On trouve aussi cett terre dans les fonds et même sous quelque étangs , etc....

« Les vents, les pluies, etc. , en enlevant le sa j ble, laissent quelquefois à découvert l’ostéocole... > Quelquefois on en trouve çà et là des pièces rom pues.... Quand on aperçoit des branches, 011 lei dégage du sable avec précaution , et on les suij jusqu’au tronc qui jette des racines sous terre di plusieurs côtés.. . Tant que le tronc entier est eiv core renfermé dans le sable, la forme du fossile ne l’offre aux yeux que d’un côté, et alors elle repré sente assez parfaitement le bas du tronc d’un vieil arbre.... Les racines descendent en partie jusqu’à la profondeur de quatre à six pieds, et s’étendent en partie obliquement de tous côtés.... Le tronc du fossile, dont la grandeur et l’épaisseur varient, doit sans doute son origine au tronc de quelque arbre mort et en partie carié; ce qui se prouva suffisamment par la iésion et la destruction de si structure intérieure....

« Les racines les plus fortes sont plus ou moinj grosses que le bras ; elles s'amincissent peu à peu en se divisant, de sorte que les dernières ramifications ont à peine une circonférence qui égale une plume d’oie. Pour les productions capillaires des

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Le les mousses pétrifiées et toutes les autres ncrétioiis dans lesquelles on trouve des rares de végétaux : car supposons qu’au

bines, elles ne se trouvent en aucun endroit du fcsile, sans doute parce que leur ténuité et la déatesse de leur texture ne leur permet pas de iister à la putréfaction.... Ou trouve rarement les asses racines pétrifiées et durcies dans le sable; 3S y sont plutôt un peu humides et molles; et rosées à l’air, elles deviennent sèches et frias....

< La masse terrestre qui , à proprement parler , stitue notre fossile, est une vraie terre de chaux ; juand on l’a nettoyée du sable et de la pourriture peuvent y rester, l’acide vitriolique, avec le- ■1 elle fait une forte effervescence, la dissout en tic. La matière de notre fossile, lorsqu’elle est ore renfermée dans le sable, est molle; elle a de imidité; sa cohérence est lâche, et il s’en exhale odeur âcre , assez foible cependant , ou bien elle ne un corps graveleux , pierreux , insipide , et s odeur : tout cela met en évidence que la terre chaux de ce fossile n’est point du gravier fin par le moyen d’une glu , comme le prétendent llques auteurs.

I Mais lorsqu’on peut remarquer dans la comition de la matière de notre fossile quelque pro- Lion , elle consiste , pour l’ordinaire, en parties les de sable et de terre de chaux.

Ce fossile est dù à des troncs d’arbres dont les ;s ont été atténuées et pourries par l’humidité...

; forme dans ces troncs et dans ces racines des tés où s’insinuent facilement, par le moyen de 1, le sable et la terre de chaux qu’elle a dis- : cette terre , entrant par les trous et les ents cariés , descend jusqu’aux extrémités de e la tige et des racines , jusqu’à ce qu’avec le as toutes ces cavités se trouvent exactement plies ; l’eau superflue trouve aisément une issue ; les traces se manifestent dans le centre poli t des branches : voilà comment ce fossile se

il ie L’humidité croupissante qui est perpé-

8 ement autour du fossile est le véritable obstai son endurcissement.

Quelques auteurs ont regardé comme de l’ostéoi une certaine espèce de tuf en partie informe, « àrtie composé de l’assemblage de plusieurs pei uyaux de différente nature : ce tuf se trouve s aondance dans plusieurs contrées de la Thu- 1 l et en d’autres endroits....

L’expérience, jointe au consentement de plus auteurs, dépose que le terrain naturel et le convenable à l’ostéocole est un terroir stérile , mieux, et léger; au contraire un terrain gras , stant , argileux , onctueux , et limoneux, etc. , u’il vient à être délayé par l’eau, laisse passer ment et difficilement l’eau elle-même, et à plus éi raison quelque autre terre comme celle dont ü|i ocole est formée : l’ostéocole se mêleroit intikIi sut à la terre grasse, dans l’intérieur de laid e elle formeroit des lits plats plutôt que de ieii rer une substance aussi consistante. » ( Exli] des Mémoires de l’Académie de Prusse, par ■ou ml. Avignon, 1768 , tome V, in-12, pages 1 et if ntes du supplément à ce volume. )

Bruckmann dit, comme M. Gleditsch, que les no coles ne se trouvent point dans les terres ip es et argileuses, mais dans les terrains sablon- 11 y en a près de Francfort-sur-l’Oder, dans ble blanchâtre, mêlé d’une matière noire, qui que du bois pourri. L’ostéoçole est molle dans

lieu d’ossemens d’animaux accumulés dans ces cavernes, la nature ou la main de l’homme y eussent entassé une grande quantité de roseaux ou de mousses ; n’est- il pas évident que

la terre, mais plutôt friable que ductile; elle se dessèche et se durcit en très-peu de temps à l’air : c’est une espèce de marne, ou du moins une terre qui lui est fort analogue. Les différentes figures des ostéocoles ne viennent que des racines auxquelles celte matière s’attache ; de là provient aussi la ligne noire qu’on trouve presque toujours dans leur milieu : elles sont toutes creuses, à l’exception de celles qui sont formées de plusieurs petites fibres de racines accumulées et réunies par la ma ■ tière marneuse ou crétacée. Voyez la Collection aca démique , Partie étrangère, tome II, pages i55 et i56.

M. Beurer de Nuremberg, ayant fait déterrer grand nombre d’ostéocoles, en a trouvé une dans le temps de sa formation : c’étoit une souche de peuplier noir, qui , par son extrémité supérieure , étoit encore ligneuse , et dont la racine étoit devenue une véritable ostéocole. Voyez les Transactions philosophiques , année 174$, n° 476.

M. Guettard a aussi trouvé des ostéocoles en France, aux environs d'Étampes, et particulièrement sur les bords de la rivière de Louette. « L’ostéocole d’Étampes, dit cet académicien , forme des tuyaux longs depuis trois ou quatre pouces jusqu’à un pied et demi et plus : le diamètre de ces tuyaux est de deux, trois, quatre lignes, et même d’un pouce; les uns, et c’est le plus grand nombre, sont cylindriques; les autres sont formés de plusieurs portions de cercle, qui , réunies, forment une colonne à plusieurs pans. Il y en a d’aplatis les bords de quelques autres sont roulés en dedans suivant leur longueur, et ne sont, par conséquent, que demi cylindriques; plusieurs n’ont qu'une seule couche, mais beaucoup plus en ont deux ou trois s 011 diroit que ce sont autant de cylindres renfermés les uns dans les autres. Le milieu d’un tuyau cylindrique, fait d’une ou de deux couches , en contient quelquefois une troisième qui est prismatique Iriangulaire. Quelques-uns de ces tuyaux sont coniques ; d’autres , ceux-ci sont cependant rares , sont courbés et forment presque un cercle. De quelque figure qu’ils soient , leur surface interne est lisse, polie , et ordinairement striée; l’extérieure est raboteuse et bosselée. La couleur est d’un assez beau blanc de marne ou de craie à l’extérieur ; celle de la surface interne est quelquefois d’un jaune tirant sur le rougeâtre; et si elle est blanche, ce blanc est toujours un peu sale... Il y a aussi de l'ostéocole sur l’autre bord de la rivière, mais en moindre quantité On en trouve encore de l’autre côté de la

ville, dans un endroit qui regarde les moulins à papier qui sont établis sur une branche de la Chalouette, et sur les bords des fossés de cette ville qui sont de ce côté »

M. Guettard rapporte encore plusieurs observations « pour prouver que la formation de l’ostéocole des environs d’Étampes n’est due qu’à des plantes qui se sont chargées de particules de marne et de sable des montagnes voisines , qui auront été entraînées par des averses d’eau, et arrêtées dans les mares par les plantes qui y croissent, et sur lesquelles ces particules de marne et de sable se seront déposées successivement. » Voyez les Mémoires de /’ Académie des Sciences, aimée 1754 , pages 269 jusqu’à 288.

MINÉRAUX

ce même suc pierreux auroit saisi les mousses et les roseaux , les auroit incrustés en dehors , el remplis en dedans et même dans tous leurs pores ; que dès lors ces concrétions pierreuses en auront pris la forme, et qu’après la destruction et la pourriture de ces matières végétales, la concrétion pierreuse subsistera et se présentera sous cette même forme? Nous en avons la preuve démonstrative dans certains morceaux qui sont encore roseaux en partie, et du reste ostéocoles. Je eonnois aussi des mousses dont le bas est pleinement incrusté , et dont le dessus est encore vert et en état de végétation. Et comme nous l’avons dit, tout ce qu’on appelle pétrifications ne sont que des incrustations qui non seulement se sont appliquées sur la surface des corps, mais en ont même pénétré et rempli les vides et les pores , en se substituant peu à peu à la matière animale ou végétale, à mesure qu’elle se décomposoit.

On vient de voir, parla note précédente, que les ostéocoles ne sont que des incrustations d’une matière crétacée ou marneuse, et ces incrustations se forment quelquefois en très-peu de temps , aussi bien au fond des eaux que dans le sein de la terre. M. Dutour, correspondant de l’Académie des Sciences cite une ostéocole qu’il a vue se former en moins de deux ans. « En faisant nettoyer un canal, je remarquai, dit-il, que tout le fond étoit comme tapissé d'un tissu fort serré de filets pierreux, dont les plus gros n’avoient que deux lignes de diamètre, et qui se eroisoient en tous sens. Les filets étoient de véritables tuyaux moulés sur des racines d’ormes fort menues qui s’y étoient desséchées , et qu’on pouvoil aisément en tirer. La couleur de ces tuyaux étoit grise, et leurs parois , qui avoient un peu plus d’un tiers de ligne d’épaisseur , étoient assez fortes pour résister, sans se briser, à la pression des doigts. A ces marques, je ne pus méconnoître l’ostéocole , mais je ne pus aussi m’empêcher d-’ètre étonné du peu de temps qu’elle avoit mis à se former : car ce canal n’étoit construit que depuis environ deux ans et demi ; et certainement les racines (pii avoient servi dé noyau à l’ostéocole étoient de plus nouvelle date. » Nous avons d’autres exemples d’incrustatious qui se font encore en moins de temps dans certaines circonstances. U est dit dans Y Histoire de l’A çadèmic des Sciences que M. de La Chapelle avoit apporté une pétrification fort épaisse, tirée de l’aquéduc d’Arcueil, et qu’il avoit appris des ouvriers que ces pétri-

fications ou incrustations se font par lits cl que année; que, pendant l’hiver, il ne s’ fait point, mais seulement pendant l’él et que quand l’hiver a été très- pluvieux , abondant eu neiges , les pétrifications { se forment pendant l’été suivant sout qu quefois d’un pied d’épaisseur. Ce fait peut-être exagéré; mais au moins on sûr que souvent en une seule année ces t pots pierreux sont de plus d’un pouce deux : on en trouve un exemple dans même Histoire de l' Académie. Le misse de craie, près de Besançon, enduit d’une cruslation pierreuse les tuyaux de bois de pin où l’on fait passer son eau pour l’usage quelques forges; il forme dans leur intérie en deux ans, d'autres tuvaux d’une pie compacte d’environ un pouce et demi d paisseur. M. du Luc dit qu’on voit dausi Valais des eaux aussi claires qu’il soit pc ble , et qui ne laissent pas de former tels amas de tuf, qu’il en résulte 1 saillies considérables sur les faces des me tagnes , etc.

Les stalactites , quoique de même nat que les incrustations et les tufs, sont sei ment moins impures et se forment plus 1 tement. On leur a donné dilférens noms, < vaut leurs différentes formes; maisM. G-iij tard dit avec raison que les stalactites, i ; en forme pyramidale ou cylindrique, ou tubes , peuvent être regardées comme même sorte de concrétions. Il parle d’une c j crélion en très-grande niasse , qu’il a obi 1 vée aux environs de Crégy , village peu < gué de Meaux , qui s’est formée par le ci pot de l’eau d’une fontaine voisine , et ( laquelle on trouve renfermés des mous des chiendens , et d’autres plantes qui ment des milliers de petites ramificatii dont les branches sont ordinairement c ses, parce que ces plantes se sont à la gue pourries et entièrement détruites. Il aussi les incrustations en forme de plan de sapin qui se trouvent aux environ.

Besançon. « Lorsqu’on voit pour lapren fois , dit cet académicien, un morceau d dépôt pierreux , il n’y a personne qui ! prenne d’abord pour une planche de s pétrifiée. . . . Rien en effet n’est plus pr à faire prendre cette idée que ces esj de planches. Une de leurs surfaces est s ( de longues fibres longitudinales et pai les , comme peuvent être celles des j elles de sapin : la continuité de ces filin quelquefois interrompue par des espèc nœuds semblables à ceux qui se voient ce bois : ces nœuds sont de différentes

DE L’ALBATRE

•s et figures. L’autre surface de ces planest fii quelque sorte ondée à peu près -lfHrne seroit une planche de sapin mal po- Cetle grande ressemblance s’évanouit celant lorsqu’on vient à examiner ces sortie planches. On s’aperçoit aisément alors ® lies ne font voir que ce qu’on remarquesur des morceaux de plâtre ou de quelpâte qu’on auroit étendue sur une plande sapin . . . On s’assure facilement dès que ces planches pierreuses ne sont 1 dépôt fait sur des planches de ce bois ; on les casse , on le reconnoît encore c , parce que les stries de la surface ne mlinüent pas dans l’intérieur. »

, Guettard cite ^encore un autre dépôt eux qui se fait dans les bassins du châd’Issy , près de Paris; ce dépôt condes groupes de plantes ; vërticillées tout ’°l [istées. Ces plantes , telles que la girand’eau , sont très-communes dans toutes rnx dormantes; la quantité de ces planlit que les branches des différons pieds relacent les unes avec les autres ; et u’elles sont chargées du dépôt pierreux forment des groupes que l’on pourroit ^lre pour des plantes pierreuses ou des [es marines semblables à celles qu’on lie coralines.

r ce grand nombre d’exemples, on voit l’incrustation est le moyen aussi simple général par lequel la nature conserve, ainsi dire, à perpétuité, les empreine tous les corps sujets à la destruction; mpreintes sont d’autant plus exactes et s, que la pâte qui les reçoit est plus l’eau la plus claire et la plus limpide isse pas d’ètre souvent chargée d’une

très-grande quantité de molécules pierreuses qu’elle tient en dissolution; et ces molécules, qui sont d’une extrême ténuité, se moulent si parfaitement sur les corps les plus délicats, quelles en représentent les traits les plus déliés. L’art a même trouvé le moyen d’imiter en ceci la nature : on fait des cachets, des reliefs, des figures parfaitement achevées , en exposant des moules au jaillissement d’une eau chargée de cette matière pierreuse 1 ; et l’on peut aussi faire des pétrifications artificielles, en tenant long- temps dans cette eau des corps de toute espèce : ceux qui seront spongieux ou poreux recevront l’incrustation tant au dehors qu’en dedans; et si la substance animale ou végétale qui sert de moule vient à pourrir, ia concrétion qui reste pareil être une vraie pétrification , c’est-à-dire le corps même qui s’est pétrifié, tandis qu'il n’a été qu’incrusté à l’intérieur comme à l’extérieur.

1. C’est aux bains de Sanlo-Filippo sur le penchant de la montagne Santa-Fiora , près de Sienne , que M. le docteur Leonardo V^egni a établi sa singulière manufacture d’impressions de médaillés et de bas-reliefs formés par la poudre calcaire que dé posent ces eaux : pour cela, il les fait tomber d’as sez haut sur des lattes de bois placées en travers sur un grand cuveau : l’eau, par cette chute , rejaillit en gouttes contre les parois de la cuve , auxquelles sont attachés les modèles et les médailles ; et en peu de temps on le§. voit couvertes d’une incrustation très-fine et très-compacte On peut

même colorer ce sédiment pierreux en rouge, en faisant filtrer l’eau qui doit le déposer à travers du bois de Fernambouc. 11 faut que celte matière soit bien abondante dans les eaux , puisqu’on assure qu’on a déjà fait par ce moyen des bustes entiers, et que M, le docteur Vegni espère réussir à e.u faire des statues massives de grandeur humaine.

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DU MARBRE

marbre est une pierre calcaire dure an grain fin, souvent colorée, et toususceptible dépoli. Il y a, comme dans îtres pierres calcaires , des marbres de ière, de seconde, et peut-être de troieSf i formation. Ce que nous avons dit au des carrières parasites suffit pour donlune juste idée de la composition des es ou des marbres que ces carrières rment : mais les anciens marbres ne pas composés comme les nouveaux de eui es particules pierreuses, réduites par en molécules plus ou moins fines ; ils

Si si

sont formés , comme les autres pierres anciennes , de débris de pierres encore plus anciennes, et la plupart sont mêlés de coquilles et d’autres productions de la mer. Tous sont posés par bancs horizontaux ou parallèlement inclinés , et ils ne diffèrent des autres pierres calcaires que par les cou leurs ; car il y a de ces pierres qui sont presque aussi dures, aussi denses, et d’un grain aussi fin que les marbres , et auxquelles néanmoins on ne donne pas le nom de marbres , parce qu’elles sont sans couleur décidée, ou plutôt sans diversité de couleurs.

MINÉRAUX

Au reste, les couleurs, quoique très-fortes ou Ires-foucées dans certains marbres , n’en changent point du tout la nature ; elles n’en augmentent sensiblement ni la dureté ni la densité , et n’empèchent pas qu’ils ne se calcinent et se convertissent en chaux au même degré de feu que les autres pierres dures. Les pierres à grain fin et que l’on peut polir font la nuance entre les pierres communes et les marbres, qui tous sont de la même nature que la pierre, puisque tous font effervescence avec les acides , qui tous ont la cassure grenue , et qui tous peuvent se réduire en chaux : je dis tous, parce que je n’entends parler ici que de marbres purs, c’est-à-dire de ceux qui ne sont composés que de matière calcaire sans mélange d’argile, de schiste, de lave , ou d'autre matière vitreuse; car ceux qui sont mêlés d’une grande quantité de ces substances hétérogènes ne sont pas de vrais marbres , mais des pierres mi-parties, qu’on doit considérer à part.

Les bancs des marbres anciens ont été formés comme les autres bancs calcaires par le mouvement et le dépôt des eaux de la mer , qui a transporté les coquilles et les matières pierreuses réduites en petit volume, en graviers , en galets, et les a stratifiées les unes sur les autres ; et il paroît, que l’établissement local de la plupart de ces bancs de marbre d’ancienne formation a précédé celui des autres bancs de pierre calcaire , parce qu’on les trouve presque toujours au dessous de ces mêmes bancs , et que , dans une colline composée de vingt ou trente bancs de pierre, il n’y a d’ordinaire que deux ou trois bancs de marbre, souvent un seul , toujours situé au dessous des autres , à peu de distance de la glaise qui sert de base à la colline; en sorte que communément le banc de marbre porte immédiatement sur celte argile , ou n’en est séparé que par un dernier banc qui paroît être l’égout de tous les autres, et qui est mêlé de marbre, de pyrites, et de cristallisations spathiques d’un assez grand volume.

Ainsi , par leur situation au dessous des autres bancs de pierre calcaire, les bancs de ces anciens marbres ont reçu les couleurs et les sucs pétrilians dont l’eau se charge toujours en pénétrant d’abord la terre végétale, et ensuite tous les bancs de pierre qui se trouvent entre cette terre et le banc de marbre ; et l’on peut distinguer par plusieurs caractères ces marbres d’ancienne formation : les uns portent des empreintes de coquilles dont on voit la forme et les stries; d’autres,

comme les himachelles , pal'oissent com de, petites coquilles de la ligure des limai d’autres contiennent des bélemnites orthocératites, des astroïtes, des frag de madrépores , etc. Tous ces marbre présentent des impressions de coquille; moins communs que ceux qu’on appell ches , qui n’offrent que peu ou point < productions marines , et qui sont corn de galets ou de graviers arrondis , lit semble par un ciment pierreux , de qu’ils s’ébrèchent en les cassant ; et c’i là qu’on les a nommés brèches.

On peut donc diviser en deux elassi marbres d’ancienne formation. La pre comprend tous ceux auxquels on a doi nom de brèches; et l’on pourroit ap marbres cocjuilleux ceux de la seconde ( Les uns et les autres ont des veines de ; qui cependant sont plus fréquentes eé apparentes dans les marbres çoquilleui dans les brèches , et ces veines se son mées lorsque la matière de ces marbre core molle, s’est entr’ouverte par le < chement ; les fentes se sont dès lors peu remplies du suc lapidifique qui d loi! des bancs supérieurs, et ce suc spat a formé les veines qui traversent le foo marbre en diffère» s sens : elles se trou ordinairement dans la matière plus qui a servi de ciment pour réunir les { < les graviers, et les autres débris de ] j ou des marbres anciens dont ils sont posés ; et ce qui prouve évidemmen j ces veines ne sont que des fentes rer du suc lapidifique, c’est que dans les qui ont souffert quelque effort, et < sont rompus après le dessèchement p] tremblement de terre ou par quelque f commotion accidentelle, on voit que ljl] ture, qui, dans ce cas, a séparé les ga I les autres morceaux durs eu deux pà>| s’est ensuite remplie de spath, et a une petite veine si semblable à la frai qu’on ne peut la méconnoîlre. Ce qt 1 ouvriers appellent des fils ou des poils. les blocs de pierre calcaire, sont au ! petites veines de spath, et souvent la 1 se rompt dans la direction de ces fils travaillant au marteau : quelquefois at j spath prend une telle solidité, surtout < ! il est mêlé de parties ferrugineuses,!

semble avoir autant et plus de rés» I que le reste de la matière.

U en est des taches comme des 1 dans certains marbres d’ancienne formi on y voit évidemment que les taches 1 aussi d’une date postérieure à celle

BU MARBRE

e même de ces marbres ; car les coquilt les débris des madrépores répandus cette masse , ayant été dissous par Pinède de l’eau , ont laissé dans plusieurs ails de ces marbres des cavités qui n’ont ;rvé que le contour de leur figure, et oit que ces petites cavités ont été ensuite lies par une matière blanche ou coloqui forme des taches d’une figure seme à celle de ces corps marins dont elle ,.»p la place; et lorsque cette matière est , die, elle est de la même nature que du marbre blanc; ce qui semble indique le marbre blanc lui-même est de ide formation, et a été, comme les als, produit par la stillation des eaux, présomption se confirme lorsque l’on dere qu’il ne se trouve jamais d impresde coquilles ni d’autres corps marins le marbre blanc, et que dans ses cars on ne remarque point les fentes periculaires ni même les délits horizontaux séparent et divisent par bancs et par les autres carrières de pierres calcaires e marbres d’ancienne formation : on feulement sur ce marbre blanc de très- js gerçures qui ne sont ni régulières ni 3s ; l’on en tire des blocs d’un très- 1 volume et de telle épaisseur que l’on tandis que , dans les marbres d’anie formation, les blocs 11e peuvent avoir l’épaisseur du banc dont on les tire , et igueur qui se trouve entre chacune des perpendiculaires qui traversent ce L’inspection même de la «ubstance du ire blanc, et les grains spathiques que iperçoil à sa cassure, semblent démonqu’il a été formé par la stillation des ; et l’on observe de plus que, lorsqu’on lie, il obéit au marteau dans tous les soit qu’on l’entame horizontalement îrticalement, au lieu que, dans les mard’ancienne formation , le sens horizon- >t celui dans lequel on les travaille plus ment que dans tout autre sens, s marbres anciens sont donc composés :

Des débris de pierres dures ou de 1res encore plus anciens et réduits en ou moins petit volume. Dans les brè- , ce sout des morceaux très-distincts , û ont depuis quelques lignes jusqu’à pjes pouces de diameire. Ceux que les enclateurs ont appelés marbres oo/itbes, ont composés de petits graviers arronsernblabîes à des œufs de poissons, peuêtre mis au rang des brèches, ai nû que toudi/igues calcaires, composés de gros iers arrondis.

20 D’un ciment pierreux, ordinairement coloré , qui lie ces morceaux dans les brèches, et réunit les parties coquilleuses avec les graviers dans les autres marbres. Ce ciment, qui fait le fonds de tous les marbres, n’est qu’une matière pierreuse anciennement réduite en poudre, et qui avoit acquis son dernier degré de pétrification avant de se réunir, ou qui l’a pris depuis par la susception du liquide pétrifiant.

Mais les marbres de seconde formation ne contiennent ni galets ni graviers arrondis , et ne présentent aucune impression de coquilles; ils sont, comme nous l’avons dit, uniquement composés de molécules pierreuses, charriées et déposées par la stillation des eaux, et dès lors ils sont plus uniformes dans leur texture et moins variés dans leur composition ; ils ont ordinairement le grain plus fin et des couleurs plus brillantes que les premiers marbres , desquels néanmoins ils tirent leur origine : on peut en donner des exemples dans tous les marbres antiques et modernes; ceux auxquels on donne le nom d 'antiques ne sont plus connus que par les monumens où ils ont été employés ; car les carrières dont ils ont été tirés sont perdues, tandis que ceux qu’on appelle marbres modernes se tirent encore actuellement des carrières qui nous sont connues. Le cipollin , parmi ces marbres antiques , et le sérancolin , parmi les marbres modernes , sont tous deux de seconde formation ; le jaune et le vert anti ques et modernes , les marbres blancs et noirs, tous ceux, en un mot, qui sont nets et purs , qui ne contiennent .point de galets ni de productions marines dont la figure soit apparente, et qui ne sont, comme l’albâtre, composés que de molécules pierreuses très-petites et disposées d’une manière uniforme, doivent être regardés comme des marbres de seconde formation , parmi les quels il y en a , comme les marbres blancs de Carrare , de Paros , etc. , auxquels ou a donné , mal à propos , le nom de marbres salins , uniquement à cause qu’ils offrent à leur cassure , et quelquefois à leur surface, de petits cristaux spathiques en forme de grains de sel ; ce qui a fait dire à quelques observateurs superficiels 1 que ces marbres contenoient une grande quantité de sels.

1. Le docteur Targioni Tozzetti rapporte très-sérieusement une observation de Leeuwenbœck, qui prétend avoir découvert dans l’albàtre une trèsgrande quantité de sel ; d’où ce docteur italien conjecture que la plus grande partie de la pâte blanche qui compose l’albàtre est une espèce de sel

MINERAUX

En général, tout ce que nous avons dit des pierres calcaires anciennes et modernes doit s’appliquer aux marbres; la nature a employé les mêmes moyens pour les former ; elle a d’abord accumulé et superposé les débris des madrépores et des coquilles; elle en a bri e, réduit en poudre la plus grande quaniité; elle a déposé le tout par iits horizontaux ; et ces matières, réunies par leur force d’affinité, ont pris un premier degré de consistance qui s’est bientôt augmenté dans les lits inférieurs par l’infiltration du suc pétrifiant qui n’a cessé de découler des lits supérieurs ; les pierres les plus dures et les marbres se sont , par cette cause , trouvés au dessous des autres bancs de pierre : plus il y a eu d’épaisseur de pierre au dessus de ce banc inférieur , plus la matière en est devenue dense ; et lorsque le suc pétrifiant, qui en a rempli les pores, s’est trouvé fortement, imprégné des couleurs du fer ou d’autres minéraux, il a donné les mêmes couleurs à lu masse entière de ce dernier banc. On peut aisément reconnoître et bien voir ces couleurs dans la carrière même ou sur des blocs bruts ; en les mouillant avec de l’eau , elle fait sortir ces couleurs et leur donne, pour le moment, autant de lustre que le poli le plus achevé.

U n’y a que peu de marbres, du moins en grand volume, qui soient d’une seule couleur; les plus beaux marbres blancs ou noirs sont les seuls que l’on puisse citer, et encore sont-ils souvent tachés de gris et de: brun ; tous les autres sont de plusieurs couleurs, et l’on peut même dire que toutes les couleurs se trouvent dans les marbres; car on en counoît des rouges et rougeâtres, des orangés , des jaunes et jaunâtres , des verts et verdâtres , des bleuâtres plus ou moins foncés , et des violets. Ces deux dernières couleurs sont les plus rares ; mais cependant elles se voient dans la brèche violette et dans le marbre appelé bleu turquin ; et du mélange de ces diverses couleurs il résulte une infinité de nuances différentes dans les marbres gris, isabelles, blanchâtres, bruns ou noirâtres. Dans le grand nombre d’échantillons qui composent la collection des marbres du Cabinet du Roi , il s’en trouve plusieurs de deux , trois , et quatre couleurs, et quelques-uns de cinq et six.

fossile qui, venant à être rongé par les injures de l’air ou par l’eau , laisse à découvert les cristallisations en forme d’aiguilles. « 11 y a toujours, dit-il, dans les albâtres une grande quantité de sel; on le voit tout-à-fait ressemblant à celui de la mer, dans certains morceaux que je garde dans mon cabinet. »

Ainsi les marbres sont plus variés que albâires, dans lesquels je n’ai jamais vu bleu ni du vert.

On peut augmenter par l’art la viva et l intensité des couleurs que les mari ont reçues de la nature ; il suffit pour < de les chauffer : le rouge deviendra c rouge plus vif ou plus foncé, et le jaun changera en orangé ou en petit rougt faut un certain degré de feu pour op< ce changement, qui se fail en les poli i à chaud ; et ces nouvelles nuances de ( leur, acquises par un moyen si simple, laissent pas d’être permanentes, ei ne ; tèrent ni ne changent par le refroidisserr ni par le temps : elles sont durables pt qu’elles sont profondes, et que la masse tière du marbre prend , par cette gra chaleur, ce surcroît de couleur qu’elle < serve toujours.

Dans tous les marbres on doit distine la partie du fond , qui d’ordinaire est couleur uniforme , d’avec les autres part qui sont par taches ou par veines , souv de couleurs différentes ; les veines trav sent le fond, et sont rarement coupées d’autres veines, parce qu’elles sont d’ formation plus nouvelle que le fond .

quelles n'ont fait que remplir les fei occasionées par le dessèchement de cjc matière du fond. U en est de même taches : mais elles ne sont guère traverii d’autres taches, sinon par quelques fl1 d’herborisations qui sont d’une formai encore plus récente que celle des veine des tacnes; et l’on doit remarquer que l tes les taches sont irrégulièrement ter nées et comme frangées à leur eirconférei tandis que les veines sont au contraire s dentelures ni franges , et nettement tr chèes des deux côtés dans leur longueur

U arrive souvent que dans la même I rière , et quelquefois dans le même bl on trouve des morceaux de couleurs di rentes, et des taches ou des veines situ différemment; mais, pour l’ordinaire, marbres d’une contrée se ressemblent i j entre eux qu’à ceux des contrées éloign. j et cela leur est commun avec les aui' pierres calcaires, qui sont d’une texture d’un grain différent dans les différents pj

Au reste, il y a des marbres dans prest ; tous les pays du monde; et dès qu’a voit des pierres calcaires , on peut esjM' de trouver des marbres au dessous. Daut j seule province de Bourgogne , qui n’est1] j renommée pour ses marbres comme le L ■ guedoc ou la Flandre, M. Guetlard

[BV MARBRE. 271

« npte cinquante - quatre variétés; mais i us devons observer que, quoiqu’il y ait vrais marbres dans ces cinquante-quatre ‘Hélés, le plus grand nombre mérite à 1! ne ce nom; leur couleur terne, leur in grossier, leur poli sans éclat, doivent faire rejeter de la liste des beaux maris, et ranger parmi ces pierres dures qui 51 t la nuance entre la pierre et le marbre l. dusieurs de ces marbres sont d’ailleurs ets à un grand défaut ; ils sont terrasx , c’est-à-dire parsemés de plus ou moins ndes cavités remplies d’une matière terse qui ne peut recevoir le poli. Les ours ont coutume de pallier ce défaut en iplissant d’un mastic dur ces cavités ou ■asses : mais le remède est peut-être pire ; le mal; car ce mastic s’use au frottent et se fond à la chaleur du feu : il n’est rare de le voir couleur par gouties conles bandes et les consoles des cheminées, ’omnie les marbres sont plus durs et s denses que la plupart des autres pierres laires, il faut un plus grand degré de leur pour les convertir en chaux ; mais si cette chaux de marbre est bien meilre , plus grasse, et plus tenace que la ux de pierre commune : on prétend que Romains n’employoient pour les bâtiis publics que de la chaux de marbre, pie c’est ce qui donnoit une si grande sistance à leur mortier, qui devenoit, c le temps , plus dur que la pierre.

1 y a des marbres revêches dont le trat est très - difficile : les ouvriers les aplent marbres fiers , parce qu’ils résistent s aux outils , et qu’ils ne leur cèdent en éclaiant; il y en a d’autres qui, quoij beaucoup moins durs, s’égrènent au lieu s’éclater. D’autres, en grand nombre, t, comme nous l’avons dit, parsemés de ités ou terrasses , d’autres sont traversés un très-grand nombre de fils d’un spatli dre, et les ou\riers les appellent marbres ndreux.

Lu reste, toutes les fois que l’on voit des l'ceaux de vingt à trente pieds de longueur m dessus, soit en pierre calcaire, soit en l'bre, on doit être assuré (pie ces pierres ces marbres sont de seconde formation; dans les bancs de marbres anciens, et ont été formés et déposés par le traust des eaux de la mer, on ne peut tirer ! des blocs d’un bien moindre volume.

. J’ai fait exploiter pendant vingt ans la càre de marbre de Montbard , et ce que je dis des •es marbres de Bourgogne est d’après mes pro- 5 observations.

Les pierres qui forment le fronton de la façade du Louvre, la colonne de marbre qui est auprès de Moret, et toutes les autres longues pièces de marbre ou de pierre employées dans les grands édifices et dans les monumens, sont toutes de nouvelle formation.

On ne sera peut-être pas fâché de trouver ici l’indication des principaux lieux, soit en France, soit ailleurs, oii l’on trouve des marbres distingués; on verra, par leur énumération, qu’il y en a dans toutes les parties du monde.

Dans le pays de Hainaut , le marbre de Barbançon est noir veiné de blanc, et celui de Rance est rouge sale, mêlé de taches et de veines grises et blanches.

Celui de Givet , que l’on tire près Charlemont, sur les frontières du Luxembourg , est noir veiné de blanc, comme celui de Barbançon ; mais il est plus net et plus agréable à l'œil.

O11 tire de Picardie le marbre de Boulogne, qui est une espèce de brocatelle, dont les taches sont fort grandes et mêlées de quelques fdets rouges.

Un autre marbre, qui tient encore de la brocatelle, se tire de la province de Champagne; il est taché de gris , comme s’il étoit parsemé d’yeux de perdrix. U y a encore, dans cette même province , des marbres nuancés de blanc et de jaunâtre.

Le marbre de Caen en Normandie est d’un rouge entremêlé de veines et de taches blanches : on en trouve de semblables près de Cannes en Languedoc.

Depuis quelques années on a découvert dans le Poitou, auprès de la Bonardeliere , une carrière de fort beaux marbres; il y en a de deux sortes : l’un est d’un assez beau rouge foncé , agréablement coupé et varié par une infinité de taches de toutes sortes de formes, qui sont d’un jaune pâle; l’autre, au contraire , est uniforme dans sa couleur; les blocs en sont gris ou jaunes , sans aucun mélange ni taches.

Dans le pays d’Aunis , M. Peluchon a trouvé , à deux lieues de Saint-Jean-d’Angely , un marbre coquiilier, qu’il compare , pour la beauté, aux beaux marbres coquilliers d’Italie : il est en couches dans sa carrière , et il se présente en blocs ou en plateaux de quatre à cinq pieds en carré. Il est composé , comme les lumachelles , d’une infinité de petits coquillages. Il y en a du jaunâtre et du gris , et tous deux reçoivent un très-beau poli.

Dans le Languedoc, on trouve aussi di-

MINERAUX

verses sortes de marbres , qui méritent detre employés à l’ornement des édifices par la beauté et la variété de leurs couleurs; on en tire une fort grande quantité auprès de la ville de Cannes, diocèse de Narbonne ; il y en a d’incarnat ou d’un rouge pâle, marqués de veines et de taches blanches; d’autres qui sont d’un bleu turquin ; et dans ces marbres turquins il y en a qui sont mouchetés d’un gris clair.

Il y a aussi , dans les environs de Cannes, une autre sorte de marbre que l’on appelle griote , parce que sa couleur approche beaucoup de celle des cerises de ce nom ; il est d’un rouge foncé , mêlé de blanc sale. Un autre marbre du même pays est appelé cervelas, parce qu’il a des taches blanches sur un fond rougeâtre.

En Provence, le marbre de la Sainte-Baume est renommé : il est taché de rouge, de blanc, et de jaune; il approche de celui que l’on appelle l>roeate/lc a Italie : ce marbre est un des plus beaux qu’il y ait en France.

En Auvergne, il se trouve du marbre rougeâtre mêlé de gris, de jaune, et de vert.

En Gascogne, le marbre sérancolin, dans le val d’ A are , ou vallée d' A are , est d’un rouge de sang , ordinairement mêlé de gris et de jaune ; mais il s’y trouve aussi des parties spathiques et transparentes. Ses carrières , qui éioienl de seconde formation, et dont on a tiré des blocs d’un très-grand volume, sont actuellement épuisées.

Près de Comminges, dans la même province de Gascogne , on trouve à Saint-Bertrand un marbre verdâtre , mêlé de taches rouges et de quelques taches blanches.

Le marbre Campan vient aussi de Gascogne : on le tire près de Tarbes. Il est mêlé plus ou moins de blanc, de rouge, de vert, et d’isabelle. Le plus commun de tons est celui qu’on appelle vert-campan , qui, sur un beau vert , n’est mêlé que de blanc. Tous ces marbres sont de seconde formation , et on en a tiré d’assez grands blocs pour en faire des colonnes.

Maintenant, si nous passons aux pays étrangers, nous trouvons qu’il y a dans le Groenland, sur les bords de la mer, beaucoup de marbres de toutes sortes de couleurs ; mais la plupart sont noirs et blancs , parsemés de veines spathiques : le rivage est aussi couvert de quartiers informes de marbre rouge avec des veines blanches, vertes, et d’autres couleurs.

En Suède et en Angleterre, il y a de même des marbres dont la plupart varient par leurs couleurs.

En Allemagne, on eu trouve aux enviro de Saltzbourg et de Lintz différentes vari tés : les uns sont d’un rouge lie de vi; d’autres sont olivâtres , veinés de blan d’autres rouges et rougeâtres , avec des vi nés blanches ; et d autres sont d’un bla pâle, veiné de noirâtre. Il y en a quelque uns à Bareith, ainsi qu'en Saxe et en Silés dont on peut faire des statues; et on t des environs de Brème du marbre jauni taché de blanc.

A Altorf , près de Nuremberg, on a < couvert depuis peu une sorte de marbre : marquable par la quantité de bélemnites de cornes d’ammon qu’il contient. Sa c< rière est située dans un endroit bas et aqi tique : la couche en est horizontale, et i que dix-huit à dix-neuf pouces d’épaisseï elle est recouverte par dix- huit pieds terre, et se prolonge sous les collines sa changer de direction ; elle est divisée j une infinité de fentes perpendiculaires, i ne sont éloignées l’une de l’autre que trois, quatre, et cinq pieds, et ces feni se multiplient d’autant plus que la couci de marbre s’éloigne davantage des terra humides ; ce qui fait qu’on ne peut pas ( tenir de grands blocs de ce marbre. Sa c«i leur, lorsqu'il est brut, paroît être d’i gris d’ardoise; mais le poli lui donne i couleur verte , mêlée de gris brun , qui agréablement relevée par les différentes fip res que le mélange des coquilles y a de; nées.

Le pays de Liège et la Flandre fourni sent des marbres plus ou moins beaux plus ou moins variés dans leurs couler On en tire de plusieurs sortes aux enviru de Dinant : l’une est d’un noir très pur très-beau; une autre est aussi d’un très-b< noir , mais rayée de quelques veines bl; ches ; une troisième est d’un rouge pâle a de grandes plaques et quelques veines bl. ( ches; une quairième est de couleur grisa et blanche, mêlée d’un rouge couleur sang; et une cinquième, qui vient aussi Liège , est d’un noir pur , et reçoit un b» poli. |

On lire , aux environs de Namur , marbre qui est aussi noir que ce derr marbre de Liège ; mais il est traversé i quelques filets gris.

Dans le pays des Grisons , il se trouy j Puschiavio plusieurs sortes de marbre l’un est de couleur incarnate; un autre, i se tire sur le mont Jule, est très-rouge ;j autre , qui est de couleur blanche , for un grand rocher auprès de San.ada ; il ; \

DU MARBRE

I autre marbre àTirano, qui est entièreent noir.

A Valmara, dans la Yalteline, il y a du arbre rouge , mais en petites masses et ulement propre à faire des mortiers à pi-

Daus le Yalais , on trouve , près des soursdu Rhin, du marbre noir veiné de blanc. Le canton de Claris a aussi des marbres >irs veinés de blanc : on en tire de semaine auprès de Guppenberg , de Schwansn , et de Psefers , où il se trouve un autre arbre qui est de couleur grise-brune, parinée de lentilles striées et convexes des ;ux côtés.

Le canton de Zurich fournit du marbre lir veiné de blanc, qui se lire à Vendenwil : un autre, qui est aussi de couleur lire , mais rayé ou veiné de jaune , se juve à Albisrieden.

Le canton de Berne renferme aussi difféntes sortes de marbres : il y en a dont le nd est couleur de chair à Scheuzuach; et ut auprès de ce marbre couleur de chair, i en voit du noir. Entre Aigle et Olon , on e encore du marbre noir. A Spiez , le irbre noir est veiné de blanc , et à Grinhvald , il est entièrement noir.

Les marbres d’Italie sont en fort grand nnbre et ont plus de réputation que tous ; autres marbres de l’Europe : celui de trrare, qui est blanc, se tire vers les côtes i\ i Gènes , et en blocs de telle grandeur que is in veut , son grain est cristallin , et peut n ’e comparé, pour sa blancheur, à l’ancien n arbre de Paros.

ü Le marbre de Saravezza , qui se trouve ns les mômes montagnes que celui do Carre, est d’un grain encore plus fm que ce Irnier : on y voit aussi un marbre rouge blanc , dont les taches blanches et rouges Üj nt quelquefois tellement distinctes les unes il s autres , que ce marbre ressemble à une i èche , et qu’on peut lui donner le nom de

II j ocatelle; mais il se trouve de temps en mps une teinte de noirâtre mélangée dans

i marbre. Sa carrière est en masse presque ■fi ntinue comme celui de Carrare, et comme ® de de tous les autres marbres cristallins , mes, ou d’autres couleurs, qui se trou- )« nt dans le Siennois et dans le territoire N Gènes : tous sont disposés en très-granf] s masses, dans lesquelles on ne voit hun indice de coquilles, mais seulement queles crevasses qui sont remplies par une istallisalion de spath calcaire. Ainsi il ne roît pas douteux que tous ces marbres ne eut de seconde formation.

Les environs de Carrare fournissent aussi deux sortes de marbres verts : l’une, que l’on nomme improprement vert d’ Egypte , est d’un vert foncé, avec quelques taches de blanc et de gris de lin; 1 autre, que l’on nomme 'vert de mer, est d’une couleur plus claire, mêlée de veines blanches.

On trouve encore un marbre sur les côtes de Gênes, dont la couleur est d’un gris d’ardoise mêlée de blanc sale ; mais ce marbre est sujet à se tacher et à se jaunir après avoir reçu le poli.

On tire encore sur le territoire de Gênes le marbre porto-'venere , ou porte-cuivre , dont la couleur est noire, veinée de jaune, et qui est moins estimé lorsqu’il est veiné de blanchâtre.

Le marbre de Mnrgore , qui se tire du Milanez, est fort dur et assez comriin; sa couleur est un gris d’ardoise mêlé de quelques veines brunes ou couleur de fer.

Dans lîle d'Elbe, on trouve à Sainte-Catherine une carrière abondante de marbre blanc veiné de vert- noirâtre.

Le beau marbre de Sicile est d’un rougebrun, mêlé de blanc et isabelle; ces couleurs sont très-vives et disposées par taches carrées et longues.

Tous les marbres précédais sont modernes ou nouvellement connus ; les carrières de ceux que l’on appelle anlïcpies sont aujourd’hui perdues, comme nous l’avons dit, et réellement perdues à jamais, parce qu’elles ont été épuisées , ainsi que la matière qui les formoit : on ne compte que treize ou quatorze variétés de ces marbres antiques, dont nous ne ferons pas l’énumération , parce qu’on peut se passer de décrire dans une histoire naturelle générale les détails des objets particuliers qui 11e se trouvent plus dans la nature.

Le marbre blanc de Paros est le plus fameux de tous ces marbres antiques; c’est celui que les grands artistes de la Grèce ont employé pour faire ces belles statues que nous admirons encore aujourd’hui, non seulement par la perfection de l’ouvrage, mais encore par sa conservation depuis plus de vingt siècles : ce marbre s’esi trouvé dans les îles de Paros , de Naxos , et de Tinos. Il a le grain plus gros que celui de Carrare, et il est mêlé d’une grande quantité de petits cristaux de spath; ce qui fait qu’il s’égrène aisément en le travaillant ; et c’est ce même spath qui lui donne un degré de transparence presque aussi grande que celle de l’albâtre, auquel il ressemble encore par son peu de dureté : ce marbre est donc évi-

Buffon. II.

MINERAUX

déminent de seconde formation. On le tire encore aujourd'hui des grandes grottes ou cavernes qui se trouvent sous la montagne que les anciens ont nommée Marpesia. Pline dit qu’ils donnoient à ce marbre l’épithète de lycfmites , parce que les ouvriers le travailîoient sous terre à la lumière de flambeaux. Dapper, dans sa Description des îles de t Archipel, rapporte que dans cette montagne Marpesia il y a des cavernes extraordinairement profondes , où la lumière du jour ne peut pénétrer , et que le grand-seigneur , ainsi que les grands de la Porte , n’emploient pas d’autre marbre que celui qu’on en tire, pour décorer leurs plus somptueux bâtimens.

U y a dans Pile de Thasos, aujourd’hui Tasso , quelques montagnes dont les rochers sont d’un marbre fort blanc , et d’autres rochers d’un marbre tacheté et parsemé de veines d’un beau jaune. Ce marbre étoit en grande estime chez les Romains , comme il l’est encore dans tous les pays voisins de cette île.

En Espagne , comme en Italie et en Grèce , il y a des collines et même des montagnes entières de marbre blanc. On en tire aussi dans les Pyrénées, du côté de Bayonne , qui est semblable au marbre de Carrare , à l’exception de son grain, qui est plus gros, et qui lui donne beaucoup plus de rapport au marbre blanc de Paros : mais il esL encore plus tendre que ce dernier, et sa couleur blanche est sujette à prendre une teinte jaunâtre. Il se trouve aussi dans les mêmes montagnes un autre marbre d’un vert brun , taché de rouge.

M. Bowles donne, dans les termes suivans , la description de la montagne de Fi-, labres , près d’ Alméria , qui est tout entière de marbre blanc : « Pour se former, dit-il, une juste idée de cette montagne , il faut se figurer un bloc ou une pièce de marbre blanc d’une lieue de circuit, et de deux mille pieds de hauteur, sans aucun mélange d’autres pierres ni terres ; le sommet est presque plat, et on découvre en différens endroits le marbre , sans que les vents , les eaux , ni les autres agens qui décomposent les rochers les plus durs, y fassent la moindre impression . . . Il y a un côté de cette montagne coupé presque à-plomb, et qui, depuis le vallon, paroil comme une énorme muraille de plus de mille pieds de hauteur, toute d’une seule pièce solide de marbre, avec si peu de fentes, et §i petites, que la plus grande n’a pas six pieds de long , ni plus d une ligue de large. »

On trouve, aux environs de Molina , dt marbre couleur de chair et blanc; et à ni quart de lieue du même endroit il y a un< colline de marbre rougeâtre , jaune, et blanc qui a le grain comme le marbre de Carrare

La carrière de marbre de Naquera , à troi lieues de Valence , n’est pas en masses épais ses; ce marbre est d’un rouge obscur, orn ( de veines capillaires noires qui lui donner une grande beauté. Quoiqu’on le tire à fleu de terre, et que ses couches ne soient pa profondes, il est assez dur pour en faire de tables épaisses et solides , qui reçoivent u beau poli.

On trouve à Guipuscoa en Navarre, < dans la province de Barcelone , un marbi semblable au séraneolin.

En Asie, il y a certainement encore beat coup plus de marbres qu’en Europe : ma^ ils sont peu connus; et peut-être la plnpa ne sont pas découverts. Le docteur Sha parle du marbre herborisé du mont Sinai et du marbre rougeâtre qui se tire aux ei virons de la mer Rouge. Chardin assure qu y a de plusieurs sortes de marbres en Persi du blanc, du noir, du rouge, et du marbi de blanc et de rouge.

A la Chine, disent les voyageurs , le ma bre est si commun, que plusieurs ponts ( sont bâtis; on y voit aussi nombre d’éd fices où le marbre blanc est employé, c’est surtout dans la province de Sc/iar ^ T un g qu’on en trouve en quantité : ma j on prétend que les Chinois n’ont pas les ai nécessaires pour travailler le marbre ausij parfaitement qu’on le fait en Europe. Il j trouve, à douze ou quinze lieues de Péki j des carrières de marbre blanc, dont on ti l des masses d’une grandeur énorme , et do i on voit de très-hautes et de très- grosses c f lonnes dans quelques cours du palais n l’empereur.

Il y a aussi à Siam , selon La Loubèr | une carrière de beau marbre blanc; ! comme ce marbre blanc est plus remarqu J ble que les marbres de couleurs, les voyl geurs n’ont guère parlé de ces derniers q ] doivent être encore plus communs daus J j pays qu’ils ont parcourus. Ils en ont recoin ! quelques-uns eu Afrique, et le marbre alu cain étoit très-estimé des Romains; mais | docteur Shaw, qui a visité les côtes d’Algi ! de Tunis, et de l’ancienne Carthage en o| sénateur exact , et qui a recherché les cal rieres de ces anciens marbres, assure qu’ell | sont entièrement perdues, et que le pl * beau marbre qu’il ait pu trouver dans toi le pays u’éloit qu'une pierre assez semblât "

DU MARBRE

la pierre de Lewington en Angleterre. Ce- :ndant Marmot parle d’un marbre blanc li se trouve dans la montagne d’Ilentèle, me des plus hautes de l’Atlas ; et l’on voit ns la ville de Maroc de grands piliers et s bassins d’un marbre blanc fort fin dont ; carrières sont voisines de cette ville. Dans le Nouveau-Monde on trouve aussi marbre en plusieurs endroits. M. Guet- ’d parle d’un marbre blanc et rouge qui tire près du portage talon de la petite rire au Canada, et qui prend un très-beau li, quoiqu’il soit parsemé d’un grand nome de points de plomb q ai pourroient faire endre ee marbre pour une mine de plomb. Plusieurs voyageurs ont parlé des mares du diocèse de La Paz au Pérou, dont r a des carrières de diverses couleurs. Alonse Barba cite le pays d 'Atacama , et : qu’on y trouve des marbres de diverses meurs et d’un grand éclat. « Dans la le impériale de Potosi, il y avoit , dit-il, grand morceau de ce marbre taillé en •me de labié de six palmes et six doigts de igueur, cinq palmes et six doigts de large, deux doigts d’épaisseur. Ce grand morîu représentoit une espèce de treillage ou ousie , formé d’un beau mélange de couirs très-vives en rouge clair, brun, noir, me, vert, et blanc. ... A une lieue des nés de Verengutla il y a d’autres marbres i ne sont pas inférieurs à ceux d’Atacama ur le lustre, sans avoir néanmoins les mets variétés de couleurs ; car ils sont blancs transparens en quelques endroits comme Ibâtre. »

A la vue de cette énumération que nous (ions de faire de tous les marbres des difens pays , on pourroit croire que , dans nature , les marbres de seconde forman sont bien plus communs que les autres, rce qu’à peine s’en trouve-t-il deux ou iis dans lesquels il soit dit qu’on ait vu S impressions de coquilles; mais ce silence 1* les marbres de première formation ne mt que de ce qu’ils ont été moins recherés que les seconds, parce que ceux-ci sont effet plus beaux, d’un grain plus lin, de 1 leurs plus décidées, et qu’ils peuvent se er en volume bien plus grand et se tramer plus aisément. Ces avantages ont fait è, dans tous les temps, on s’est attaché à ploiter ces carrières de seconde formation préférence à celles des premiers marbres, nt les bancs horizontaux sont toujours 'montés de plusieurs autres bancs de pierre ’il faut fouiller et débiter auparavant, idis que la plupart des marbres de se-

conde formation se trouvent , comme les albâtres, ou dans des cavernes souterraines ou dans des lieux découverts et plus bas que ceux où sont situés les anciens marbres; car quand il se trouve des marbres de seconde formati on j usqu’au dessus des coll ines , comme dans l’exemple de la montagne de marbre blanc cité par M. Bowles , il faut seulement en conclure que jadis ce sommet de colline n’éloit que le fond d’une caverne dans laquelle ce marbre s’est formé, et que l’ancien sommet étoit plus élevé et recouvert de plusieurs banc> de pierre ou de marbre qui ont été détruits après la forma tion du nouveau marbre. Nous avons cité un exemple à peu près pareil , au sujet des bancs de pierres calcaires dures qui se trouvent quelquefois au sommet des collines l.

Dans les marbres anciens il n’y a que de la matière pierreuse en masse continue ou en morceaux séparés , avec du spath en veines ou en cristaux et des impressions de coquilles; ils ne contiennent d’autres substances hétérogènes que celles qui leur ont donné des couleurs, ce qui ne fait qu’une quantité infiniment petite relativement à celle de leur masse; en sorte qu’on peut regarder ces premiers marbres, quoique colorés , comme entièrement composés de matières calcaires : aussi donnent-ils de la chaux qui est ordinairement grise , et qui , quoique colorée, est aussi bonne et même meilleure que celle de la pierre commune. Mais dans les marbres de seconde formation il y a souvent plus ou moins de mélange d’argile ou de terre limoneuse avec la matière calcaire 2. On reconnoîtra, par l’é-

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