DES PIERRES VITREUSES ET CALCAIRES
la substance schisteuse qui lui sert de se, et le mélange calcaire qui en modifie forme et en spécifie la nature ». Et ces rres de corne ou schistes spathiques 11e fèrent en effet entre eux que par la plus moins grande quantité de matière calre qu’ils contiennent. Ceux où la subnce argileuse est presque pure ont le lin. semblable à celui du schiste pur; is ceux où la matière calcaire ou spaque abonde offrent a leur cassure un lin brillant, écailleux, avec un tissu fibreux, même montrent distinctement dans leur ture une figuration spathique en lames tangulaires striées; et c’est dans ce derr état que quelques auteurs ont donné à pierre de corne le nom de hornblende, pie Wallenus 1a indiquée sous la dénoliation de corneus spathosus.
Les schistes spathiques sont en général ez tendres, et le plus dur de ces schistes thiques ou pierres de corne est celle que Suédois ont appelée trapp ( escalier ) , ce que cette pierre se casse par étage plans superposés comme les marches n escalier 2. La pierre de corne commune
Quoique M. de Saussure reproche aux minégistes François d’avoir méconnu la pierre de îe, et de l’avoir confondue, sous le nom de «e, avec toutes sortes de pierres qui se divisent feuillets, soit argileuses, soit marneuses ou aires \ V ojage dans les Alpes, tome I, page 77) , pourtant vrai que ces mêmes minéralogistes fait qu’une erreur infiniment plus légère que aù il tombe lui-même en rangeant les roches iliees au nombre des roches feuilletées ; mais , insister sur cela , nous observerons seulement le nom de schiste 11e désigna jamais , chez les naturalistes, aucune pierre feuilletée purement ire ou marneuse, et que, dans sa véritable ilion , il signifia toujours spécialement les es argileuses qui se divisent naturellement par lets , et qui sont plus ou moins mélangées très substances, mais dont la base est toujours le : or la pierre de corne n’est en effet qu’une ce de ces pierres mélangées de parties argiis et calcaires , et nous croyons devoir la rauous une même dénomination avec ces pierres ; n’étoit pas la peine d’inventer un nom sans >gie pour ne nous rien apprendre de nouveau , our désigner une substance qui n’est qu’un te mélangé de parties calcaires. En rappelant cette pierre au nom générique de schiste , auelle doit rester subordonnée, il ne s’agit que i assigner une épithète spécifique qui la classe distingue dans son genre; et comme le nom oath, malgré les raisons qu’il y auroit eues de appliquer qu’à une seule substance , paroit 1 été adopté pour désigner des substances très- •eutes, je croirois qu’il seroit à propos d’aples prétendues pierres de corne schistes spaes , puisqu’on effet leur texture offre toujours rislaliisation plus ou moins apparente en forme a t li.
Al. Bergmann, dans sa lettre à M. de Troll
est moins dure que le trapp; quelques autres pierres de corne sont si tendres, qu’elles se laissent entamer avec l’ongle. Leur couleur varie entre le gris et le noir ; il s’en trouve aussi de vertes, de rouges de diverses teintes. Toutes sont fusibles à un degré de feu assez modéré , et donnent en se fondant un verre noir et compacte. Wallerius observe qu’en humectant ces pierres elles rendent une odeur d’argile. Ce fait seul, joint à l’inspection , auroit dû les lui faire placer à la suite des pierres argileuses ou des schistes ; et la nature passe en effet par nuances des schistes simples ou purement argileux à ces schistes composés, dont ceux qui sont le moins mélangés de parties calcaires n’offrent pas la figuration spathique, et ne peuvent, de l’aveu des minéralogistes, se distinguer qu’à peine du schiste pur.
Quoique le trapp et les autres pierres de corne ou schistes spathiques , qui ne contiennent qu’une petite quantité de matière calcaire, ne fassent aussi que peu ou point d’effervescence avec les acides , néanmoins , en les traitant à chaud avec l’acide nilreux, on en obtient par l’alcali fixe uni précipité gélatineux, de même nature que celui que donnent la zéolithe et toutes le^ autres matières mélangées de parties vitreuses et de parties calcaires
Ce schiste spathique se trouve en grand volume et en masses très-considérables mê-s lées parmi les schistes simples. M. de Saus-i sure, qui le décrit sous le nom de pierre de corne , l’a rencontré en plusieurs endroits des Alpes. « A demi-lieue de Chamouni, dit ce savant professeur, en suivant la rive droite de i’Arve, la base d’une montagne de laquelle sortent plusieurs belles sources est une ror che de corne mêlée de mica et de cjuartz ; ses couches sont à peu près verticales , sou-
( Lettres sur l'Islande, page 448), s’exprime ainsi : « Dans toutes les montagnes disposées par couches qui se trouvent dans la Westrogothie , la couche supérieure est de trapp , placée sur une ardoise noire; il n’y a nulle apparence que cette matière de trapp ait jamais été fondue. » Mais quand ensuite cet habile chimiste veut attribuer au basalte la même origine, il se trompe, car il est certain que le basalte a été fondu ; et son idée sur l’identité du trapp et du basalte , fondée sur la ressemblance de leurs produits dans l’analyse, ne prouve, rien autre chose , sinon que le feu a pu , comme l’eau , envelopper, confondre les mêmes matières.
Le trapp, suivant M. de Morveau, contient beaucoup de fer ; il a tiré quinze par cent de fer d’un morceau de trapp qui lui avc.it été envoyé de Suède par M. Bergmann : celui-ci assure que le trapp se fond au feu sans bouillonnement ; que 1 alcali minéral le dissout par la voie sèche avec effervescence, et que le borax le dissout sans effervescence.
MINÉRAUX
vent brisées , et diversement dirigées. » Ce mélange de mica, ce voisinage du quartz, celte violenle inclinaison des masses, me paroissent s’accorder avec ce que je viens de dire sur l’origine ei le temps de la formation de cette pierre mélangée. Il faut en effet que ce soit dans le temps où les micas éloient flottans et disséminés sur les lieux où se trou voient les débris plus ou moins atténués des quartz, et dans des dispositions où les masses primitives , rompues en différens angles, n’offroient comme parois et comme bases que de fortes inclinaisons et des pentes roides ; ce n’est , dis-je , que dans ces positions que les couches de formation secondaire ont pu prendre les grandes inclinaisons des pentes et des faces contre lesquelles on les voit appliquées. En effet, M. de Saussure nous fournit de ces exemples de roches de corne adossées à des granités ; mais ne se méprend-il pas lorsqu’il dit que des blocs ou tranches de granité, qui se rencontrent encore quelquefois enfermés dans ces roches de corne, s’y sont produits ou introduits postérieurement à la formation de ces mêmes roches ? Il me semble que c’est lors de leur formation même que ces fragmens de granité primitif y ont été renfermés, soit qu’ils y soient tombés en se détachant des sommets plus élevés *, soit que la force même des flots les y ait entraînes dans le temps que les eaux charrioient la pâte molle des argiles mélangées des poudres calcaires dont est formée la substance des schistes spathiques : car nous sommes bien éloignés de croire que ces tranches ou prétendus filons de granité se soient produits , comme le dit M. de Saussure, par cristallisation et par l’infiltration des eaux; ce ne seroit point alors du véritable granité primitif, ijiais une concrétion se, conduire et formée par l’agglutination des sables graniteux 2. Ces deux formations doivent être soigneusement distinguées , et l’on ne peut pas, comme le fait ici ce savant auleur, donner la même origine et le même temps de formation aux masses primitives et à leurs productions secondaires ou stalactites;
x. L’observation même de M. de Saussure aurait pu le convaincre que la matière de ces tranches de granité a été amenée par le mouvement des eaux , et qu’elle s’est déposée en même temps que la matière de la pierre de corne dans laquelle ce granité est inséré, puisqu’il remarque qu’où elles se présentent les couches de la roche de corne s’interrompent brusquement , et paroissent s’etre inégalement affaissées.
2. M. de Saussure remarque lui-même, dans cette pierre, de petites fentes rectilignes.... qui lui paroissent l’effet d’un commencement de retraite.
ce seroit bouleverser toute la généalogie j substances du règne minéral.
Il y a aussi des schistes spathiques d, j lesquels le quartz et le feld spath se trouvé en fragmens et en grains dispersés, et com disséminés dans la substance de la pier M. de Saussure en a vu de cette esp dans la même vallée de Chamouni. La 1 xnation de ces pierres ne me paroîl pas i ficile à expliquer en se rappelant qu’ei; les détrimens des quartz, des granités, des autres matières vitreuses primitives traînées par les eanx, la poudre la plus nue et la plus décomposée forma les argi et que les sables plus vifs et non décompc formèrent le grès: or il a dû se trouver d cette destruction des matières primitives., gros sables qui bientôt fuient saisis et agî tinés par la pâte d’argile pure ou d’ar. déjà mélangée de substances calcaires Ces gros sables , eu égard à leur pesant'! n’ont point été charriés loin du lieu de 1 origine; et ce sont en effet ces grainsi quartz , de feld-spaih , et de sçhorl , qui trouvent incorporés et empâtés dans la pie argileuse s pat bique ou pierre de corue, ^ sine des vrais granités 4. Enfin il est évicl
que la formation des schistes spathique le mélange de substances argileuses et caires qui les composent, ainsi que la I malion de toutes les autres pierres mixt supposent nécessairement la décompositi des matières simples et primitives dont e j sont composées; et vouloir conclure 5
3. M. de Saussure , après avoir parlé d pierre composée d’un mélange de quartz et spath calcaire , et l’avoir improprement appij granité, ajoute que cette matière se trouve par fi dans les montagnes de roche de corne ; or cettt ladite des roches de corne nous fournit une prt de plus que ces roches sont composées du mêla!1 des débris des masses, vitreuses et des détrimens \ substances calcaires.
4- C'est à ta même origine qu’il faut rappo, cette pierre que M de Saussure appelle gra veiné ; dénomination qui ne peut être plausible dans le langage d’un naturaliste qui parle ; cesse de couches perpendiculaires. Ce prétendu { nite veiné est composé de lits de graviers gr teux , restés purs et sans mélange, et stratifiés j du lieu de leur origine; voisinage que cet obse teur regarde comme formant un passage très portant pour conduire à la formation des y granités ; mais ce passage en apprend, sur la | matiou du granité, à peu près autant que le jj sage du grès au quartz en pourrait apprendre l’origine de cette substance primitive.
5. « Je ferai voir combien ce genre mixte n donne de lumière sur la formation des gran proprement dits, ou granités en masses.» (Sî sure, Propages dans les Alpes , tome I , page 4: On peut voir d’ici quelle espèce de lumière pou résulter d’une analogie si peu foudée.
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. formation de ces productions secondaires ; celle des masses premières, et de ces pierres ;mplies de sables graniteux aux véritables i ’anites, c’est exactement comme si l’on vou- 1,1 it expliquer la formation des premiers
II arbres par les brèches , ou celle des jaspes îr ir les poudingues.
III Après les pierres dans lesquelles une poron de matière calcaire s’est combinée avec
’ irgile, la naiure nous en offre d’autres où 11 ?s. portions de matières argileuses se sont ’! ôlées et introduites dans les masses cals ires: tels sont plusieurs marbres , comme s vert-campan dès Pyrénées , dont les zones l1 irtes sont formées d’un vrai schiste interl'I )sé entre les tranches calcaires rouges qui “ nt le fond de ce marbre mixte ; telles sont s’ issi les pierres de Florence, où le fond du 8! bleau est de substance calcaire pure ou "ï inte par un peu de fer, mais dont la partie cs îi représente des ruines contient une por- 11 pn considérable de terre schisteuse à la- !'!ielle, suivant toute apparence, est due ** stte figuration sous différens angles et di- A [rses coupes, lesquelles sont analogues aux lf mes et aux faces angulaires sous lesquelles i sait que les schistes affectent de se di- ^ ber lorsqu’ils sont mêlés de la matière cal- 16 ire.
Ces pierres mixtes , dans lesquelles les ' ânes schisteuses traversent le fond calire , ont moins de solidité et de durée il1 ie les marbres purs ; les portions schise uses sont plus tendres que le reste de la 5 erre , et ne résistent pas long-temps aux i jures de l’air : c’est par cette raison que le ei arbre campan employé dans les jardins de iji larly et de Trianon s’est dégradé en moins l1 un siècle. On devroit donc n’employer >ur les monumens que des marbres reconîs pour être sans mélange de schistes, ou »s (autres matières argileuses qui les rendent sceptibles d’une prompte altération, et j* ême d’une destruction entière.
je Une autre matière mixte , et qui n’est : imposée que d’argile et de substance cal- 1 ire, est celle qu'on appelle à Genève et f ms le Lyonnois mollasse, parce qu’elle est sl rt tendre dans sa carrière. Elle s’y trouve ès i grandes masses 1 , et on ne laisse pas de
« En 1779 on ouvrit un chemin près de Lyon 1 bord du Rhône, dans une montagne presque ri ute de mollasse ; ta coupe perpendiculaire de lie montagne présentoit une infinité de couches ccessives légèrement ondées, d'épaisseurs difféntes dont le tissu plus ou moins serré et les ;S jiances diversifiées annonçoient bien des dépôts rmés à différentes époques ; j’y ai remarqué des ;s de gravier dont l’interposition étoit visiblement
l’employer pour les bâlimens , parce quelle se durcit à l’air : mais comme l’eau des pluies, et même l’humidité de l’air, la pénètrent et la décomposent peu à peu , on doit ne 1’employer qu’à couvert ; et c’est en effet pour éviter la destruction de ces pierres mollasses qu’on est dans l’usage, le long du Rhône et à Genève, de faire avancer les toits de cinq à six pieds au delà des murs extérieurs, afin de les défendre de la pluie 2. Au reste, cette pierre, qui ne peut résister à l’eau, résiste très-bien au feu, et on l’emploie avantageusement à la construction des fourneaux de forges et des foyers de cheminée.
Pour résumer ce que nous venons de dire sur les pierres composées de matières vitreuses et de substance calcaire en grandes masses , et dont nous ne donnerons que ces trois exemples, nous dirons, i° que les schistes spathi ques ou roches de corne représentent le grand mélange et la combinaison intime qui s’est faite des matières calcaires avec les argiles lorsqu’elles étoient toutes deux réduites en poudre , et que ni les unes ni les autres n’a voient encore aucune solidité ; 2° que les mélanges moins intimes formés par les transports subséquens des eaux, et dans lesquels chacune des matières vilreuses et calcaires ne sont que mêlées et moins intimement liées, nous sont représentés par ces marbres mixtes et ces pierres dessinées dans lesquelles la matière schisteuse se reconnoît à des caractères non équivoques, et paroit avoir été déposée par entassemens successifs , et alternativement avec la matière calcaire, ou iniroduite en petite quantité dans les scissures et les fentes de ces mêmes matières calcaires; 3° que les mélanges les plus grossiers et les moins intimes de l’argile et de la matière calcaire nous sont représentés par la pierre mollasse et même par la marne ; et nous pouvons aisément concevoir dans combien de circonstances ces mélanges de schistes ou d’argile et de substance calcaire,
l’effet de quelques inondations qui avoient interrompu de temps à autre la stratification de la mollasse. » (IVote communiquée par M. de Morceau.)
2. « Le pont de Bellegarde sur la Valsime , à peu de distance de son confluent avec le Rhône , est assis sur un banc de mollasse que les eaux avoient creusé de plus de quatre-vingts pieds à l’époque de 1778 : la comminution lente des deux talus avoit tellement travaillé sous les culées de ce pont, qu’elles se trouvoient en l’air; il a fallu le reconstruire, et les ingénieurs ont eu la précaution de jeter l’arc beaucoup au delà des deux bords , laissant pour ainsi dire la part du temps hors du point de fondation , «t calculant la durée de cet édifice sur la progression de cette comminution. » (Suite de la note de M. de Morceau.)
Btiffow. II.
MINÉRAUX
plus ou moins grossiers , ou plus ou moins intimes, ont dû avoir lieu, puisque les eaux n’ont cessé, tant qu’elles ont couvert le globe , comme elles ne cessent encore au fond des mers, de travailler, porter, et transporter ces matières , et par conséquent de les mélanger dans tous les lieux où les lits d’argile se sont trouvés voisins des couches calcaires , et où ces dernières n’auroient pas encore recouvert les premières.
Cependant ces élémens ne sont pas les seuls que la nature emploie pour le mélange et l’union de la plupart des mixtes : indépendamment des détrimèns vitreux et calcaires, elle emploie aussi la terre végétale, qu’on doit distinguer des terres calcaires ou
vitreuses , puisqu'elle est produite en grand» | partie par la décomposition des végétaux e j des animaux terrestres , dont les délrimem contiennent non seulement les élémens vi treux et calcaires qui forment la base de parties solides de leurs corps, mais encor» lous les principes actifs des êtres organisés et surtout une portion de ce feu qui les ren doit vivans ou végétans. Ces molécules ac tives tendent sans cesse à former des com binaisons nouvelles dans la terre végétale , et nous ferons voir dans la suite que les plu brillantes comme l«*s plus utiles des produc tions du règne minéral appartiennent à cett» terre , qu’on n’a pas jusqu’ici considéré» d’assez près.
DE LA TERRE VÉGÉTALE
La terre purement brute , la terre élémentaire, n’est que le verre primitif d’abord réduit en poudre, et ensuite atténué, ramolli, et converti en argile par l’impression des élémens humides, line autre terre un peu moins brute est la matière calcaire produite originairement par les dépouilles des coquillages , et de même réduite en poudre par les frottemens et par le mouvement des eaux. Enfin une troisième terre plus organique que brute est la terre végétale composée des détrimèns des végétaux et des animaux terrestres.
Et ces trois terres simples, qui, parla décomposition des matières vitreuses , calcaires, et végétales, avoient d’abord pris la forme d’argile, de craie, et de limon, se sont ensuite mêlées les unes avec les autres, et ont subi tous les degrés d’atténuation , de figuration , et de transformation , qui étoienl nécessaires pour pouvoir entrer dans la composition des minéraux et dans la structure organique des végétaux et des animaux.
Les chimistes et les minéralogistes ont tous beaucoup parlé des deux premières terres; ils ont travaillé , décrit, analysé les argiles et les, matières calcaires; ils en ont fait la base de la plupart des corps mixtes : mais j’avoue que je suis étonné qu’aucun d’eux n'ait traité de la terre végétale ou limoneuse, qui méritoit leur attention , du moins autant que les deux autres terres. On a pris le limon pour de l’argile ; cette er-
reur capitale a donné lieu à de faux juge mens , et a produit une infinité de méprise particulières. Je vais doue lâcher de démon lier l’origine et de suivre la formation del» terre limoneuse, comme je l’ai fait pour far gile; on verra que ces deux terres sont d’un» i différente nature, qu’elles n’ont même qui très-peu de qualités communes, et qu’enûi ni l’argile ni la terre calcaire ne peuvent in fluer autant que la terre végétale sur la pro duction de la plupart des minéraux de se 1 coude formation.
Mais avant d’exposer en détail les degré j ou progrès successifs par lesquels les détri mens des végétaux et des animaux se cor* vertissenl en terre limoneuse, avant de pré* j senter les productions minérales qui en li renl immédiatement leur origine , il ne sent pas inutile de rappeler ici les notions qu oi doit avoir delà terre considérée comme fui 1 des quatre élémens. Dans ce sens , on peul dire que l’élément de la terre entre comoM | partie essentielle dans la composition de tout les corps ; non seulement elle se trouve toujours dans tous en plus ou en moins grandi quantité, mais, par son union avec les trois autres élémens, elle prend toutes les formes jj possibles, elle se liquéfie , se fixe , se pétri- 1 fie, se métallisé, se resserre, s’étend, ,se!| sublime , se volatilise , et s’organise suivant les différens mélanges et les degrés d’activité, |j de résistance , et d’affinité de ces mêmes principes élémentaires.
De même , si l’on ne considère la terre
DE LA TERRE VÉGÉTALE
en général que par ses caractères les plus aisés à saisir, elle nous paroîtra , comme on la définit en chimie , une matière sèche , opaque, insipide, friable, qui ne s’enflamme point , que l’eau pénètre , étend et rend ductile, qui s’y délaie et ne se dissout pas comme le sel. Mais ces caractères généraux sont, ainsi que toutes les définitions, plus abstraits que réels ; étant trop absolus , ils ne sont ni relatifs ni par conséquent applicables à la chose réelle : aussi ne peuvent -ils appartenir qu’à une terre qu’on supposerait être parfaitement pure, ou tout au plus mêlée d’une très-petite quantité d’autres substances non comprises dans la définition. Or celte terre idéale n’existe nulle part ; et tout ce que nous pouvons faire pour nous rapprocher de la réalité, c’est de distinguer les terres les moins composées de celles qui sont les plus mélangées. Sous ce point de vue plus vrai , plus clair , et plus réel qu’aucun autre, nous regarderons l’argile, la craie, et le limon, comme les terres les plus simples de la nature , quoique aucune des trois ne soit parfaitement simple ; et nous comprendrons dans les terres composées non seulement celles qui sont mêlées de ces premières matières, mais encore celles qui sont mélangées de substances hétérogènes, telles que les sables , les sels , les bitumes , etc. ; et toute terre qui ne contient qu’une très - petite quantité de ces substances étrangères conserve à peu près toutes ses qualités spécifiques et ses propriétés naturelles : mais si le mélange hétérogène domine , elle perd ces mêmes propriétés; elle en acquiert de nouvelles toujours analogues à la nature du mélange , et devient alors terre combustible ou réfractaire, terre minérale ou métallique, etc., suivant les différentes combinaisons des substances qui sont entrées dans sa composition.
Ce sont en effet ces différens mélanges qui rendent les terres pesantes ou légères , poreuses ou compactes, molles ou dures, rudes ou douces au toucher : leurs couleurs viennent aussi des parties minérales ou métalliques qu’elles renferment ; leur saveur douce, âcre ou astringente, provient des sels, jet leur odeur agréable ou fétide est due aux particules aromatiques, huileuses, et salines, dont elles sont pénétrée^.
De plus, il y a beaucoup de terres qui S’imbibent d’eau facilement ; il y en a d’aujltres sur lesquelles l’eau ne fait que glisser : jttl y en a de grasses, de tenaces, de trèsductiles, et d’autres dont les parties n’ont point d’adhésion , et semblent approcher de
la nature du sable ou de la cendre. Elles ont chacune différentes propriétés , et servent à différens usages : les terres argileuses les plus ductiles , lorsqu’elles sont fort chargées d’acide, servent au dégraissage des laines; les terres bitumineuses et végétales, telles que les tourbes et les charbons de terre , sont d’une utilité presque aussi grande que le bois ; les terres calcaires et ferrugineuses s’emploient dans plusieurs arts , et notamment dans la peinture; plusieurs autres terres servent à polir les métaux, etc. Leurs usages sont aussi multipliés que leurs propriétés sont variées; et de même, dans les différentes espèces de nos terres cultivées, nous trouverons que telle terre est plus propre qu’une autre à , la production de telles ou telles plantes; qu’une terre stérile par elle-même peut fertiliser d’autres terres par son mélange; que celles qui sont les moins propres à la végétation sont ordinairement les plus utiles pour les arts, t.c.
Il y a , comme l’on voit , une grande diversité dans les terres composées , et il se trouve aussi quelques différences dans les trois terres que nous regardons comme simples, l’argile, la craie, et latene végétale. Cette dernière terre se présente même dans deux états très-di fférens : le premier, sous la forme de terreau , qui est le détriment immédiat des animaux et des végétaux; et le second , sous la forme de limon , qui est le dernier résidu de leur entière décomposition. Ce limon, comme l’argile et la craie, n’est jamais parfaitement pur; et ces trois terres, quoique les plus simples de toutes, sont presque toujours mêlées de particules hétérogènes , et du dépôt des poussières de toute nature répandues dans l’air et dans l’eau.
Sur la grande couche d’argile qui enveloppe le globe, et sur les bancs calcaires auxquels cette même argile sert de base, s’étend la coudre universelle de la terre végétale qui recouvre la surface entière des continens terrestres ; et cette même terre n’est peut-être pas en moindre quantité sur le fond de la mer, où les eaux des fleuves la transportent et la déposent de tous les temps et continuellement , sans compter celle qui doit également se former des détrimens de tous les animaux et végétaux marins. Mais, pour ne parler ici que de ce qui est sous nos yeux , nous verrons que cette couche de terre productrice et féconde est toujours plus épaisse dans les lieux abandonnés à la seule nature que dans les pays habités , parce que cette terre étant le produit des détrimens
MINERAUX
des végétaux et des animaux , sa quantité ne peut qu’augmenter partout où l’homme et le feu, son ministre de destruction, n’anéantissent pas les êtres vivanset végétans. Dans ces terres indépendantes de nous , et où la nature seule régné, rien n’est détruit ni consommé d’avance ; chaque individu vit son âge : les bois , au lieu d’être abattus au bout de quelques années, s’élèvent en futaies et ne tombent de vétusté que dans la suite des siècles, pendant lesquels leurs feuilles, leurs menus branchages , et tous leurs déchets annuels et superflus, forment à leur pied des couches de terreau , qui bientôt se convertit en terre végétale, dont la quantité devient ensuite bien plus considérable par la chute de ces mêmes arbres trop âgés. Ainsi d’année en année, et bien plus encore de siècle en siècle, ces dépôts de terre végétale se sont augmentés partout où rien ne s’oppose à leur accumulation.
Cette couche de terre végétale est plus mince sur les montagnes que dans les vallons et les plaines, parce que les eaux pluviales dépouillent les sommets et les pentes de ces éminences , et entraînent le limon qu’elles ont délayé; les ruisseaux, les rivières, le charrient et le déposent dans leur lit, ou le transportent jusqu’à la mer; et, malgré cette déperdition continuelle des résidus de la nature vivante , sa force productrice est si grande , que la quantité de ce limon végétal augmenleroit partout si nous n’affamions pas la terre par nos jouissances anticipées et presque toujours immodérées. Comparez à cet égard les pays très-anciennement habités avec les contrées nouvellement découvertes : tout est forêts, terreau, limon, dans celles-ci ; tout est sable aride ou pierre nue dans les autres.
Cette couche de terre la plus extérieure du globe est non seulement composée des détrimens des végétaux et des animaux , mais encore des poussières de l’air et du sédiment de l’eau des pluies et des rosées ; dès lors elle se trouve mêlée des particules calcaires ou vitreuses dont ces deux élémens sont toujours plus ou moins chargés ; elle se trouve aussi plus grossièrement mélangée de sables vitreux ou de graviers calcaires dans les contrées cultivées par la main de l’homme ; car le soc de la charrue mêle avec cette terre les fragmens qu’il détache de la couche inférieure; et loin de prolonger la durée de sa fécondité , souvent la culture amène la stérilité. On le voit dans ces champs en montagnes où la terre est si mêlée, si couverte de fragmens et de débris de pierre,
que le laboureur est obligé de les abandonner ; on le voit aussi dans ces terres légères qui portent sur le sable ou la craie, et dont, après quelques années, la fécondité cesse par la trop grande quantité de ces matières stériles que le labour y mêle ; on ne peut leur rendre ni leur conserver de la fertilité qu’en y portant des fumiers et d’autres amendemens de matières analogues à leur première nature. Ainsi cette couche de terre végétale n’est presque nulle part un limon vierge, ni même une terre simple et pure; elle seroit telle si elle ne contenoit que les détrimens des corps organisés ; mais comme elle recueille en même temps tous les débris de la matière brute , on doit la regarder comme J un composé mi-parti de brut et d’organique , qui participe de l’inertie de l’un , et de l’activité de l’autre, et qui, par cette dernière propriété et par le nombre infini de ses combinaisons , sert non seulement à l’entretien des animaux et des végétaux, mais produit aussi la plus grande partie des minéraux , et particulièrement les minéraux figurés , comme nous le démontrerons dans la suite par différens exemples.
Mais auparavant il est bon de suivre de près la marche de la nature dans la production et la formation successive de cette terre végétale. D’abord composée des seuls détrimens des animaux et des végétaux , elle n’est encore, après un grand nombre d’années , qu’une poussière noirâtre , sèche , très-légère, sans ductilité, sans cohésion, qui brûle et s’enflamme à peu près comme i‘ la tourbe. On peut distinguer encore dans R ce terreau les fibres ligneuses et les parties L solides des végétaux; mais, avec le temps, .lin et par Faction et l’intermède de l’air et de j!e l’eau , ces particules arides de terreau ac- Fj quièrent de la ductilité et se convertissent L en terre limoneuse ; je me suis assuré de J< cette réduction ou transformation par mes F propres observations.
Je fis sonder en 1734, par plusieurs coups L de tarière, un terrain d’environ soixante- L dix arpens d’étendue , dont je voulois cou- f1 noître l’épaisseur de bonne terre , et où ™ j’ai fait une plantation de bois qui a bien r,. réussi : j’avois divisé ce terrain par arpens 14» et l’ayant fait sonder aux quatre angles de jl“f chacun de ces arpens , j’ai retenu la note jr? des différentes épaisseurs de terre, dont la ' moindre étoit de deux pieds, et la plus f forte de trois pieds et demi : j’étois jeune ü alors, et mon projet étoit de reconnoître, au bout de trente ans, la différence que ,fl produiroit sur mon bois semé 1 épaisseur iœ
DE LA TERRE VÉGÉTALE. agS
jdus ou moins grande de cette terre, qui partout étoit franche et de bonne qualité, l’observai , par le moyen de ces sondes , |ue, dans toute l’étendue de ce terrain , la îomposition des lits de terre étoit à très- )eu près la même , et j’y reconnus clairenent le changement successif du terreau en erre limoneuse. Ce terrain est situé dans me plaine au dessus de nos plus hautes colines de Bourgogne : il étoit, pour la plus ;raude partie , en friche de temps imménorial; et comme il n’est dominé par anime éminènce , la terre est sans mélange pparent de craie ni d’argile : elle porte tarlout sur une couche horizontale de pierre alcaire dure.
Sous le gazon , ou plutôt sous la vieille musse qui couvroit la surface de ce terain, il y avoit partout un petit lit de terre oire et friable , formée du produit des euilles et des herbes pourries des années précédentes; la terre du lit suivant n’étoit ue brune et sans adhésion : mais les lits u dessous de ces deux premiers prenoient Par degrés de la consistance et une couleur aunâtre, et cela d’autant plus qu’ils s’éloinoient davantage de la superficie du terain. I.e lit le plus bas , qui étoit à trois ' ieds ou trois pieds et demi de profondeur, loit d’un orangé rougeâtre, et la terre en toit très-grasse, très-ductile, et s’attachoit la langue comme un véritable bol *.
I i- M. Nadaull, ayant fait quelques expériences
pr cette terre limoneuse la plus grasse, m’a communiqué la note suivante. « Cette terre étant trèsuctile et pétrissable, j’en ai, dit-il, formé sans eine de petits gâteaux qui se sont promptement nbibés d’eau et renflés, et qui, en se desséchant, e sont raccourcis selon leurs dimensions. L’eaurte avec cette terre n’a produit ni ébullition ni fervescence ; elle est tombée au fond de la liqueur ms s’y dissoudre, comme l’argile la plus pure, ’en ai mis dans un creuset à un feu de charbon sez modéré avec de l’argile : celle-ci s’y est durcie l’ordinaire jusqu’à un certain point ; mais l’autre, u contraire, quoique avec toutes les qualités appabntes de l’argile, s’est extrêmement raréfiée, et a erdu beaucoup de son poids ; elle a acquis , à la prité , un peu de consistance et de solidité à sa iperficie, mais cependant si peu de dureté qu’elle est réduite en poussière entre mes doigts. J’ai lit ensuite éprouver à cette terre le degré de cha- !ur nécessaire pour la parfaite cuisson de la briue : les gâteaux se sont alors déformés : ils ont eaucoup diminué de volume , se sont durcis au Joint de résister au burin ; et leur superficie decnue noire , au lieu d’avoir rougi comme l’argile , «est émaillée, de sorte que cette lerre, en cet état , pproclioit déjà de la vitrification. Ces mêmes gâpaux, remis une seconde fois au fourneau et au uême degré de chaleur, se sont convertis en un éritable verre d’une couleur obscure, tandis qu’une |erablable cuisson a seulement changé en bleu foncé
Je remarquai dans cette terre jaune plusieurs grains de mine de fer; ils étoient noirs et durs dans le lit inférieur, et n’étoient que bruns et encore friables dans les lits supérieurs de cette même terre. Il est donc évident que les détrimens des animaux et des végétaux, qui d’abord se réduisent en terreau , forment , avec le temps et le secours de l’air et de l’eau , la terre jaune ou rougeâtre qui est la vraie terre limoneuse dont il est ici question; et de même on ne peut douter que le fer contenu dans les végétaux ne se retrouve dans cette lerre, et ne s’y réunisse en grains ; et comme cette terre végétale contient une grande quantité de substance organique, puisqu’elle n’est produite que par la décomposition des êtres organisés , on ne doit pas être étonné qu’elle ait quelques propi’iélés communes avec les végétaux : comme eux elle contient des parties volatiles et combustibles ; elle brûle en partie ou se consume au feu ; elle y diminue de volume, et y perd considérablement de son poids ; enfin elle se fond et se vitrifie au même degré de feu auquel l’argile ne fait que se durcir I 2. Cette terre limoneuse a encore la propriété de s’imbiber d’eau plus facilement que l’argile, et d’en absorber une plus grande quantité ; et comme elle s’attache fortement à la langue, il paroît que la plupart des bols ne sont que cette même terre aussi pure et aussi atténuée qu’elle peut l’être; car on trouve ces bols en pelotes ou en petits lits dans les fentes et cavités , où l’eau , qui a pénétré la couche de terre limoneuse , s’est, en même temps chargée des molécules les plus fines de cette même terre, et les a déposées sous cette forme de bol.
On a v^, à l’article de l’argile, le détail déjà fouille que je fis faire en 1748, pour reconnoître les différentes couches d’un terrain argileux jusqu’à cinquante pieds de profondeur : la première couche de ce terrain étoil d’une terre limoneuse d’environ trois pieds d’épaisseur. En suivant les travaux de celte fouille , et en observant avec soin les différentes matières qui en ont été
la couleur rouge de l’argile, en lui procurant un peu plus de dureté ; et j’ai en effet éprouvé t[u’ij n’y avoit qu’un feu de forge qui pût vitrifier celleci. » (Note remise par M. Nadault à M. de Buffon . en 1774.)
2. « La terre limoneuse que l’on nomme communément herbue , parce qu’elle gît sous l’herbe ou le gazon , étant appliquée sur le fer que l’on chauffe au degré de feu pour le soude., se gonfle et se réduit en un mâchefer noir, vitreux et sonore. » (Remarque de M. de Grignon .)
294 minéraux.
tirées , j’ai reconnu, à n’én 'pouvoir douter, que cette terre limoneuse étoit entraînée par l’infiltration des eaux à de grandes profondeurs dans les joints et les délits des couches inférieures, qui toutes éloient d’argile; j’en ai suivi la trace jusqu’à trentedeux pieds : la première couche argileuse la plus voisine de la terre limoneuse étoit mi-partie d’argile et de limon , marbrée des couleurs de l’un et de l’autre , c’est-à-dire de jaune et de gris d’ardoise ; les couches suivantes d'argile étoient moins mélangées ; et dans les plus basses, qui étoient aussi les plus compactes et les plus dures, la terre jaune, c’est-à-dire le limon, ne pénétroit que dans les petites fentes perpendiculaires, et quelquefois aussi dans les délits horizontaux des couches de l’argile. Celte terre limoneuse incrusloit la superficie des glèbes argileuses; et lorsqu’elle avoil pu s’introduire dans l’intérieur de la couche, il s’y trouvoit ordinairement des concrétions pyriteuses , aplaties et de figure orbiculaire, qui se joignaient par une espèce de cordon cylindrique de même substance pyriteuse, et ce cordon pyriteux aboutissoit toujours à un point ou à une fenie remplie de terre limoneuse. Je fus dès lors persuadé que cette terre contribuoit plus que toute autre à la formation des pyrites martiales , lesquelles, par succession de lemps, s’accumulent, et forment souvent des lits qu’on peut regarder comme les mines du vitriol ferrugineux.
Mais lorsque les couches de terre végétale se trouvent posées sur des bancs de pierres solides et dures , les stillations des eaux pluviales chargées des molécules de celle terre, élant alors retenues et ne pouvant descendre en ligne droile, serpentent entre les joints et les délits de la pierre, et y déposent celte matière limoneuse; et -comme l’eau s’insinue avec le temps dans les matières pierreuses, les parties les plus fines du limon pénètrent avec elle dans tous les pores de la pierre et la colorent souvent de jaune ou de roux; d’autres fois l’eau chargée de limon ne produit, dans la pierre, que des veines ou des. taches..
D’après ces observations , je demeurai persuadé que cette terre limoneuse , produite par l’entière décomposition des animaux et des végétaux, est la première matrice des mines de fer en grains, et qu’elle fournit aussi la plus grande partie des élémens nécessaires à la formation des pyrites. Les derniers résidus du détriment ultérieur des êtres organisés prennent donc la forme
de bol, de fer en grains, ét de pyrite ; mais lorsque au contraire les substances végétales n’ont subi qu’une légère décomposition, et qu’au lieu de se convertir en lerreau et ensuile en limon à la surface de la terre, elles se sont accumulées sous les eaux , elles ont alors conservé très-longtemps leur essence, et , s’étant ensuite bituminisées par le mélange de leurs huiles avec l’acide , elles ont formé les tourbes e! les charbons de terre.
U y a en effet une très-grande différence dans la manière dont s’opère la décompo sition des végétaux à l’air ou dans l’eau tous ceux qui périssent et sont gisans à h surface de la terre, étant alternativement humectés et desséchés, fermentent, et perdent par une prompte effervescence la plu; grande partie de leurs principes inflammables ; la pourriture succède à cette effer i| vescence; et, suivant les degrés de la pmi tréfaction , le végétal se désorganise , s( dénature, et cesse d’être combustible dè;e qu’il est entièrement pourri ; aussi le ter reau et le limon , quoique provenant deit végétaux, ne peuvent pas être mis au nom bre des matières vraiment combustibles ils se consument ou se fondent au feu plu tôt qu’ils ne brûlent; la plus grande partiè de leurs principes inflammables s’étant dis sipée par la fermentation , il ne leur reste que la terre, le fer, et les autres parties fixe: qui étoient entrées dans la composition ddi végétal.
Mais lorsque les végétaux, au lieu dt!
pourrir sur la terre , tombent au fond de: eaux, ou y sont entraînés, comme eelaar: rive dans les marais et sur le fond des mers où les fleuves amènent et déposent des ar f bres par milliers, alors toute cette substancif végétale conserve, pour ainsi dire, à jamai j, sa première essence ; au lieu de perdre se j principes combustibles par une prompte e F forte effervescence, elle ne subit qu’une fer f mentation lente et dont l’effet se borne à II i conversion de son huile eu bitume : ell< & prend donc sous l’eau la forme de tourbi F ou de charbon de terre, tandis qu’à l’air elli | n’auroit formé que du terreau et du limou |,
La quantité de fer contenue dans la terri I» limoneuse est quelquefois si considérable ■ qu’on pourroit lui donner le nom de terri ferrugineuse , et même la regarder comrai une mine métallique; mais, quoique cetti j terre limoneuse produise ou plutôt régénèn par sécrétion le fer en grains, et que l’ori gine primordiale de toutes les mines d< cette espèce appartienne à cette terre limo- >
DE LÀ TERRE VÉGÉTALE
is îeuse , néanmoins les minières de fer en les ;rains dont nous tirons le fer aujourd’hui '»nt presque toutes été transportées et ainean tées par alluvion , après avoir été lavées par lajhs eaux de la mer, c’est-à-dire séparées de les i terre limoneuse où elles s’étoient ancien-
ement formées.
La matière ferrugineuse, soit en grains, lesjbit en rouille , se trouve presque à la s uefjerficie de la terre en lits ou couches peu caisses; il semble donc que ces mines de ice r devroient être épuisées , dans toutes les po- mirées habitées, par l’extraciion continu uelle qu’on en fait depuis tant de siècles
I< 1. « On peut se faire une idée de la quantité de ^dt fines de fer qu’on tire de la terre dans le seul (J|, jyaume de France, par le calcul suivant:
de Daupbiné rendent. 4o liv.
de Bretagne 43
de Bourgogne 3o
de Champagne 33
de Normandie 3o
de Franche-Comté. . . 36 de Ber ri 34
de fonte pour 100 livres de
« Ce produit est le terme moyen dans chacune ' ; ces provinces : la variété générale est de 16 à ® pour cent.
1 « L’on peut regarder pour terme moyen du proit des mines de France 33 pour cent, qui est I ssi le plus général.
, k Le poids commun des mines lavées et préparti is pour être fondues est de 1 15 livres le nied cube. ÜS Il faut , sur ce pied , 22 pieds 1/2 cubes de mine br produire un mille de fonte qui rend coinmunenl 667 livres de fer forgé.
® : 11 y a eu France environ cinq cents fourneaux d fonderie qui produisent annuellement 3oo inil- 11s de fonte dont 1/6 passe dans le commerce en te moulée ; les 5/6 restans sont convertis en fer en produisent 168 millions, qui est le produit uel , à peu de chose près, de la fabrication des 31 Iges françoises.
3oo millions de fonte, à raison de 22 pieds 1/2 g aes de minerai par mille, donnent 7 millions q5o le pieds cubes de minerai, équivalant à 368o5 ;es et 1 20 pieds cubes.
mil c Or, comme le minerai de fer, surtout celui qui retire des minières formées par alluvion, telles sont celles de la majeure partie de nos procès , est mélangé de terre, de sable, de pierres, e coquilles fossiles, qui sont des matières étranes que l’on en sépare par le lavage ; que ces ières excèdent deux, trois, et souvent quatre le volume du minerai qui en est séparé par le ige , le crible, ët l’égrapoir, on peut donc 1er la masse générale du minerai extrait annuel- 110 jcnt en France des minières , et la porter à 4i6 toises cubes, qui est le total de l’extraction uelle des mines, non compris les déblais qui recouvrent. » ( Note communiquée par M. de M gnon )
in prenant un pied d'épaisseur pour mesure yenne des mines en grains que l’on exploite en nce , on a remué pour cela 662496 toises d’étensur un pied d’épaisseur ; ce qui fait 736 ars de 900 toises chacun, et 96 toises de plus de ’ain qu’on épuise de minerai chaque année , et idant un siècle 73610 arpens.
Et en effet le fer pourra bien devenir moins commun dans la suite des temps ; car la quantité qui s’en reproduit dans la terre végétale ne peut pas, à beaucoup près, compenser la consommation qui s’en fait chaque jour.
On observe, dans ces mines de fer, que les grains sont tous ronds ou un peu oblongs, que leur grosseur est la même dans chaque mine, et que cependant cette grosseur varie beaucoup d’une minière à une autre : cette différence dépend de l’épaisseur de la couche de terre végétale où ces grains de fer se sont anciennement formés ; car on voit que plus l’épaisseur de la terre est grande, plus les grains de mine de fer qui sry forment sont gros , quoique toujours assez petits.
Nous remarquerons aussi que ces terres dans lesquelles se forment les grains de la mine de fer paraissent être de la même, nature que les autres terres limoneuses où cette formation n’a pas lieu : les unes et les autres sont d’abord, dans les premières couches , noirâtres , arides, et sans cohésion; mais leur coideur noire se change en brun dans les couches inférieures , et ensuite en un jaune foncé : la substance de celte terre devient ductde ; elle s’imbibe facilement d’eau , et s’attache à la langue. Toutes les propriétés de ces terres limoneuses et ferrugineuses sont les mêmes, et la mine de fer en grains , après avoir été broyée et détrempée dans l’eau , semble reprendre les caractères de ces mêmes terres au point de ne pouvoir distinguer la poudre du minerai, de celle de la terre limoneuse. Le fer décomposé et réduit en rouille parait reprendre aussi la forme et les qualités de sa terre matrice. Ainsi la terre ferrugineuse et la terre limoneuse ne diffèrent que par la plus ou moins grande quantité de fer qu’elles contiennent , et la mine de fer en grains n’est qu’une sécrétion qui se fait dans cette même terre d’autant plus abondamment qu’elle contient une plus grande quantité de fer décomposé. On sait (pie chaque pierre et chaque terre ont leurs stalactites particulières et différentes entre elles , et que ces stalactites conservent toujours les caractères propres des matières qui les on! produites : la mine de fer en grains est, dans ce sens, une vraie stalactite de la terre limoneuse;; ce n’est d’abord qu’une concrétion terreuse, qui peu à peu prend de la dureté par la seule force de l’affinité de ses parties constituantes, et qui 11’a encore aucune des propriétés essentielles du 1er.
MINÉRAUX
Mais comment cette matière minérale
Î>eut-elle se séparer de la masse de terre imoneuse , pour se former si régulièrement en grains aussi petils , en aussi grande quantité, et d’une manière si achevée qu’il n’y en a pas un seul qui ne présente à sa surface le brillant métallique? Je crois pouvoir satisfaire à cette question par les simples faits que m’a fournis l’observation. L’eau pluviale s’infiltre dans la terre végétale, et crible d’abord avec facilité à travers les premières couches , qui ne sont encore que de la poussière aride des parties de végétaux à demi décomposés ; trouvant ensuite des couches plus denses, l’eau les pénètre aussi, mais avec plus de lenteur ; et lorsqu’elle est parvenue au banc de pierre qui sert de base à ces couches terreuses, elle devient nécessairement stagnante , et ne peut plus s’écouler qu’avec beaucoup de temps ; elle produit alors , par son séjour dans ces terres grasses, une sorte d’effervescence; l’air qui y étoit contenu s’en dégage , et forme , dans toute l’étendue de la couche, une infinité de bulles qui soulèvent et pressent la terre en tous sens , et y produisent un égal nombre de petites cavités dans lesquelles la mine de fer vient se mouler. Ceci n’est point une supposition précaire, mais un fait qu’on peut démontrer par une expérience très-aisée à répéter : en mettant dans un vase transparent une quantité de terre limoneuse bien détrempée avec de l’eau, et la laissant exposée à l’air dans un temps chaud, on verra , quelques jours après , cette terre en effervescence se boursoufler et produire des bulles d’air , tant à sa partie supérieure que contre les pai'ois du verre qui la contient; on verra le nombre de ces bulles s’augmenter de jour en jour , au point que la masse entière de la terre paroit en être criblée. Et c’est là précisément ce qui doit arriver dans les couches des terres limoneuses; car elles sont alternativement humectées par les eaux pluviales et desséchées selon les saisons. L’eau chargée des molécules ferrugineuses s'insinue par stillation dans toutes ces petites cavités ; et , en s’écoulant , elle y dépose la matière ferrugineuse dont elle s’étoit chargée en parcourant les couches supérieures, et elle en remplit ainsi toutes les petites cavités, dont les parois lisses et polies donnent à chaque grain le brillant ou le luisant que présente leur surface.
Si l’on divise ees grains de mine de fer en deux portions de sphère , 011 reconnoîtra qu’ils sont tous composés de plusieurs petites couches concentriques , et que , dans les
plus gros , il y a souvent une cavité sensible ordinairement remplie de la même substano ferrugineuse , mais qui n’a pas encore ac quis sa solidité, et qui s’écrase aisémen comme les grains de mine eux-mêmes , qu commencent à se former dans les première couches de la terre limoneuse : ainsi , dan chaque grain, la couche la plus extérieure qui a le brillant métallique, est la plus sc lide de toutes et la plus métallisée , parc qu’ayant été formée la première elle a reç par infiltration et retenu les molécules fer rugineuses les plus pures , et a laissé passe celles qui l’étoient moins pour former 1 seconde couche du grain; et il en est (j même de la troisième et de la quatrièm couche, jusqu’au centre, qui ne contiei que la matière la plus terreuse etlamoir métallique. Les œtides ou géodes ferruginei ses ne sont que de très-gros grains de min de fer, dans lesquels on peut voir et suivr plus aisément ce procédé de la nature.
Au reste , cette formation de la mine (h fer en grains , qui se fait par sécrétion dan la terre limoneuse , ne doit pas nous induir à penser qu’on puisse attribuer à cette caus la première origine de ce fer , car il existo 1 dans le végétal et l’animal avant leur décon | position; l’eau ne fait que rassembler lji| molécules du métal , et les réunir sous ! j forme de grains : on sait que les cendnij contiennent une grande quantité de paré j cules de fer ; c’est ce même fer contenu dar ! les végétaux que nous retrouvons en fora de grains dans les couches de la terre limn) neuse. Le mâchefer, qui, comme je l’if prouvé , n’est que le résidu des végétai t brûlés , se convertit presque entièrement < j rouille ferrugineuse : ainsi les végétaux, sel qu’ils soient consumés par le feu ou conson ji més par la pourriture , rendent égalemeif à la terre une quantité de fer peut-êh h beaucoup plus grande que celle qu’ils en oi f tirée par leurs racines, puisqu’ils reçoive] ît autant et plus de nourriture de l’air et (j f l’eau que de la terre. 1 1
Les observations rapportées ci-dessus d montrent en effet que les grains de la mil de fer se forment dans la terre végétale pi la réunion de toutes les particules ferruginf j ses que l’on sait être contenues dans les défi ? mens des végétaux et des animaux dont cèt ‘ terre est composée : mais il faut encore f ajouter tous les débris et toutes les poud$ J des fers usés par les frottemens, dont quantité est immense ; elles se trouvent di l;i séminées dans celte terre végétale et j î; réunissent de même en grains ; et comn ! ii
DE LA TERRE VÉGÉTALE. a&7
ïen n’est perdu dans la nature , ce fer , qui s régénère pour ainsi dire sous nos yeux , ïmbleroit devoir augmenter la quantité de elui que nous consommons : mais ces grains e fer qui sont nouvellement formés dans os terres végétales y sont rarement en as- ;z grande quantité pour qu’on puisse les ^cueillir avec profit ; il faudroit pour cela ue la nature , par une seconde opération , it séparé ces grains de fer du reste de la srre où ils ont été produits , comme elle l’a it pour l’établissement de nos mines de :r en grains , qui presque toutes ont jais été amenées et déposées par alluvion sur s terrains où nous les trouvons aujourd’hui. Le fer en lui-même et dans sa première •igine est une matière qui , comme les ailes substances primitives, a été produite ir le feu , et se trouve en grandes masses en roches dans plusieurs parties du globe, particulièrement dans les pays du nord r. est du détriment et des exfoliations de ces rémières masses ferrugineuses que provienent originairement toutes les particules ; fer répandues à la surface de la terre , qui sont entrées dans la composition des igétaux et des animaux. C’est do même ir les exsudations de ces grandes roches ; fer que se sont formées , par l'intermède i l’eau , toutes les mines spalhiques de ce étal, qui ne sont que des stalactites de s masses primordiales. Tous les débris des ches primitives ont été , dès les premiers mps , transportés et déposés , avec ceux :s matières vitreuses, dans toute l’étendue : la surface et des couches extérieures du obe.
Les premières terres limoneuses ayant été payées et entraînées par les eaux, ce grand vage aura fait la séparation de tous les ains de fer conlenus dans cette terre ; le ouvement de la mer aura ensuite transité ces grains avec les matières qui se sont ouvées d’un poids et d’un volume à peu ès égal , en sorte qu’après avoir séparé les ains de fer de la terre où ils s’étoient forés, ce même mouvement des eaux les I ra mêlés avec d’autres matières qui n’ont icun rapport avec leur formation : aussi s mines d’alluvion offrent-elles de grandes fférences , non seulement dans leur ménge, mais même dans leur gisement et ur accumulation.
i. On connoît les grandes roches de fer qui se juvent en Suède, en Russie, et en Sibérie; et telquos voyageurs m’ont assuré que la plus grande irtie du haut terrain de la Laponie n’est pour !nsi dire qu’une masse ferrugineuse.
On appelle mines dilatées ou mines en nappes les minières de fer en grains qui sont étendues sur une grande surface plane, et qui souvent forment des couches qu’on peut suivre très-loin. Ces mines sont ordinairement en très-petits grains, et presque toujours mélangées les unes de sable vitreux ou d’argile , les autres de petits graviers calcaires et de débris de coquilles. On nomme mines en nids ou en sacs celles qui sont accumulées dans les fentes et dans les intervalles qui se trouvent entre les rochers ou les bancs de pierre ; et ces mines en nids sont communément plus pures et en grains plus gros que les mines en nappes ; elles sont souvent mêlées de sables vitreux et de petits cailloux ; et , quoique situées dans les fentes des rochers calcaires , elles ne contiennent ni sable calcaire ni coquilles : leurs grains étant spécifiquement plus pesans que ces matières, n’ont été transportés qu’avec des substances d’égale pesanteur, tels que les petits cailloux, les calcédoines, etc.
Toutes ces mines de fer en grains ont également été déposées par les eaux de la mer : on les trouve plus souvent et on les découvi’e plus aisément au dessus des collines que dans le fond des vallons, parce que l’épaisseur de la terre qui les couvre n’est pas aussi grande ; souveut même les grains de fer se présentent à la surface du terrain , ou se montrent par le labour à quelques pouces de profondeur.
Il résulte de nos observations que la terre végétale ou limoneuse est la première matrice de toutes les mines de fer en grains, et il me semble qu’il en est de même de la pyrite martiale ; ce minéral , quoique de formes variées et différentes, est néanmoins toujours régulièrement figuré : or je crois pouvoir avancer que c’est du détriment des substances organisées que la pyrite tire en partie son origine; car elle se forme ou dans la couche même de la terre végétale , ou dans les dépôts de cette même terre, entre les joints des pierres calcaires et les délits des argiles , où l’eau , chargée de particules limoneuses, s’est insinuée par infiltration, et a déposé avec ces particules les élémens nécessaires à la composition de la pyrite.
Car quels sont en effet les élémens de sa composition? Du feu fixe, de l’acide, et de la terre ferrugineuse, tous trois intimement réunis par leur affinité. Or cette matière du feu fixe ne vient-elle pas du détriment des corps organisés et des substances inflammables qu’ils contiennent? le fer se trouve
MINERAUX
également dans ces mêmes détrimens , puisque tous les animaux et végétaux en recèlent, même de leur vivant, une assez considérable quantité ; et comme l’acide vitriolique abonde dans l’argile, on ne doit pas être étonné de voir des pyrites partout où la terre végétale s’est insinuée dans les argiles, puisque tous les principes de leur composition se trouvent alors réunis. Il est vrai qu’on trouve aussi des pyrites, et quelquefois en grande quantité, dans les masses d’argile, où il ne paroît pas que la terre limoneuse ait pénétré ; mais ces mêmes argiles contenant un nombre immense de coquilles et de débris de végétaux et d’animaux, les pyrites s’y seront formées de même par l’union des principes renfermés dans tous ces corps organisés.
La mine de fer en grains et la pyrite sont donc des produits de la terre végétale. Plusieurs sels se forment de même dans cette terre par les acides et les alcalis qui peuvent y saisir des bases différentes, et enfin les bitumes s’y produisent aussi par le mélange de l’acide avec les huiles végétales ou les graisses animales ; et comme cette couche extérieure du globe reçoit encore des déchets de tout ce qui sert à l’usage de l’homme, les particules de l’or et de l’argent, et de tous les autres métaux et matière de toute nature qui s’usent par les frottemens, on doit par conséquent y trouver une petite quantité d’or ou de tout autre métal.
C’est donc de cette terre , de cette poussière que nous foulons aux pieds, que la nature sait tirer ou régénérer la plupart de ses productions en tous genres; et cela seroit-il possible si cette même terre n’étoit pas mélangée de tous les principes organiques et actifs qui doivent entrer dans la composition des êtres organisés et des corps figurés ?
La terre limoneuse ayant été entraînée par les eaux courantes et déposée au fond des mers, accompagne souvent les matières végétales qui se sont converties en charbon de terre; elle indique par sa couleur les affleuremens extérieurs des veines de ce charbon. « Nous observerons, dit M. de Gensanne, que, dans tous les endroits où il se trouve des charbons de terre ou d’autres substances bitumineuses, on aperçoit des terres fauves plus ou moins foncées, qui, dans les Cévennes surtout, forment un indice certain du voisinage de ces charbons. Ces terres , bien examinées, ne sont autre chose que des roches calcaires, dissoutes par un acide qui leur fait contracter une qualité
ferrugineuse ,ret conséquemment cette coi leur ocreuse. Lorsque la dissolution de et pierres est en quelque sorte parfaite , h terres rouges qui en proviennent prenner une consistance argileuse, et forment d véritables bols ou des ocres naturelles. J’avoue que je ne puis être ici du sentimei de cet habile minéralogiste. Ces terres fai ves, qui se trouvent toujours dans le vois nage des charbons de terre, ne sont que d< couches de terre limoneuse ; elles peuvei être mêlées de matière calcaire ; mais elli sont en elles-mêmes le produit delà décon position des végétaux ; le fer qu’elles coi tenoient se change en rouille par l’humidit et le bol, comme je l’ai dit, n’est que partie la plus fine et la plus atténuée ( cette terre limoneuse qui n’a de commir avec l’argile que d’être, comme elle, ducti et grasse.
De la même manière que la terre végç taie, plus ou moins décomposée, a été aciennement transportée par les eaux, a formé les veines de charbon, de même matière ferrugineuse contenue dans la ter;, limoneuse a été transportée soit dans s< état de mine en grains , soit dans celui < rouille. Nous venons de parler de ces min de fer en grains , transportées par alluvio et déposées dans les fentes des rochers cé caires : les rouilles de fer et les ocres o été transportées et déposées de même p les eaux de la mer. M. Le Monnier, pr mier médecin ordinaire du Roi, décrit uil mine d’ocre qui se trouve dans le Berrj près de Vierzon , entre deux lits de sabl M. Guettard en a observé une autre à Bit: lieu qui n’est pas éloigné de Donzy en vernois ; elle est à trente pieds de profo deur, et porte, comme celle de Yierzon, s un lit de sable qui n’est point mêlé d’ocrc une autre à Saint-George sur la Prée da le Berri, qui est à cinquante ou soixan pieds de profondeur, la veine d’ocre poj tant également sur le sable; une troisier à Tanay en Brie, qui n’est qu’à dix-sept 1 dix-huit pieds de profondeur, et appuy de même sur un banc de sable. « L’ocre, < très-bien M. Guettard, est douce au to cher, s’attache à la langue, devient rou au feu, s’y durcit, y devient un mauv; verre si le feu est violent, donne beaucoijj de fer avec le phlogistique , et ne se dissof pas aux acides minéraux , mais à l’eau coi l muue. » Et il ajoute avec raison, que tout f les terres qui ont ces qualités peuvent êt | regardées comme de véritables ocres ; m< î je ne puis m’empêcher de m’écarter de s» j 1
IDE LÀ TERRE VÉGÉTALE. S99
îtiment , en ce qu’il pense que les ocres it des glaises ; car je crois avoir prouvé ■devant que ce sont des terres ferrugiuses qui ne proviennent pas des glaises argiles, mais de la terre végétale ou limouse, laquelle contient beaucoup de fer, îdis que les glaises n’en contiennent que :s-peu.
On trouve aussi des mines de fer en ocre rouille dans le fond des marécages et ; autres eaux stagnantes. Le limon des eaux ; pluies et des rosées, est une sorte de terre pétale qui contient du fer, dont les molécules uvent se rassembler dans celte terre limouse au dessous de l’eau comme au dessous la surface de la terre; c’est celte espèce de 11e de fer que les minéralogistes ont appelée 11a palusti'is : elle a les memes propriétés sert au même usage que les autres mines de en grains, et son origine primordiale est la ;me ; ce sont les roseaux, les j-oncs, et les au- !S végétaux aquatiques, dont les débris accualés au fond des maraisy forment les couches j cette terre limoneuse dans laquelle le fer trouve sous la forme de rouille. Souvent ; mines de marais sont plus épaisses et is abondantes que les mines terrestres, rce que les couches de terres limoneuses sont elles-mêmes plus épaisses, par la son que loutes les planies qui croissent ns les eaux y retombent en pourriture, qu’il ne s’en fait aucune consommation , lieu que , sur la terre, l’homme et le feu détruisent plus que la pourriture.
Je ne puis répéter assez que cetie couche terre végétale qui couvre la surface du )be est non seulement le trésor des riches- ; de la nature vivante, le dépôt des moléles organiques qui servent à l’entretien s animaux el des végétaux, mais encore magasin universel des élémens qui entrent ns la composition de la plupart des minéux. On vient de voir que les bitumes , les arbons de terre , les bols , les ocres , les nés de fer en grains , et les pyrites , en lent leur première origine, et nous prourons de même que le diamant et plusieurs très minéraux régulièrement figurés se unent dans cette même terre, matrices de lis les êtres.
Comme cette dernière assertion pourroit roître hasardée, je dois rappeler ici ce e j’ai écrit en 1772 sur la nature du diaant, quelques années avant qu’on eût fait > expériences par lesquelles on a démontré 1e c’étoit une substance inflammable : je vois présumé par analogie de sa puisjnce de réfraction , qui , comme celle de
toutes les huiles et autres substances inflammables , est proportionnellement beaucoup plus grande que leur densité. Cet indice , comme l’on voit, ne m’avoit pas trompé, puisque, deux ou trois ans après, on a vu des diamans s’enflammer et brûler au foyer du miroir ardent. Or je prétends que le diamant qui prend une figure régulière et se cristallise en octaèdre est un produit immédiat de la terre végétale; et voici la raison que je puis en donner d’avance , en attendant les preuves plus particulières que je réserve pour l’article où je traiterai de cette brillante production de la terre. On sait que les diamans , ainsi que plusieurs autres pierres précieuses, ne se trouvent que dans les climats du midi, et qu’on n’a jamais trouvé de diamans dans le nord, ni même dans les terres des zones tempérées : leur formation dépend donc évidemment de l’influence du soleil sur les premières couches de la terre ; car la chaleur propre du globe est à très - peu près la même à une petite profondeur dans tous les climats froids ou chauds. Ainsi ce 11e peut être que par cette plus grande influence du soleil sur les terres des climats méridionaux que le diamant s’y forme à l’exclusion de tous les autres climats; et comme cette influence agit principalement sur la couche la plus extérieure du globe, c’est-à-dire, sur celle de la terre végétale , et qu’elle n’a nulle action sur les couches intérieures, on ne peut attribuer qu’à cette même terre végétale la formation du diamant et des autres pierres précieuses qui ne se trouvent que dans les contrées du midi : d’ailleurs l’inspection nous a démontré que la gangue du diamant est une terre rouge semblable à la terre limoneuse. Ces considérations seules suffiroient pour prouver en général que tous les minéraux qui ne se trouvent que sous les climats les plus chauds, le diamant en particulier, ne sont formés que par les élémens contenus dans la terre végétale, et combinés avec la lumière et la chaleur que le soleil y verse en plus grande quantité que partout ailleurs.
Nous avons dit qu’il n’y a rien de combustible dans la nature que ce qui provient des êtres organisés; nous pouvons avancer de même qu'il n’y a rien de régulièrement figuré dans la matière que ce qui a été tra vaille par les molécules organiques, soit avant, soit après la naissance de ces mêmes êtres organisés : c’est par la grande quantité de ces molécules organiques contenues dans la terre végétale que se fait la production de tous les végétaux et l’entretien des ani-
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MINÉRAUX
maux ; leur développement, leur accroissement, ne s’opèrent que par la susception de ces mêmes molécules qui pénètrent aisément toutes les substances ductiles : mais lorsque ces molécules actives ne rencontrent que des matières dures et trop résistantes, elles ne peuvent les pénétrer, et tracent seulement à leur superficie les premiers linéamens de l’organisation qui forment les traits de leur figuration.
Mais revenons à la terre végétale prise en masse, et considérée comme la première couche qui enveloppe le globe. Il n’y a que très-peu d’endroits sur la terre qui ne soient pas couverts de cette terre; les sables brûlans de l’Afrique et de l’Arabie, les sommets nus des montagnes composées de quartz ou de granité , les régions polaires , telles que Spitzberg et Sandwich, sont les seules terres où la végétation ne peut exercer sa puissance, les seules qui soient dénuées de cette couche de terre végétale qui fait la couverture et produit la parure du globe. « Les roches pelées et stériles de la terre de Sandwich , dit M. Forster , ne paroissent pas couvertes du moindre grain de terreau , et on n’y remarque aucune trace de végétation.... Dans la baie de Possession, nous avons vu deux rochers où la nature commence son grand travail de la végétation 1 : elle a déjà formé une légère enveloppe de sol au sommet des rochers; mais son ouvrage avance si lentement , qu’il n’y a encore que deux plantes , un gramen et une espèce de pimprenelle.... A la Terre-de-Feu, vers l’ouest , et à la Terré- des-Élats , dans les cavités et les crevasses des piles énormes de rochers qui composent ces terres , il se conserve un peu d’humidité , et le frottement continuel des morceaux de roc détachés , précipités le long des flancs de ces masses grossières , produit de petites particules d’une espèce de sable : là, dans une eau stagnante, croissent peu à peu quelques plantes du genre des algues , dont les graines y ont été portées par les oiseaux. Ces plantes créent, à la fin de chaque saison, des atomes de terreau qui s’accroît d’une année à l’autre ; les oiseaux , la mer , et le vent , apportent d’une île voisine sur ce commencement de terreau les graines de quelques-unes des plantes à mousse qui y végètent durant la belle saison : quoique ces plantes ne soient pas véritablement des
i. C’est plutôt que le travail de la nature expire sur ces extrémités polaires ensevelies déjà par les progrès du refroidissement, et qui sont à jamais perdues pour la nature vivante.
mousses, elles leur ressemblent beaucoup, Toutes, ou du moins lapins grande partie croissent d’une manière anr1 i — -~
jue a ces re gions , et propre à former du terreau et di sol sur les rochers stériles. A mesure qui ces plantes s’élèvent , elles se répandent et tiges et en branches qui se tiennent ausî près l’une de l’autre que cela est possible elles dispersent ainsi de nouvelles graines et enfin elles couvrent un large canton ; le fibres, les racines, les tuyaux, et les feuille les plus inférieures , tombent peu à peu e putréfaction , produisent une espèce d tourbe ou de gazon , qui insensiblement s convertit en terreau et en sol. Le tissu serij de ces plantes empêche l’humidité qui e; au dessous de s’évaporer, fournit ainsi à 1 nutrition de la partie supérieure , et rêve à la longue tout l’espace d’une verdure coin stante.... Je ne puis pas oublier, ajoute ci naturaliste voyageur , la manière partiel lière dont croît une espèce de gramen dan l’île du Nouvel- An , près de la Terre-des États , et à la Géorgie australe. Ce gramei est perpétuel , et il affronte les hivers le plus froids. Il vient toujours en touffes o panaches, à quelque distance l’un de l’autre chaque année les bourgeons prennent uni nouvelle tète, et élargissent le panache* juin! qu’à ce qu’il ait quatre ou cinq pieds d> haut , et qu’il soit deux ou trois fois pli large au sommet qu’au pied. Les feuilles < les tiges de ce gramen sont fortes et sot vent de trois à quatre pieds de long. L< phoques et les pingouins se réfugient soi ces touffes; et comme ils sortent souvent c la mer tout mouillés , ils rendent si sr les et si boueux les sentiers entre les panii ches, qu’un homme ne peut y marcher qu’c sautant de la cime d’une touffe à l’aulri Ailleurs les oiseaux appelés nigauds s’eD parent de ces touffes et y font leurs nid Ce gramen et les éjections des phoque; des pingouins, et des nigauds, donnent pe à peu une élévation plus considérable au s du pays. >>
On voit par ce récit que la nature se se de tous les moyens possibles pour donner la terre les germes de sa fécondité , et poi la couvrir de ce terreau ou terre végéta qui est la base et la matrice de toutes si productions. Nous avons déjà exposé, à l’a ticle des 'volcans , comment les laves et to tes les autres matières volcanisées se coi verlissent avec le temps en terre féconde nous avons démontré la conversion du ver) primitif en argile par l’intermède de l’ea; Cette argile , mêlée des détrimens des an
DE LA TERRE VÉGÉTALE
marins, n’a pas été long-temps stérile; ■ar! bientôt produit et nourri des plantes mi a décomposition a commencé de fores couches de terre végétale, qui n’ont ’e » 'augmenter partout où ce travail sucrai de la nature n’a point trouvé d’obt au ou souffert de déchet, sib. a vu ci-devant que l’argile et le lime ou, si l’on veut, la terre argileuse et n; re limoneuse, sont deux matières fort euil entes , surtout si l’on compare l’argile ieu îu limon pur, l’une ne provenant que e | rre primitif décomposé par les élémens ent des , et l’autre n’étant au contraire que t .e, idu ou produit ultérieur de la décomii | on des corps organisés : mais, dès que si i mches extérieures de l’argile ont reçu im alignes impressions du soleil, elles ont ,eo s peu à peu tous les principes de la ,iei dité par le mélange des poussières de iIk et du sédiment des pluies; et bientôt jj, i'giles, couvertes ou mêlées de ces lii terreux, sont devenues presque aussi , (des que la terre limoneuse; toutes deux iit également spongieuses, grasses, douces , ( ucher, et susceptibles de concourir à ylj gétation par leur ductilité. Ces carac- „ communs sont cause que ni les minénj istes ni même les chimistes ne les ont |s ssez distinguées, et que l’on trouve en j eurs endroits de leurs écrits le nom de es argileuse au lieu de celui de terre s0 teuse. Cependant il est très-essentiel de j :s pas confondre , et de convenir avec S1 que les terres primitives et simples (l ent se réduire à trois, l’argile, la craie, i terre limoneuse , qui toutes trois dif- , ;it par leur essence autant que par leur ne.
; quoique la craie ou terre calcaire ;e être regardée comme une terre ani- , puisqu’elle n’a été produite que par létrimens des coquilles , elle est néanîs plus éloignée que l’argile de la nature > terre végétale : car cette terre calcaire evient jamais aussi ductile ; elle se re- ! long - temps à toute fécondation ; la eresse de ses molécules est si grande, îs- principes organiques qu’elle contient en si petite quantité que par elle-même demeureroit stérile à jamais , si le mêle de la terre végétale ou de l’argile ne communiquoit pas les élémens de la ndation. Nous avons déjà eu occasion iserver que les pays de craie et de pierre aire sont beaucoup moins fertiles que x d’argile et de cailloux vitreux; ces nés cailloux, loin de nuire à la fécondité,
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y contribuent en se décomposant; leur surface blanchit à l’air, et s’exfolie avec le temps en poussière douce , ductile ; et comme cette poussière se trouve en même temps imprégnée du limon des rosées et des pluies, elle forme bientôt une excellente terre végétale , au lieu que la pierre calcaire , quoique réduite en poudre , ne devient pas ductile , mais demeure aride , et n’acquiert jamais autant d’affinité que l’argile avec la terre végétale; il lui faut donc beaucoup plus de temps qu’à l’argile pour s’atténuer au point de devenir féconde. Au reste, toute terre purement calcaire, et tout sable encore aigre et purement vitreux, sont à peu près également impropres à la végétation , parce que les sables vitreux et la craie ne sont pas encore assez décomposés , et n’ont pas acquis le degré de ductilité nécessaire pour entrer seuls dans la composition des êtres organisés.
Et comme l’air et l’eau contribuent beaucoup plus que la terre à l’accroissement des végétaux , et que des expériences bien faites nous ont démontré que dans un arbre, quelque solide qu’il soit, la quantité de terre qu’il a consommée pour son accroissement ne fait qu’une très-petite portion de son poids et de son volume, il est nécessaire que la majeure et très-majeure partie de sa masse entière ait été formée par les trois autres élémens , l’air , l’eau , et le feu : les particules de la lumière et de la chaleur se sont fixées avec les parties aériennes et aqueuses pendant tout le temps du développement de toutes les parties du végétal. Le terreau et le limon sont donc produits originairement par ces trois premiers élémens combinés avec une très - petite portion de terre : aussi la terre végétale contient - elle très-abondamment et très-évidemment tous les principes des quatre élémens réunis aux molécules organiques; et c’est par cette raison qu’elle devient la mère de tous les êtres organisés, et la matrice de tous les corps figurés.
J’ai rapporté ailleurs des essais sur différentes terres dont j’avois fait remplir de grandes caisses, et dans lesquelles j’ai semé des graines de plusieurs arbres. Ces épreuves suffisent pour démontrer que ni les sables calcaires, ni les argiles, ni les terreaux trop nouveaux , ni les fumiers , tous pris séparément, ne sont propres à la végétation ; que les graines les plus fortes , telles que les glands , ne poussent que de très-foibles racines dans toutes ces matières , où ils ne font que languir et périssent bientôt : la terre végétale elle-même , lorsqu’elle est ré-
MINÉRAUX
duite en parfait limon et en bol , est alors trop compacle pour que les racines des plantes délicates puissent y pénétrer. La meilleure terre , après la terre de jardin , est celle qu’on appelle terre franche , qui n’est ni trop massive, ni trop légère, ni trop grasse, ni trop maigre, qui peut admettre l’eau des pluies sans la laisser trop promptement cribler, et qui néanriioins ne la retient pas assez pour qu’elle y croupisse. Mais c’est au grand art de l’agriculture que l’histoire naturelle doit renvoyer l’examen particulier des propriétés et des qualités des différentes terres soumises à la culture : l’expérience du laboureur donnera souvent des résultats que la vue du naturaliste n’aura pas aperçus.
Dans les pays habités, et surtout dans ceux où la population est nombreuse , et où presque toutes les terres sont en culture, la quantité de terre végétale diminue de siècle en siècle , non seulement parce que les engrais qu’on fournit à la terre ne peuvent équivaloir à la quantité des productions qu’on en tire, et que ordinairement le fermier avide ou le propriétaire passager, plus pressés de jouir que de conserver, effritent, affament leurs terres en les faisant porter an delà de leurs forces, mais encore parce que
cette culture donnant d’autant plus de duit que la terre est plus travaillée, divisée , elle fait qu’en même temps la I est plus aisément entraînée par les e; ses parties les plus fines et les plus subs tielles, dissoutes ou délayées, descen par les ruisseaux dans les rivières , et
rivières à la mer : chaque orage en i
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chaque grande pluie d’hiver, charge les eaux courantes d'un limon jaune doi quantité est trop considérable pour que oS tes les forces et tous les soins de l’hor puissent jamais en réparer la perte pa nouveaux amendemens. Cette déperdi est si grande et se renouvelle si souv qu’on ne peut même s'empêcher d’être é né que la stérilité n’arrive pas plus tôt, tout dans les terrains qui sont en pente les coteaux. Les terres qui les couvr?
étoient autrefois grasses, et sont déjà d nues maigres à force de culture ; elle!
deviendront toujours de plus en plus jusi ce qu’étant abandonnées à cause de j ® stérilité elles puissent reprendre , sou forme de friche , les poussières de l’a des eaux , le limon des rosées et des plu et les autres secours de la nature hier santé , qui toujours travaille à rétabli; que l’homme ne cesse de détruire.
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DU CHARBON DE TERRE
Nous avons vu , dans l’ordre successif des grands travaux de la nature, que les roches vitreuses ont été les premières produites par le feu primitif; qu’ensuite les grès, les argiles, et les schistes, se sont formés des débris et de la détérioration de ces mêmes roches vitreuses, par l’action des élémens humides , dès les premiers temps après la chute des eaux et leur établissement sur le globe ; qn’alors les coquillages marins ont pris naissance et se sont multipliés en innombrable quantité , avant et durant la retraite de ces mêmes eaux ; que cet abaissement des mers s’est fait successivement par l’affaissement des cavernes et grandes boursouflures de la terre qui s’étoient formées au moment de sa consolidation par le premier refroidissement ; qu’ensuite , à mesure que les eaux laissoient en s’abaissanl les parties hautes du globe à découvert , ces terrains élevés se couvroient d arbres et d’autres végétaux, les-
quels, abandonnés à la seule nature, croissoient et ne se multiplioient que ] périr de vétusté et pourrir sur la terre pour être entraînés , par les eaux courar au fond des mers; qu’enfin ces mêmes \ taux , ainsi que leurs délrimens en tern et en limon , ont formé les dépôts en a ou en veines que nous retrouvons auj d’hui dans le sein de la terre sous la fo de charbon ; nom assez impropre, p qu’il paroît supposer que cette matière gétale a été attaquée et cuite par le tandis qu’elle n’a subi qu’un plus ou m grand degré de décomposition par l’iit dité, et qu’elle s’est conservée au me de son huile convertie par les acides et tume.
Les débris et résidus de ces immense; rêts et de ce nombre infini de végétaux de plusieurs centaines de siècles avant l’b me , et chaque jour augmentés , multij
DU CHARBON DE TERRE
ans déperdition , ont couvert la surface de î terre de couches limoneuses qui de même nt été entraînées par les eaux , et ont forié en mille et mille endroits des dépôts en lasses et des couches d’une très - grande tendue sur le fond de la mer ancienne ; et e sont ces mêmes couches de matière véétale que nous retrouvons aujourd’hui à 'assez grandes profondeurs dans les argiles, ;s schistes , les grès , et autres matières de îconde formation qui ont été également [ansportées et déposées par les eaux : la ;conde formation de ces veines est donc ien postérieure à celle des matières primives, puisqu’on ne les trouve qu’avec leurs étrimens et dans les couches déposées par !S eaux , et que jamais on n’a vu une seule bine de ce charbon dans les masses primi- !ves de quartz ou de granité.
: Comme la masse entière des couches ou îines de charbon a été roulée , transporte , et déposée par les eaux en même temps | de la même manière que toutes les autres latières calcaires ou vitreuses réduites en I judre , la substance du charbon se trouve ’esque toujours mélangée de matières hésrogenes, et, selon qu’elle est pure, elle îvient plus utile et plus propre à la pré* aration qu’elle doit subir pour pouvoir remlacer comme combustible tous les usages ii bois : il y a de ces charbons qui sont si êlés de poudre de pierre calcaire 1 , qu’on 3 peut en faire que de la chaux, soit qu’on ls brûle en grandes ou en petites masses ;
| y en a d’autres qui contiennent une si bande quantité de grès , que leur résidu ,
» ares la combustion , n’est qu’une espèce de çjfble vitreux; plusieurs autres sont mélan- 8| îs de matière pyriteuse : mais tous sans j[ iception tirent leur origine de matières vé- Étales et animales, dont les huiles et les .j j-aisses se sont converties en bitume 2.
A Alais , et dans plusieurs autres endroits du anguedoc, on fait de la chaux avec le charbon 'ême, sans autre pierre ni matières calcaires que [)» dles qu’il contient, et aussi sans autre substance mbustible que son propre bitume , qui , après ;tre consumé, laisse à nu la base calcaire que le arbon contenoit en grande quantité.
2. M. de Gensahne distingue cinq espèces de larbon de terre qui sont, i° la houille, 2° le char- >n de terre cubique qu’on appelle aussi carré , le charbon à facettes ou ardoisé, 4° le charbon yet , 5° le bois fossile. Je dois observer que M. de ^nsanne est le seul des minéralogistes qui ait pré- ■nté cette division des charbons de terre dans laelle le bois fossile ne doit pas être compris tant 'il n’est pas bitumineux.
La houille est une terre noire bitumineuse et pmbustible ; elle se trouve toujours fort près de p| surface de la terre, et voisiue des véritables
Il y a donc beaucoup de charbons de terre trop impurs pour pouvoir être préparés et substitués aux mêmes usages que le charbon de bois ; celui qu’on pourroil appeler pur ne seroit pour ainsi dire que du bitume comme le jayet, qui me paroît faire la nuance entre les bitumes et le charbon de terre : mais dans les meilleurs charbons il se trouve toujours quelques-unes des matières étrangères dont nous venons de parler , et qu’il est difficile d’en séparer; la qualité du charbon est souvent détériorée par l’effervescence des pyrites martiales, occasionée par 1 humidité de la terre : comme cette effer\ escence ne se fait point sans mouvement et sans chaleur, c’est toujours aux dépens du charbon, parce que souvent celte chaleur le pénètre, le consume, et le dessèche; et lorsqu’on lui fait subir une demi - combustion semblable à celle du bois qu’on cuit en charbon , l’on ne fait que lui enlever et convertir en vapeur de soufre les parties pyriteuses, qui souvent y sont trop abondantes.
Mais avant de parler de la préparation et des usages infiniment utiles de ce charbon, il faut d’abord en considérer la substance dans son état de nalure ; il me paroît certain,
veines de charbon.... Le charbon de terre cubique a ses parties constituantes disposées par cubes arrangés les uns contre les autres ; de sorte qu’en les pilaut, même tres-menu , ces mêmes parties conservent toujours une configuration cubique: il est fort luisant à la vue ; il s’en trouve qui représente les plus belles couleurs de l’iris, qui ne sont que l’effet d’une légère efflorescence de soufre.... Le charbon à facettes ou ardoisé ne diffère du charbon cubique que par la configuration de ses parties constituantes , et qu’en ce qu’il est plus sujet que le précédent à renfermer des grains de pyrites qui détériorent sa qualité : on distingue à la vue simple qu’il est composé de petites lames entassées les unes sur les autres , dont l’ensemble forme de petits corps irréguliers rangés les uns à côté des autres.... Le charbon jayet est une substance bitumineuse plus ou moins compacte, lisse, et fort luisante ; il est plus pesant que les charbons précédens. Sa dureté est fort variable : il y en a qui est si dur qu’il prend un assez beau poli, et qu’on le taille comme les pierres ; on en fait dans bien des endroits des boutons d’habits , des colliers, et d’autres menus ouvrages de cette espèce : il y en a d'autre7 qui est si mou qu’on le pelote dans la main ; et toutes ces différences rie viennent que du plus ou du moins de substance huileuse que ce fossile-' renferme ; car il est bon de remarquer qu’il n’est point de charbon de terre, de quelque espèce qu’il soit, qui ne contienne une portion plus ou moins considérable d’une huile connue sous le nom de pétrole ou d 'asphalte. Le jayet n’est pas , comme le dit M. de Gensanne, plus pesant que les charbons de terre : il est au contraire plus léger; car les charbons de terre ordinaires ne surnagent point dans l’eau au , lieu que le jayet y surnage , et c est même par cette propriété qu’on peut le distinguer du charbon.
MINÉRAUX
comme je viens de le dire, que la matière qui en fait le fonds est entièrement végétale. J’ai cité les faits par lesquels il est prouvé qu’au dessus du toit et dans la couverture de la tête de toutes les veines de charbon il se trouve des bois fossiles et d’autres végétaux dont l’organisation est encore reconnoissable , et que souvent même on y rencontre des couches de bois à demi charbonnifié 1 ; on reconnoît les vestiges des végétaux non seulement dans la substance du charbon , mais encore dans les terres et les schistes dont ils sont environnés : il est donc évident que tous les charbons de terre tirent leur origine du détriment des végétaux.
De même on ne peut pas nier que le charbon de terre ne contienne du bitume, puisqu’il en répand l’odeur et l’épaisse fumée au moment qu’on le 'brûle. Or le bitume n’é-
r. Outre les impressions de plantes assez communes dans le toit de ces mines , on rencontre fréquemment , dans leur voisinage ou dans les fouilles qu’entraîne leur exploitation, des portions de bois, et même des arbres entiers.
M. l’abbé de Sauvages fait mention dans les Mémoires de l’Académie des Sciences , année 1743 , page 4*3, de fragmens de bois pierreux fortement incrustés du côté de l’écorce, d’un ou deux pouces de charbon de terre , dans lequel s’étoit faite cette pétrification.
II est très-ordinaire de trouver au dessus des mines de houille du bois qui n’est point du tout décomposé ; mais à mesure qu’on le trouve enfoui plus profondément, il est sensiblement plus altéré.
A Bull , près de Cologne et de Bonn, M. de Bury, fameux houilleur de Liège, en faisant fouiller dans un vallon, trouva une espèce de terre houille, qui n’étoit autre chose que du bois qui avoit été couvert par une montagne de terre.
Il y a plusieurs mines dans lesquelles on ne peut méconnoitre des troncs et des branches d’arbres qui ont conservé leur texture fibreuse, compacte, comme on en trouve à Querfurt , dont la couleur est d’un brun jaunâtre. M. Darcet a vu, dans la mine de Wentorcastle , un tronc de la grosseur d’un mât de petit vaisseau , qui étoit implanté dans l’argile, tout-.i-fait à l’extrémité et hors de la mine: la partie supérieure étoit du vrai charbon de terre absolument semblable à celui de la mine , tandis que la partie de dessous ce même tronc étoit encore du bois , et ne sautoit pas en éclats comme celle du dessus; mais elle se fendoit, et la hache y étoit retenue comme elle a coutume de s’arrêter dans le bois.
Outre ces troncs d'arbres épars, ces débris de bois , il est des endroits où l’on ne connoît pas de mines de charbon de terre, et où l’on rencontre, à une grande profondeur, des amas de bois fossiles , disposés par bancs séparés les uns des autres par des lits terreux, et qui présentent en tout des soupçons raisonnables d’un passage de la nature ligneuse à celle de la houille, d’une vraie transmutation de bois en charbon de terre. (Du charbon de terre , par M. Morand, p. 5 et 6.)
M. de Gensanne cite lui-même quelques mines de charbon de terre dont les têtes sont composées de bois fossiles.
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tant que de l’huile végétale ou de la graiss animale imprégnée d’acide , la substance en m tière du charbon de lerre n’est donc formé que de la réunion des débris solides et d l’huile liquide des végétaux, qui se sont en suite durcis par le mélange des acides. Cett vérité , fondée sur ces faits particuliers , s prouve encore par le principe général qu’au cune substance dans la nature n’est com bustible qu’en raison de la quanlité de ma tière végétale ou animale qu’elle contient puisqu’avant la naissance des animaux et de végétaux la terre entière a non seulemen été brûlée , mais fondue et liquéfiée par 1 feu : en sorte que toute matière puremeb brute ne peut brûler une seconde fois.
Et l’on auroit tort de confondre ici le soi fre avec les bitumes , par la raison qu’ils s trouvent souvent ensemble dans le charbo de terre. Le soufre ne provient que de I combustion des pyrites formées elles - mê mes de l’acide et du feu fixe contenus dan les substances organisées , au lieu que le bitumes ne sont que leurs huiles grossière imprégnées d’acide : aussi les bitumes n comiennent point de soufre et les soufres ni contiennent point de bitume. Ces deux com binaisons , opposées dans des matières qtj toutes deux proviennent du détriment de! fan corps organisés , indiquent assez que le! «M moyens employés par la nature pour le j former sont différens l’un de l’autre, puisqini s“ ces deux produits ne se réunissent ni ne s rencontrent ensemble. En effet , le soufr est formé par l’action du feu , et le bitum par celle de l’acide sur l’huile. Le soufre s produit par la combinaison du feu fixe contenu dans les su bsiances organisées lor: qu’il est saisi par l’acide vitriolique ; les b tûmes , au contraire , ne sont que les huih mêmes des végétaux décomposées par l’ea et mêlés avec les acides : aussi l’odeur d soufre et celle du bitume sont-elles très-di férentes dans la combustion; et l’un des pli grands défauts que puisse avoir le charbo de terre , surtout pour les usages de la mt tallurgie , c’est d’être trop mêlé de matièi pyriteuse, parce que, dans la combustion les pyrites donnent une grande quantité d soufre : l’excellente qualité du charbon viei au contraire de la pureté de la matière vt gétale et de l’intimité de son union avec 1
cot sont vèes mi cir et §liè Mai
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i. Si l’on objecte qu’il se produit du soufre ne seulement par le feu, mais sans feu, et par ce qi l’on appelle la voie humide , comme dans les vo ries et les fosses d’aisances , je répondrai que < passage ou changement ne se fait que par une e , fervescence accompagnée d’une chaleur qui fait i> le même effet que le feu.
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DU CHARBON DE TERRE
ntume ; néanmoins les charbons trop bitunineux ont peu de chaleur, et donnent une lamine trop passagère ; et il paroît que la larfaite qualité du charbon vient de la paraite union du bitume avec la base terreuse, pii ne permet que successivement les progrès et le développement du feu.
Or les matières végétales se sontaccumuées en masses , en couches , en veines , en lions, ou se sont dispersées en petits voumes , suivant les différentes circonstances ; !t lorsque ces grandes masses , composées le végétaux et de bitume, se sont trouvées Voisines de quelques feux souterrains, elles >nt produit, par une espèce de disldlation laturelle, les sources de pétrole, d’asphalte, ;t des autres bitumes liquides que l’on voit ij fouler quelquefois à la surface de la terre, U nais plus ordinairement à de certaines pro- | ondeurs dans son intérieur , et même au nj ond des lacs 1 et de quelques plages de la mjner2. Ainsi toutes les huiles qu’on appelle jj errestres , et qu’on regarde vulgairement iJtomme des huiles minérales , sont des bitun nés qui tirent leur origine des corps organisés, et qui appartiennent encore au régné I égétal ou animal; leur inflammabilité , la (ji lonstance et la durée de leur flamme, la d pian ité très-petite de cendres ou plutôt de | naiiere charbonneuse qu’ils laissent apres I a combustion , démontrent assez que ce ne j ont que des huiles plus ou moins dénatuei ées par les sels de la terre, qui leur donu| îent en même temps la propriété de se durcir et de faire ciment dans la plupart des j natières où ils se trouvent incorporés. x{ Mais , pour nous en tenir à la seule con- 5| idération du charbon de terre dans son :tat de nature, nous observerons d’abord yj| tu’on peut passer par degrés de la tourbe l’çj écente et sans mélange de bitume à des r) ourbes plus anciennes devenues bitumineu- 1(j les, du bois charbonnifié aux véritables charj jons de terre, et que par conséquent on ne | leut goère douter , indépendamment des |t ireuves rapportées ci-devant , que ces charions ne soient de véritables végétaux que le jjjj itume a conservés. Ce qui me fait insister
(j i- L’asphalte est en très-grande quantité dans la jl 1er Morte de Judée , à laquelle on a même donné p nom de lac Asphaltique ; ce bitume s’élève à la o urface de l’eau, et les voyageurs ont remarqué UC ans les plaines voisines de ce lac plusieurs pierres t mottes de terre bitumineuses.
e 2. Flaccour dit avoir vu entre le cap Vert et le ct ip de Bonne Espérance un espace de mer qui avoit s ne teinture jaune, comme d'une huile ou bitume l“l ui surnageoit, et qui, venant à se figer par suc- .. îssion de temps , durcit ainsi que l’ambre jaune u succin.
Buffobt. II.
sur ce point c’est qu’il y a des observateurs qui donnent à ces charbons une tout autre origine : par exemple, M. Genneté prétend que le charbon de terre est produit par un certain roc ou grès auquel il donne le nom d 'agas 3 ; et M. de Gensanne , l’un de nos plus savans minéralogistes , veut que la substance de ce charbon ne soit que de l’argile. La première opinion n’est fondée que sur ce que M. Genneté a vu des veines de charbon sous des bancs de grès ou d’agas , lesquelles veines paraissent s’augmenier ou se régénérer dans les endroits vides dont on a tiré le charbon quelques années auparavant ; il dit positivement que le roc {agas) est la matrice du charbon ; que dans le pays de Liège la masse de ce roc est à celle du charbon comme 20 sont à i, en sorte qu’il y a vingt-cinq pieds cubiques de roc pour un pied cube de charbon, et qu’il est étonnant que ces vingt-cinq pieds de roc suffisent pour fournir le suc nécessaire à la formation d’un pied cube de charbon. II assure qu’il se reproduit dans ces mêmes veines trente ou quarante ans après qu’elles ont été vidées, et que ce charbon nouvellement produit les remplit dans ce même espace de temps. « On voit, ajoutet-il, que la houille est formée d’un suc bitumineux qui distille du roc, s’y arrange en veines d’une giande régularité, s’y durcit comme la pierre; et voilà a ssi sans doute pourquoi elle se reproduit. Mais pendant mille ans qu’une veine de houille demeure entre les bancs de roc qui la soutiennent et la couvrent sans aucun vide, et sans que cette veine augmente en épaisseur non plus qu’en long et en large, et encore sans qu’elle fasse de dépôt ailleurs, autant qu’on sache, que devient donc le suc bitumineux qui, dans quarante ans , peut reproduire et produit en effet une semblable veine? Je ne sais, continue-t-il, s’il est possible de dévoiler ce mystère. »
M. Genneté est peut-être de tous nos minéralogistes celui qui a donné les meilleurs renseigncmens pour l’exploitation des mines de charbon, et je rends bien volontiers jus tice au mérite de cet habile homme , qui a joint à une excellente pratique de très-bon-