La matrice dans laquelle s’arrangent les
veines de houille est une sorte de grès dur comme du fer, dans l’intérieur de la terre , mais qui se réduit en poussière lorsqu’il est exposé à l’air : les houilleurs nomment cette pierre agas. » J’ai vu de ces pierres pyriteuses , qui sont en effet trcs-dures, dans l’intérieur de la terre, et dont on ne peut percer les bancs qu'à force de poudre, et qui se décomposent à l’air; elles se trouvent assez souvent au dessus des veines de charbon.
MINERAUX
nés remarques ; mais sa théorie, que je viens d’exposer, ne me paroît tirée que d’un fait particulier, dont il ne falloit pas faire un principe général. Il est certain , et je l’ai vu moi-mèrne , qu’il se forme dans quelques circonstances des charbons nouveaux par la stillation des eaux , de la même manière qu’il se forme de nouvelles pierres, des albâtres, et des marbres nouveaux, dans tous les endroits qui se trouvent au dessous des matières de même espèce : ainsi, dans une veine de charbon tranchée verticalement et abandonnée depuis du temps, on voit sur les parois et entre les petits liis de l’ancien charbon une concrétion ordinairement brune et quelquefois blanchâtre, qui n’est qu’une véritable stalactite ou concrétion de la même nature que le charbon dont elle tire son origine par la filtration de l’eau. Ces incrustations charbonneuses peuvent augmenter avec le temps, et peut-être remplir, dans une longue succession d’années, une fente de quelques pouces , ou , si l’on veut , de quelques pieds de largeur : mais, pour que cet effet soit produit, il est nécessaire qu’il y ait au dessus ou autour de la fente ou cavité qui se remplit une masse de charbon , laquelle fournil non seulement le bitume, mais encore les autres parties composantes de ce charbon qui se forme, c’est-à-dire la partie végétale , sans quoi ce nouveau charbon ne ressembleroit pas à l’autre, et s il ne découloit que du bitume , la stillation ne formeroit que du bitume pur et non pas du charbon. Or M. Gennelé convient et même affirme que les veines anciennement vidées se remplissent en quarante ans de charbon tout semblable à celui qu’elles contenoient, et que cela ne se fait que par le suintement du bitume fourni par le roc voisin de cette veine; des lors il faut qu’il convienne aussi que cette veine 11e pourroit , par ce moyen, être remplie d’autre chose que de bitume, et non pas de charbon. Il faut de même qu’il fasse attention à une cbose très-naturelle et très-possible, c’est qu’il y a certaines pierres, agas, ou autres, qui non seulement sont bitumineuses , mais encore mélangées par lits ou par filons de vraie matière de charbon , et que très - probablement les veines qu’il dit s’être remplies de nouveau étoient environnées et couvertes de cette espèce de roche à demi charbonneuse; et dès lors ce mystère qu’il ne croit pas possible de dévoiler est un effet très simple et très-ordinaire dans la nature. Il me semble qu’il n’est pas nécessaire d’en dire davantage pour qu'on soit bien convaincu que ja-
mais ni le grès , ni l’agas , ni aucune autre roche, n'ont été les matrices d’aucun charbon de terre, à moins qu’ils n’en soient euxmêmes mélangés en très-grande quantité.
L’opinion de M. de Gensanne est beaucoup mieux appuyée, et ne me paroît s’éloigner de la vérité que par un point sui lequel il étoit facile de se méprendre , c’est de regarder l’argile et le limon , ou , poui mieux dire, la terre argileuse et la terre li moneuse , comme n’élant qu’une seule et même chose. Le charbon de terre, selor M. de Gensanne, est une terre argileuse, mêlée d’assez de bitume et de soufre pom qu’elle soit combustible. «A la vérité, dit il , ce charbon dans son état naturel ne com tient aucun soufre formé; mais il en ren-i ferme tous les principes, qui, dans le moment de la combustion , se développent , si combinent ensemble, et font un véritabli soufre. »
Il me semble que ce savant auteur n’au roit pas dû faire entrer le soufre dans sa dé i finition du charbon de terre, puisqu’il avou< que le soufre ne se forme que dans sa coin bustion. Il 11e fait donc pas partie réelle d‘ la composition naturelle du charbon; et ei effet, l’on connoîl plusieurs de ces charbon qui 11e donnent point de soufre à li com bustion. Ainsi l’on 11e doit pas compter HÎ A soufre dans les matières dont tout charbd|j| êtw de terre est essentiellement composé , ni dirl jl ^ avec M. de Gensanne qu’on doit regarde! m les veines de charbon de terre comme d'J ^ vraies mines de soufre. Et ce qui prouvjl^ évidemment que , dans le charbon pur , i J *déi n’y a point de soufre formé, c’est qu’en raf I ^0|' finant le cuivre, le plomb, et l’argent, ave.J^r du charbon pur, on 11’observe pas la momlplus dre décomposition du métal ; point de mattey^w point de plackmall, même après plusieurliecl] heures de chauffe J. l®t
Mais un autre point bien plus important j «dei c’est l’assertion positive que le fonds d; , charbon de terre n’est que de l’argile ; e) I nées t sorte que, suivant ce physicien, tous les nâ J“e|f turalistes se sont trompés lorsqu’ils ont dij^
dan:
que ces charbons étoient des débris de forêt et d’autres végétaux ensevelis par des bon leversemens quelconques. « Il est vrai , coït, tinue-t-il, que la mer Baltique charrie tou les printemps une quantité de bois qu’ell amène du Nord, et qu’elle arrange par cou ; ches sur les côtes de la Prusse, qui sont suc; cessi veinent recouvertes par les sables : mai ces bois ne deviendroient jamais charbon d
1. Note communiquée par M. Le Camus de Li mare, le 5 juillet ij&o.
fres*ar
DU CHARBON DE TERRE. 3o7
; terre s’il n’y survenoit pas une substance - bitumineuse qui se combine avec eux pour leur donner cetie qualité ; sans cette combinaison ils se pourriront et deviendront terre.» Ceci m’arrête une seconde fois; car l’auteur convenant que le charbon de terre peut se former de bois et de bitume, pourquoi veutil que tous les charbons soient composés de J terre argileuse? et ne suffit-il pas de dire que , partout où les bois et autres débris de J végétaux se seront bituminisés par le mélange d l’acide, ils seront devenus charbons J de terre? et pourquoi composer cette matière I combustible d une matière qui ne peut brû- | 1er? N’y a-t-il pas nombre de charbons qui I brûlent en entier , et ne laissent après la I combustion que des cendres même encore ii plus douces et plus fines que celles du bois 1 ? y , Il est donc très-certain que ces charbons qui brûlent en entier ne contiennent pas plus d’argile que le bois ; et ceux qui se boursouflent dans la combustion et laissent une sorte de scorie semblable à du mâchefer léger n’offrent ce résidu que parce qu’ils sont en effet mêlés , non pas d’argile , mais de limon , c’est-à-dire de terre végétale, dans laquelle toutes les parties fixes du bois se
Isont rassemblées : or j’ai démontré en plusieurs endroits de cet ouvrage, et surtout dans les mémoires de la partie expérimentale, que l’origine du mâchefer ne doit point être attribuée au fer, puisqu’on trouve le même mâchefer dans le feu de l’orfèvre, comme dans celui du forgeron, et que j’ai fait mot-même du mâchefer en grande quantité avec du charbon de bois seul et sans addition d’aucun minéral : dès lors le charbon de terre doit en produire comme le charbon de bois; et lorsqu’il en donne en plus grande quantité, c’est que, sous le même volume, il contient plus de parties fixes que le charbon de bois. J’ai encore prouvé, dans ces mêmes mémoires et dans l’article précédent, que le limon ou la terre végétale est
i. « A Birmingham on emploie dans les cheminées une autre espèce de charbon qui est plus cher que le charbon de terre ordinaire : on l’appelle flew-coal ; la mine est siluée à sept milles au nord de Birmingham , à IVedgbory near JVursal in Staffords /lire on le tire par gros morceaux qui ont
beaucoup de consistance, et il se vend trois pence and penny le cent , du poids de cent douze livres , i faisant à peu près un quintal, poids de marc. Ce charbon s’allume avec du papier, comme du bois de sapin ; sa flamme est blanche et claire; son feu très-ardent : il est d’ailleurs sans odeur, et il se réduit en une cendre blanche aussi légère que celle du bois. Cette espèce de charbon n’a point été dé- ! crite dans M. Morand, ni dans aucun autre ouvrage de ma connoissance. » ( Note communiquée par M. Le Camus de Limace , le 5 juillet 17&0.)
le dernier résidu des végétaux décomposes, qui d’abord se réduisent en terreau et par succession de temps en limon; j’ai de même averti qu’il ne falloit pas confondre cette terre végétale ou limoneuse avec l'argile, dont l’origine et les qualilés sont toutes différentes, même à l’égard des effets du feu, puisque l’argile s’y resserre et que le limon se boursoufle ; et cela seul prouveroit qu’il n’^ a jamais d’argile , du moins en quantité sensible, dans le charbon de terre, et que dans ceux qui laissent , après la combustion, une scorie boursouflée , il y a toujours une quantité considérable de ce limon formé des parties fixes des végétaux ; ainsi tout charbon de terre pur n’est réellement composé que de matières provenant plus ou moins immédiatement des végétaux.
Pour mieux entendre la génération primitive du charbon de terre et développer sa composition, il faut se rappeler tous les degrés et même tâcher de suivre les nuances de la décomposition des végétaux, soit à l’air , soit dans l'eau : les feuilles , les herbes, et les bois abandonnés et gisans sur la terre, commencent par fermenter; et, s’ils sont accumulés en masses, cette effervescence est assez forte pour les échauffer au point qu’ils brûlent ou s’enflamment d’eux-mêmes; l’effervescence développe donc toutes les parties du feu fixe que les végétaux contiennent; et ces parties ignées étant une fois enlevées, le terreau produit par la décomposition de ces végétaux n’est qu’une espèce de terre qui n’esl plus combustible, pai'ce qu’elle a perdu, et pour ainsi dire exhalé dans l’air, les principes de sa combustibilité. Dans l’eau la décomposition est infiniment plus lente, l’effervescence insensible, et ces mêmes végétaux conservent très-long-temps, et peut-être à jamais , les principes combustibles qu’ils auroient en très-peu de temps perdus dans l’air. Les tourbes nous repré sentent cette première décomposition des végétaux dans l’eau ; la plupart ne contiennent pas de bitume et 11e laissent pas de brûler. Il en est de même de tous ces bois fossiles noirs et luisans qui sont décomposés au point de ne pouvoir en connoître les espèces, et qui cependant ont conservé assez de leurs principes inflammables pour brûler, et qui ne donnent en brûlant aucune odeur de bitume ; mais lorsque ces bois ont été long-temps enfouis ou submergés, ils se sont bituminisés d’eux-mêmes par le mélange de leur huile avec les acides; et quand ces mêmes bois se sont trouvés sous des couches de terre mêlées de pyrites ou abreuvées de
sucs vitrioliques , ils sont devenus pyriteux ; et, dans cet état, ils donnent en brûlant une forte odeur de soufre.
En suivant celte décomposition des végétaux sur la terre, nous verrons que les herbes, les roseaux, et meme les bois légers et tendres, tels que les peupliers, les saules, donnent, en se pourrissant, un terreau noir tout semblable à la terre que l’on trouve souvent par petits lits très-minces au dessus des mines de charbon ; tandis que les bois solides , tels que le chêne, le hêtre , conservent de la solidité, même en se décomposant, et forment ces couches de bois fossiles qui se trouvent aussi très-souvent au dessus des mines de charbon. Enfin le terreau, par succession de temps, se change en limon ou terre végétale, qui est le dernier résidu de la décomposition de tous les êtres organisés. L’observation m’a encore démontré cette vérité : mais tout le terreau dont la décomposition se sera faite lentement , et qui ne s’étoit pas trouvé accumulé en grandes masses, n’aura par conséquent pas perdu la totalité de ses ' principes combustibles par une prompté fermentation, et le limon, qui n’est que le terreau même seulement plus atténué, aura aussi conservé une partie de ces mêmes principes. Le terreau, en se changeant en limon, de noir devient jaune ou roux par la dissolution du fer qu'il contient ; il devient aussi onctueux et pétrissable par le développement de son huile végétale : dès lors lout terreau et même tout limon, n’étant que les résidus des substances végétales, ont également retenu plus ou moins de leurs principes combustibles ; et ce sont les couches anciennes de ces mêmes bois , terreaux et limons, lesquelles se présentent aujourd’hui sous la forme de tourbe, de bois fossile, de houille, et de charbon ; car il est encore nécessaire , pour éviter toute confusion , de distinguer ici ces deux dernières matières , quoique la plupart des écrivains aient employé leurs noms comme synonymes : mais nous n’adopterons, avec M. de Gensanne, celui de houille 1 que pour ces
i. M. Morand, de l’Académie des Sciences, qui a fait un très-grand et bon ouvrage sur le charbon de terre , a regardé, avec la plupart des minéralogistes , les noms de houille et de charbon de terre comme synonymes : il dit que dans le pays de Liège on distingue les matières combustibles des mines en houille grasse , en houille maigre , en charbons forts, et en charbons foibles.... Celte houille grasse s’emploie à Liège dans les foyers ; elle se colle aisément au feu ; elle rend plus de chaleur que la houille maigre.... Elle se réduit , pour la plus grande partie , en cendres grisâtres , mais plus graveleuses que celles du bois ; son feu
terres noires et combustibles qui se trouvent souvent au dessus et quelquefois au dessous des veines de charbon, et qui sont l’un des plus sûrs indices de la présence de ces fossiles ; et ces houilles ne sont autre chose que nos terreaux 2 purs ou mêlés d’une petite quantité de bitume.
La vase qui se dépose dans la mer par couches inclinées suivant la pente du terrain , et s’élend souvent à plusieurs lieues du rivage, comme à la Guiane, n’est autre chose que le terreau des arbres ou autres végétaux qui trop accumulés sur ces terres inhabitées, sont entraînés par les eaux courantes ; et les huiles végétales de cette vase, saisies par les acides de la mer , deviendront , avec le temps, de véritables houilles bitumineuses, mais toujours légères et friables, comme le terreau dont elles tirent leur origine, tandis que les végétaux eux-mêmes moins décomposés, étant de même entraînés et déposés par les eaux , ont formé les véritables veines de charbon de terre , dont les caractères distinciifs et différens de ceux de la houille se reconnoissent à la pesanteur du charbon, toujours plus compacte que la houille, et au gonflement qu’il prend au ] feu en s’y boursouflant comme le limon , et ,
est trop ardent, et elle est trop grasse pour que I les maréchaux puissent s’en servir : le feu de la 1
houille maigre est plus foible ; elle est presque gé- (
néraleinent en usage pour les fenx domestiques.... | , Elle dure plus long-temps au feu ; et lorsque son ] peu de bitume est consumé , elle se réduit en 1 braise qu’on allume, sans qu’elle donne de l’odeur i ni presque de fumée. Les charbons forts sont d’une ! couleur noire plus décidée et plus frappante que les charbons foibles; ils sont gras au toucher et comme onctueux par la grande quantité de bitume I qu’ils contiennent : ces charbons forts sont excel- j lens dans tous les cas où il faut un feu d’une grande j violence , comme dans les plus grosses forges ; ils pénètrent également les parties du fer, les rendent P propres à recevoir toutes sortes d’impressions , 11
réunissent même les parties qui ne seroient pas j assez liées: mais, par sa trop grande ardeur, ce charbon fort ne convient pas plus aux maréchaux que la houille grasse.
Le charbon foible est toujours un charbon qui il) se trouve aux extrémités d’une veine ; il donne 1 j beaucoup moins de chaleur que le charbon fort , i et ne peut servir qu’aux cloutiers , aux maréchaux, ! et aux petites forges , pour lesquelles on a besoin !P d’un feu plus doux.... Son usage ordinaire est pour Jjo les briquetiers on tuiliers, et pour les fours à j|j chaux , où le feu trop violent des charbons forts | pénétreroit trop précipitamment les parties de la terre et de la pierre, les diviseroit, et les détrui- !f
roit .. Les charbons foibles se trouvent aussi dans II
les veines très- minces; ils sont toujours menus , et j souvent en poussière.
2. « C’est dans une pareille terre que j’ai trouvé, à huit pieds de profondeur, des racines encore p très-reconnoissables , environnées de terreau où l’ori aperçoit déjà quelques couches de petits cubes de :j charbon. » ( Note communiquée par M. de Morceau.) J j
DU CHARBON DE TERRE
An donnant de même une scorie plus ou noins poreuse.
Ainsi je crois pouvoir conclure, de ces l'éflexions et observations, que l’argile n’eni Ire que peu ou point dans la composition lu charbon de terre ; que le soufre n’y entre ^ jue sous la forme de matière pyriteuse qui I >e combine avec la substance végétale , de liorte que l’essence du charbon est entière- 1 nent de matière végétale , tant sous la for- Ine de bitume que sous celle du végétal même. Les impressions si multipliées des llifférentes plantes qu’on voit dans tous les fichistes limoneux qui servent de toits aux I reines de charbon sont des témoins qu’on lie peut récuser, et qui démontrent que c’est Juix végétaux qu’est due la substance combustible que ces schistes contiennent.
1 Mais, dira-t-on, ces schistes, qui non I eulemeni couvrent , mais accompagnent et ■ enveloppent de tous côtés ét en tous lieux les veines de charbon, sont eux- mêmes des iijirgiles durcies et qui ne laissent pas d’être /Combustibles. A cela, je réponds que la ■méprise est ici la même : ces schistes com- Ipustibles qui accompagnent la veine du
Iparbon sont , comme l’on voit , mêlés de
l a substance des végétaux dont ils portent les impressions; la même matière végétale hui a fait le fonds de la substance du charbon a du se mêler avec le schiste voisin ; Jet dès lors ce n’est plus du schiste pur ou lue la simple argile durcie, mais un composé [le matière végétale et d’argile, un schiste limoneux imprégné de bitume, et qui dès lors a la propriété de brûler. Il en est de jjjnéme de toutes les autres terres combustibles que l’on pourvoit citer ; car il ne faut ; pas perdre de vue le principe général que ■bous avons établi, savoir, que rien n’est Combustible que ce qui provient des corps organisés.
Après avoir considéré la nature du charbon de terre, recherché son or i Ane , et montré que sa formation est postérieure à a naissance des végétaux , et même encore postérieure à leur destruction et à leur accumulation dans le sein de la terre, il faut maintenant examiner la direction, la situa- :ion, et l'étendue des veines de cette matière, pii, quoique originaire de la surface de la erre, ne laisse pas de se trouver enfoncée i de grandes profondi urs; elle occupe même îles espaces très-considérables et se renconre dans toutes les parties du globe. Nous sommes assurés, par des observations constantes , que la direction la plus générale des veines de charbon est du levant au couchant,
et que quand cette allure (comme disent les ouvriers ) est interrompue par une faille , qu'ils appellent caprice de pierre, la veine que cet obstacle fait tourner au nord ou au midi reprend bieulôt sa première direction du levant au couchant. Celle direction, commune au plus grand nombre des veines de charbon, est un effet particulier dépendant de l’effet général du mouvement qui a dirigé toutes les matières transportées par les eaux de la mer, et qui a rendu les pentes de tous les terrains plus rapides du côté du couchant. Les charbons de terre ont donc suivi la loi générale imprimée par le mouvement des eaux à toutes les matières qu’elles pouvoieni transporter , et en même temps ils ont pris l’inclinaison de la pente du terrain sur lequel ils ont été déposés , et sur lequel ils sont disposés toujours parallèlement à cette pente; en sorte que les veines de charbon, même les plus étendues, courent presque toutes du levant au couchant',- et ont leur inclinaison au nord en même temps qu’elles sont plus ou moins inclinées dans chaque endroit, suivant la pente du terrain sur lequel elles ont été déposées; il y en a même qui approchent de la perpendiculaire ; mais celle grande différence dans leur inclinaison n’empêche pas qu’eu général cette inclinaison n’approche, dans chaque veine, de plus en plus de la ligne horizontale, à mesure que l’on descend plus profondément; c’est alors l’endroit que les ouvriers appellent le plateur de la mine, c’est-à-dire le lieu plat et horizontal auquel aboutit la partie inclinée de la veine. Souvent, en suivant ce plateur fort loin , on trouve que la veine se relève et remonte non seulement dans la même direction du levant au couchant, mais encore sous le même degré à très- peu près d’inclinaison qu’elle avoit avant d’arriver au plateur ; mais ceci n’est qu’un effet particulier, et qui n’a été encore reconnu que dans quelques contrées, telles que le pays de Liège ; il dépend de la forme primitive du terrain, comme nous l’expliquerons tou» à l’heure; d’ordinaire, lorsque les veines inclinées sont arrivées à la ligne du niveau, elles ne descendent plus , et ne remontent pas de l’autre côte de celte ligne *.
i. «L’inclinaison des veines de charbon, dit M. de Gensanne, n’affecte pas une aire de vent déterminée ; il y en a qui penchent vers le levant d’autres vers te couchant, et ainsi des autres points de l’horizon : elles n’ont rien de commun non nlus avec le penchant des montagnes dans lesquelles elles se trouvent. » Je dois observer que ce rapport de l’inclinaison des veines avec le penchant des montagnes a existé anciennement et nécessaire*
MlNÉRAtnt.
3io
A cette disposition générale des veines, il faut ajouter un fait tout aussi général, c’est que la même veine va en augmentant d’épaisseur à mesure qu’elle s’enfonce plus profondément, et que nulle part son épaisseur n’est plus grande que tout au fond, lorsqu’on est arrivé au plateur ou ligne horizontale. Il est donc évident que ces couches ou veines de charbon, qui, dans leur inclinaison, suivent la pente du terrain, et qui deviennent en même temps d’autant plus épaisses que la pente est plus douce , et encore plus épaisses dès qu’il n'y a plus de pente, suivent en cela la même loi que toutes les autres matières transportées parles eaux, et déposées sur des terrains inclinés. Ces dépôts faits par alluvion sur ces terrains en pente ne sont pas seulement composés de veines de charbon, mais encore de matières de toute espèce, comme de schistes, de grès, d’argile, de sable, de craie , de pierre calcaire , de pyrites; et, dans cet amas de matières étrangères qui séparent les veines , il s’en trouve souvent qui sont en grandes masses dures et en bancs inclinés , toujours parallèlement aux veines de charbon.
Il y a ordinairement plusieurs couches de charbon les unes au dessus des autres, et séparées par une épaisseur de plusieurs pieds et même de plusieurs toises de ces matières étrangères. Les veines de charbon s’écartent rarement de leur direction : elles peuvent, comme nous venons de le dire, former quelque inflexion; mais elles reprennent ensuite leur première direction. Il n’en est pas absolument de même de leur inclinaison : par exemple , si la veine la plus extérieure de charbon a son inclinaison de dix degrés , la seconde veine, quoique à vingt ou trente pieds plus bas que le première, aura, dans le même endroit , la même inclinai on d’environ dix degrés; et si, en fouillant plus profondément, il se trouve une troisième, une quatrième veine, etc., elles auront encore à peu près le même degré d’inclinaison : mais ce n’est que quand elles ne sont séparées que par des couches d’une médiocre épaisseur ; car si la seconde veine, par exemple, se trouve éloignée de la première par une épaisseur très-considérable , comme de cent cinquante ou deux cents pieds perpendiculaires, alors cette veine, qui est à deux cents pieds au dessous de la première , est moins inclinée, parce qu’elle prend plus d’épais-
inent, et l’observation de M. de Gensanne doit être particularisée pour les terrains qui ont subi des chaiigftneiis depuis le temps du dépôt des veines. Voyez ci ajjrès.
seur à mesure qu’elle descend , et qu’il en est de même de la masse intermédiaire de matières étrangères , qui sont aussi toujours plus épaisses à une plus grande profondeur.
Pour rendre ceci plus sensible, supposons un terrain en forme d’entonnoir, c’est-à-dire une plaine environnée de collines dont les pentes soient à peu près égales : si cet entonnoir vient à se remplir par des alluvions successives, il est certain que l’eau déposera ses sédimens tant sur les pentes que sur le fond : et , dans ce cas , les couches déposées se trouveront également épaisses en descendant d’un côté et en remontant de l’autre ; mais ce dépôt formera sur le plan du fond une couche plus épaisse que sur les pentes , et cette couche du fond augmentera encore d’épaisseur par les matières qui pourront descendre de la pente : aussi les veines 3 de charbon sont-elles, comme nous venons de le dire, toujours plus épaisses sur le plateur que dans le cours de leur inclinaison; les lits qui les séparent sont aussi plus épais par la même raison. Maintenant , si , dans ce même terrain en entonnoir, il se fait un second dépôt de la même matière de char- E bon, il est évident que , comme l’entonnoir ? est rétréci et les pentes adoucies par le premier dépôt, cette seco-nde veine, plus exté- 1 rieure que la première , sera un peu moins 6 inclinée, et n’aura qu’une moindre étendue j dans son plateur; en sorte que, s’il s’est 1 formé de cette même manière plusieurs ! veines les unes au dessus des autres , et chacune séparée par de grandes épaisseurs de ^ matières étrangères, ces veines et ces ma- j tières auront d’autant plus d’inclinaison J qu’elles seront plus intérieures , c’est-à-dire j plus voisines du terrain sur lequel s’est tait lf le premier dépôt; mais comme celte diffé- q rence d’inclinaison n’est pas fort sensible Ép dans les veines qui ne sont pas à de grandes distances les unes des autres en profondeur, j p les minéralogistes se sont accordés à dire u que toutes les veines de charbon sont par- P faitemenl parallèles : cependant il est sur i„(i que cela n’est exactement vrai que quaud H les veines ne sont séparées que par des lits ! j de médiocre ou de petite épaisseur; car 1 celles qui sont séparées par de grandes épais- j s; seurs ne peuvent pas avoir la même incli- • naison, à moins qu’on ne suppose un en- U lonuoir d’un diamètre immense, c’est-à-dire « line contrée entière comme le pays de Liège, | ' dont tout le sol est composé de veines de : charbon jusqu’à une très -grande profon- i ife deur. J ,S
DU CHARBON DE TERRE. .Bit
| M. Genncté a donné rémunération 1 de Liège, et j’ai cru devoir en donner ici le j toutes les couches ou veines de charbon de tableau, quoiqu’il y ait beaucoup plus de la montagne de Saint-Gilles au pays de fictif et de conjectural aue de réel dans son
Ii. « Pour donner, dit-il , l’idée ta plus complète e la marche variée des veines qui garnissent un nême terrain , j’ai choisi la montagne de Saintïilles près de Liège, qui est presque dans le iniieu de la trace où ces veines filent du levant au :ouchant, et où le penchant de la montagne fait lécouvrir le plus grand nombre de veines, avec les dus grandes profondeurs auxquelles on puisse les tteindre.. . Le diamètre du plateau (de cette monagne) est d’environ mille pieds: c’est aussi la longueur de la première veine.... qui s’étend de tous ôtés , tant en longueur qu’en largeur, ainsi que - ous les autres qui suivent. »
il listance du gazon à la première l' veine » »
■ épaisseur de cette première veine, i 3 \t! Cette première veine n’a par- Itout qu’un seul lit ou épaisseur
J uniforme : elle a un doigt d’é- ,1 paisseur de /louage (terre noire, Imeuble , qui se trouve dessous ïjou entre les bancs de houille)
I jen dessous ; ce qui la rend trèslïfacile à l’exploitation, flfistance de la première à la se-
flconde veine. » »
épaisseur de la deuxième veine., i 7 ilj Elle est séparée en deux lits par Iran doigt d’épaisseur de houage.
listance de la deuxième à la
troisième veine » »
paisseur de la troisième veine. 4 3
f Cette troisième veine est queljlquefois séparée en deux par un
■ ou deux pieds de roc; et, à Ifprendre la chose en général, on :beut compter depuis un pied 1 jusqu’à une el même deux toises ilijue distance entre ces deux lits Ide houille, qui ne font cependant qu’une seule veine.
stance de la troisième à la
uatrième veine »> »
paisseur de la quatrième veine. 1 7
Elle a trois pouces de houage [en bas ; sa houille est bonne, et brûle comme le charbon du llmeilleur bois.
EPAISS. DIST.
distance de la quatrième à la
■cinquième veine »
■ paisseur de la cinquième veine. 1 Il Cette cinquième veine est mêlée ■Ile pierres qui prennent la moillié de son épaisseur, et la rédui- Ijpent à sept ou huit pouces, divi- ■Bés en trois couches ; elle ren- I èrme quelquefois des pyrites a)| sulfureuses qui lui donnent une adeur désagréable en brûlant, djistance de la cinquième à la
l| âxième. veine . . »
paisseur de la sixième veine.. . »
■ jistance de la sixième à la septième veine »
! paisseur de cette septième veine. 2
E PA.ISS. DIST.
La houille de cette veine est de bonne qualité ; c’est à cette veine que commence à toucher la grande faille qui coupe ensuite toutes celles qui sont au dessous.
Distance entre la septième et la
huitième veine. . .
Épaisseur de la huitième veine. .
Elle est séparée en deux par une épaisseur de deux à trois pouces de pierres ; et a en dessous environ trois pouces de houage.
Distance de la huitième à la neuvième veine
Épaisseur de la neuvième veine..
Elle est séparée en trois branches par deux lits de pierres qui font qu’elle ne vaut presque rien.
Distance de la neuvième à la
dixième veine
Épaisseur de cette dixième veine.
Elle est de bonne qualité, quoique difficile à exploiter.
Distance de la dixième à la onzième veine. . . ;
Epaisseur de cette onzième veine.
Elle a en dessous deux ou trois doigts d’épaisseur de houage, et est excellente.
Distance de la onzième à la douzième veine
Épa isseur de cette douzième veine.
La houille de cette veine répand une mauvaise odeur en brûlant, parce qu’elle renferme des boutures ou pyrites sulfureuses,• exposée à l’air pendant les plu'es, celle qui est émiettée fermente et s'enflamme d’ellemème , et c’est pour cela qu’on ne peut exploiter cette veine pendant l’hiver , puisque la houille ne pourroit se conserver en tas à l’air libre pour la vente, sans accident.
Distance de la douzième à la treizième veine.. . «
Épaisseur de cette treizième veinej Elle est divisée en trois bancs par deux lits de pierres, d’un à deux doigts d’épaisseur, et a en dessous environ un demidoigt de houage.
Distance de la treizième à la quatorzième veine.» . .........
Épaisseur de cette quatorzième
veine
Elle est séparée en deux branches presque égales par un banc de pierres noires et de veine mitoyenne ( ou fausse veine terreuse, qui n’est ni de vraie houille , ni proprement
MINERAUX
exposition. Il prétend que ces veines sont au nombre de soixante-une , et que la dernière est à quatre mille cent vingt-cinq pieds
liégeois de profondeur, tandis que , dans k réalité et de lait , les travaux les plus pro fonds de la montagne de Saint-Gilles n«
terre, ni véritable pierre, mais un composé des trois fondues ensemble) , le tout d’un pied d’épaisseur, et a en dessous deux ou trois doigts d’épaisseur de bouage.
Distance de la quatorzième à la
quinzième veine » »
Epaisseur de cette quinzième
veine 3 3
Elle est quelquefois séparée en deux par un lit de pierres et de matière bitumineuse ; ce qui n'empêche pas que la veine ne soit excellente.
Distance de la quinzième à la
seizième veine » »
Épaisseur de cette seizième veine. 3 »
Elle est quelquefois d’une seule pièce, et d’autres fois elle a trois couches ; alors celle de dessus et celle de dessous sont les plus épaisses : souvent il y a un peu de bouage, et souvent il n’y en a point
Distance de la seizième à la dix-
septième veine » »
Épaisseur de cette dix-septième
veine .... 3 »
11 y a un lit de deux doigts d’épaisseur qui la divise en deux branches ; c’est encore ici une veine d’élite : il y a depuis deux jusqu’à cinq doigts d’épaisseur de houage sous cette veine.
Distance de la dix-septième à la
dix-huitième veine » »
Épaisseur de cette dix-huitième
veine x 3
Cette veine est bonne ; elle est tantôt d'une seule pièce, et lantôt de deux couches : elle a quelquefois du houage, et d’autres fois elle n’en a point.
Distance de la dix- huitième à la
dix-neuvième veine » »
Epaisseur de cette dix-neuvième
veine 5 6
Elle a un lit de pierres qui la divise en deux branches ; et ce lit, n’étant que d’un pied en quelques endroits , se trouve de plusieurs pieds d’épaisseur en d’autres : il y a un demi-pied de houage sous la dernière couche du bas; la veine a quelquefois des pyrites sulfureuses.
Distance de la dix-neuvième à la
vingtième veine. ... » »
Epaisseur de cette vingtième veine. 3 »
Elle est quelquefois d’une seule pièce, et d’autres fois de deux couches qui sont séparées par un doigt de houage,
Distance de la vingtième à la
vingt-unième veine » » 98
Épaisseur de cette vingt-unième
veine » 2 »
Elle est souvent séparée en deux couches par un lit de sept à huit pouces de roc ; celle de 77 » dessus est la plus épaisse, et est
quelquefois divisée par deux » » doigts de houage.
Distance de la vingt-unième à la
vingt-deuxième veine » » 49
Épaisseur dé cette vingt-deuxième
veine 4 » »
C’est la meilleure de toutes les veines ; cependant il s’y trouve 56 J> quelquefois des pyrites , mais
» » aisées à séparer : elle a deux
doigts de houage en bas.
Distance de la vingt-deuxième à
la vingt-troisième veine » » 28
Épaisseur de cette vingt-troisième
veine 1 7 »
La houille donne au feu un peu de mauvaise odeur : elle a trois couches ; celle d’en bas et celle 42 » d’en haut sont les plus épaisses :
il y a un doigt de houage sous i> » celle du milieu ; la veine con-
tient souvent des pyrites.
Distance de la vingt- troisième à
la vingt-quatrième veine » » 42
Épaisseur de cette vingt-quatrième veine » 7 »
Il y a un demi-pied de houage en dessous.
Distance de la vingt-quatrième à
91 » la vingt-cinquième veine » » 35
Épaisseur de cette vingt- cin-
» » quième veine 1 2 »
Elle contient beaucoup de pyrites sulfureuses, et est divisée en deux couches.
Distance de la vingt-cinquième à
la vingt-sixième veine j> » 84
Epaisseur de cette vingt-sixième
87 » veine 3 3 »
Elle est aussi divisée en deux » » couches, et a depuis deux jus-
qu’à trois pouces de houage au dessous.
Distance de la vingt-sixième à la
vingt-sepiième veine » » 45
Épaisseur de cette vingt-septième
veine..... 2 3 »
Cette veine est bonne et toute d’une pièce.
Distance de la vingt-septième à
la vingt-huitième veine » » 42
^2 » Epaisseur de cette vingt-huitième
» » veine . . . 2 3 »
Cette veine est bonne et aussi d’une seule pièce ; elle a deux doigts de houage.
Distance de la vingt-huitième à
DU CHARBON DE TERRE
sont parvenus qu’à la vingt-troisième veine , laquelle ne se trouve qu’à douze cent quatrevingt-huit pieds liégeois, c’est-à-dire à mille
EPAISS. DIST.
la vingt-neuvième veine
Épaisseur de cette vingt-neuvième veine
Il y a deux lits de pierres qui divisent la veine en trois ; l’un de ce s lits de pierres a trois pouces , et l’autre un pied d’épaisseur ; elle est mise au nombre des meilleures veines , et a un pouce de houage au milieu. Distance de la vingt-neuvième à
la trentième veine..
Epaisseur de cette trentième veine.
Elle est divisée en deux couches ; il y a quelquefois du houage, et toujours des pyrites sulfureuses.
pistance de la trentième à la,
trente -unième veine
Epaisseur de cette trente-unième
veine.
11 y a deux lits de pierres qui la divisent en trois branches, et qui ont chacun sept à huit pouces d’épaisseur : ces trois branches donnent de la houille qui est peu estimée.
Instance de la trente-unième à
la trente- deuxième veine
Êpaîss. de cette trente-deuxième
veine
C’est ici une bonne veine divisée en deux couches par une épaisseur de deux doigts de houage.
| distance entre la trente-deuxième et la trente-troisième veine. . . .
paisseur de cette trente-troisième veine
11 y a un lit de pierres de sept jpouces d’épaisseur qui la divise en deux branches à peu près égales : la houille de cette veine est un peu moins noire que celle des autres veines; il y a trois doigts de houage au dessous, (istance entre la trente-troisième ,el la trente-quatrième veine.. . .
(paisseur de cette trente- qua-
soixante-treize pieds de Paris de profondeur, suivant le calcul même des distances rapportées par cet auteur. Les autres travaux
veine . 3 » »
11 y a deux lits de pierres , chacun de quatre à cinq pouces d’épaisseur , qui séparent la veine en trois branches : cette veine porte sur deux doigts de houage, et renferme quelquefois des pyrites sulfureuses.
Distance de la trente-sixième à
la trente-septième veine » » 35
Epaisseur de cette trente-septième veine 2 7 »
11 y a un lit de pierres qui divise la veine en deux branches, dont la supérieure a un demidoigt de houage : cette veine renferme quelques pyrites.
Distance de la trente -septième à
la Irente-huitième veine >i » 28
Epaisseur de cette trente-huitième veine 1 » »
Souvent cette veine est d’une seule pièce, et souvent elle est divisée en deux couches , dont l’inférieure porte sur une épaisseur de deux doigts de houage.
Distance de la trente-huitième à
la trente- neuvième veine » » 4
Epaisseur de cette trente- neuvième veine.. .. 1 5 »
Celle veine a deux couches; celle de dessus est la plus épaisse et porte sur un doigt de houage.
Distance de la trente-neuvième à
la quarantième veine » » 42
Épaisseur de cette quarantième
veine...., » 7 »
Distance de la quarantième à la
quarante-unième veine : » « 56
Épaisseur de cette quarante-
unième veine. 2 3 »
Celte veine est 'composée de deux couches ; celle de dessous est la plus épaisse et porte sur deux doigts de houage.
Distance de la quarante-unième à la quarante-deuxième veine. .. . « »
Épaisseur de cette quarante-
11 y a encore ici trois couches
Il y a un lit de pierres de deux
le houille , dont la supérieure
doig s d’épaisseur qui divise la
;st la plus épaisse , avec un
veine en deux branches ; celle
llemi-doigt de houage au des-
de dessus est la plus forte , et
1 sous.
celle de dessous a trois doigts
[istance de la trente-quatrième à
de houage.
1 a trente-cinquième veine 53 » 70 »
Distance de la quarante-deuxième
[paisseur de cette trenle-cin-
à la quarante-troisième veine...
Ijuièine veine 37 » »
Épaisseur de cette quarante-troi-
1 Cette trente-cinquième veine
sième veine
1 ;st bonne ; elle a deux doigts de
Distance de la quarante-troisième
1 louage au dessous.
à la quarante-quatrième veine..
lli istance de la trente-cinquième
Epaisseur de cette quarante-qua-
;à la trente-sixième veine. » » pi »
trième veine
jpaisseur de cette trente-sixième
Distance de la quarante-qua-
MINÉRAUX
des environs ne sont pas aussi profonds. M. Genneié a donc eu tort de faire entendre que les mines du pays de Liège ont été
ÉPÂISS. DIST.
trième à la quarante-cinquième
veine
Épaisseur de cette quarante-cinquième veine
Elle est divisée en deux couches , celle de dessous a deux doigts de houage.
Distance de la quarante - cinquième à la quarante-sixième
veine..
Épaisseur de cette quarante-
sixième veine
Distance de la quarante-sixième à
la quaraute-septième veine
Épaisseur de cette quarante-septième veine
Elle est composée de deux couches ; celle d’en bas a un doigt d’épaisseur de houage.
Distance de la quarante-septième à la quarante-huitième veine...
Épaisseur de cette quarante-huitième veine
Distance de la quarante-huitième à la quarante-neuvième veine. .
Epaisseur de cette quarante-neuvième veine
Distance de la quarante- neu vième à la cinquantième veine.
Épaisseur de cette cinquantième
veine
Distance de la cinquantième à la cinq ua n te- unième veine. ......
Épaisseur de cette cinquante-
unièine veine
Distance de la cinquante unième à la cinquante-deuxième veine.
Épaisseur de cette cinquante-
deuxième veine
Elle est divisée en deux couches ; celle de dessous a quatre pouces de houage.
Distance de la cinquante-deuxième à la cinquante - troisième
veine
Epaisseur de cette cinquante-troisième veine
Il y a un lit de pierres d’un pied d’épaisseur qui divise la veine en deux branches ; celle d’en bas a un pied de houage.
Distance de la cinquante troisième à la cinquante-quatrième
veine
Épaisseur de cette cinquante-quatrième veine
Elle est difficile à exploiter à cause des pierres qui s’y trouvent mêlées.
Distance de la cinquante-quatrième à la cinquante-cinquième
veine
Épaisseur de cette cinquante-cinquième veine .
Cette veine est bonne , facile à
» » io5 »
fouillées jusqu’à quatre mille cent vingt-cinq pieds de profondeur; tout ce qu’il auroit pt j dire, c’est que si l’on vouloit exploiter par le sommet de la montagne de Saint-Gillet j sa soixante-unième veine, il faudroit creuseï ! jusqu’à quaire mille cent vingt-cinq pieds J de profondeur perpendiculaire, c’est-à-dirt ; à trois mille quaire cent trenie-huit pieds de ' Paris, si toutefois cette veine conserve M même courbure qu’il lui suppose. Rejetanl ! donc comme conjecturales el peut-être imaginaires toutes les veines supposées pai
ÉPÂISS. DIST.
exploiter, avec trois pouces de houage en dessous.
Distance de la cinquante - cin quième à la cinquante-sixième
veine
Épaisseur de cette cinquante-
sixième veine
Elle est divisée en deux couches ; celle de dessus est la plus épaisse et porte sur un doigt d’épaisseur de houage : il y a ici une faille dont on a déjà parlé, •qui a 42° pieds d’épaisreur, et qui sépare la cinquante-sixième veine de la cinquante-septième.
Distance de la cinquante-sixième à la cinquante-septième veine. .
Épaisseur de cette cinquante-septième veine.
Il y a un lit de pierres qui , depuis trois pouces , s'élargit jusqu’à 20 et 21 pieds , et divise ainsi la veine en deux branches.
Distance de la cinquante - .ieptième à la cinquante - huitième
veine
Épaisseur de cette cinquante-huitième veine.
Distance de la cinquante-huitième à la cinquante-neuvième veine. . Épaisseur de cette cinquante-
neuvième veine
Elle est divisée en deux couches par deux doigts d’épaisseur de houage, et contient beaucoup de pyrites.
Distance de la cinquante-neuvième à la soixantième veine..
Épaisseur de cette soixantième
veine
Distance de la soixantième à la
soixante unième veine
Epaisseur de cette soixante-unième et dernière veine
Cette veine est d’élite; elle porte sur trois pouces de houage et est divisée en deux couches.
io5 » ; ■ *
126 « il
M. Genneté ajoute que le houage se trouve tou jours sous les veines ou bien entre elles, et qui toutes celles où il y a de cette espèce de terre son ; plus faciles à exploiter que les autres, parce qui l’on y fait entrer aisément les coins de fer pour dé tacher ta houille et l’enlever par morceaux.
DU CHARBON DE TERRE
M. Genneté au delà de la vingt-troisième, qui est la plus profonde de toutes celles qui ont été fouillées, et n’en comptant en effet que vingt-trois au lieu de soixante-une , on verra, par la comparaison entre elles de ces veines de charbon , toutes situées les unes au dessous des autres , que leur épaisseur n’est pas relative à la profondeur où elles gisent ; car dans le nombre des veines supérieures, de celles du milieu et des inférieures, il s’en trouve qui sont à peu près également épaisses ou minces, sans aucune règle ni aucun rapport avec leur situation en profondeur.
On verra aussi que l’épaisseur plus ou moins grande des matières étrangères interposées entre les veines de charbon n’influe ;pas sur leur épaisseur propre.
1 II en est encore de même de la bonne ou mauvaise qualité des charbons ; elle n’a nul rapport ici avec les différentes profondeurs d’où on les tire : car on voit par le tableau que le meilleur charbon de ces vingttrois veines est celui qui s’est trouvé dans les quatrième, septième, dixième, onzième, quinzième, dix-septième, dix-huitième, et vingt-deuxième veines ; en sorte que , dans les veines les plus basses, ainsi que dans celles du milieu, et dans les plus extérieures, il se trouve également du très-bon, du médiocre, et du mauvais charbon. Cela prouve encore que c’est une même matière, amenée et déposée par les mêmes moyens , qui a formé les unes et les autres de ces différentes veines , et qu’un séjour plus ou moins long dans le sein de la terre n’a pas changé leur nature, ni même leur qualité, puisque les (dus profondes et par conséquent es plus anciennement déposées sont absolument de la même essence et qualité que les plus modernes; mais cela n’empêche pas cju’ici , comme ailleurs, la partie du milieu pt le fond de la veine ne soient toujours pelles où se trouve le meilleur charbon ; celui de la partie supérieure est toujours plus maigre et plus léger; et à mesure que es rameaux de la veine approchent plus de a surface de la terre, le charbon en est moins compacte, et il paroît avoir été altéré par la stillation des eaux.
Dans ces vingt-trois veines , il y en a huit le très-bon charbon, dix de médiocre qualité, et cinq qui donnent une très-mauvaise sdeur par la grande quantité de pyrites qu’elles contiennent ; et comme l’une de ces veines pyrite uses se trouve être la dernière, ip’est-à-dire la vingt-troisième, on voit que Iba pyrites, qui ne se forment ordinairement
3iS
qu’à de médiocres profondeurs, ne laissent pas de se trouver à plus de douze cent quatre-vingts pieds liégeois dans l’intérieur delà terre, ou mille soixante-treize pieds de Paris ; ce qui me démontre qu’elles y ont été déposées en même temps que la matière végétale qui fait le fond de la substance du charbon.
On voit encore, en comparant les épaisseurs de ces différentes veines , qu’elles varient depuis sept pouces jusqu’à cinq pieds et demi , et que celle des lits qui les séparent varie depuis vingt-un pieds jusqu’à quatre-vingt-dix-huit, mais sans aucune proportion ni relation des unes aux autres. Les veines les plus épaisses sont les troisième, quatorzième, dix-neuvième, vingtdeuxième ; et la plus mince est la sixième.
Au reste, dans une même montagne, et souvent dans une contrée tout entière, les veines de charbon ne varient -pas beaucoup par leur épaisseur, et l’on peut juger dès la première veine de ce qu’on peut attendre des suivantes; car si cette veine est mince, toutes les autres le seront aussi : au contraire , si la première veine qu’on découvre, se trouve épaisse , on peut présumer avec fondement que celles qui sont au dessous ont de même une forte épaisseur.
Dans les différons pays, quoique la direction des veines soit partout assez constante, et toujours du levant au couchant , leur situation varie autant que leur inclinaison. On vient de voir que dans celui de Liège elles se trouvent pour ainsi dire à toutes profondeurs. Dans le Hainaut, aux villages d’Anzin , de Fresnes , etc. , elles sont fort inclinées avant d’arriver à leur plateur, et se trouvent à trente ou trente-quatre toises au dessous de la surface du terrain, tandis que dans le Korez elles sont presque horizontales et à Heur de terre, c’est-à-dire à deux ou trois pieds au dessous de sa surface. Il en est à peu près de même en Bourgogne , à Mont-Cenis, Épinac, etc., où les premières veines ne sont qu’à quelques pieds. Dans le Bourbonnois, à Fins, elles se trouvent à deux, trois, ou quatre toises, et sont peu inclinées, tandis qu’en Anjou, à Saint- George, Châtel-Oison, et Coneourson , où elles remontent à la surface , c’est-à-dire à deux, trois, et quatre pieds, elles ont, dans leur commencement , une si forte inclinaison , qu’elles approchent de la perpendiculaire; et ces veiues, presque verticales à leur origine, ne font plateur qu’à sept cents pied* de profondeur.
3x6 MINÉRAUX.
Nous avons dit1 que les mines d’ardoise et celles de charbon de terre avoiont bien des rapports entre elles par leur situation et leur formation; ceci nous en fournit une nouvelle preuve de fait , puisqu’en Anjou , où les ardoises sont posées presque perpendiculairement, les charbons se trouvent souvent de même dans celle siluatiou perpendiculaire. Dans l’Albigeois, à Carmeaux, la veine de charbon ne se trouve qu’à deux cents pieds , et elle fait son plateur à quatre cents pieds.
L’épaisseur des veines est aussi très-différente dans les différens lieux. On vient de voir que toutes celles du pays de Liège sont très-minces, puisque les plus fortes n’ont que cinq pieds et demi d’épaisseur dans la montagne de Saint-Gilles, et sept pieds dans quelques autres contrées de ce même pays. Mais il y a deux manières dont les charbons ont été déposés : la première , en veines étendues snr des terrains en pente, et la seconde , en masses sur le fond des vallées ; et ces dépôts en masses seront toujours plus épais que les veines en pente. Il y a de ces masses de charbon qui ont jusqu’à dix toises d’épaisseur. Or, si les veines étoient partout très-minces, onpourroit imaginer, avec M. Genneté, qu’elles ne sont en effet produites que par le suintement des bitumes des grosses couches intermédiaires.
Mais comment concevoir qu’une masse de dix toises d'épaisseur ait pu se produire par cette voie? On ne peut donc pas douter que ces masses si épaisses ne soient des dépôts de matière végétale accumulée l’une sur l’autre, quelquefois jusqu’à soixante pieds d’epaisseur.
Quoique les veines soient à peu près parallèles les unes au dessus des antres, cependant il arrive souvent qu’elles s’approchent ou s’éloignent beaucoup, en laissant entre elles de plus ou moins grandes distances en hauteur; et ces intervalles sont toujours remplis de matières étrangères, dont les épaisseurs sont aussi variables et toujours beaucoup plus fortes que celles des couches de charbon : celles-ci sont en général assez minces, et communément elles sont d’un pied, deux pieds, jusqu’à six ou sept d’épaisseur; celles qui sont beaucoup plus épaisses ne sont pas des couches ou veines qui se prolongent régulièrement , mais plutôt, comme nous venons de l’exposer, des amas ou masses e dépôts qui ne se trouvent que dans quelques endroits , et dont l’étendue n’est pas considérable.
x. Epoques de la Nature.
Les mines de charbon les plus profondes que l’on connoisse eu Europe sont celles du comté de Namur, qu’on assure être fouillées jusqu’à deux mille quatre cents pieds dut pays, ce qui revient à peu près à deux mille pieds de France; celles de Liège, où l’on est descendu à mille soixante-treize pieds : celle* de Whitehaven, près de Moresby, qui* passe pour être la plus profonde de toute la Grande-Bretagne , n’a que cent trente brasses , c’est-à-dire six cent quaire-vingt-ireize de nos pieds ; on y compte vingt couches ou veines de charbon les unes au dessous des autres.
Dans toutes les mines de charbon, et dans quelque pays que ce soit, les surfaces dui banc de charbon par lesquelles il est appliqué au toit et au sol sont lisses, luisantes: et polies , et on trouve souvent de petits litsl durs et pierreux dans la veine même du* charbon, lesquels la traversent et la suivent horizontalement. Le cours des veines est aussi assez fréquemment gêné ou interrompu par des bancs de pierre qu’on appellel des creins : ils n’ont ordinairement que peu d’étendue; mais ils sont souvent d’une ma-a tière si dure , qu’ils résistent à tous les in-: strumens. Ces creins partent du toit ou dut sol delà veine, et quelquefois de tous les deux ; ils sont de la même nature que lé banc inférieur ou supérieur auquel ils sont attachés. Les failles dont nous avons parlé sont d’une étendue bien plus considérablé que les creins , et souvent elles terminent la veine, ou du moins l'interrompent en-i; tieremen! et dans une grande longueur ; elles partent de la plus grande profondeur, tra- * versent toutes les veines et autres matières intermédiaires, et montent quelquefois jus ! qu’à la surface du terrain. Dans le pays dei Liège elles ont pour la plupart quinze ouj vingt toises d’épaisseur, sans aucune direc-! tion ni inclinaison réglées; il y en a de ver-* ticales, d’obliques, et d’horizontales en tous ; sens : elles ne sont pas de la même subi stance dans toute leur étendue, ce ne sont que d’énormes fragmens de schiste, de roche , de grès , ou d’autres matières pierreuses superposées irrégulièrement , qui semblent s’ètre éboulées dans les vides de la terre.
Les schistes qui couvrent et enveloppent les veines sont souvent mêlés de terre limoneuse, et presque toujours imprégnés de bitume et de matières pyriteuses ; ils contiennent aussi des parties ferrugineuses , et deviennent rouges par l’action du feu : plusieurs de ces schistes sont combustibles. On 1
DU CHARBON DE TERRE
les exemples de bonnes veines de charbon i se sont trouvées au dessous d’une mine fer, et dans lesquelles le schiste qui sert toit au charbon est plus ferrugineux que autres schistes ; il y en a qui sont presque fièrement pyriteux, et les charbons qu’ils || couvrent ont un enduit doré et varié d’au- *s couleurs luisantes. Ces charbons pyrijx conservent même ces couleurs après oir subi l’action du feu : mais ils les perrf nt bientôt s’ils demeurent exposés aux in- •es de l’air ; car il n’y a pas de soufre en I ure dans les charbons de terre , mais îlement de la pyrite plus ou moins déu mposée ; et comme le fer est bien plus ondant que le cuivre dans le sein de la ■re , la quantité des pyrites ferrugineuses martiales étant beaucoup plus grande e celle des pyrites cuivreuses , presque nies les veines de charbon sont mêlées de rites martiales, et ce n'est qu’en très-peu Endroits où il s’en trouve de mélangées ce les pyrites cuivreuses.
Lors donc qu il se trouve du soufre en j lure dans quelques mines de charbon, mme dans celle de Whiiehaven en Auterre, où le schiste qui fait l’enveloppe la veine de charbon est entièrement insisté de soufre, cet effet ne provient que feu accidentel qui s’est allumé dans ces lues par l’effervescence des pyrites et l 'intimation de leurs vapeurs. Les mines de prbon dans lesquelles il ne s’est fait aucun pendie ne contiennent point de soufre na- ";el, quoique presque toutes soient mêlées ne plus ou moins grande quantité de pars pyriteuses.
iCes charbons pyriteux sont donc impréés de l’acide vitriolique et des terres miraies et végétales qui servent de base à de pour la composition de la pyrite. Ces arbons se décomposent à l’air, et trèsivent il se produit à leur surface des filets lun par leur efflorescence ; par exemple, eaux qui sortent des mines de Mont-Cenis Bourgogne sont très-alumineuses, et il st pas même rare de trouver des terres mineuses près des charbons de terre. On e aussi quelquefois de l’alun de la subnce même du charbon ; on en a des emples dans la mine de Laval en France, :is celle de Nordhausen en Allemagne, et ns celle du pays de Liège, où M. Morand rouvé une grande quantité d'alun formé À cristaux sur les pierres schisteuses du |t des veines de charbon. « Le territoire ce pays, dit-il, ouvert pour les mines de ùille , l’est également pour des terres
d’alun dont les mines soht appelées alunières. »
L’alun n’est pas le seul sel qui se Irouve dans les charbons de terre ; il y a certaines mines de charbon , comme celle de Nicolai en Silésie, qui contiennent du sel marin, et dont on tire des pierres quelquefois recouvertes d’une grande quantité de sel gemme. En général , tout ce qui entre dans la composition des pyrites et de la terre végétale doit se trouver dans les charbons de terre ; car la décomposition de ces substances végétales et pyriteuses y répand tous les sels formés de I union des acides avec les terres végétales et ferrugineuses.
Quoique nous ayons dit que les veines de charbon ét oient ordinairement couvertes et enveloppées par un schiste plus ou moins mêlé de terre végétale ou limoneuse, ce n’est cependant pas une règle sans exception; car il y a quelques mines où le toit .et le sol de la veine de charbon sont de grès, et même de pierre calcaire plus ou moins dure ; on en a des exemples dans les mines des territoires de Mons, de Juliers, et dans certains endroits de l’Allemagne cités par le savant chimiste M. Lebmann. On peut voir dans le troisième volume de ses Essais sur /’ histoire naturelle des couches de la terre tous les lits qui surmontent et accompagnent les veines de charbon de terre eu Misuie près de Vettin et de Loéhegin ; en Thuringe, dans le comté de Hohenstein , dans tout le terrain qui environne le Hartz jusqu’auprès du comté de Mansfeld ; et encore les mines du duché de Brunswick près de Helmstadt. On voit , dans le tableau que M. Lebmann donne de ces différens lits , que les veines de charbon se trouvent également sous le schiste, sous une matière spatheuse, sous des pierres feuilletées composées d’argile et d’un peu de pierre calcaire, etc.; et l’on peut observer que, dans les lits qui séparent les différentes veines de charbon, il n’y a ni ordre de matières ni suite régulière , et que ces lits sont, dans tous les autres ter rains à charbon, comme jetés au hasard, l’argile sur la marne, la pierre calcaire sur le schiste , les substances spathiques sur les sables argileux, etc.
Dans l’immense quantilé de décombres et de débris de toute espèce qui surmontent et accompagnent les veines de charbon de terre, il se trouve quelquefois des métaux , des demi-métaux ou minéraux métalliques ; le fer y est abondamment répandu sous la forme d’ocre , et quelquefois en grains de mine ; le cuivre et l’argent s’y trouvent plus
MINERAUX
rarement , et Ton doit regarder comme chose extraordinaire ce que l’on raconte delà mine de charbon de Chemnitz en Saxe, qui contient un très-beau vert-de-gris, et produit dans certains essais trente livres de bon cuivre de rosette et cinq onces et demie d’argent par quintal : il me paroît évident que celte quantité de cuivre et d’argent ne se trouve pas dans un quintal de charbon , et qu’on doit regarder celte miue de cuivre comme isolée et séparée de celle du charbon. Il en est à peu près de même des mines de calamine, qui sont assez fréquentes dans le pays de Liège. Toules les mines métalliques de seconde formation peuvent se trouver, comme celles de charbon , dans les couches de la terre qui sont elles-mêmes d’une formation secondaire; il peut, par celte même raison , se trouver quelques filets qu grains de mêlai charriés ei déposés par la stillation des eaux dans le charbon de terre , qui se seront formés dans cette matière de la même manière qu’ils se forment dans toutes les autres couches de la lerre. Ces mines métalliques secondaires et parasites tirent leur origine des anciens filons, et n’en sont que des particules détachées par l’eau ou déposées dans le sein de la terre par la décomposition des anciens filons métalliques ; et ce n’est que par ce moyen qu’il peut se trouver quelquefois dans le charbon de terre, comme dans toute autre matière, de petites portions de métaux. M. Kurella en donne quelques exemples; il cite un morceau de charbon de terre qui laissoit apercevoir une mine d’argent pur, et ce morceau venoit apparemment des mines de Hesse, dans le charbon desquelles on trouve en effet un peu d’argent assez pur : celle de Richenffein en Sbésie contient de l’or; une de celles du comté de Buckingham dans la Grande-Bretagne donne du plomb; et M. Morand dit que l’étain se trouve aussi quelquefois dans le charbon de terre. Tous les métaux peuvent donc s’y trouver, mais en parcelles et en débris , comme toutes les autres matières qui sont de formation secondaire.
Nous devons encore observer, au sujet des veines, des couches, et des masses de charbon, qu’il s’en trouve très-souvent de grands amas qui ne se prolongent pas au loin en veines régulières, et qui néanmoins occupent des espaces assez grands. Ces amas ont du se former toutes les fois que les arbres et autres matières végétales se sont trouvés amoncelés sur des fonds creux environnés d'éminences : ainsi ces amas n’ont
point de communication entre eux , et n soni pas disposés par veines dirigées du le vaut au couchant. Ces mines en masses sot bien plus faciles à exploi er que les mine en veines ; elles sont ordinairement pic épaisses et situées moins profondément Dans le Bourbonnois, l’Auvergne, le Fore, et la Bourgogne, et dans plusieurs aulrt provinces de France, les mines dont on tir le plus de charbon sont en amas, et non pf en veines prolongées; elles ont ordinaire ment huit et dix pieds d'épaisseur de chai bon, et souvent beaucoup plus.
Mais, comme nous l’avons dit , toutes le mines de charbon, soit en veines ou e amas, ne se trouvent que dans les couche de seconde formation, dont les matière ont été amenées et déposées par les eaw de la mer; on n’en a jamais trouvé dans 1< grandes masses vitreuses de première fox mation, telles que les quartz, les jaspes, j, les granités : c’est toujours dans les collim et montagnes du second ordre, et suriot dans celles dont la construction par bani est la plus irrégulière, que gisent ces am.i et ces veines de charbon; et la plus granc partie de la masse de ces montagnes e d ordinaire un schiste ou une argde diffi remment modifiée; souvent aussi ce sok des grès plus ou moins décomposés , ou di pierres calcaires plus ou moins dures, ou d terres presque toujours imprégnées de ma' tières pyriteuses qui leur donnent plus < pesanteur et une grande dureté. M. Lehman dit avec quelque raison que le schiste q ! sert presque toujours d’assise et de planchlj au charbon de terre nest qu’une argi.
durcie, feuilletée, sulfureuse, alumineuse et bitumineuse. Mais je ne vois pas cou j ment on peut en conclure avec lui que schiste est bitumineux lorsque sa porta argileuse a été imprégnée d’acide vitrioliqn; et qu’il est fétide lorsque celte même portit j argileuse a été imprégnée d’acide marin ; c le bitume ne se forme pas par le mélan de la terre argileuse avec l’acide vitrioliqn j mais par celui de ce même acide avec l’hu j des végétaux, à moins que cet habile cl miste n’ait, comme M. de Gensanne, pris ; limon ou la terre limoneuse pour de l’argi J Il ajoute que des observations réitérées o : fait connoitre que ces schistes, ardoises,' pierres feuilletees, occupent la partie i| milieu du terrain sur lequel les mines charbon sont portées, et que ces mines t cupent toujours la partie la plus basse; qui n’est pas encore exactement vrai, pu cpie l’on trouve souvent des couches :
DU CHARBON DE TERRE. 3ig
icîiiste au dessous des veines de charbon. est l’acide aérien ou air fixe, aujourd’hui
Les mines de charbon les plus aisées à bien connu, qui existe plus ou moins dans
ixploiler ne sont pas celles qui sont dans les daines ou dans le fond des vallons; ce sont iu contraire celles qui gisent en montagne , it desquelles on peut tirer les eaux par des ;aleries latérales, tandis que, dans les plailes, il faut des pompes ou d autres machines jour éle\er les eaux, qui sont quelquefois in telle abondance qu’on est obligé d’abanlonner les travaux et de renoncer à l’exiloitalion de ces mines noyées; et ces eaux, orsqu’elles ont croupi , prennent souvent me qualité funeste : l’air s’y corrom. t aussi iès qu’il n’a pas une libre circulation. Les ccidens causés par les vapeurs qui s’élèvent Je ces mines sont peut-être aussi fréquens [ne dans les mines métalliques. Le docteur lister est le premier qui ait observé la naure de ces vapeurs; il en distingue quatre pries. La première, qu’il nomme exhalai- | on fleurs de pois , parce qu’elle a l’odeur de :ette fleur, n’est pas mortelle, et ne se fait !;uère sentir qu’en été. La seconde, qu’il ippelle exhalaison fulminante , produit en iffet un éclair et une forte détonation en Prenant feu à l’approche d’une chandelle ; it l’on a remarqué qu’elle ne s’enflammoit >as par les étincelles du briquet, en sorte pie, pour éclairer les ouvriers dans ces proondeurs entièrement obscures , on s’est pielquefois servi d’une meule, qui, frottée :ontinuellement contre des morceaux d’aiier, produisoit assez d’étincelles pour leur Jonner de la lumière sans courir le risque l’enflammer la vapeur. La troisième , qu’il regarde comme l’exhalaison commune et ordinaire dans toutes ces mines, est un mauvais tir qu’on a peine à respirer : on reconnoît la présence de cette exhalaison à la flamme i’une chandelle qui commence par tourner ft diminuer jusqu’à extinction; il en seroit Ile même de la vie, si l’on s’obstinoit à deneurer dans cet air qui paroît avoir perdu partie de son élasticité. Enfin la quatrième apeur est celle que Lister nomme exhalaion globuleuse : c’est un amas de ce même nauvais air qui s’attache à la voûte de la nine en forme de ballon , dont l’enveloppe fi’est pas plus épaisse qu’une toile d’araignée; lorsque ce ballon vient à s’ouvrir, la vapeur qui en sort suffoque , étouffe ceux qui la j-espirent. Je crois, avec M. Morand , qu’on peut réduire ces quatre sortes de vapeurs à leux. L’une n’est qu’un simple brouillard lie mauvais air, auquel nous donnerons le poni de mouffette ou pousse ; cet air, qui éteint les lumières et lait périr les hommes,
tout air, et qui n’a pu être encore ni composé ni décomposé par l’art; les ventilateurs et le feu lui-même ne le purifient pas , et ne font que le déplacer : il faut donc entretenir une libre circulation dans les mines. Cette vapeur devient plus abondante lorsque les travaux ont été interrompus pendant quelques jours ; et dans les grandes chaleurs de l’été le brouillard est quelquefois si fort qu’on est obligé de cesser les ouvrages : il se condense souvent en filets qui voltigent; et ce sont apparemment ces filets réunis qui forment les globes dont parle Lister. La seconde exhalaison est la vapeur qui s’enflamme et qu’on appelle feu grieux ; c’est vraiment de l’air inflammable tout pareil à celui qui sort des marais et de toutes les eaux croupies : cet air siffle et pétille dans certains charbons , surtout lorsqu’ils sont amoncelés ; ils s’enflamment quelquefois d’eux-mêmes comme le feroient des pyrites entassées. Les ouvriers savent reconnoitre qu’ils sont menacés de cette exhalaison, et qu’elle va s’allumer, par l’effet très-naturel qu’elle produit de repousser l'air de l’endroit d’où elle vient; aussi, dès qu’ils s’en aperçoivent, ils se hâtent d’éteindre leurs chandelles : ils sont encore avertis par les étincelles bleuâtres que la flamme de ces chandelles jette alors en grande quantité.
Les mauvais effets de toutes ces exhalai sons peuvent être prévenus en purifiant l’air par le feu, et surtout en lui donnant une grande et libre circulation. Souvent les ventilateurs et les puits d’air ne suffisent pas; il faut établir dans les mines des fourneaux d’aspiration. Au reste, ce n’est guère que dans les mines où le charbon est très-pyriteux que ce feu grieux s’allume ; et l’on a observé qu’il est plus fréquent dans celles où les eaux croupissent : mais , dans les mines de charbon purement bitumineux ou peu mélangé de parties pyriteuses, cette vapeur inflammable ne se manifeste point et n’existe peut-être pas.
Comme il y a plusieurs charbons de terre qui sont extrêmement pyriteux , les einbrasemens spontanés sont assez fréquens dans leurs mines ; et quand une fois le feu s’est allumé, il est non seulement durable, mais perpétuel; on en a plusieurs exemples, et l’on a vainement tenté d’arrêter le progrès de cet incendie souterrain, dont l’effet peu violent n’est pas accompagné de fortes explosions, et n’est nuisible que par la perte du charbon qu’il consume. Souvent c es mi*
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nés ont été enflammées par les Vapeurs mêmes qu’elles exhalent, et qui prennent feu à l’approche des chandelles allumées pour éclairer les ouvriers1.
Dans le travail des mines de charbon de terre l’on est toujours plus ou moins incommodé par les eaux; les unes y coulent en sources vives, les autres n’y tombent qu’en suintant par les fentes des rochers et des terres supérieures, et les mineurs les plus expérimentés assurent que plus ils creusent plus les eaux diminuent , et qu’elles sont plus abondantes vers la superficie. Cette observai ion est conforme aux idées qu’on doit avoir de la quantité des eaux souterraines , qui , ni tirant leur origine que des eaux pluviales, sont d’autant plus ou moins abondantes qu elles ont d’épaisseur de terre à traverser ; et ce ne doit être que quand on laisse tomber les eaux des excavations supérieures dans les travaux inférieurs qu’elles paroissent être en plus grande quantité à celte profondeur plus grande. Enfin on a aussi observé que retendue superfit ielle et la direction des suintemens et du volume des sources souterraines varient selon les différentes couches des matières où elles se trouvent.
Tout le monde sait que l’eau qui ne peut se répandre remonte a la même hauteur dont elle est descendue; rien ne démontre mieux que les eaux souterraines, même les plus profondes , proviennent uniquement des eaux de la superficie, puisqu’en perçant la terre jusqu’à cette profondeur avec des tarières on se procure des eaux jaillissantes à la surface; mais, lorsqu’au lieu de former un siphon dans la terre, comme l’on fait avec la tarière, on y perce de larges puits et des galeries, l’eau s’épanche au lieu de remonter, et se ramasse en si grande quantité que l’épuisement en est
i. Je dois observer que les auteurs qui ont avancé , comme on le voit ici , que c.’est la vapeur sulfureuse qui s’enflamme, se sont trompés; cette vapeur sulfureuse, loin de s’allumer, éteint au contraire les chandelles allumées : c’est donc à l’air inflammable , et non à la vapeur sulfureuse , qu’il faut attribuer l'inflammation dans les mines de charbon. Mais -la cause la plus commune de l'embrasement des mines de charbon est l’inflammation des pyrites par l'humidité de la terre lorsqu’elle est abreuvée d’eau; on ne peut parvenir à étouffer ce feu qu’en inondant, pendant un certain temps, toute la mine incendiée. Ces accidens sont très-fréquens dans les mines de charbon qui ont été exploitées sans ordre par les paysans; la quantité de puits’ et d’ouvertures qu’ils ont laissés sur la direction des veines, sont autant de réceptacles aux eaux de j. use, qui , venant à rencontrer des pyrites, causent ces incendies.
quelquefois au dessus de toutes nos force et des ressources de l’art. Les machines le plus puissantes que l’on emploie dans le mines de charbon sont les pompes à feui dont ordinairement on peut augmenter le, effets autant qu’il est nécessaire pour se dé barrasser des eaux, et sans qu’il en coûte d’au très frais que ceux de la construction de 1 machine, puisque c’est le charbon mèm de la mine qui sert d’aliment au feu, don l’action , par le moyen des vapeurs de l’eal bouillante, fait mouvoir les pistons de 1 pompe; mais, quand la profondeur es tres-grande et que les eaux sont trop abon dantes , celle machine, la meilleure de tou les , n’a pas encore assez de puissance por les épuiser.
Les eaux qui coulent dans les terres von sines des mines de charbon sont de qualiîéJ différentes : il y en a de tres-pures et bon ! nés à boire; mais ce ne sont que celles qui viennent des terres situées au dessus de charbons : celles qui se trouvent dans le fond de leur mine sont quelquefois bitumineuses et plus souvent vilrioliques et alumineuses i l’alun ou le vitriol martial qu’elles lienneni] en dissolution sont eux-mêmes très- souvent altérés par différens mélanges; mais, d> quelque qualité que soient les eaux, celle qui croupissent dans la profondeur des miij nés les rendent souvent inabordables par le ] vapeurs funestes qu’elles produisent. L’ai j et l’eau ont également be. oin d’être agitéij sans cesse pour conserver leur salubrité; l’éi tat de stagnation dans ces deux élémens es bientôt suivi de la corruption, et l’on mr sauroit donner trop d’attention, dans le! travaux des mines, à la liberté de mouve ment et de circulation toujours nécessaire < ces deux élémens.
Après avoir exposé les faits qui ont rap; port à la nature des charbons de terre, il leur formation, leur gisement , la direction j 1 étendue , l’épaisseur de leurs veines en gé néral, il est bon d’entrer dans le détail par tirulier des différentes mines qui ont été e qui sont encore travaillées avec succès , tan ] en France que dans les pays étrangers, et dt montrer que celle matière se trouve partou j où l’on sait la chercher; après quoi non j donnerons (es moyens qu’il faut employa j pour en faire usage et la substituer sans inj cônvénient au bois et au charbon de boi J dans nos fourneaux, nos poêles, et no j cheminées.
Il y a dans la seule étendue du royaurrxl de France plus de quatre cenis mines d< I charbon de terre en pleine exploitation; e'||
DU CHARBON DE TERRE
nombre, quoique très-considéi’able, ne peut-être pas la dixième partie de celles jn pourroit y trouver. Dans toutes ces les , il y a trois ou quatre sortes de rbon : le charbon pur, qui est ordinaitent au centre de la veine; le charbon •reux , conununément mêlé de plus ou ns de matières calcaires ou de grès ; le rbon, schisteux, et le charbon pyriteux. x qui contiennent du schiste sont les ; rares de tous ; et cela seul prouveroit la substance principale du charbon ne t être de l’argile, puisque le vrai schiste t lui-même qu’une argile durcie. Il y a charbons qui se trouvent pyriteux dans e l’épaisseur et l’étendue de leur veine ; ont les moins propres de tous aux tra- |x de la métallurgie : mais comme on peut épurer en les faisant cuire, et qu’ordifement ils contiennent moins de bitume f les autres, ils donnent aussi moins de ée, et conviennent souvent mieux pour ige des cheminées que les charbons trop
Î’gés de bitume. La grande quantité de re qui se forme par la combustion des niers ne peut qu’altérer les métaux , but le fer, que la plus petite quantité iide sulfureux suffit pour rendre aigre et |ant. Le charbon pierreux ne se trouve Idans le centre des veines, à moins qu’elne soient fort minces; il est ordinairesitué le long des parois et sur le fond 11 bancs pierreux qui forment le toit et le ^ le la veine. Les charbons schisteux sont 111 1 même situés sur le sol ou sous le toit * jsteux de la veine. Ces charbons pierreux e ichisteuxne sont pas d’un meilleur usage ■s le charbon pyriteux , et ils ont encore “! lésavantage de ne pouvoir être épurés, à ’s pe de la grande quantité de leurs par- ; pierreuses ou schisteuses : il ne reste ‘ c, à vrai dire, que le charbon de la pret’e sorte, c’est-à-dire le charbon pur, f ;t on puisse faire une matière avantai! Sement combustible, et propre à remh ber le charbon de bois dans tous les émît s qu’on en peut faire.
® it dans ce charbon de la première sorte, c je meilleur de tous, on distingue encore » i qui se tire en gros blocs, que l’on ap- (I e charbon pérat, dont la qualité est >« nmoins la même que celle du charbon » s menu 1 qui se nomme charbon maré- |i /. Le charbon pérat a pris ce nom aux «i jiies de Rive-de-Gier, et il n’est ainsi apoi p que quand il est en gros morceaux :
® jj Charbon pérat est une dénomination locale qui |ifie charbon pierreux ou charbon de pierre.
1 Buffox. II.
c’est par cette seule raison de son gros volume qu’il est plus estimé pour les grilles des teintures et des fourneaux ; mais il n’est pas pour cela d’une qualité supérieure au charbon maréchal, car l’un et l’autre se tirent de la même veine , et l’on distingue par la volume trois sortes de charbon: le pérat est celui qui arrive à la superficie du terrain en gros morceaux et sans être brisé ; le second, qui est en morceaux de médiocre grosseur, se nomme charbon grêle ; et ce n’est que celui qui est émietté, ou qui est composé des débris des deux autres, qu’on appelle charbon maréchal. Le bon charbon pese de cinquante-cinq à soixante livres le pied cube; mais celte estimation est difficile à faire avec précision , surtout pour le charbon qui se brise en le tirant. Les charbons les plus pesans sont souvent les plus mauvais , parce que leur grande pesanteur ne vient que de la grande quantité de parties pyriteuses , terreuses, ou schisteuses, qu’ils contiennent. Les charbons trop légers pèchent par un aulre défaut; c’est de ne donner que peu de chaleur en brûlant et de se consumer trop vite. Pour que la qualité du charbon soit parfaite, il faut que la matière végétale qui en fait le fonds ait été bituminisée dans son premier état de décomposition , c’est-à-dire avant que celte substance ait été décomposée par la pourriture; car, quand le végétal est trop détruit, l’acide ne peut en bituminiser l’huile qui n’y existe plus. Cette matière végétale, qui n’a subi que les premiers effets de la décomposition, aura dès lors conservé toutes ses parties combustibles ; et le bitume, qui par lui-même est une huile inflammable, couvrant et pénétrant cette substance végétale , le composé de ces deux matières doit contenir, sous le même volume , beaucoup plus de parties combustibles que le bois : aussi la chaleur du charbon de terre estelle bien plus forte et plus durable que celle du charbon végétal.
Ce que je viens de dire , au sujet de la décomposition plus ou moins grande de la matière végétale dans les charbons de terre, peut se démontrer par les faits. On trouve au dessus de quelques mines de charbon des bois fossiles , dans lesquels l’organisation est presque aussi apparente que dans les arbres de nos forêts; ensuite on trouve très-communément des veines d’autres bois qui ne diffèrent guère des premiers que par le bitume qu’ils contiennent, et dans lesquels l’organisation est encore très-reconnoissable : mais à mesure qu’on descend, les traits
MINÉRAUX
de cette organisation s’oblitèrent , et il u’en reste que peu ou point d’indices dans la suite de la veine. Il arrive souvent que cette bonne veine porte sur une autre veine de mauvais charbon terreux et pourri, parce que sa substance végétale , s’étant pourrie trop promptement , n’a pu s’imprégner d’une assez grande quantité de bitume pour se conserver. On doit donc ajouter cette cinquième sorte de charbon aux quatre premières , sous le nom de charbon terreux, parce qu’en effet sa substance n’est qu’un terreau pourri. Enfin une sixième sorte est le charbon le plus compacte, que l’on pourroit appeler charbon de pierre à cause de sa dureté; il contient une grande quantité de bitume, et le fonds paroît en être de terre limoneuse, parce qu’il laisse après la combustion une scorie vitreuse et boursouflée; et lorsque le limon ou le terreau se trouve en trop grande quantité ou avec trop peu de bitume, ces charbons ainsi composés ne sont pas de bonne qualité : ils donnent également beaucoup de scories ou mâchefer par la combustion : mais tous deux sont très-bons lorsqu’ils ne contiennent qu’une petite quantité de terre et beaucoup de bitume.
On trouve donc dans ces immenses dépôts accumulés par les eaux la matière végétale dans tous ses états de décomposition; et cela seul suffit oit pour qu’il y eût des charbons de qualités très-différentes. La quantité de cette matière anciennement accumulée dans les entrailles de la terre est si considérable, qu’on ne peut en faire l’estimation autrement que par comparaison.
Or, une bonne mine de charbon fournit seule plus de matière combustible que les plus vastes forêts ; et il n’est pas à craindre que l’on épuise jamais ces trésors de feu , quand même l’homme, venant a manquer de bois, y substituerait le charbon de terre pour tous les usages de sa consommation.
Les meilleurs charbons de France sont ceux du Bourbonnois, de la Bourgogne, de la Franche-Comté, et du Hainaut; on en trouve aussi d’assez bons dans le Lyonnois, l’Auvergne , le Limosin , et le Languedoc ; ceux qu’on connoît en Dauphiné ne sont que de médiocre qualité. Nous croyons devoir donner ici les notices que nous avons recueillies sur quelques-unes des mines principales qui sont actuellement en exploitation.
On tire d’assez bon charbon de la mine d’Épinac, qui est située en Bourgogne, près du village de Résille, à quatre lieues d’Autun; on y connoît plusieurs veines qui se
dirigent toutes de l’est à l’ouest , s’inclina au nord de trente à trente-cinq degrés Celle qu’on exploite actuellement n’a p d’épaisseur réglée : elle a ordinaireme sept à huit pieds, quelquefois douze àquinz d’autres fois elle n’en a que quatre. Son m, a toute la consistance nécessaire; mais toit , composé d’un schiste friable et d’n terre limoneuse que l’eau dissout facilemei s’écrouleroit bientôt si on ne l’ctayoit j de bons boisages et par des massifs pris ds la veine même. Le charbon de cette mêj mine est très-pyriteux : aussi n’est-il nul ment propre aux usages des forges, quantité de soufre que produisent les py tes devant corroder et détruire le fer ; \ pendant il se trouve dans l’épaisseur de veine de petits lits de très-bon charbon , i seroit propre à la forge s’il étoit extraiti trié avec soin.
La mine de Mont-Cenis, ainsi que m de Blansy et autres des environs , sont d:> gées de l’est à l’ouest , et s’inclinent ver* nord de vingt-cinq ou trente degrés. On ploite deux veines principales, dont les ép.f seurs varient depuis dix jusqu’à quarar .i cinq pieds. La première extraction, comj| celle de la plupart de nos mines de Fran a été mal conduite; on l’a commencée la tête de la veine, en sorte que les ouvrj sont souvent exposés à percer dans Jes vrages supérieurs , et à y éprouver des éb lemens. Le lit de cette mine de Mont-C< est un schiste très-dur et pyriteux, dj pied d’épaisseur, dans lequel on voit empreintes de plantes en grand nombre, charbon de la tète de cette mine est pyriteux, mais celui qui se tire plus proi dément l’est beaucoup moins ; et , en g< ral, ce charbon a le défaut de s’émietti l’air : il faut donc l’employer au sortir ; B la minière ; car on ne peut le transporter loin sans qu’il subisse une grande altéra et tombe en détrimens. Dans cet étâ décomposition il ne donne que très-pei chaleur et se consume en peu de temps, lieu que dans son premier état , au sortii la mine, il fait un feu durable.
Les mines de Rive-de-Gier , dans le L nois , sont en grande et pleine exploitât
i. La mine de Champagney , près de Béfoi Alsace, est inclinée de quarante-cinq degrés, les terrains sont bas , moins généralement les v de charbon de terre sont inclinées ; elles sont u horizontales dans les pays de plaine , et ce n’es dans les montagnes qu’elles sont violemment i
nées ; au reste , l’inclinaison des mines n’est ^
part aussi marquée et aussi singulière que da pays de Liège
DU CHARBON DE TERRE
1 y a actuellement , dit M. de Grignon , plus le huit cents ouvriers occupés à l’extraction lu charbon par vingt-deux puits qui comnuniquent aux galeries des différentes ninières, dont les plus profondes sont à [uatre cerits pieds. On tire de ces mines , :omme de presque toutes les autres, trois ortes de charbon : le pérat en très-gros >locs et de la meilleure qualité; le maéchal , qui est menu et qui est séparé du »anc de pérat par une couche de mauvais harbon mou; et enfin un charbon dur, ompacte , et terreux , qui est voisin du toit t des lisières de la mine. Ce toit est un chiste rougeâtre et limoneux qui brunit et oircit à mesure qu’il est plus voisin du [harbon, et dans cette partie il porte un rand nombre d’empreintes de végétaux. Le harbon de ces mines de Rive-de-Gier est lus compacte et plus pesant que celui de lont-Cenis ; son feu est plus âpre et plus urable; il donne une flamme vive, rouge, t abondante; il n’est que peu pyriteux, tais très-bitumineux.
! La plupart des mines du Forez, du Bouronnois, de l’Auvergne, sont en amas, et on pas en veines ; elles sont donc plus fades à exploiter : aussi l’on en tire une trèsrande quantité de charbon , dont il y en de très-bonne qualité. Dans le Nivernois , rès de Décise, il se trouve des mines en mas, et d’autres en veines. On y connoît uatre ou cinq couches ou veines régulières >s unes au dessus des autres, courant paallèlement, étant depuis dix jusqu’à vingt aises de distance les unes des autres latéraunent. Le charbon de ces veines ne comîenee à être bon qu’à quatre toises et plus e profondeur ; elles ont depuis deux pieds isqu’à cincj pieds d’épaisseur ; leur toit est n schiste avec des impressions de plantes, t le lit est un grès à demi décomposé. Les fines en amas du même canton sont mêies de schiste et de grès ; mais , en général , )ut ce charbon est pyriteux , et quelquefois prend feu de lui-même lorsqu’après l’ex- ’action on le laisse exposé à l’air.
Il y a des mines de charbon dans le Quercy ux environs de Montauban ; dans le Rouer- |ue , où le territoire de Cransac , qui est 'une grande étendue , n’est pour ainsi dire u’une mine de charbon ; il y en a une au- •e mine à Severac-!e-Castel, sur une montane dont le charbon est pyriteux et sensilement chargé de vitriol ; une autre à Mase-Bannac , élection de Milhaud. On en a Aussi découvert dans le bas Limosin à une [eue de Bourganeuf, dans les environs d’Ar-
gental , dans ceux de Maynac , et dans le territoire de Yarets , à peu de distance de Brives. Dans toute l’étendue du terrain depuis la rive du Lot qui est en face de Levignac jusqu’à Firminy, on ne peut faire un pas qu’on ne trou \e du charbon : dans beaucoup d’endroits on n’a pas besoin de creuser pour le tirer. Dans ce même canton il y a une masse très-étendue de ce charbon , qui est minée par un embrasement souterrain; la première époque de cet incendie n’est point connue : on voit sortir une fumée fort épaisse des crevasses de cette mi nière enflammée. Il y a aussi en Bourgogne, au canton de la Gachère , près de Saint-Berain , une mine de charbon enflammée qui donne de la fumée et une forte odeur d’acide sulfureux ; on ne peut pas toucher sans se brûler un bâton qu’on y a plongé seulement pendant une minute : ce n’est qu’une inflammation pyriteuse produite par l’eau qui séjourne dans cet endroit, et qu’on pourroit éteindre en le desséchant *. Il y a encore près de Saint-Étienne en Forez une mine de charbon qui brûle depuis plus de cinq cents ans, auprès de laquelle on avoil établi une manufacture pour tirer de l’alun des récrémens de celte mine brûlée ; et enfin une autre auprès de Saint-Lhamond , qui brûle très-lentement et profondément.
En Languedoc il y a aussi beaucoup de charbon de terre. M. l’abbé de Sauvages , trèsbon observateur, assure qu’il en existe différentes mines dans la chaîne des collines qui s’étend depuis Anduse jusqu’à Villefort ; ce qui fait une étendue d’environ dix lieues de longueur.
Dans le Lyonnois, les principaux endroits où l’on trouve du charbon de terre sont le territoire de Gravenand, celui du Mouillon, celui de Saint-Genis-Terre-Noire, qui tous trois sont dans la même montagne, située à un demi-quart de lieue de la ville de Rivede-Gier, et les eaux de leurs galeries s'écoulent dans le Gier. Les terrains de Saint- Martin- la- Plaine, Saint - Paul -en - Jarresî, Rive-de-Gier et Saint-Chamond contiennent aussi des mines de charbon. M. de La Tourette, secrétaire de l’Académie des sciences de Lyon , et correspondant de celle de Paris, a donné une description détaillée des matières qui se trouvent au dessus d’une de ces mines du Lyonnois , par laquelle il paroît que le bon charbon ne se trouve qu’a cent pieds dans certains endroits , et à cent cinquante environ dans d’autres. Il y a
i. Note communiquée par M. de Morveau, le 4 septembre 1779.
3a4 MINERAUX.
deui veines l’une au dessus de l’autre , dont la plus extérieure a depuis huit jusqu’à dixhuit pieds d’épaisseur d’un charbon propre aux maréchaux. La seconde veine n’est séparée de la première que par un lit de grès dur et d’un grain fin , de six à neuf pouces d’épaisseur ; ce grès sert de toit à la seconde veine , qui a dix à quinze pieds d’épaisseur, et dont le charbon est plus compacte que celui de la première veine , mais encore plus pyriteux.
U y a du charbon de terre en Dauphiné près de Briançon ; et entre Sésanne et Sertriches, dans le même endroit où l’on tire la craie de Briançon, et à Ternay , élection de Vienne. Les charbons de Voreppe , de Saint-Laurent , de la montagne de Soyers , ainsi que ceux du village de La Motte et du Val-des-Charbonniers , qui tous se tirent poui l’usage des maréchaux , ne sont pas de bien bonne qualité. On en trouve en Provence près d’Aubagne à Pépin, route de Marocelle ; mais ce charbon de la mine de Pépin répand, long-temps après avoir été tiré de la mine, une odeur particulière et désagréable.
En Franche-Comté , la mine de Champagney, à deux lieues de Béfort, est très-abondante , et le charbon en est de fort bonne qualité : la veine a souvent huit pieds d’épaisseur, et elle est partout d’une égale bonté; elle paroît s’étendre dans toute la base du monticule qui la renferme. Il y a plusieurs autres mines de charbon dans les environs de Champagney, et dans quelques autres endroits de celte province ". Il y en a aussi quelques mines en Lorraine ; mais l’exploitation n’en a pas encore été assez suivie , pour qu’on juge de la qualité de ces charbons.
Il n’y a point de mines de charbon dans
i. Les mines de Ronchamp , en Franche-Comté,' présentent un phénomène bien singulier, et que je n’ai vu nulle part. Dans les masses de charbon , immédiatement sous les lames de pyrites plus particulièrement que dans les couches de purs charbons, il se trouve une couche légère de charbon de bois bien caractérisé par le brillant, la couleur, le tissu fibreux, une consistance pulvérulente, noircissant les doigts ; et lorsqu’un morceau de houille contenant des lames de charbon de bois est épuré , qu’il est encore rouge , et que l’on souffle dessus , le charbon de terre s’éteint , et celui de bois s’embrase de plus en plus.
L’on trouve fréquemment à la toiture de ces mines , parmi le grand nombre d’impressions de plantes de toute espèce , des roseaux ( bambous ) de trois à quatre pouces de diamètre, aplatis, et qui ne sont point détruits ni charbonifiés. ( Lettre de M. le Chevalier de Grignon à M. de Buffon. Besançon, le 27 mai 1781.)
]e Cambrésis; mais celles du Hainaut sont en grand nombre , et. celles de Fresnes et ! d’Anzin sont devenues fameuses. On a com- I mencé à fouiller celle de Fresnes en 1717,. et celle d’Anzin en 1734. On en tire aussi ! aux environs de Condé. Le charbon de ces I mines est en général de bonne qualité; on assure même qu’il est plus gras et qu’il dure 1 plus au feu que celui d’Angleterre : le char- j bon qui se tire à Fresnes est plus compacte ( que les autres, et pèse un dixième et plus 1 que celui d’Anzin. Le charbon de Quié- j vrain, à deux lieues et demie de Valencien- nés , est aussi d’ une excellente qualité. On a fouillé quelques-unes de ces mines jusqu’à sept cents pieds de profondeur. M. Morand I 1 dit que dans la mine de M. des Androuins, 1 près de Charleroy, l’eau est tirée de soixante- ■ j 1 trois toises de profondeur, et que le charbon j c esl placé à cent huit toises au dessous; ce ! It qui fait en tout cent soixante-onze toises, j a ou mille vingt-six pieds de profondeur. n Dans l’Anjou, l’on a trouvé des mines de 11 charbon de terre à Concourson, à Saint- j1 b Georges de Chàtel-Oison , à Doué et à Montreuil-Bellay. Les charbons qui se tirent] li près de la surface du terrain ne sont pas si J ho bons que ceux qui gisent à une plus grande ! cas profondeur; la veine a ordinairement de six ! el à sept pieds d’épaisseur. Ce charbon d’An- ij feu jou est de bonne qualité; cependant on n’a, pi de temps immémorial, trouvé dans celte; I ira province que des veines éparses sous des rocs ;! I placés à dix-huit pieds de profondeur, aux-J 01 quels succède une terre qu’011 appelle houille, j qui est une espèce de mauvais charbon , ( jet avant-coureur du véritable : les veines y il des sont très-sujettes aux creins, et par consé-i oéa. quent irrégulières; il y en a cinq de reeon-l àcai nues : leur épaisseur est depuis un piecj mass jusqu’à quatre , et même jusqu’à douze pieds | (juoii suivant M. de Voglie; elles paroissent êtr<| cites, une dépendance de celles de Sàumur, aveil Deux lesquelles elles se rapportent en tout. Leuil clair direction générale est du levant au couchant I La Dans la basse Normandie, il se Irouve di Jpellei charbon de terre à Litry, et la veine se reu I jfc contre à peu de profondeur et au dessou 1 d’une bonne mine de fer en grains; elle s||k| forme en plateur à quatre cents pieds. Cl posé charbon , mêlé de beaucoup de pyrites, n’es I ^ que d’une qualité médiocre, et il est à pe I dam près semblable à celui qu’on apporte d j étem Havre , et qui vient de Sunderlaud en An i pour gleterre. Il «rite
En Bretagne, il y a des mines considf râbles de charbon à Montrelais et à Languii I point" dans les environs de Nantes. L’on a ausilfenvj
■jw H Cortio
Dü CHARBON DE TERRE.
tenté des exploitations à Quimper, à Plogol, et à Saint-Brieux , et l’on aperçoit des affleuremens de charbon dans plusieurs autres endroits de cette province.
On pourroit citer un grand nombre d’exemples qui prouveroient qu’il y a dans le royaume de France des charbons en aussi grande quantité et peut-être d’aussi bonne qualité qu’en aucune autre contrée du monde. Cependant, comme c’est un préjugé établi , et qui jusqu’à présent n’étoit pas mal fondé, que les charbons d’Angleterre étoient d’une qualité bien supérieure à ceux de France , il est bon de les faire connoître ; on verra que la nature n’a pas mieux traité à cet égard l’Angleterre que les aulres contrées , mais que l’attention du gouvernement ayant secondé l’industrie des particuliers, a rendu profitable et infiniment utile à cette nation ce qui est resté sans produit entre nos mains.
On distingue dans la Grande-Bretagne trois espèces de charbon de terre. Le charbon commun se tire des provinces de Newcastle, de Northumberland , de Cumberland, et de plusieurs aulres ; il est destiné pour le feu des cuisines de Londres, et c’est aussi presque le seul qu’on emploie à tous les ouvrages métalliques d’Angleterre.
La seconde espèce est le charbon d’Ecosse; on s’en sert pour chauffer les appartemens des bonnes maisons. Ce charbon est feuilleté et comme formé en bandes séparées par I des couches plus petites que les bandes, et néanmoins plus marquées et plus distinctes à cause de leur éclat. Il se tire en grosses masses bien solides, d’une texture fine; et quoique formé de bandes et de petites couches, il ne s’effeuille point : il est bitumineux et brûle librement en faisant un feu clair, et tombe en cendres.
La troisième espèce , que les Anglois appellent culm, se trouve dans le Glamorgan- ! shiré, et en divers endroits de cette province. C’est un charbon fort léger, d’un tissu 1 plus lâche, composé de filets capillaires dis- I posés par paquets qui paroissent arrangés en !| quelques endroits de manière à représenter dans beaucoup de parties des feuillets assez étendus , très-lisses et très-polis , lesquels , i pour la plupart, affectent une forme circonscrite en portion de cercle, avec des rayons divergens. Ce charbon est peu ou presque point pyriteux ; il brûle aisément et fait un | feu vif, ardent et âpre. Dans la province de Cornouailles i! est d’un très-grand usage, particulièrement pour la fonte des métaux , j à laquelle on l’applique de préférence.
On trouve dans les comtés de Lancaster et de Chester une espèce de charbon qu’on n’apporte pas à Londres; c’est le kennel ou candle-coal : communément il sert de pierre à marquer, de même que ceux qu’on appelle le charbon de toit. Il se tire en grosses masses très-solides , d’une texture exti’êmement fine et d’un beau noir luisant comme le jayet. Ce charbon ne contient aucune portion pyriteuse ; il est si pur et si doux , qu’on peut le tourner et le polir pour faire des plateaux d’encrier, des tablettes, etc. L’on aperçoit sur certains morceaux des couches concentriques, comme on en trouveroit dans un tronçon de bois. Ce charbon brûle facilement et se réduit en cendres.
On doit encore ajouter à ces charbons d’Angleterre celui qu’on appelle flinl-coal, parce qu’il est presque aussi dur que la pierre, et que ses fractures sont luisantes comme celles du verre. La veine de ce charbon a deux à trois pieds d’épaisseur, et se trouve dans les environs de la Severne , au dessous de la veine principale qui fournit le best-coal ou le meilleur charbon : il faut y joindi'e le flew-coal des mines de Wedgbery, dans la province de Stafford.
Il est fait mention dans les Transactions philosophiques de Londres , année i683, de quelques mines de charbon , de leur inclinaison, etc. M. Beaumont en cite six qui probablement n’en font qu’une, puisqu’on les trouve toutes dans un espace de cinq milles d’Angleterre, au nord de Stony-easton. Il a vu , dit-il , dans l’une de ces mines une fente ou crevasse dont les parois étoient chargées d’empreintes de végétaux , et une autre fente tout enduite d’un bronze pyriteux formant des espèces de dendrites. Dans quelques unes de ces mines, les lits horizontaux étoient comme dorés du soufre qu’elles contiennent. Il observe, comme chose en effet singulière, qu’on a trouvé deux ou trois cents livres de bonne mine de plomb dans l’une de ces mines de charbon. Il ajoute que, de l’autre côté de Stony-easton , c’est-àdire au sud-est, à deux milles de distance, on voit le commencement d’une mine de charbon , dont la première veine se divise en plusieurs branches à la distance de quatre milles vers l’orient ; que cette mine, dont on tire beaucoup de charbon, exhale continuellement des vapeurs enflammées qui s’élèvent quelquefois jusqu’à son ouverture, et qui ont été funestes à nombre de personnes. C’est probablement au feu de ces vapeurs , lorsqu’elles s’enflamment, qu’on doit attribuer cette poussière de soufre qui dore les
MINÉRAUX
lits de ces veines de charbon : car on n’a trouvé du soufre en nature que dans les mines dont les vapeurs se sont enflammées, ou qui ont été elles-mêmes embrasées; on y voit des fleurs de soufre adhérentes à leurs parois , et sous ces fleurs de soufre il se trouve quelquefois une croûte de sel ammoniac.
Les fameuses mines de Newcastle ont été examinées et décrites par M. Jars, de l’Académie des Sciences, très-habile minéralogiste. Il décrit aussi quelques autres mines; celle de "Whitehaven, petite ville située sur les côtes occidentales d’Angleterre, qui fait un grand commerce de charbon de terre. La montagne où s’exploite la mine a environ cent vingt toises perpendiculaires jusqu’au plus profond des travaux : on compte dans celte hauteur une vingtaine de couches différentes; mais il n’y en a que trois d’exploitables. Leur pente est communément d’une toise perpendiculaire sur six à sept toises de longueur.
La première de ces couches exploitables est séparée de la seconde par des roches d’environ quinze toises d’épaisseur; elle a depuis quatre jusqu’à cinq pieds d’épaisseur en charbon un peu pierreux et d’une qualité médiocre : on n’en extrait que pour chauffer les chaudières où l’on évapore l’eau de la mer pour en retirer le sel.
La seconde couche est de sept à huit pieds d’épaisseur ; le charbon y est divisé par deux différens lits d’une terre très-dure et de couleur noirâtre, qu’on nomme mettle: cette terre est très-yltriolique et s’effleurit à l’air. La couche supérieure de mettle a un pied d’épaisseur, et l’inférieure seulement quatre à cinq pouces. On distingue la veine de charbon en six lits, dont les charbons portent différens noms.
Des trois grandes couches exploitables, la troisième , qui . est d’environ vingt toises plus basse que là seconde, est la meilleure; elle a dix pieds d’épaisseur, et elle est toute de bon charbon, sans aucun mélange de mettle.
On rencontre souvent des dérangemens dans les veines, principalement dans leur inclinaison ; le rocher du toit , et surtout celui du mur, font monter ou descendre la veine tout à coup. Il y a un endroit où elles sont éloignées de quinze toises perpendiculaires de la ligne horizontale ; d’autres fois , ces rochers coupent presque entièrement les couches, et ne laissent apercevoir qu’un petit filet ou une trace presque imperceptible de la veine.
M. Jars fait encore mention des mines de
Worsleg dans le comté de Lancastre, dont la pente paroi t être de deux toises sur sept, et dont le charbon est moins bitumineux et moins bon que celui de Newcastle, quoique la nature des rochers soit la même ; mais la veine la plus profonde n’est qu’à vingt toises.
Il en est de même, à tous égards, des mines du comté de Stafford.
« En Écosse, il y a, dit M. Jars, au village de Carron , près de Falkirch, plusieurs mines de charbon qui ne sont qu’à une demi-lieue de la mer.. . . Il y a trois couches de charbon l’une sur l’autre que l’on commit; mais on ne sait pas s’il y en a de plus profondes. . . Il y en a une à quarante toises de profondeur, qui est la première; la seconde à dix toises plus bas, et la troisième à cinq toises encore au dessous de la i seconde. La pente de ces couches, qui est du j ^ côté du sud, est d une toise sur dix à douze... . ^ Mais ces veines varient comme dans presque toutes les mines : quelquefois elles remontent et forment entre elles deux plans inclinés. Dans ce cas, la veine s’appauvrit, diminue en épaisseur, et est quelquefois entièrement coupée, continuant ainsi jusqu’àjL ce qu’elle reprenne son inclinaison ordi-: y naire. ... La secoude couche a trois et quatre pieds d’épaisseur ; sa partie supérieure est composée d’un charbon dur et compacte,, faisant un feu clair et agréable. ... On l’en voie à Londres , où il est préféré à celui dd Newcastle pour brûler dans les appartemens La partie du milieu de la couche est d’une qualité moins compacte; son charbon es feuilleté et se sépare par lames comme hl schiste. Entre les lames il ressemble parfai tement à du poussier de charbon de bois. Of y peut ramasser aussi une poudre noire, q teint les doigts comme fait le charbon d« bois. ... Ce charbon , qu’on nomme clod coal , est destiné pour les forges de fer. L couche inférieure est un charbon très-eonr pacte , et souvent pieri’eux près du mur ; i se consomme dans le pays.
« Les mines de charbon de Kinneil , prè de la ville de Bousron- Sloness en Écosse sont au bord de la mer. La disposition d leurs couches et la qualité du charbon sou à peu près les mêmes qu’à Carron.
« Les environs d’Édimbourg ont aussi pli sieurs mines de charbon. ... Il y en a un à trois ou quatre milles du côté du sud , o , il y a deux veines parallèles, d’environ qn; rante à cinquante degrés d’inclinaison d côté du midi; ce qui est tout-à-fait contraiii à l’inclinaison des couches du rocher qu’of ^ voit au jour et dans la mer à deux ou tro j „tf”“
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DU CHARBON DE TERRE. 3a7
1 ! Iles plus loin : ces couches sont inclinées i nord-ouest. Il en est de même des mines 1 charbon qu’on exploite un peu plus loin; J es ont beaucoup de rapport avec celles de 1 îweastle. La qualité des rochers qui com- ' sent les couches est la même : mais le s ârbon est moins bon qu’à Newcastle pour
forge, parce qu’il est moins bitumineux; 1 est meilleur pour les appartenons. »
s En Irlande , le charbon provenant de la e ne de Casile -Corner, village à soixante ' lies sud-ouest de Dublin, brûle, dès le
I imier instant qu’on le met au feu , sans e re la moindre fumée. Seulement on voit e e flamme bleue , fortement empreinte de ! îfre , qui paroît constamment au dessus du
a Une autre mine est celle d’Ydof, province
II Leinster, et c’est la première qu’on ait " couverte en Irlande; elle est si abondante, e ’elle fournit toutes les provinces voisines. U in charbon est très-pesant, produit le même 1‘ iet que le charbon de bois, et dure au feu | în plus long-temps.
« Dans le pays de Liège , dit M. Jars , la 1 euse , qui traverse cette ville, met une • ànde différence dans la disposition des 6 ines de charbon. . . . Elles commencent à st ie lieue au levant de la ville , et s’étendent !i squ’à deux lieues au delà du côté du cou- >■ ant. On trouve à moitié chemin de cette Ie Stance les plus fortes exploitations. ... La s’ ite des veines va plus loin du côté du cou-
ant : la raison est que, par un dérangement total dans leur disposition, elles sont Interrompues à une lieue et demie de Liège;
I- îis elles reprennent ensuite dans une disposition presque perpendiculaire, pour con- !Uuer de la même manière pendant plusieurs ej ues. Au nord de la ville, et au midi de lutre côté de la Meuse, les veines se propagent au plus à une demie -lieue, mais
II- ujours dans la direction de l’est à l’ouest.... M y a apparence que ce sont les mêmes
uches , quoique leur inclinaison change de ^stance en distance, tantôt au midi, tantôt îil nord. En général, tous les lits de charbon il* ! le rocher sont très-irréguliers dans cette u rtie. »
! Ce pays de Liège est peut-être de toute lu Europe la contrée la mieux fournie de chariii [m de terre; c’est du moins celle où l’on a oi plus anciennement exploité ces mines, et «U on les a fouillées le plus profondément, h pus avons dit que leur direction générale n| commune est du levant au couchant : les onines du charbon n’y sont jamais exacteoi lent en ligne droite ; elles s’élèvent et s’a-
baissent alternativement suivant la pente du terrain qui leur sert d’assise; ces veines passent par-dessus les rivières, et vont en s’abaissant vers la mer. Les veines que l’on fouille d’un côté d’une rivière ou d’une montagne répondent exactement à celles de l’autre côté; les mêmes couches de terre, les mêmes bancs de pierre , accompagnent les unes et les autres ; le charbon s’y trouve partout de la même espèce. Ce fait a été vérifié plusieurs fois par des sondes qui ont fait reconnoître les mêmes terres el les mêmes bancs jusqu’à quatre cents pieds de profondeur.
A une lieue et demie à l’est d’Aix-la- Chapelle, il y a plusieurs mines de charbon; pour parvenir aux veines l’on traverse une espèce de grès fort dur, que l’on ne peut percer qu’avec la poudre : ce grès est par lits dans la même direction et inclinaison que la veine de charbon; mais.il est tout rempli de fentes ou de joints , de façon qu’il se sépare en morceaux. Au dessous du grès, on trouve une terre noire très-dure de plusieurs pieds d épaisseur; elle sert de toit au charbon : le mur est de la même espèce de terre dure; l une et l’autre paroissent contenir des empreintes de plantes : exposée à l’air, cette terre s’effleurii et s’attendrit.
Ce charbon contient très-peu de bitume; il est tres-pyriteux , et par conséquent nullement propre à l’usage des forges : mais il est bon pour les appartemens.
En Allemagne , il y a plusieurs endroits où l’on trouve des mines de charbon ; celles de Zwickau consistent en deux couches de quatre, cinq , six pieds d’épaisseur , qui ne sont séparées l’une de l’autre que par une couche mince d’argile : leur profondeur n’est qu’à environ trois toises au dessous de la surface du terrain : la veine de dessous est meilleure que celle de dessus ; elles ont vingtcinq ou trente degrés d’inclinaison. Il s’en trouve aux environs de Marienberg, en Misnie; dans plusieurs endroits du duché de Magdebourg; dans la principauté d’Anhalt, à Bernbourg; dans le cercle du Haut-Rhin, à Aï , près de Cassel ; dans le duché de Meckelbourg, à Plauen; en Bohême, aux environs de Tœplitz; dans le comté de Glatz, à Hansdorf; en Silésie, à Gablan , Rottenbach , et Gottsberg ; dans le duché de Schweidnitz , à Reichenstein; dans le haut Palatinat, près de Sultzbach ; dans le bas Palatinat, à Bascharage, etc. Il y a, dit M. Fer ber , des mines de charbon fossile à Yotschberg, à cinq ou six lieues de Feistritz, et de meilleures encore à Luim, à dix milles
MINÉRAUX
de Vostchberg dans la Styrie supérieure. A quatre lieues de la ville de Rliène , à une demi-lieue du village à' Ypenbure , sur la route d’Osnabruck , on trouve des mines de charbon qu’on emploie à l’usage des salines. En sortant d’Ypenbure on passe une montagne au nord de laquelle est un vallon , et ensuite une autre montagne, où l’on exploite les mines de charbon. A deux lieues plus loin , il y a d’autres mines qui sont environnées des mêmes rochers; on prétend que c’est la même couche de charbon qui s’y prolonge. Comme jusqu’à présent on n’a exploité qu’une seule couche de charbon , on conjecture que c’est la même qui règne dans tout le pays. On l’exploite dans cette mine à deux cents pieds de profondeur perpendiculaire; elle a une pente inclinée du couchant au levant, qui est à peu près celle de la montagne. La veine a communément deux pieds et demi d’épaisseur en charbon qui paroit être de très-bonne qualité, quoiqu’il y ait quelques morceaux dans lesquels on aperçoive des lames de pyrites. Cette veine est précédée d’une couche de terre noire ; et cette couche, entremêlée de quelques petits morceaux de charbon, a un pied et demi , deux , et trois pieds d’épaisseur. Le toit qui recouvre la veine est un lit de six , huit , dix pouces d’épaisseur de graviers réunis en pierre assez dure, au dessus duquel est le grès disposé par bancs.
On trouve aux environs de Vétinc, petite ville des états du roi de Prusse , plusieurs mines de charbon ; elles sont situées sur le plateau d’une colline fort étendue : elles sont au nombre de plus de vingt actuellement en exploitation. Une de ces mines qui a été visitée par M. Jars , et qui est à trois quarts de lieue de Vétine, a trente-neuf toises de profondeur; savoir, vingt-six toises depuis la surface de la terre jusqu’à la première veine de charbon, onze toises depuis cetie première veine jusqu’à la seconde , et deux toises depuis la seconde jusqu’à la troisième; ce qui varie néanmoins très-souvent par les dérangemens que les veines éprouvent dans leur inclinaison, et qui les rapprochent plus ou moins, surtout les inférieures , qui sont quelquefois immédiatement l’une sur l’autre.
La première couche a jusqu’à huit pieds d’épaisseur; la seconde, deux pieds et demi; la troisième, un pied et demi ou deux pieds. On traverse plusieurs bancs de rochers pour parvenir au charbon, surtout un rocher rouge qui paroit être une terre sablonneuse durcie, mêlée de mica blanc : un rocher blanchâtre, semé aussi de mica blanc, se trouve plus
près des veines, et les sépare entre elle ce rocher y forme des creins qui quelquefc
les coupent presque entièrement. Le rock ,
qui sert de toit au charbon est bleuâtn c’est une espèce d’argile durcie, qui contiej 11 des empreintes de plantes, surtout de fo j P gères. Celui du mur est sablonneux, d’i ! [! blanc noirâtre. Ces rochers s’attendrisse [ e à l’air et s’y eflleûrissent. Les veines ont le J 11 direction sud-est , nord-ouest , et leur pen ! 111 du côté du midi. Le charbon est un pi'l pyriteux , mais paroit être d’assez boni ! 1 qualité. Dans la première veine on remarqi a un lit, de quelques pouces d’épaisseur, qi ^ suit toujours le charbon et qui divise la vein en deux parties; c’est un charbon très-pii tj0 reux. [f soi
A Dielau , la plus grande profondeur i’J Éf la mine que l’on exploite est à quaraiij j-j toises. Le charbon se ; trouve dans un iil< {e[ tantôt incliné, tantôt presque perpendic l m laire, et qui est coupé et détourné que! ? quefois par des creins. Le rocher dans leqi j “
ce filon se trouve est semblable à celui
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A Gibienstein, situé à une demi-lieue 'j clœ la ville de Halle en Saxe, on a trouvé u ■ ^ veine de charbon qui paroissoit au jour et q ! jes a plusieurs pieds d’épaisseur ; on n’a pbljvici encore reconnu son inclinaison ni sa dire j 1“' tion. Le charbon qu’on en tire est peu bit A" milieux, et mêlé avec beaucoup de pyrite1 j il ressemblé fort à celui de Lay en Kor i« bonnois. M. Hoffmann dit nue cette mi i "
s’étend bien loin sous une grande partie la ville et du faubourg, ensuite dans ljrajj
campagnes vers le midi jusqu’au bourg ;jj bon. Lieben, où on la rencontre souvent en f; | > sant des puits , de même qu’à Dielau , à u lieue et demie de Halle. Sa texture est sei blable à celle d’un amas de morceaux i bois ou copeaux.
En Espagne , il y a des mines de cliarbi de terre dans plusieurs provinces , et ja ticulièremen! en Galice, aux Asturies, da le royaume de Leon , et aussi dans la bas Andalousie près de Séville, dans la Nouvel! Castille, et même auprès de Madrid. M. ] Camus de Limare, Km de nos plus babil minéralogistes, a fait ouvrir le premier cet raine de charbon près de Madrid, et il a < la bonté de me communiquer la notice qi je joins ici r.
j . « La mine de charbon qu’on exploite dans ! liasse Andalousie est située à six lieues au nord j Séville, dans le territoire du bourg de Villanuevi del-Rio, sur le bord de la rivière de Guezna , ql se jette dans le Guadalquivir : la veine a sa dire!
DU CHARBON DE TERRE. 329
En Savoie on trouve une espèce de char- 1 bon de terre d’assez mauvaise qualité , et j le principal usage qu’on en fait est pour I évaporer les eaux des sources salées. De | toute la Suisse, le canton de Berne est le I plus riche en mines de charbon. Il s’en trouve aussi dans le canton de Zurich, dans le pays de Vaud, aux environs de Lausanne : 1 mais la plupart de ces charbons sont d’assez J médiocre qualité.
En Italie, dont la plus grande partie a I été ravagée par le feu des volcans, on trouve A moins de charbon de terre qu’en Angleterre
I et en France. M. Tozzetti a donné de trèssi bonnes observations 1 sur les bois fossiles
II tion du levant au couchant, et son inclinaison de H soixante-cinq à soixante- dix degrés au nord ; son I épaisseur varie depuis trois pieds jusqu’à quatre | pieds et demi. Elle fournit de très-bon charbon us quand on sait le séparer des nerfs et des parties H terreuses dont les veines sont toujours entremêlées; H mais comme les concessionnaires actuels les font ■H exploiter par des paysans, et qu’on met en vente H indistinctement le bon et le mauvais charbon, la
il qualité en est décriée, le débit médiocre, et l’on Il préfère à Séville et à Cadix le charbon qu’on tire de Marseille et d’Angleterre, quoique le double plus Il cher.
« Quant à celle qu’on a découverte près de Ma- I drid , à six lieues au nord , au pied de la chaîne H des montagnes de l’Escurial , sur le bord de la rivière de Mançanarez , qui passe à Madrid , c’est moi Il qui ai fait la première tentative en 1763, au moyen | d’un puits de soixante-dix pieds de profondeur, et d’une traverse; j’avois reconnu plusieurs veines dont la plus forte avoit six pouces d’épaisseur, || toutes d’un bitume desséché, assez dur, mais terne, j et brûlant foiblement . leur direction est aussi du H levant au couchant avec une pente d’un pied par I toise au nord-ouest; on a depuis continué ce tra- H vail , mais on n’y a pas encore trouvé de vrai char- I bon. »
j 1. Il dit que ces bois fossiles sont semblables à
Î| de gros troncs d’arbres, qui ne forment point une I couche continue comme les autres matières des col- II lines où ils se trouvent, mais qu’ils sont ordinaire- I| ment séparés les uns des autres, souvent deux en- Ij semble , et toujours d’une nature différente de celle 1 du terrain où ils sont ensevelis. Ils sont d’une cou- H leur extrêmement noire avec autant de lustre que le [ charbon artificiel; mais ils sont plus denses et plus | lourds , et surtout lorsqu’on ne fait que les tirer de lia terre; car à la longue ils perdent leur humidité I et deviennent moins pesans , quoiqu’ils aillent tou- Bjours au fond de l’eau. Il est constant que, dans H leur origine, ces charbons étaient des troncs d’ar- Hbres; on ne peut manquer de s’en convaincre en I les voyant dans la terre même : la plupart conser- | vent leurs racines, et sont revêtus d’une écorce Jjcpaisse et rude; ils ont des nœuds, des branl| ches , etc.; on y voit les cercles concentriques et I les fibres longitudinales du bois. Les mêmes choses I se remarquent dans les charbons du val à’Amo di Isopm et du val de Cecina : ceux-ci sont seulement 1 plus onctueux que les autres; et même le bitume 1 dont ils sont imbibés s’est trouvé quelquefois en si || grande abondance , qu’ils en ont regorgé ; cette matière s’est fait jour à travers les troncs, a passé
de Saint-Cerbone et de Strido ; j’ai cru devoir eu faire l’extrait dans la noie ci-jointe, parce que les faits qu’il rapporte sont au-
dans les racines et dans tous les vides de l’arbre, et y a formé une incrustation singulière qui imite la forme des pierreries; elle compose des couches de l’épaisseur d’une ligne au plus, partagées en petites écuelles rondes , aussi serrées l’une contre l’autre que le peuvent être des cercles : ces petites écuelles sont toutes de la même grandeur dans la même couche, et laissent apercevoir une cavitéi reluisante, unie, hémisphérique, qui se rétrécit par le fond, devient circulaire, ensuite cylindrique, et se termine en plan ; chacune de ces cavités est entièrement pleine d’un suc bitumineux , consolidé comme le reste du charbon fossile: ce suc, par la partie qui déborde la cavité, est aplani; le reste prend la forme des parois qui le renferment, sans y être néanmoins attaché qu’au fond, où il finit en plan; ce qui forme un petit corps qu’on peut détacher avec peu de force , comme avec la pointe d'une épingle dont on toucheroit le bord , on le verroit sortir et montrer la figure hémisphérique en petits cylindres.
Dans le charbon qu’on tire promptement de la terre , les surfaces extérieures de ces petits corps multipliés étant aplanies et contiguës les unes aux autres , forment une croûte aplanie aussi d’un bout à l’autre; mais à mesure que le charbon se dessèche , cette croûte paroît pleine de petites fentes occasionées par le reti rement de ees corps , et par leur séparation mutuelle : les couches aplanies , formées par les pierreries , sont irrégulières , et éparses çà et là sur le tronc du charbon fossile; elles sont, outre cela, doubles, c’est-à-dire que l’une incruste une face , l’autre une autre, et elles se rencontrent réciproquement avec les surfaces des corpuscules renfermés dans les petites écuelles. Précisément dans i’endroit où ces deux couches se rencontrent , la masse du charbon fossile reste sans liaison et comme coupée; de là vient que ces grands troncs se rompent si facilement, et se subdivisent eu massifs de diverses figures et de diverses grosseurs : ces subdivisions , si aisées à faire , sont cause que dans les endroits où le charbon fossile se transporte, on a de la peine à comprendre que les morceaux qu’on en voit soient des portions d’un grand tronc d’arbre, comme on le reconnoît aisément dans les lieux où il se trouve.
On y voit encore plusieurs masses bitumineuses , incrustées de pierreries , mais détachées entièrement de l’arbre. M. Tozzetti soupçonne que, dans leur origine, elles faisoient portion d’un tronc de charbon fossile anciennement rompu, qui étoit resté enseveli dans la tei’re. Notre physicien ne seroit pas non plus éloigné de croire que ce fût du bitume qui, n’ayant pas trouvé une matière végétale pour s’y attacher, se seroit coagulé lui-même. Il est certain qu’en rompant quelques unes de ces coagulations détachées , on n’y découvre point les fibres longitudinales du bois, qui en sont les marques distinctives; mais on y voit seulement un amas prodigieux de globuies rangés par ordre, et semblables à des rayons qui partent d’un centre et qui aboutissent à une circonférence. Il faut ajouter qu’à la surface de ces coagulations, les corpuscules qui remplissent les petites écuelles sont moins écrasés par dehors que ceux des couches formées sur les troncs des charbons fossiles ; ce qui feroil croire que, dans le premier cas, ils ont eu la liberté de s’étendre autant qu’ils pouvoient, sans trouver
MINÉRAUX
tant de preuves du changement des matières végétales en véritable charbon, et de la différence des formes que prend le bitume en se durcissant : mais le récit de ce savant observateur me paroît plutôt prouver que le bitume s’est formé dans l’arbre même , et a été ensuite comme extravasé , et non pas qu’un bitume éiranger soit venu , comme il le croit, pénétrer ces troncs d’arbres; et former ensuite à leur surface de petites protubérances. Ce qui me confirme dans cette opinion, c’est l’expérience que j’ai faite sur un gros morceau de cœur de chêne, que j’ai tenu pendant près de douze ans dans l’eau pour reeonnoître jusqu’à quel point il pouvoit s’imbiber d’eau : j’ai vu se former au bout de quelque mois, et plus encore après quelques années, une substance grasse et tenace à la surface de ce bloc de bois ; ce n’étoit que son huile qui commençoit à se bituminiser. On essuyoit à chaque fois ce bloc pour avoir son poids au juste; sans cela l’on auroit vu le bitume se former en petites protubérances dans cette substance grasse , comme M. Tozzetti l’a observé sur les troncs d’arbres de Sainl-Cerbone.
On voit, dans les Mémoires de l’Académie de Stockholm , qu’il y a des mines de charbon en Suède , surtout dans la Scanie ou Gothie méridionale. Dans celles qui sont voisines de Bosrup, les couches supérieures laissent apercevoir sensiblement un tissu ligneux, et on y trouve une terre d’ombre 1 mêlée avec le charbon : il y a dans la Westrogothie une mine d’alun où l’on trouve du charbon, dont M. Morand a vu quelques morceaux qui présentoient un reste de nature ligneuse, au point que, dans quelques uns, on croit reeonnoître le tissu du hêtre.
Dans un discours très-intéressant sur les productions de la Russie, l’auteur donne les indications des mines de charbon de terre qui se trouvent dans cette contrée.
de résistance dans des corpuscules contigus. Ce n’est pas tout : M. Tozzetti trouve encore une preuve de coagulation de bitume pur dans une autre masse toute pleine de globules , el dans laquelle il ne découvre pas la moindre trace de plante.
Telle est la nature de ces charbons fossiles ; l’auteur y joint leur usage : ils ont de la peine à s’allumer; mais lorsqu’ils le sont une fois, ils produisent un feu extrêmement vif, et restent long-temps sans se consumer ; d’ailleurs ils répandent une odeur désagréable qui porte à la tête et aux poumons , précisément comme le charbon d’Angleterre, et la cendre qui en résulte est de couleur de safran.
i. Cette terre bitumineuse , appelée quelquefois momie végétale , est tantôt solide, tantôt friable, et se trouve en beaucoup d’endroits ; il s’en rencontre derrière les bains de Freyenwald , dans un endroit nommé le Trou-noir.
En Sibérie , à quelque distance de la petite rivière Selowa, qui tombe dans le fleuve Lena, on trouve une mine de charbon de terre; elle est située vis à-vis d’une île appelée Beresowi; elle s’étend horizontalement fort loin , et son épaisseur est de dix à onze pouces. Le charbon n’est pas d’une bonne qualité ; car tant qu’il est dans la terre, il est ferme; mais aussitôt qu’il est exposé à l’air , il tombe par morceaux.
A la Chine , le charbon de terre est aussi commun et aussi connu qu’en Europe , et de tout temps les Chinois en ont fail grand usage , parce que le bois leur manque presque partout ; preuve évidente de l'ancienneté de leur nombreuse population. U en est de même du Japon , et l’on pourroit assurer qu’il existe de même des charbons de terre dans toutes les parties de l’Asie. On en a trouvé à Sumatra, aux environs de Sillida ; on en commît aussi quelques mines en Afi ique et à Madagascar.
En Amérique , il y a des mines de charbon de terre comme dans les autres parties du monde. Celles du cap Breton sont horizontales , faciles à exploiter , et ne sont qu’à six ou huit pieds de profondeur : un feu qu'il n’est pas possible d’étouffer a embrasé une de ces mines, dont les trois principales sont situées, la première dans les terres de la baie de Moridiemée, la seconde dans celle de la baie des Espagnols, et la troisième dans la petite île Bras-d’Or; cette dernière a cela de particulier, que son charbon contient de l’antimoine. Le toit de ces
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mines est, comme partout ailleurs, chargé
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d’empreinte de végétaux. U y a aussi des
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mines de charbon à Saint-Domingue , à Cu-
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mana, dans la Nouvelle- Andalousie ; et l’on tüî f a trouvé, en 1768, une de ces mines dans 11 * es l’île de la Providence, l’une des Lucayes, où®01i)e le charbon est de bonne qualité. On en connoît d’autres au Canada , dans les terres dd| Saquenai , vers le bord septentrional dd fleuve Saint-Laurent , et dans celles de l’A cadie ou Nouvelle-Écosse. Enfin on en a vi jusque dans les terres de la baie Disko, sut la côte du Groenland.
Ainsi l’on peut trouver dans tous les pay du monde , en fouillant les entrailles de li terre, cette matière combustible, déjà très nécessaire aujourd’hui dans les contrées dé nuées de bois , et qui le deviendra hier davantage à mesure que le nombre de hommes augmentera, et que le globe qu’il habitent se refroidira ; et non seulemen
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cette matière peut en tout et partout rem placer le bois pour les usages du feu, mai ?,r®
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DU CHARBON DE TERRE. 33i
lie peut même devenir plus utile que le harbon de bois pour les arts , au moyen le quelques précautions doni il est bon de aire ici mention, parce qu’elles nous donneront encore des connoissances sur les diférentes manières dont ces charbons sont (omposés ou mélangés.
A Liège et dans les environs , où l’usage u charbon est si ancien , on ne se sert , our le chauffage ordinaire, dans le plus rand nombre des maisons , que du menu harbon , c’est-à-dire des débris du charbon ui se tire en blocs et en masses ; on sépare sulement de ces menus charbons les malères étrangères qui s’y trouvent mêlées en olume apparent, et surtout les pyrites, qui ourroient faire explosion dans le feu ; et iour augmenter la quantité et la durée du îu de ce charbon , on le mêle avec des îrres grasses, limoneuses ou argileuses des nvirons de la mine, et ensuite on en fait es pelotes qu’on appelle des hochets, qui euvent se conserver et s’accumuler sans s’efeurir , en sorte que chaque famille du jeuple fait sa provision de hochets en été our se chauffer en hiver.
Mais l’usage du charbon de terre , sans Mélange ni addition de terre étrangère, est ncore plus commun que celui de ces masps mélangées, et c’est aussi ce que nous depns considérer plus particulièrement. Avec u charbon de terre en gros morceaux et le bonne qualité le feu dure trois ou qua- ' rc fois plus long-temps qu’avec du charbon ! e bois : si vingt livres de bois durent trois Bj|eures, vingt livres de charbon en dureront s ouze. En Languedoc, dit M. Venel, les ‘ pux de bûches et de rondins de bois sec ,
I ans les foyers ordinaires , coûtent plus du ouble que les pareils feux de houille faits
'tir les grilles ordinaires. Cet habile chimiste recommande de ne pas négliger les raises qui se détachent du charbon de terre u,n brûlant; car, en les remettant au feu,
" îur durée et leur effet correspondent au %oins au quart du feu de houille neuve, et ire plus ces braises ont l’avantage de ne oint donner de fumée : les cendres mêmes Pu charbon de terre peuvent être utilement ’mployées. M. Kurella, cité par M. Morand,
? lit qu’en pétrissant ces cendres seules avec e1e l’eau , on en peut faire des gâteaux qui ' rûlent aussi bien que les pelotes ou bri- | uettes neuves , et qui donnent une chaleur 'l’une aussi longue durée.
II On prendroit, au premier coup d’œil, H braise du charbon de terre pour de la " iraise de charbon de bois brûlé : mais il
faut pour cela qu’il ait subi une combustion presque entière; car s’il n’éprouve qu’une demi-combustion pour la préparation qui le réduit en coak, il ressemble alors au charbon de bois qui n’a brûlé de même qu’à demi. « Cette opération , dit très - bien M. Jars , est à peu près la même que celle pour convertir le bois en charbon. »
M. Jars donne, dans un autre Mémoire, la manière dont on fait les cinders à Newcastle, dans des fourneaux construits pour cette opération , et dont il donne aussi la description. Enfin, dans un autre Mémoire, le même académicien expose très-bien les différens procédés de la cuisson du charbon de terre dans le Lyonnois , et l’usage qu’on en fait pour les mines de cuivre à Saint- Bel.
M. Gabriel Jars, de l’Académie de Lyon, et frère de l’académicien que je viens de citer, a publié un très-bon Mémoire sur la manière de préparer le charbon de terre pour le substituer au charbon de bois dans les travaux métallurgiques , mise en usage depuis l’année 1769 dans les mines de Saint- Bel , dans lequel l’auteur dit, avec grande raison, que « le charbon de terre est, comme tous les autres bitumes, composé de parties huileuses et acides ; que dans ces acides on distingue un acide sulfureux, auquel il croit que l’on peut attribuer principalement les déchets que l’on éprouve lorsqu’on l’emploie dans la fonte des métaux. Le soufre et les acides dégagés par l’action du feu , dans la fusion , attaquent , rongent, et détruisent les parties métalliques qu’ils rencontrent ; voilà les ennemis que l’on doit chercher à détruire : mais la difficulté de l’opération consiste à détruire ce principe rongeur, en conservant la plus grande quantité possible de parties huileuses, phlogistiques et inflammables , qui seules opèrent la fusion , et qui lui sont unies. C’est à quoi tend le procédé dont je vais donner la méthode; on peut le nommer le dessoufrage. Après l’opération , le charbon minéral n’est plus à l’œil qu’une matière sèche, spongieuse , d’un gris noir, qui a perdu de son poids et acquis du volume, qui s’allume plus difficilement que le charbon cru, mais qui a une chaleur plus vive et plus dura> ble. «
M. Gabriel Jars donne ensuite une comparaison détaillée des effets et du produit du feu des coaks , et de celui du charbon de bois, pour la fonte des minerais de cui vre : il dit que les Anglois fondent la plupart des minerais de fer avec les coaks }
MINÉRAUX
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dont ils obtiennent un fer coulé excellent, qui se moule très - bien ; mais que jamais ils ne sont parvenus à en faire un bon fer forgé.
Au reste, il y a des charbons qu’il seroit peut-être plus avantageux de lessiver à l’eau que de cuire au feu, pour les réduire en coaks. M. de Grignon a proposé de se servir de cette méthode, et particulièrement pour le charbon d’Épinac : mais M. de Lijnare pense au contraire que le charbon d’Épinac n’étant que pyriteux , ne doit pas être lessivé, et qu’il n’y a nul autre moyen de l’épurer que de le préparer en coak ; la lessive à l’eau ne pouvant servir que pour les charbons chargés d’alun , de vitriol , ou d’autres sels qu’elle peut dissoudre , mais non pas pour ceux où il ne se trouve que peu ou point de ces sels dissolubles à l’eau.
Le charbon de Mont-Cenis, quoiqu’à peu de distance de celui d'Épinac, est d’une qualité différente ; il faut l’employer au moment qu’il est tiré, sans quoi il fermente bientôt et perd sa qualité ; il demande à être dessoufré par le moyen du feu, et l’on a nouvellement établi des fourneaux et des hangars pour cette opération.
Le charbon de Rive-de-Gier , dans le Lyonnois, est moins bitumineux, mais en .même temps un peu pyriteux; et, en général , il est plus compacte que celui de Mont-Cenis : il est d’une grande activité ; son feu est âpre et durable ; il donne une flamme vive, rouge, et abondante. Son poids est de cinquante-quatre livres le pied cube , lorsqu’il est dessoufré ; et dans cet état il pèse autant que le charbon brut de Saint- Chamond , qui , quoique assez voisin de celui de Rive-de-Gier, est d’une qualité trèsdifférente ; car il est friable , léger, et à peu près de la même nature que celui de Mont- Cenis, à l’exception qu’il est un peu moins pyriteux. Il ne pèse cru que cinquantequatre livres le pied cube , et ce poids se réduit à trente-six lorsqu’il est dessoufré.
De toutes les méthodes connues pour cpurer le charbon , celle qui se pratique aux environs de Gand est l’une des meilleures : on se sert des charbons crus de Mons et de Valenciennes; et le coak est si bien fait, dit M. de Limare, qu’on s’en sert sans inconvénient dans les blanchisseries de toile fine et de batiste : on l’épure dans des fourneaux entourés de briques, où l’on a ménagé des registres pour diriger l’air et le porter aux parties qui en ont besoin. Mais on assure que la méthode du sieur Ling, qui a mérité l’approbation du gouverne-
ment , est encore plus avantageuse ; et je ne puis mieux terminer cet article qu’en rapportant le résultat des expériences qui ont été faites à Trianon, le 12 janvier 1779, avec du charbon du Bourbonnois dessoufré à Paris par cette méthode du sieur Ling, par lesquelles expériences il est incontestablement prouvé que le charbon préparé j| par ce procédé a une grande supériorité^ sur toutes les matières combustibles, et par ticulièrement sur le charbon cru , soit pour le chauffage ordinaire, soit pour les arts de métallurgie, puisque ces expériences démontrent :
i° Que le charbon ainsi préparé, quoi que diminué de masse par l’épurement tient le feu bien plus long-temps qu’un vo lume égal de charbon cru ;
20 Qu’il a infiniment plus de chaleur puiscpie, dans ua temps donné et égal, de masses de métal de même volume acquiè rent plus de chaleur sans se brûler ;
3° Que ce charbon de terre préparé es bien plus commode pour les ouvriers , qn ne sont point incommodés des vapeurs sul fureuses et bitumineuses qui s’exhalent d charbon cru ;
4° Que ce charbon préparé est plus éctr noinique, soit pour le transport, puisqu’; est plus léger , soit dans tous les usage qu’on en peut faire, puisqu’il se consomm moins vite que le charbon cru ;
5° Que la propriété précieuse que charbon préparé par cette méthode a d’; doucir le fer le plus aigre, et de l’améliU J rer, doit lui mériter la préférence non sei lement sur le charbon cru , mais même si le charbon de bois ;
6° Enfin que le charbon de terre épui par cette méthode peut servir à tous 1
usages auxquels on emploie le charbon bois , et avec un très-grand avantage , a tendu que quatre livres de ce charbc épuré font autant de feu que douze livr de charbon de bois.
* Nous avons distingué deux sortes < charbon de terre : i’un , que l’on nom»
charbon sec , qui produit en brûlant ui flamme légère, et qui diminue de poids de volume en se convertissant en brais et l’autre, que l’on appelle charbon collan ^ qui donne une chaleur plus forte, se goni ' et s’agglutine en brûlant. Nous croyons d , voir ajouter à ce sujet des observations ir lûlll portantes qui nous ont été communiqué par M. Faujas de Saint -Fond L Ce sava iI;