DE LA PARITE MARTIALE
nèmes dès qu’elles sont humectées ; ce qui lémôntre qu’il y a dans la pyrite une rande quantité de feu fixe; et comme ette matière du feu ne se manifeste sous ne forme solide que quand elle est saisie ar l’acide , il faut en conclure que la pyite renferme également la substance du feu xe et celle de l’acide; mais comme la pyite elle-même n’a pas été produite par ici action du feu, elle ne contient point de ci aufre formé , et ce n’est que par la comm ustion qu’elle peut en fournir l. Ainsi l’on | î borne à dire que les pyrites contiennent !ur :s principes dont le soufre se forme par le ■I îoyen du feu, et non pas à affirmer qu’elles iro oniiennent du soufre tout formé. Ces bri eux substances, l’une de feu, l’autre d’atiti ide, sont, dans la pyrite , intimement réunni tes et liées à une terre souvent calcaire ira Lii leur sert de base , et qui toujours con- : d ent une plus ou moins grande quantité de r; ce sont laies seules substances dont la rite martiale' est composée ; elles concourt par leur mélange et leur union intime lui donner un assez grand degré de duté pour étinceler comme l’acier ; et comme matière du feu fixe provient des corps ■ganisés, les molécules organiques que tte matière a conservées tracent dans ce ^inéral les premiers linéamens de l’orgasation en lui donnant une forme régun kre, laquelle, sans être déterminée, a telle 1 telle figure , et néanmoins toujours hevée régulièrement, en sphères, en el- !(l||)ses, en prismes, en pyramides, en aiilles , etc. ; car il y a des pyrites de toutes 5 formes différentes, selon que les inocules organiques contenues dans la mapre du feu ont, par leur mouvement , tracé figure et le plan sur lequel les particules kt été forcées de s’arranger.
La pyrite est donc un minéral de figure jgulière et de seconde formation, et qui pas pu exister avant la naissance des imaux et des végétaux ; c’est un produit leurs détrimens plus immédiat que le ufre, qui, quoiqu’il tire sa première ori- [in le de ces mêmes détrimens des corps itr ganisés , a néanmoins passé par l’état de pye, et n’est devenu soufre que par l’efferj,] scence ou.Ia combustion: or, l’acide, en
c. On pourra dire que la combustion n’est pas [jours nécessaire pour produire du soufre , puisjioi e les acides séparent le même soufre, *tant des
K”ites que des compositions artificielles dans leslles on a fait entrer le soufre tout formé ; mais e action des acides n’est-elle pas une sorte de , 11 çlnbustion , qmisqu’ils n’agisséïjt que par le feu (J| fils contiennent ?
se mêlant avec les huiles grossières des végétaux , les convertit en bitume ; et saisissant de même les parties subtiles du feu fixe que ces huiles renfermoient , il en compose les pyrites en s’unissant à la matière ferrugineuse , qui lui est plus analogue qu’aucune autre par l’affinité qu’a le fer avec ces deux principes du soufre; aussi les pyrites se trouvent-elles sur toute lasurfacede la terre jusqu’à la profondeur où sont parvenus les détrimens des corps organisés , et la matière pyriteuse n’est nulle part plus abondante que dans les endroits qui en contiennent les détrimens , comme dans les mines de charbon de terre, dans les couches de bois fossiles, et l’argile , parce qu’elle renferme les débris des coquillages et tous les premiers détrimens de la nature vivante gu fond des mers. On trouve de même des pyrites sous la terre végétale, dans les matières calcaires , et dans toutes celles où l’eau pluviale peut déposer la terre limoneuse et les autres détrimens des corps organisés.
La force d’affinité qui s’exerce entre les parties constituantes des pyrites est si grande, que chaque pyrite a sa sphère particulière d’attraction ; elles se forment ordinairement en petits morceaux séparés, et on ne les trouve que rarement en grands bancs ni en veines continues 2 , mais seulement en petits lits , sans être réunies ensemble , quoique à peu près contiguës et à peu de distance les unes des autres : et lorsque cette matière pyriteuse se trouve trop mélangée, trop impure, pour pouvoir se réunir en masse régulière , elle reste disséminée dans les matières brutes , telles que le schiste ou la pierre calcaire , dans lesquelles elle semble exercer encore sa grande force d’attraction ; car elle leur donne un degré de dureté qu’aucun autre mélange ne pourroit leur communiquer : les grès mêmes qui se trouvent pénétrés de la matière pyriteuse sont communément plus durs que les autres ; le charbon pyriteux est aussi le plus dur de tous les charbons de terre. Mais cette dureté communiquée par la pyrite ne subsiste qu’autant que ces matières durcies par son mélange sont à l’abri de l’action des élémens humides : car ces pierres calcaires, ces grès, et ces schistes si durs, parce qu’ils sont py> riteux, perdent à l’air en assez peu de temps
2. Il y a dans le comté d’Alais en Languedoc une masse de pyrites de quelques lieues d’étendue , sur laquelle ou a établi deux manufactures de vitriol : il y a aussi près de Saint-Dizier en Champagne un banc de pyrites martiales dont on ne connoît pas l’étendue ; et ces pyrites en masses continues sont posées sur un banc de grès.
MINÉRAUX
non seulement leur dureté, mais même leur consistance.
Le feu fixe , d’abord contenu dans les corps organisés, a été, pendant leur décomposiiion , saisi par l’acide , et tous deux, réunis à la matière ferrugineuse , ont formé des pyrites martiales en très-grande quaniité, dès le temps de la naissance et de la première mort des animaux et des végétaux : c’est à cette époque, presque aussi ancienne que celle de la naissance des coquillages, qu’il faut rapporter le temps de la formation des couches de la terre végétale et du charbon de terre, et aussi les amas de pyrites qui ont fait , en s’échauffant d’eliesrnêmes , le premier foyer des volcans. Toutes ces matières combustibles sont encore aujourd’hui l’aliment de leurs feux , et la matière première du soufre qu’ils exhalent ; et comme avant l’usage que l’homme a fait du feu rien ne détruisoit les végétaux que leur vétusté, la quantité de matière végétale accumulée pendant ces premiers âges est immense : aussi s’est-il formé des pyrites dans tous les lieux de la terre, sans compter les charbons, qui doivent être regardés comme les restes précieux de celte ancienne matière végétale, qui s’est conservée dans son baume et son huile, devenue bitume par le mélange de l’acide.
Le bitume et la matière pyriteuse proviennent donc également des corps organisés ; le premier en est l’huile , et la seconde la substance du feu fixe, l’un et l’autre saisis par l’acide : la différence essentielle entre le bitume et la pyrite martiale consiste en ce que la pyrite ne contient point d’huile, mais du feu fixe, de 1 acide, et du fer; or nous verrons que le fer a la plus grande affinité avec le feu fixe et l’acide, et nous avons déjà démontré que ce métal, contenu en assez grande quantité dans tous les corps organisés , se réunit en grains et se régénère dans la terre végétale, dont il fait partie constituante. Ce sont donc ces mêmes parties ferrugineuses disséminées dans la terre végétale, que la pyrite s’approprie dans sa formation, en les dénaturant au point que, quoique contenant une grande quantité de fer , la pyrite ne peut pas être mise au nombre des mines de fer , dont les plus pauvres donnent plus de métal que les pyrites les plus riches ne peuvent en rendre , surtout dans les travaux en grand, parce qu’elles brûlent plus qu’elles ne fondent, et que, pour en tirer le fer, il faudrait les griller plusieurs fois; ce qui serait aussi long que dispendieux, et ne donnerait pas encore
une aussi bonne fonte que les vraies mine; de fer.
La matière pyriteuse contenue dans k I couche universelle de la terre végétale es j quelquefois divisée en parties si ténues 1 qu’elle pénètre avec l’eau non seulemeo j dans les joints des pierres calcaires , mai même à travers leur masse , et que , se ras semblant ensuite dans quelque cavité, elli y forme des pyrites massives. M. de Lassom en cite un exemple dans les carrières di Compiègue, et je puis confirmer ce fait pa plusieurs autres semblables. J’ai vu, dan les derniers bancs de plusieurs carrières pierre et de marbre, des pyrites en petite masses et en grand nombre, la plupart pla tes et arrondies, d’autres anguleuses, d’aiil très à peu près sphériques , etc. ; j’ai V qu’au dessous de ce dernier banc de pion calcaire qui étoit situé sous les autres , plus de cinquante pieds de profondeur, « qui portoit immédiatement sur la glaise, s’étoit formé un petit lit de pyrites aplatit entre la pierre et la glaise; j’en ai vu dl même dans l’argile à d’assez grandes profoi 1 deurs , et j’ai suivi dans cette argile la tra< r de la terre végétale avec laquelle la matièi & pyriteuse étoit descendue par la filtratie d des eaux. L’origine des pyrites martiale,1 f en quelque lieu qu’elles se trouvent , n J> paraît donc bien constatée; elles proviennen « dans la terre végétale , des détrimens d |j f corps organisés lorsqu'ils se rencontrent ave ! l’acide , et elles se trouvent partout où c (j détrimens ont été transportés ancienneme | 11 par les eaux de la mer , ou infiltrés da , h des temps plus modernes par les eaux pli M viales. ! sii
Comme les pyrites ont un poids presq « égal à celui d’un métal, qu’elles ont aussi j ils luisant métallique, qu’enfin elles se tro $ vent quelquefois dans les terrains voisins d mines de fer, on les a souvent prises po de vraies mines. Cependant il est très-ai de ne s’y pas méprendre, même à la pi mière inspection ; car elles sont toutes d’u I figure décidée, quoique irrégulière et sol vent différente : d’ailleurs on ne les troul guère mêlées en quantité avec la mine | fer en grains; s’il s’en rencontre dans |J mines de fer en grandes masses , elles sont formées , comme dans les bancs pierre , par la filtration des eaux : elles s( aussi plus dures que les mines de fer ; lorsqu’on les mêle au fourneau , elles les < naturent ou les brûlent au lieu de les fa fondre. Elles ne sont pas disposées , com les mines de fer , en amas et en couch<