‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 13 sur 147 · PARTIE HYPOTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE HYPOTHÉTIQUE

riode ; et comme la perte totale de la chaleur propre est à la compensation totale en même raison que le temps total de la période est au prolongement du refroidissement, on

3ai7

aura a5 * 36i ;; i3o8o6 ; 377 ans en-

viron. Ainsi le temps dont la chaleur du soleil prolongera le refroidissement de Saturne, étant de i5 ans pour la première période, sera de 377 ans pour la seconde.

Ajoutant ensemble les i5 ans et les 377 ans dont la chaleur du soleil prolongera le refroidissement de Saturne pendant les deux périodes de i3o8o6 ans , on verra que ce 11e sera que dans l’année 252020 de la formation des planètes, c’est-à-dire dans 187188 ans , que cette planète pourra être refroidie à 1/25 de la chaleur actuelle de la terre.

Dans la troisième période , le premier terme de la compensation par la chaleur du

La Terre. .

74832 ans.

En..

. 1 68123 ans.

La Lune. . .

en

En..

Mercure. . ,

en

En..

Vénus

en

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Mars

en

Jupiter. . . .

en

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Saturne . . .

en

En..

REFROIDIES

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de la température actuelle*

soleil étant 26 r au commencement, et à la fin 5o

25oo ^334

36i ou 36i , on voit que ce ne sera pas

encore dans cette troisième période qu’arrivera le moment où la chaleur du soleil sera égale à la chaleur propre de cette planète , qùoiqu’à la fin de cette troisième période elle aura pèrdü de sa chaleur propre , au point d’être refroidie à de la température actuelle de la terre. Mais ce moment se trouvera au septième terme n/5o de la quatrième période, qui multiplié par 5232 ans 6/25 , nombre des années de chaque terme de ces périodes de ï3o8o6 ans, donne 37776 ans 19/23, lesquels étant ajoutés au trois premières périodes dont la somme est 392418 ans, font 480194 ans 10/25 : d’où l’on voit que ce ne sera que dans l’année 430195 de la formation des planètes que la chaleur du soleil se trouvera égale à la chaleur propre de Saturne.

Les périodes des temps du refroidissement de la terre et des planètes sont donc dans l’ordre suivant :

On voit, en jetant un coup d’œil sur ces rapports, que, dans notre hypothèse, la lune et Mars sont actuellement les planètes les plus froides; que Saturne, et surtout Jupiter, sont les plus chaudes ; que Ténus est encore bien plus chaude que la terre; et que Mercure , qui a commencé depuis long-temps à jouir d’une température égale à celle dont jouit aujourd’hui la terre, est encore actuellement et sera pour long-temps au degré de chaleur qui est nécessaire pour le maintien de la nature vivante, tandis que la lune et Mars sont gelés depuis long-temps , et par conséquent impropres , depuis ce même temps , à l’existence des êtres organisés.

Je ne peux quitter ces grands objets sans rechercher encore ce qui s’est passé et se passera dans les satellites de Jupiter et de Saturne , relativement au temps du refroidissement de chacun: en particulier. Les astronomes ne sont pas absolument d’accord sur la grandeur relative de ces satellites ; et , pour ne parler d’abord que de ceux de Jupiter, Whiston a prétendu que le troisième de ses satellites étoit le plus grand de tous, et il l’a estimé de la même grosseur à peu près que le globe terrestre ; ensuite il dit que le premier est un peu plus gros que Mars , lè second un peu plus grand que Mercure, et que le quatrième n’est guère plus grand que la lune. Mais notre plus illustre astronome (Dominique Cassini ) a jugé , au contraire, que le quatrième satellite étoit le plus grand de tous. Plusieurs causes concourent à cette incertitude sur la grandeur des satellites de Jupiter et de Saturne : j’en indiquerai quelques-unes dans la suite; mais je me dispenserai d’en faire ici l’énumération et la discussion, ce qui m’éloigneroit trop de mon sujet : je me contenterai de dire qu’il me paroît plus que probable que les satellites les plus éloignés de leur planète principale sont réellement les

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MINÉRAUX. INTRODUCTION

plus grands , de la même m. nière que les planètes les plus éloignées du soleil sont aussi les plus grosses. Or les distances des quatre satellites de Jupiter, à commencer par le plus voisin , qu’on appelle le premier, sont , à très-peu près , comme 5 2/3,9, 14 i/3, 25 1/4 ; et leur grandeur n’étant pas encore bien déterminée , nous supposerons , d’après l’analogie dont nous venons de parler, que le plus voisin ou le premier n’est que de la grandeur de la lune , le second de celle de Mercure, le troisième de la grandeur de Mars, et le quatrième de celle du globe de la terre ; et nous allons rechercher combien le bénéfice de la chaleur de Jupiter a compensé la perte de leur chaleur propre.

Pour cela nous regarderons comme égale la chaleur envoyée par le soleil à Jupiter et à ses satellites, parce qu’en effet leurs distances à cet astre de feu sont à peu près les mêmes. Nous supposerons aussi , comme chose très-plausible, que la densité des satellites de Jupiter est égale à celle de Jupiter même1.

Cela posé, nous verrons que le premier satellite, grand comme la lune, c’est-à-dire qui n’a que 3/ii du diamètre de la terre, se seroit consolidé jusqu’au centre en 792 ans 3/i 1, refroidi au point de pouvoir le toucher en 9248 ans 5/ii, et au point de la température actuelle de la terre en 20194 ans 7/1 1 , si la densité de ce satellite n’étoit pas différente de celle de la terre ; mais , comme la densité du globe terrestre est à celle de Jupiter ou de ses satellites i: 1000 : 292 , il s’ensuit que le temps employé à la consolidation jusqu’au centre et au refroidissement doit être diminué dans la même raison, en sorte que ce satellite se sera consolidé en 23 1 ans 7^, refroidi au point d’en pouvoir toucher la surface en 2690 ans 2/3, et qu’enfin il auroit perdu assez de sa chaleur propre pour être refroidi à la température actuelle de la terre en 5897 ans, si rien n’eût compensé cette perte de sa chaleur propre. Il est vrai qu’à cause du grand éloignement du soleil, la chaleur envoyée par cet astre sur les satellites ne pourroit faire qu’une très-légère compensation , telle que nous l’avons vue sur Jupiter même. Mais la chaleur que Jupiter envoyoit à sès satellites éloit prodigieusement grande , surtout dans

1. Quand même on se refuseroit à cette supposition de l’égalité de densité dans Jupiter et ses satellites , cela ne changerait rien, à ma théorie , et les résultats du calcul seraient seulement un peu différens ; mais le calcul lui-mème ne seroit pas plus difficile à faire.

les premiers temps ; et il est très-nécessaire d’en faire ici l’évaluation.

Commençant par celle du soleil , nous verrons que cette chaleur envoyée du soleil étant en raison inverse du carré des distances, la compensation qu’elle a faite , dans le temps de l’incandescence , n’étoil que

676 , et qu’à la fin de la première période

de 5897 ans , cette compensation n’étoit que 25 25 25

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