PARTIE HYPOTHETIQUE
74047 ans pour date de la formation de la terre et des planètes, il s’est écoulé peutêtre plus de 35ooo ans où la chaleur du soleil étoit de trop pour nous , puisque la surface de notre globe étoit encore si chaude au bout de 33911 ans qu’on n’auroit pu la toucher.
Pour évaluer l’effet total de cette compensation, qui est i/5o aujourd’hui, il faut chercher ce qu’elle a été précédemment, à commencer du premier moment lorsque la terre étoit en incandescence; ce que nous trouverons en comparant la chaleur actuelle du globe terrestre avec celle qu’il avoit dans ce temps. Or nous savons par les expériences de Newton, corrigées dans notre premier mémoire, que la chaleur du fer rouge, qui est à tres-peu près égale à celle du verre en incandescence, est huit fois plus grande que la chaleur de l’eau bouillante , et vingtquatre fois plus grande que celle du soleil en été. Or cette chaleur du soleil en été, à laquelle Newton a comparé les autres chaleurs , est composée de la chaleur propre de la terre et de celle qui lui vient du soleil en été dans nos climats ; et comme cette dernière chaleur n’est que 1/29 de la première, il s’ensuit que de 3o/3o ou 1, qui représente ici l’unité de la chaleur en été, il n’en appartient au soleil que i/3o, et qu’il en appartient 29/30 à la terre. Ainsi la chaleur du fer rouge , qui a été trouvée vingt-quatre fois plus grande que ces deux chaleurs prises ensemble, doit être augmentée de r/3o dans la même raison qu’elle est aussi diminuée, et cette augmentation est par conséquent de 24/30 ou de 4/5. Nous devons donc estimer à très-peu près 25 la chaleur du fer rouge, relativement à la chaleur propre et actuelle du globe terrestre qui nous sert d’unité. On peut donc dire que, dans le temps de l’incandescence, il étoit | vingt-cinq fois plus chaud qu’il ne l’est au- ! jourd’hui; car nous devons regarder la chaj leur du soleil comme une quantité constante ou qui n’a que très-peu varié depuis la formation des planètes. Ainsi , la chaleur aci tuelle du globe étant à celle de son état d’in- 1 candescence ; * 1 : 25, et la diminution de cette chaleur s’étant faite en même raison f que la succession du temps , dont l’écoule- 1 ment total depuis l’incandescence est de 74047 ans, nous trouverons, en divisant 74047 par 2 5, que, tous les 2962 ans en- | viron , cette première chaleur du globe a ! diminué de t/25 , et qu’elle continuera de | diminuer de même jusqu’à ce qu’elle soit ! entièrement dissipée ; en sorte qu’ayant été
25 il y a 74047 ans, et se trouvant aujourd’hui 25/25 ou r , elle sera dans 74047 autres années 1/25 de ce qu’elle est actuellement.
Mais cette compensation par la chaleur du soleil , étant i/5o aujourd’hui , étoit vingt-cinq fois plus petite dans le temps que la chaleur du globe étoit vingt-cinq fois plus grande; multipliant donc i/5o par 1/25 , la compensation dans l’état d’incandescence n’étoit que de Et comme la chaleur
primitive du globe a diminué de 1/25 tous les 2962 ans , on doit en conclure que dans les derniers 2962 ans la compensation étant i/5o, et dans les premiers 2962 ans étant — j^, dont la somme est 7^, la compensation des temps suivans et antécédens, c’està-dire pendant les 2962 ans précédant les derniers, et pendant les 2962 suivant les premiers , a toujours été égale à ; d’où
11 résulte que la compensation totale pendant les 74047 ans est multipliés par
12 1/2 , moitié de la somme de tous les
termes de 2962 ans, ce qui donne ou if. C’est là toute la compensation que la chaleur du soleil a faite à la perte de la chaleur propre du globe terrestre ; cette perte depuis le commencement jusqu’à la fin des 74047 ans étant 25 , elle est à la compensation totale comme le temps total de la période est au temps du prolongement du refroidissement pendant cette période de 74047 ans. On aura donc 25 I i3/5o 74047 770
ans environ. Ainsi , au lieu de 74047 ans, on doit dire qu’il y a 74817 ans que la terre a commencé de recevoir la chaleur du soleil et de perdre la sienne.
Le feu du soleil , qui nous paroîl si considérable, n’ayant compensé la perte de la chaleur propre de notre globe que de i3/5o sur 25, depuis le premier temps de sa formation, l’on voit évidemment que la compensation qu’a pu produire la chaleur envoyée par la lune et par les autres planètes à la terre est si petite, qu’011 pourroit la négliger sans craindre de se tromper de plus de dix ans sur le prolongement des 74817 ans qui se sont écoulés pour le refroidissement de la terre à la température actuelle. Mais, comme dans un sujet de cette espèce on peut désirer que tout soit démontré, nous -ferons la recherche de la compensation qira- pu produire la chaleur de la lune à la perte de la chaleur du globe de la terre.
La lune se seroit refroidie au point de pouvoir en toucher la surface en 6492 ans, et au point de la température actuelle de la terre en 14x76 ans, en supposant que la
MINÉRAUX. INTRODUCTION
terre se fût elle-même refroidie à ce point en 74047 ans; mais, comme elle ne s’est réellement refroidie à la température actuelle qu’en 74817 ans environ , la lune n’a pu se refroidir de même qu’en i4323 ans environ , en supposant encore que rien n’eût compensé la perte de sa chaleur propre. Ainsi sa chaleur étoit, à la fin de cette période de 14323 ans, vingt-cinq fois plus petite que dans le temps de l’incandescence ; et l’on aura, en divisant 14323 par 2 5, 533 ans environ; en sorte que tous les 533 ans cette première chaleur de la lune a diminué de 1/25, et qu’étant d’abord iS elle s’est trouvée 25/25 ou 1 au bout de i4323 ans , et de i/25 au bout de 14323 autres années; d’où l’on peut conclure que la lune, après 28646 ans , auroit été aussi refroidie que la terre le sera dans 74817 ans, si rien n’eût compensé la perte de la chaleur propre de cette planète.
Mais la lune n’a pu envoyer à la terre une chaleur un peu considérable que pendant le temps qu’a duré son incandescence et son état de chaleur, jusqu’au degré de la température actuelle de la terre ; et elle seroit en effet arrivée à ce point de refroidissement en i4323 ans, si rien n’eût compensé la perte de sa chaleur propre : mais nous démontrerons tout à l’heure que, pendant cette période de 14323 ans, la chaleur du soleil a compensé la perte de la chaleur de la lune , assez pour prolonger le temps de son refroidissement de 149 ans, et nous démontrerons de même que la chaleur envoyée par la terre à la lune, pendant cette même période de 14323 ans , a prolongé son refroidissement de 1987 ans. Ainsi la période réelle du temps du refroidissement de la lune, depuis l’incandescence jusqu’à la température actuelle de la terre, doit être augmentée de 2086 ans , et se trouve être de 16409 ans au lieu de 14323 ans.
Supposant donc la chaleur qu’elle nous envoyoit, dans le temps de son incandescence, égale à celle qui nous vient du soleil , parce que ces deux astres nous présentent chacun une surface à peu près égale, on verra que cette chaleur envoyée par la lune, étant, comme celle du soleil, i/5o de la chaleur actuelle du globe terrestre, ne faisoit compensation dans le temps de l’incandescence que de à la perte de la chaleur intérieure de notre globe, parce qu’il étoit lui-même en incandescence, et qu’alors sa chaleur propre étoit vingt -cinq fois plus grande qu’elle ne l’est aujourd’hui. Or, au bout de 16409 ans , la lune étant refroidie
au même point de température que l’est actuellement la terre, la chaleur que cette planète lui envoyoit dans ce temps n’auroit pu faire qu’une compensation vingt-cinq fois plus petite que la première, c’est-à-dire de jY si le globe terrestre eût conservé son état d’incandescence ; mais sa première chaleur ayant diminué de 1/25 tous les 2962 ans, elle n’étoit plus que de 19 1/2 environ au bout de 16409 ans. Ainsi la compensation que faisoit alors la chaleur de la lune ,
au lieu de n’être que de — — — , étoit de 1 3i25o