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SECONDE EPOQUE. io5

îaires de ces prolongemens de la roche intérieure du globe; et enfin il resteroit les trous, les anfractuosités, et toutes les cavités intérieures de cette roche qui en est la hase , et qui sert de soutien à toutes les matières terrestres amenées ensuite par les eaux.

Et comme ces fentes occasionées par le refroidissement coupent et tranchent le plan vertical des montagnes non seulement de haut en bas , mais de devant en arrière , ou d’un côté à l’autre, et que dans chaque montagne elles ont suivi la direction générale de sa première forme, il en a résulté que les mines, surtout celles des métaux précieux, doivent se chercher à la boussole, en suivant toujours la direction qu’indique la découverte du premier filon ; car dans chaque montagne les fentes perpendiculaires qui la traversent sont à peu près parallèles : néanmoins il n’en faut pas conclure , comme l’ont fait quelques minéralogistes , qu’on loive toujours chercher les métaux dans la même direction , par exemple sur la ligne le onze heures ou sur celle de midi; car souvent une mine de midi ou de onze heu- ’es se trouve coupée par un filon de huit ou neuf heures, etc., qui étend des rameaux sous différentes directions; et d’ailleurs on mit que , suivant la forme différente de chaque montagne , les fentes perpendiculaires a traversent, à la vérité, parallèlement enre elles , mais que leur direction , quoique commune dans le même lieu , n’a rien de lommun avec la direction des fentes pericndiculaires d’une autre montagne, à moins pie cette seconde montagne ne soit parallèle I la première.

Les métaux et la plupart des minéraux nétalliques sont donc l’ouvrage du feu, puispi’on ne les trouve que dans les fentes de la oche vitrescible , et que , dans ces mines M'imordiales, l’on ne voit jamais ni coquiles ni aucun autre débris de la mer mélangés avec elles. Les mines secondaires , qui e trouvent au contraire , et en petite quanité , dans les pierres calcaires , dans les Schistes, dans les argiles, ont été formées ïostérieurement, aux dépens des premières :t par l’intermède de l’eau. Les paillettes l’or et d’argent que quelques rivières chargent viennent certainement de ces premiers lions métalliques renfermés dans les monagnes supérieures : des particules métalliques encore plus petites et plus ténues peuvent , en se rassemblant , former de nouvelles petites mines des mêmes métaux; mais ces mines parasites , qui prennent mille

formes différentes , appartiennent , comme je l’ai dit , à des temps bien modernes en comparaison de celui de la formation des premiers filons qui ont été produits par l’action du feu primitif. L’or et l’argent, ([ni peuvent demeurer très-long-temps en fusion sans être sensiblement altérés, se présentent souvent sous leur forme native : tous les autres métaux ne se présentent communément que sous une forme minéralisée, parce qu’ils ont été formés plus tard par la combinaison de l’air et de l’eau qui sont entrés dans leur composition. Au reste, tous les métaux sont susceptibles d’être volatilisés par le feu à différens degrés de chaleur; en sorte qu’ils se sont sublimés successivement pendant le progrès du refroidissement.

On peut penser que s’il se trouve moins de mines d’or et d’argent dans les terres septentrionales que dans les contrées du du midi , c’est que communément il n’y a dans les terres du nord que de petites montagnes en comparaison de celles des pays méridionaux : la matière primitive , c’est-àdire la roche vitreuse , dans laquelle seule se sont formés l’or et l’argent , est bien plus abondante, bien plus élevée, bien plus découverte , dans les contrées du midi. Ces métaux précieux paroissent être le produit immédiat du feu : les gangues et les autres matières qui les accompagnent dans leur mine sont elles-mêmes des matières vitrescibles ; et comme les veines de ces métaux se sont formées soit par la fusion , soit par la sublimation, dans les premiers temps du refroidissement , ils se trouvent en plus grande quantité dans les hautes montagnes du midi. Les métaux moins parfaits , tels que le fer et le cuivre, qui sont moins fixes au feu, parce qu’ils contiennent des matières que le feu peut volatiliser plus aisément, se sont formés dans des temps postérieurs : aussi les trouve-t-on en bien plus grande quantité dans les pays du nord que dans ceux du midi. Il semble même que la nature ait assigné aux différens climats du globe les différens métaux ; l’or et l’argent aux régions les plus chaudes, le fer et le cuivre aux pays les plus froids , et le plomb et l’étain aux contrées tempérées : il semble de même qu’elle ait établi l’or et l’argent dans les plus hautes montagnes, le fer et le cuivre dans les montagnes médiocres , et le plomb et l’étain dans les plus basses. Il paroit encore que , quoique ces mines primordiales des différens métaux se trouvent toutes dans la roche vitrescible , celles d’or et d’argent sont quelquefois mélangées d’autres

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métaux ; que le fer et le cuivre sont souvent accompagnés de matières qui supposent l’intermède de l’eau, ce qui semble prouver qu’ils n’ont pas été produits en même temps ; et à l’égard de l’étain, du plomb, et du mercure, il y a des différences qui semblent indiquer qu’ils ont été produits dans des temps très-différens. Le plomb est le plus vitrescible de tous les métaux, et l’étain l’est le moins : le mercure est le plus volatil de tous ; et cependant il ne diffère de l’or , qui est le plus fixe de tous , que par le degré dê feu que leur sublimation exige; car l’or, ainsi que tous les autres métaux, peuvent également être volatilisés par une plus ou moins grande chaleur. Ainsi tous les métaux ont été sublimés et volatilisés successivement pendant le progrès du refroidissement. Et comme il ne faut qu’une très-légère chaleur pour volatiliser le mercure, et qu une cnaleur médiocre suffit pour fondre l’étain et le plomb , ces deux métaux sont demeurés liquides et coulans bien plus long-temps que les quatre premiers ; et le mercure l’est encore, parce que la chaleur actuelle de la terre est plus que suffisante pour le tenir en fusion : il ne deviendra solide que quand le globe sera refroidi d’un cinquième de plus qu’il ne l’est aujourd’hui, puisqu’il faut 197 degrés au dessous de la température actuelle de la terre pour que ce métal fluide se consolide; ce qui fait à peu près la cinquième partie des 1000 degrés au dessous de la congélation.

Le plomb, l’étam, et le mercure, ont donc coulé successivement, par leur fluidité, dans les parties les plus basses de la roche du globe, et ils ont été, comme tous les autres métaux, sublimés dans les fentes des montagnes élevées. Les matières ferrugineuses qui pouvoient supporter une très-violente chaleur, sans se fondre assez pour couler, ont formé, dans les pays du nord, des amas métalliques si considérables, qu’il s’y trouve des montagnes entières de fer 1 , c'est -à-dire d’une pierre vitrescible ferrugineuse , qui rend souvent soixante-dix livres de fer par quintal : ce sont là les mines de fer primitives; elles occupent de très-vastes espaces dans les contrées de notre nord ; et leur substance n'étant que du fer produit par l’action du feu , ces mines sont demeux-ées susceptibles de rattraction magnétique, comme le sont toutes les matières feri-ugineuses qui ont subi le feu.

L’aimant est de dette même natme;; ce

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