‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 62 sur 147 · Voyez les Additions deBuffon, -pà'ge iïi · texte numérisé non relu

Voyez les Additions deBuffon, -pà'ge iïi

n’est qu’une piei're ferrugineuse, dont il se trouve de grandes masses et même des montagnes dans quelques contrées , et particulièrement dans celles de notre nord 2 : c’est par cette raison que l’aiguille aimantée se dirige toujours vers ces contrées , où toutes les mines de fer sont magnétiques. Le magnétisme est un effet constant de l’électricité constante, produite par la chaleur iniéi'ieure et par la rotation du globe ; mais s’il dépendoit uniquement de cette cause générale, l’aiguille aimantée pointeroit toujours et partout directement au pôle : or les différentes déclinaisons suivant les différeras pays, quoique sous le même parallèle, démontrent que le magnétisme particulier des montagnes de fer et d’aimant influe considérablement sur la direction de l’aiguille, puisqu'elle s’écarte olus ou moins à droite ou a gauche du pôle, selon le lieu où elle se trouve, et selon la distance plus ou moins grande de ces mon- tagnes de fer.

Mais revenons à notre objet principal, à s la topographie du globe antérieure à la chute ej des eaux. Nous n’avons que quelques indices1 encore subsistans de la première forme de sa surface; les plus hautes montagnes, composées de matières vitrescibles , sont les seuls témoins de cet ancien étal : clics éioierxt alors encore plus élevées quelles ne le sont aujourd'hui; car, depuis ce temps, et après ; l'établissement des eaux, les mouvemens de la mer , et ensuite les pluies , les vents , les gelées, les courans d’eau, Ja chute des torrens, enfin' toutes les injures des élémens de l’air et de l’eau , et les secousses des mouvemens souterrains, u’ont pas cessé de les dégrader, de les trancher, et même d’en l'enverser les parties les moins solides; et nous ne pouvons douter que les vallées qui sont au pied de ces montagnes ne fussent bien plus profondes qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Tâchons de donner un aperçu plutôt qu’une énumération de ces éminences primitives du globe. i° La chaîne des Cordilieres ou des montagnes de i’ Amérique, qui s’étend depuis la pointe de la Terre-de-Feu jusqu’au nord du Nouveau-Mexique, et aboutit enfin à des régions septentrionales que l’on n’a pas encore reconnues. On peut regarder cette chai ne I de montagnes comme continue dans une longueur de plus de i2o degrés , c’est-à-dire de trois mille lieues; car le détroit de Magellan •n’est qu’une coupure accidentelle et posté- ! rieur-e à l’établissement local de cette chaîne,

Page 1