‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 65 sur 147 · Voyez les Additions de Bnffon, page · texte numérisé non relu

Voyez les Additions de Bnffon, page

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témoins sont plus nombreux, plus évidens pour la mer; mais ceux qui déposent pour la terre sont aussi certains, et semblent nous démontrer que ces espèces anciennes dans les animaux marins et dans les végétaux terrestres se sont anéanties, ou plutôt ont cessé de se multiplier, dès que la terre et. la mer ont perdu la grande chaleur nécessaire à l’effet de leur propagation.

Les coquillages ainsi que les végétaux de ce premier temps s'étant prodigieusement multipliés pendant ce long espace de vingt mille ans , et la durée de leur vie n’étant que de peu d’années, les animaux à coquilles , les polypes des coraux , des madrépores , des astroïtes , et tous les petits animaux qui convertissent l’eau de la mer en pierre, ont, à mesure qu’ils périssoient , abandonné leurs dépouilles et leurs ouvrages aux caprices des eaux : elles auront transporté, brisé, et déposé ces dépouilles en mille et mille endroits; car c’est dans ce même temps que les mouvemens des marées et des vents réglés ont commencé de former les couches horizontales de la surface de la terre par les sédimens et le dépôt des eaux ; ensuite les courans ont donné à tou tes les collines et à toutes les montagnes de médiocre hauteur des directions correspondantes ; en sorte que leurs angles saillans sont toujours opposés à des angles rentrons. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit à ce sujet dans notre Théorie de la terre, et nous nous contenterons d’assurer que cette disposition générale de la surface du globe par angles correspoudans , ainsi que sa composition par couches horizontales, ou également et parallèlement inclinées , démontrent évidemment que la structure et la forme de la surface actuelle de la terre ont été disposées par les eaux, et produites par leurs sédimens. U n’y a eu que les crêtes et les pics des plus hautes montagnes (pii peut-être se sont trouvés hors d atteinte aux eaux, ou n’en ont été surmontés que pendant un petit temps, et sur lesquels par conséquent la mer n’a point laissé d empreintes : mais, ne pouvant les attaquer par leur sommet , elle les a prises par la base; elle a recouvert ou miné les parties inférieures de ces montagnes primitives; elle les a environnées de nouvelles matières , ou bien elle a percé les voûtes qui les soutenoient ; souvent elles les a fait pencher; enfin elle a transporté dans leurs cavités intérieures les matières combustibles provenant du détriment des végétaux, ainsi que les matières pyriteus.es , bitumineuses , 8,

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et minérales, pures ou mêlées de terres et de sédimens de toute espèce.

La production des argiles paroit avoir précédé celle des coquillages ; car la première opération de l’eau a été de transformer les scories et les poudres de verre en argiles : aussi les lits d’argiles se sont formés quelque temps avant les bancs de pierres calcaires; et l’on voit que ces dépôts de matières argileuses ont précédé ceux des matières calcaires, car presque partout les rochers calcaires sont posés sur des glaises qui leur servent de base. Je n’avance rien ici qui ne soit démontré par l’expérience, ou confirmé par les observations ; tout le monde pourra s’assurer par des procédés aisés à répéter , que le verre et le grès en poudre se convertissent en peu de temps en argile, seulement en séjournant dans l’eau 1 ; c’est d’après cette connoissance que j’ai dit , dans ma Théorie de la terre, que les argiles n’étoient que des sables vitrescibles décomposés et pourris. J’ajoute ici que c’est probablement à cette décomposition du sable vitrescible dans l’eau qu’on doit attribuer l’origine de l’acide; car le principe acide qui se trouve dans l’argile peut être regardé comme une combinaison de terre vitrescible avec le feu, l’air , et l’eau ; et c’est ce même principe acide qui est la première cause de la ductilité de l’argile et de toutes les autres matières, sans même en excepter les bitumes, les huiles, et les graisses, qui ne sont ductiles et ne communiquent de la ductilité aux autres matières que parce qu’elles contiennent des acides.

Après la chute et l’établissement des eaux bouillantes sur la surface du globe, la plus grande partie des scories de verre qui la couvroient en entier ont donc été converties en assez peu de temps en argiles : tous les mouvemens de la mer ont contribué à la prompte formation de ces mêmes argiles, en remuant et transportant les scories et les poudres de verre , et les forçant de se présenter à l’action de l’eau dans tous les sens; et, peu de temps après, les a giles formées par l’intermède et l’impression de l’eau ont successivement été transportées et déposées au dessus de la roche primitive du globe , c’est-à-dire au dessus de la masse solide de matières vitrescibles qui en fait le fond , et qui, par sa ferme consistance et sa dureté, avoil résisté à celte même action des eaux.

La décomposition des poudres et des sables vitrescibles, et la production des argi-

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