Lib. I , cap. vi
4o Jtens molaris pugno major .
jicture prodigieuse, ou plutôt monstrueu- Nous aurions pu, dit judicieusement Sommer, juger de même des dents qu’on : irées de la terre auprès de Cantorbery, si 1 n’eût pas trouvé avec ces mêmes dents i os qui ne pouvoient être des os d’hom- ' ; quelques personnes qui les ont vues I jugé que les os et les dents étoient d’un i; ppopotame. Deux de ces dents sont graps dans une planche qui est à la tête du 272 des Transactions philosophiques ,
On peut conclure de ces faits que la pluirt des grands os trouvés dans le sein de la re sont des os d’éléphans et d’hippopones; mais il me paioît certain, parla nparaison immédiate des énormes dents pointes mousses avec les dents de l’éléianl et de l’hippopotame, qu’elles ont aprienu à un animal beaucoup plus gros que
In et l’autre, et que l’espèce de ce prodilèux animal ne subsiste plus aujourd’hui. «Dans les éléphans actuellement existans , !st extrêmement rare d’en trouver dont les t’enses aient six pieds de longueur. Les îs grandes sont communément de cinq ids à cinq pieds et demi , et par consèent l’ancien éléphant auquel a appartenu défense de dix pieds de longueur, dont us avons les fragmens, étoit un géant ns cette espèce, aussi bien que celui dont us avons un fémur d’un tiers plus gros plus grand que les fémurs des éléphans îinaires.
( Il en est de même dans l’espèce de l’hiplippotame ; j’ai fait arracher les deux plus ■rosses dents molaires de la plus grande tête 'hippopotame que nous ayons au Cabinet llu Roi : l’une de ces dents pèse 10 onces, | l’autre 9 onces i/i. J’ai pesé ensuite deux lents, l’une trouvée en Sibérie, et l’autre lu Canada; la première pèse 2 livres 12 ouïs , et la seconde 2 livres 2 onces. Ces îciens hippopotames étoient , comme l’on ait , bien gigantesques en comparaison de
fux qui existent aujourd’hui.
L’exemple que nous avons cité de l’énorme Rète de bœuf pétrifiée trouvée aux environs t e Rome prouve aussi qu’il y a eu de prodi- [ ieux géaus dans cette espèce , et nous louvons le démontrer par plusieurs autres i non u mens. Nous avons au Cabinet du Roi ; r° Une corne d’une belle couleur verdâtre, frès-lisse et bien contournée , qui est évidemment une corne de bœuf; elle porte 25 bouees de circonférence à la base, et sa longueur est de 42 pouces; sa cavité contient 2. Deformed highness or grealness.
ii pintes 1/4 de Paris. 20 Un os de l’intérieur de la corne d’un bœuf, du poids de 7 livres; tandis que le plus grand os de nos bœufs, qui soutient la corne, ne pèse qu’une livre. Cet os a été donné pour le Cabinet du Roi par M. le comte de Tressait, qui joint au goût et airx talens beaucoup de eonnoissaiices en histoire naturelle. 3" Deux os de l’intérieur des cornes d’un bœuf réunis par un morceau du crâne, qui ont été trouvés à 25 pieds de profondeur dans les couches de tourbe, entre Amiens et Abbeville, et qui m’ont été envoyés pour le Cabinet du Roi: ce morceau pèse 17 livres; ainsi chaque os de la corne , étant séparé de la portion du crâne, pèse au moins 7 livres 1/2. J’ai comparé les dimensions comme les poids de ces différens os : celui du plus gros bœuf qu’on a pu trouver à la boucherie de Paris n’avoit que i3 pouces de longueur sur 7 pouces de circonférence à la base, tandis que des deux autres tirés du sein de la terre, l’un a 24 pouces de longueur sur 12 pouces de circonférence à la base, et l’autre 27 pouces de longueur sur i3 de circonférence. En voilà plus qu’il n’en faut pour démontrer que, dans l’espèce du bœuf, comme dans celles de l’hippopotame et de l’éléphant, il y a eu de prodigieux géans.
(Sur la page n5.)
Sur cela nous observerons, avec M. Lehman, qu’on ne trouve guère des empreintes de plantes dan-s les mines d’ardoise, à l’exception de celles qui accompagnent les mines de charbon de terre; et qu’au contraire on ne trouve ordinairement les empreintes de poissons que dans les ardoises cuivreuses.
On a remarqué que les bancs d’ardoise chargés de poissons pétrifiés , dans le comté de Mansfeld , sont surmontés d’un banc de pierres appelées puantes ; c’est une espèce d’ardoise grise, qui a tiré son origine d’une eau croupissante, dans laquelle les poissons avoient pourri avant de se pétrifier. ( Leebe roth , Journal économique , juillet 1752.)
M. Hoffman, en parlant des ardoises, dit que non seulement les poissons que l’on y trouve pétrifiés ont été des créatures vivantes, mais que les couches d’ardoises n’ont été que le dépôt d’une eau fangeuse, qui, après avoir fermenté et s’être pétrifiée, s’étoit précipitée par couches très-minces.
« Les ardoises d’Angers, dit M. Guettard, présentent quelquefois des empreintes de plantes et de poissons qui méritent d’autan plus d’attention , que les plantes auxquelle
iü8
DES ÉPOQUES DE LA NATURE
ces empreintes sont dues éloient des fucus de mer , et que celles des poissons représentent différens crustacés ou animaux de la classe des écrevisses, dont les empreintes sont plus rares que celles des poissons et des coquillages. Il ajoute qu’après avoir consulté plusieurs auteurs qui ont écrit sur les poissons , les écrevisses , et les crabes , il n’a rien trouvé de ressemblant aux empreintes en question, si ce n’est le pou de mer, qui y a quelques rapports, mais qui en diffère néanmoins par le nombre de ses anneaux, qui sont au nombre de treize ; au lieu que les anneaux ne sont qu’au nombre de sept ou huit dans les empreintes de l’ardoise : les empreintes de poissons se trouvent communément parsemées de matière pyriteuse et blanchâtre. Une singularité , qui ne regarde pas plus les ardoises d’Angers que celles des autres pays, tombe sur la fréquence des empreintes de poissons et la rareté des coquillages dans les ardoises , tandis qu’elles sont si communes dans les pierres à chaux ordinaires. » ( Mémoires de l’ Académie des Sciences, année 1757, page 5 2.)
On peut donner des preuves démonstratives que tous les charbons de terre ne sont composés que de débris de végétaux , mêlés avec du bitume et du soufre, ou plutôt de l’acide vitriolique, qui se fait sentir dans la combustion : on reconnoît les végétaux souvent en grand volume dans les couches supérieures des veines de charbon de terre; et , à mesure que l’on descend , on voit les nuances de la décomposition de ces mêmes végétaux. U y a des espèces de charbon de terre qui ne sont que des bois fossiles : celui qui se trouve à Sainte Agnès , près Lons-le- Saunier, ressemble parfaitement à des bûches ou tronçons de sapins ; on y remarque très-distinctement les veines de chaque crue annuelle, ainsi que le cœur : ces tronçons ne diffèrent des sapins ordinaires qu’en ce qu’ils sont ovales sur la longueur, et que leurs veines forment autant d’ellipses concentriques. Ces bûches n’ont guère qu’environ un pied de tour, et leur écorce est très-épaisse et fort crevassée, comme celle des vieux sapins; au lieu que les sapins ordinaires de pareille grosseur ont toujours une écorce assez lisse.
« J’ai trouvé , dit M. de Gensanne , plusieurs filons de ce même charbon dans le diocèse de Montpellier : ici les tronçons sont très-gros, leur tissu est très-semblable à celui des châtaigniers de trois à quatre pieds de tour. Ces sortes de fossiles ne donnent au feu qu’une légère odeur d’asphalte; ils brû-
lent , donnent de la flamme et de la brais comme le bois ; c’est ce qu’on appelle coin munément en France de la houille ; elle s trouve fort près de la surface du terrain ces houilles annoncent, pour l’ordinaire du véritable charbon de terre à de plus grar des profondeurs. ( Histoire naturelle du Lan guedoc, parM. de Gensanne, tome I, pag 20. )
Ces charbons ligneux doivent être regar dés comme des bois déposés dans une terr bitumineuse à laquelle est due leur qualit j de charbons fossiles : on ne les trouve jamai j que dans ces sortes de terres, et toujoui j assez près de la surface du terrain; il n’es | pas même rare qu’ils forment la tête de ! veines d’un véritable charbon; il y en a qu ! n’ayant reçu que peu de substance bitumi | neuse, ont conservé leurs nuances de eouj leur de bois. « J’en ai trouvé de cette es pèce, dit M. de Gensanne, aux Çazaretst près de Saint-Jean-de-Cucul, à quatre lieu de Montpellier ; mais pour l’ordinaire la frac ture de ce fossile présente une surface lisse* entièrement semblable à celle du juyet. Il a dans le même canton , près d’Aseras , d bois fossile qui est en partie changé en uni vraie pyrite blanche ferrugineuse. La ma tière minérale y occupe le cœur du bois, 1 1 on y remarque très-distinctement la subi stance ligneuse, rongée en quelque sorte ( \ dissoute par l’acide minéraliseur. » ( His<\ toire naturelle du Languedoc , tome I
pagij
J’avoue que je suis surpris de voir qu’ai près de pareilles preuves rapportées pal M. de Gensanne lui-même, qui d’ailleui* | est bon minéralogiste , il attribue néanmomij l’origine du charbon de terre à l’argile pldl ou moins imprégnée de bitume : non seule ment les faits que je viens de citer d’aprè lui démentent cette opinion , mais on verra par ceux que je vais rapporter, qu’on ni; doit attribuer qu’aux détrimens des végétau : mêlés de bitumes la masse entière de toute ! les espèces de charbons de terre.
Je sens bien que M. de Gensanne ne re garde pas ces bois fossiles , non plus que 1 tourbe et même la houille , comme de vérin tables charbons de terre entièrement formés j et en cela je suis de son avis. Celui qu’o trouve auprès de Lons le-Saunier a été ex! miné nouvellement par M . le président d ; Ruffey , savant académicien de Dijon. I! d : que ce bois fossile s’approche beaucoup d la nature des charbons de terre, mais qu’o le trouve à deux ou trois pieds de la surfac . de la terre dans une étendue de deux lieue
TROISIEME
sur trois à quatre pieds d’épaisseur, et que l’on reconnoit encore facilement les espèces de bois de eliène, charme, hêtre, tremble; qu’il y a du bois de corde et du fagotage; que l écorce des bûches est bien conservée , qu’on y distingue les cercle-, des sèves et les coups de hache, et qu’à différentes distances on voit des amas de copeaux ; qu’au reste ce charbon dans lequel le bois s’est changé est excellent pour souder le 1er; (pie néanmoins ii répand, lorsqu’on le brûle, une odeur fétide, et qu’on en a extrait de l'alun. (Mémoires de L'Academie de D ion, tome I,
Pa&« 47-) , .... ,
« Près du village nomme Beichhtz , a une lieue emiron de la ville de Halle, ou exploite deux couches composées d’une terre bitumineuse et de bois fo sile fil y a plusieurs mines de celte espèce dans le pa.s de Hesse), et celui-ci est semblable à ce.ui que ou trouve dans le village de Sain te- Agnes gu Franche-Comté, à deux lieues de Lonse-Saunicr. Cette mine est dans le terrain de saxe ; la première couche est à trois toises k demie de profondeur perpendiculaire, et 11 He 8 à 9 pieds d épaisseur : pour y parvenir p ri traverse un sable blanc, ensuite une ârjkiie blanche et grise qui sert de toit, et qui 1 trois pieds d’épaisseur ; on rencontre entore au dessous une bonne épaisseur tant te sable (pie d argile (pii recouvre la seconde 8( feouciie, épaisse seulement de 3 1/2 à 4 pieds: a a sondé beaucoup plus bas sans eu trouer d autres.
« Ces couches sont horizontales; mais lies plongent ou remontent à peu près omrae les autres couches connues. Elles confient en une terre brune, bitumineuse,
|ui est friable lorsqu’i lie estseciie, et resmbie à du bois pourri. Il s’y trouve des ieces de bois de toute grosseur, qu’il faut ouper à coups de hache, lorsqu’on les rea,L" >'e de la mine où elles sont encore nïouiies. Ce bois étant sec se casse très facileent. Il est luisant dans sa cassure' comme bitume; mais on y reconnoit toute l’oranisation du bois. Il est moins abondant ne la terre ; les ouvriers le mettent à part oui* leur usage.
« Un boisseau ou deux quintaux de terre itumineuse se vend dix-huit à vingt sous e France. Il y a des pyrites dans ces cou-
ilies; la matière en est vitriolique; elle réuni et blanchit à l’air : mais la matière itumineuse n’est pas d’un grand débit, elle e donne qu’une chaleur foible. » ( Voyages étaUurg'ujues de M. Jars , pages 320 et .iivanies.)
Eüffon. II.
Tout ceci prouverait qu’eü effet cette espèce de mine de bois fossile , qui se trouve si près de la surface de la terre, seroit bien plus nouvelle que les mines de charbon de terre ordinaire, qui presque toutes s’enfoncent profondément : mais cela n’empéche pas que les anciennes mines de charbon n’aient été formées des débris des 'végétaux, puisque, dans les plus profondes, ou reconnoîl la substance ligneuse et plusieurs autres caractères qui n’appartiennent qu’aux végétaux ; d’ailleurs on a quelques exemples de bois fossiles trouvés en grandes masses et en lits fort étendus sous des bancs de grès et sous des rochers calcaires Voyez ce que j’en ai dit à l’article des Additions sur les boii souterrains. Il n’y a donc d’autre différence entre le vrai charbon de terre et ces bois charbonifiés, que le plus ou moins de décomposition, et aussi le plus ou moins d imprégnation par les bitumes ; mais le fonds de leur substance est le même, et tous doivent également leur origine aux détrimens des végétaux.
M. Le Monnier, premier médecin ordinaire du roi, et savant botaniste, a trouvé dans le schiste ou fausse ardoise qui traverse une masse de charbon de terre en Auvergne les impressions de plusieurs espèces de fougères qui lui étoient presque toutes inconnues ; il croit seulement avoir remarqué l’impression des feuilles de l’osmonde royale, dont il dit n’avoir jamais vu qu’un seul pied dans toute l’Auvergne. ( Observations d’histoire naturelle par M. Le Monnier; Paris, 1739, page 19E)
Il serait à désirer que nos botanistes fissent des observations exactes sur les impies sious des plantes qui se trouvent dans les charbons de terre, dans les ardoises, et dans les schistes : il faudrait même dessiner et graver ces impressions de plantes aussi bien que celles des crustacés,, des coquilles, et des poissons, que ces mines renferment; car ce ne sera qu’après ce travail qu’on pourra prononcer sur l’existence actuelle ou passée de toutes ces espèces, et même sur leur ancienneté relative. Tout ce que nous en savons aujourd'hui c’est qu’il y en a plus d’inconnues que d’autres, et que, dans celles qu’on a voulu rapporter à des espèces bien connues , l’on a toujours trouvé des différences assez grandes pour n’ être. pas pleinement satisfait de la comparaison.
(Sur la page 116.)
« J’ai mis dans un vaisseau de faïence deux
i3o DES ÉPOQUES DE LA NATURE.
livres de grès en poudre, dit M. Nadault; j’ai rempli le vaisseau d’eau de fontaine distillée, de façon qu’elle surnageoit le grès d’environ trois ou quatre doigts de hauteur; j’ai ensuite agité ce grès pendant l’espace de quelques minutes, et j’ai exposé le vaisseau en plein air. Quelques jours après, je me suis aperçu qu’il s’étoit formé sur ce grès une couche de plus d’un quart de pouce d’épaisseur d’une terre jaunâtre très-line , très-grasse, et très-ductile : j’ai versé alors par inclinaison l’eau qui surnageoit, dans un autre vaisseau, et cette terre, plus légère que le grès, s’en est séparée sans qu’il s’y soit mêlé. La quantité que j’en ai retirée par cette première lotion étoit trop considérable pour pouvoir penser que, dans un espace de temps aussi court, il eût pu se faire une assez grande décomposition de grès pour avoir produit autant de terre : j’ai donc jugé qu’il fallait que cette terre fut déjà dans le grès dans le même état que je l’en avois retirée, et qu’il sefaisoit peut-être ainsi continuellement une décomposition du grès dans sa propre mine. J’ai rempli ensuite le vaisseau de nouvelle eau distillée; j’ai agité le grès pendant quelques instans , et, trois jours après, j’ai encore trouvé sur ce grès une couche de terre de la même qualité que la première, mais plus mince de moitié. Ayant mis à part ces espèces de sécrétions , j’ai continué, pendant le cours de plus d une année , cette même opération et ces expériences que j’avois commencées dans le mois d’avril ; et la quantité de terre que m’a produite ce grès a diminué peu à peu, jusqu’à ce qu’au bout de deux mois, en transvidant l’eau du vaisseau qui le contenoit , je ne trouvai plus sur le grès qu’une pellicule terreuse qui n’avoil pas une ligne d’épaisseur ; mais aussi pendant tout le reste de l’année, et tant «pie le grès a été dans l’eau, cette pellicule n’a . jamais manqué de se former dans l’espace de deux ou trois jours, sans augmenter ni diminuer en épaisseur, à l’exception du temps où j’ai été obligé , par rapport à la gelée, de mettre le vaisseau à couvert, qu’il m’a paru que la décomposition du grès se faisoit un peu plus lentement. Quelque. temps apres.avoir mis ce grès dans l’eau, j’y ai aperçu une grande quantité de paillettes brillantes et argentées, comme le sont celles du talc, qui n’y étoient pas auparavant, et j’ai juge (pie celoit là son premier état de décomposition; que ses molécules, formées de plusieurs petites couches, s’exfolioient , comme j’ai observé qu’il arrivoit au verre dans certaines circonstances,
et que ces paillettes s’atténuoient ensui peu à peu dans l’eau , jusqu’à ce que, dev nues si petites qu’elles n’avoient plus ass de surface pour réfléchir la lumière , ell acquéroient la forme et les propriétés d’n: véritable terre : j’ai donc amassé et mis part toutes les sécrétions terreuses que I deux livres de grès m’ont produites penda le cours de plus d’une année; et lorsque ce! terre a été bien sèche, elle pesoit envir cinq onces. J’ai aussi pesé le grès après 1 voir fait sécher, et il avoit diminué en p sauteur dans la môme proportion , de soi qu’il s’en étoit décomposé un peu plus la sixième partie. Toute cette terre étoit reste de la même qualité, et les dernièi sécrétions étoient aussi grasses, aussi di tiles , que les premières, et toujours d jaune tirant sur l’orangé ; mais comme apercevois encore quelques paillettes b lantes, quelques molécules de grès qui r toient pas entièrement décomposées, j ai rer cette terre avec de l’eau dans un vaisseau j verre, et je l’ai laissée exposée à l’air, san; remuer, pendant tout un été, ajoutant ; temps en temps de nouvelle eau à mesij qu’elle s évaporoil ; un mois après, cette < a commencé à se corrompre, et elle est j venue verdâtre et de mauvaise odeur ;!i terre paroissoii être aussi dans un état j; fermentation et de putréfaction, car il s i élevoit une grande quantité de bulles d’ci; et quoiqu’elle eut conservé à sa superf|i sa couleur jaunâtre, celle qui étoit au fcill du vaisseau étoit brune, et cette coulii: s’étendoit de jour en jour, et paroissoii j Js foncée, de sorte qu’a la fin de l’été cdî terre étoit devenue absolument noire. . (i laissé évaporer l’eau sans en remettre ? nouvelle dans le vaisseau; et en ayant | la terre, qui ressembloit assez à de l’ariE grise lorsqu’elle est humectée, je l'ai t sécher à la chaleur du feu ; et lorsqu’ell i été échauffée , il m’a par u qu’elle exlia t une odeur sulfureuse ; mais ce qui m’a . • pris davantage, c’est qu’à proportion qu’ e s’est desséchée la couleur noire s’est un ;ü effacée, et elle est devenue aussi blanche iej l’argile la plus blanche ; d’où on peut i ijecturer que c’éloit par conséquent une litière volatile qui lui communiquoit c e couleur brune : les espr its acides n’ont it aucune impression sur cette terre; et ii ayant fait éprouver un degré de chaleur lisez violent, elle n’a point rougi comme f] gile grise, mais elle a conservé sa blanchi h; de sor te qu’il mé paroit évident, que < e matière que m’a produite le grès , en s’ilH
TROISIEME
Huant et en se décomposant dans l’eau, est une véritable argile blanche. » (Note communiquée à M. de Buffon par M. Nadault, correspondant de l’ Académie des Sciences, ancien avocat - général de la chambre des comptes de Dijon. )
(Sur la page 124.)
Cela est évident dans le continent de l’Amérique , dont les pentes sont extrêmement rapides vers les mers de l’ouest , et dont toutes les terres s’étendent en pente douce et aboutissent presque toutes à de grandes plaines du côté de la mer à l’orient. En Europe, la ligne du sommet de la Grande-Bretagne, qui s’élend du nord au sud, est bien plus proche du bord occidental que de l’oriental de l’Océan , et par la même raison , les mers qui sont à l’occident de l’Irlande et de l’Angleterre sont plus profondes que la mer qui sépare l’Angleterre et la Hollande.
La ligne du sommet de la Norwcge est bien plus proche de l’Océan que de la mer Baltique. Les montagnes du sommet général de l’Europe sont bien plus haules vers l’occic dent que vers l’orient; et si l’on prend une partie de ce sommet depuis la Suisse jusqu’en Sibérie, il est bien plus près de la mer Baltique et de la mer Blanche qu’il ne l’est de la mer Noire et de la mer Caspienne. Les Alpes et l’Apennin règnenl b.en plus près de la Méditerranée que de la mer Adriatique. La chaîne de montagnes qui llsOrt du Tyrol, et qui s’élend en Dalmalie et “jusqu’à la pointe delà Morée, côtoie, pour ainsi dire, la mer Adriatique, tandis que lies côtes orientales qui leur sont opposées rel sont plus basses. Si l’on suit en Asie la Itilehaîne qui s’étend depuis les Dardanelles ai; jusqu’au détroit de Babel-Mandel, on trouve que les sommets du mont Taurus, du Liban,
Ile et de toute l’Arabie, côtoient la Méditer-
EPOQUE. i3i
ranée et la mer Rouge , et qu’à l’orient ce sont de vasies continens où eouient dés fleuves d’un long cours, qui vont se jeter dans le golfe Persique. Le sommet des fameuses montagnes de (lattes s'approche plus des mers occidentales que des mers orientales. Le sommet qui s’élend depuis les frontières occidentales de la Chine jusqu'à la pointe de Malaca est encore plus près de la mer d’Occident que de la mer d’Orient. En Afrique, la chaîne du mont Allas envoie dans la mer des Canaries des fleuves moins longs que ceux qu’elle envoie dans l’intérieur du continent, et qui vont se perdre au loin dans des lacs et de grands marais. Les haules montagnes qui sont à l’occident vers le cap Vert et dans touie la Guinée, lesquelles, après avoir tourné autour de Congo , vont gagner les monts de la Lune, et s’allongent jusqu’au cap de Bonne-Espérance, occupent assez régulièrement le milieu de l’Afrique. On reconnoîtra néanmoins, en considérant la mer à l’orient et a l'occident, que celle à l’orient est peu profonde, avec un grand nombre d’îles , tandis qu’à l’occident elle a plus de profondeur et très-peu d’îies; en sorie que l’endroit le plus profond de la mer occideniale est bien plus près de cette chaîne que le plus profond des mers orientales et des Indes.
O11 voit donc généralement , dans tous les continens, que les points de partage sont toujours beaucoup plus près des mers de l’ouest que des mers de l’est ; que les revers de ces continens sont tous allongés vers l’est, et toujours raccourcis à l’ouest; que les mers des rives occidentales sont plus profondes et bien moins semées d’îles que les orientales ; et même l’on reconnoîtra que , dans toutes ces mers, les côtes des îles sont toujours plus haules et les mers qui les baignent plus profondes à l’orient qu’à l’occident.
Lorsque les eaux se sont retirées, et que les volcans ont commencé d'agir .
On vient de voir que les élémens de l’air ei de l’eau se sont établis par le refroidissement , et que les eaux , d’abord reléguées dans l'atmosphère par la force expansive de la chaleur, sont ensuite tombées sur les parties du globe qui étoient assez attiédies pour ne les pas rejeter en vapeurs ; et ces parties sont les régions polaires et toutes les montagnes. Il y a donc eu, à l'époque de trente -cinq mille ans, une vaste mer ans environs de chaque pôle, et quelques lacs ou grandes mares sur les montagnes et les terres élevées qui , se trouvant refroidies au même degré que celles des pôles, pouvoient également recevoir et conserver les- eaux ; ensuite, à mesure (pie le globe se refroidissoit, les mers des pôles, toujours alimentées et fournies par la chute des eaux de l’atmosphere , se répandoient plus loin ; et les lacs ou grandes mares, également fournis par cette pluie continuelle d’autant plus abondante que l’attiédissement éloit plus grand, s’étendoient en tous sens, et formoienl des bassins et de petites mers intérieures dans les parties du globe auxquelles les grandes mers des deux pôles n’avoient point encore atteint : ensuite les eaux continuant à tomber toujours avec plus d’abondance jusqu’à l’entière dépuration de l’atmosphere, elles ont gagné successivement du terrain, et sont arrivées aux contrées de l’équateur; et enfin elles ont couvert toute la surface du globe à deux mille toises de hauteur au dessus du niveau de nos mers actuelles. La terre entière éloit alors sous l’empire de la mer, à l’exception peutêtre du sommet des montagnes primitives, qui n’ont été pour ainsi dire que lavées et baignées pendant le premier temps de la chute des eaux , lesquelles se sont écoulées de ces lieux élevés pour occuper les terrains inférieurs dès qu’ils se sont trouvés assez refroidis pour les admettre sans les rejeter en vapeurs.
Il s'est donc formé successivement une mer universelle, qui u’étoit interrompue et surmontée que par les sommets des montagnes d’où les premières eaux s’éloieut déjà retirées eu s’écoulant dans les lieux
plus bas. Ces terres élevées, ayant été travaillées les premières par le séjour et le mouvement des eaux , auront aussi été fécondées les premières; et tandis que toute la surface du globe n’étoit pour ainsi dire qu’un archipel général, la nature organisée s’établ issoit sur ces montagnes : elle s’y déployoit même avec une grande énergie; car la chaleur et l'humidité, ces deux principes de toute fécondation s’y trouvoient réunis et combinés à un plus haut degré qu’ils ir le sont aujourd’hui dans aucun climat dtl la terre.
Or, dans ce même temps, où les terre; j élevées au dessus des eaux se couvraient dé grands arbres et de végétaux de toute es j pèce, la mer générale se peuploit partout de poissons et de coquillages; elle étoii aussi le réceptacle universel de tout ce qu j se détachoit des terres qui la surmontoient! Les scories du verre primitif et les matière;: végétales ont été entraînées des éminence! de la terre dans les profondeurs de la mei j sur le fond de laquelle elles ont formé ldi premières couches de sable vitrescible, d’arl gile, de schiste, et d’ardoise, ainsi que ld| minières de charbon, de sel, et de bitume s qui dès lors ont imprégné toute la mas; I des mers. La quantité de végétaux produi | et détruits dans ces premières terres e| trop immense pour qu’on puisse se la ré présenter; car, quand nous réduirions , superficie de toutes les terres élevées aloj! au dessus des eaux à la centième ou rnèn , à la deux centième partie de la surface c| globe, c’est-à-dire à cent trente mille lieu | carrées , il est aisé de sentir combien | vaste terrain de cent trente mille lieues si perficielles a produit d’arbres et de plant pendant quelques milliers d’années, coinhid leurs détvimens se sont accumulés, et da quelle énorme quantité ils ont été entrain; et déposés sous les eaux , où ils ont forr 1 le fonds du volume tout aussi grand cl mines de charbon qui se trouvent en ta J de lieux, il en est de même des mines sel, de celles de fer en grains, de pyrite 11 et de toutes ies autres suhstaiK es dans |t composition desquelles il entre des acidifi
DES ÉPOQUES DE LA. NATURE. i33
et dont la première formation n’a pu s’opérer qu’après la chute des eaux : ces matières auront été entraînées et déposées dans les lieux bas et dans les fentes de la roche du globe, où trouvant déjà les substances minérales sublimées par la grande chaleur de la terre , elles auront formé le premier fonds de l’aliment des volcans à venir : je dis à venir, car il n’existoît aucun volcan en action avant rétablissement des eaux , et ils n’ont commencé d’agir , ou plutôt ils n’ont pu prendre une action permanente,
! | qu’après leur abaissement : car l’on doit ! ; distinguer les volcans terrestres des volcans ! marins; ceux-ci ne peuvent faire que des • ! explosions, pour ainsi dire, momentanées, f parce qu’à l’instant que leur feu s’allume il par l’effervescence des matières pyriteuses > | et combustibles, il est immédiatement éteint e1 par l’eau qui les couvre et se précipite à e Ilots jusque dans leur foyer par toutes les routes que le feu s’ouvre pour en sortir, jj Les volcans de la terre ont au contraire ej une action durable et proportionnée à la i-j quantité de matières qu’ils contiennent : ces it| matières ont besoin d’une certaine quantité it d’eau pour entrer en effervescence; et ce J n’est ensuite que par le choc d’un grand t| volume de feu contre un grand volume est d'eau , que peuvent se produire leurs vioe| lentes éruputions; et de même qu’un volcan ;r sous-marin ne peut agir que par instans, e| un volcan terrestre ne peut durer qu’autant irj qu’il est voisin des eaux. C’est par cette raijj son que tous les volcans actuellement agis-
31 sans sont dans les îles ou près des côtes de la mer , et qu’on pourroit en compter cent il fois plus d’éieints que d’agissans ; car à ej mesure que les eaux, en se retirant, se sont f(| trop éloignées du pied de ces volcans, leurs |j éruptions ont diminué par degrés, et enfin oij ont entièrement cessé , et les légères efferm vescences que l’eau pluviale aura pu causer di dans leur ancien foyer n’auront produit iifj d’effet sensible que par des circonstances I particulières et tres-rares.
J Les observations confirment parfaitement ilJ ce que je dis ici de l’action des volcans ; J tous ceux qui sont maintenant en travail ad sont situés près des mers; tous ceux qui J sont éteints, et dont le nombre est bien Jj plus grand, sont placés dans le milieu des i terres, ou tout au moins à quelque distance J de la mer; et, quoique la plupart des vols il cans qui subsistent paroissent appartenir i i aux plus liantes montagnes , il en a existé beaucoup d’autres dans les éminences de ilt I médiocre hauteur. La date de l’àge des vol-
cans n’est donc pas partout la même : d’abord il est stir que les premiers, c’est-à-dire les plus anciens , n’ont pu acquérir une action permanente qu’après l’abaissement des eaux qui couvraient leur sommet; et ensuite il paraît qu’ils ont cessé d’agir dès que ces mêmes eaux se sont trop éloignées de leur voisinage : car, je le répète, nulle puissance, à l’exception de celle d’une grande masse d eau choquée contre un grand volume de feu , ne peut produire des mouvemens aussi prodigieux que ceux de l’éruption des volcans.
U est vrai que nous ne voyons pas d’assez près la composition intérieure de ces terribles bouches à feu, pour pouvoir prononcer sur leurs effets en parfaite connoissance de cause ; nous savons seulement que souvent il y a des communications souterraines de volcan à volcan ; nous savons aussi que, quoique le foyer de leur embrasement ne soit peut-être pas à une grande distance de leur sommet, il y a néanmoins des cavités qui descendent beaucoup plus bas , et que ces cavités, dont la profondeur et l’étendue nous sont inconnues, peuvent être, en tout ou en partie , remplies des mêmes matières que celles qui sont actuellement embrasées.
D’autre part, l’électricité me paraît jouer un très-grand rôle dans les tremblemens de terre et dans les éruptions des volcans ; je me suis convaincu par des raisons ires-solides, et par la comparaison que j’ai faite des expériences sur l’électricité, que le fonds de la matière électrique est la chaleur propre du globe terrestre : les émanations continuelles de cette chaleur, quoique sensibles, ne sont pas visibles, et restent sous la forme de chaleur obscure, tant qu’elles ont leur mouvement libre et direct; mais elles produisent un feu très-vif et de fortes explosions, des qu’elles sont détournées de leur direction , ou bien accumulées par le frottement des corps. Les cavités intérieures de la terre contenant du feu , de l’air, et de l’eau , l’action de ce premier élément doit y produire des vens impétueux , des orages bruyans, et des tonnerres souterrains, dont les effets peuvent être comparés à ceux de la foudre des airs ; ces effets doivent même être plus violens et plus durables par la forte résistance que la solidité de la terre oppose de tous côtés à la force électrique de ces tonnerres souterrains. Le ressort d’un air mêlé de vapeurs denses et enflammées par l’électricité, l’effort de l’eau réduite en vapeurs élastiques par le feu ,
ï34 DES ÉPOQUES DE LA NATURE.
toutes les autres impulsions de cette puissance électrique, soulèvent, entrouvrent la surface de la terre, ou du moins l’agitent par des tremblemens, dont les secousses ne durent pas plus long-temps que le coup de la foudre intérieure qui les produit; et ces secousses se renouvellent jusqu’à ce que les vapeurs expansives se soient fait une issue par quelque ouverture à la surface de la terre' ou dans le sein des mers. Aussi les éruptions des volcans et les tremblemens de terre sont précédés et accompagnés d’un bruit sourd et roulant, qui ne diffère de celui du tonnerre que par le ton sépulcral et profond que le son prend nécessairement en traversant une grande épaisseur de matière solide, lorsqu’il s’y trouve renfermé.
Cette électricité souterraine, combinée comme cause générale avec les causes particulières de feux allumés par l’effervescence des matières pyriteuses et combustibles que la terre recèle en tant d’endroits, suffit à l’explication des principaux phénomènes de l’action des volcans : par exemple, leur foy er paroît être assez voisin de leur sommet ; mais l’orage est au dessous. Un volcan n’est qu'-un vaste fourneau, dont les soufflets, ou plutôt les ventilateurs, sont placés dans les cavités inférieures, à côté et au dessous du foyer. Ce sont ces mêmes cavités, lorsqu’elles s’étendent jusqu’à la mer , qui servent de tuyaux d’inspiration pour porter en liant non seulement les vapeurs, mais les masses mêmes de i’eau et de l’air; c’est dans ce transport que se produit la foudre souterraine, qui s’annonce par des imigissemens, et n’éclate que pai l’affreux vomissement des matières qu’elle a frappées, brûlées et calcinées : des tourbillons épais d une noire fumée ou d’une flamme lugubre, des nuages massifs de cendres et de pierres, des lorreus boiiillonnans de lave en fusion, roulant au loin leurs flots brûlons et destructeurs, manifestent au dehors le mouvement convulsif des entrailles de la terre.
Ces tempêtes intestines sont d’autant plus violentes qu’elles sont plus voisines des montagnes à volcan et des eaux de la mer, dont le sel et les huiles grasses augmentent encore l’activité du feu; les terres situées entre le volcan et la mer ne peuvent manquer d’éprouver des secousses fréquentes ; mais pourquoi n’y a-t-il aucun endroit du monde où l’on n’ait ressenti, même de mémoire d’homme, quelques tremblemens, quelque trépidation, causés par ces mou vente ns intérieurs de la terre? Ils sont, à la vérité, moins violens et bien plus rares dans
le milieu des eonlinens éloignés des volcans et des mers ; mais ne sont-ils pas des effets dépendans des mêmes causes? Pourquoi donc se font -ils ressentir où ces causes n’existent pas, c’est-à-dire dans les lieux où il n’y a ni mer ni volcans? La réponse est aisée : c’est qu’il y a eu des mers partout et des volcans presque partout, et que, quoique leurs éruptions aient cessé lorsque les mers s’en sont éloignées, leur feu subsiste, et nous est démontré par les sources des huiles terrestres, par les fontaines chaudes et sulfureuses qui se trouvent fréquemment au pied des montagnes, jusque dans le milieu des plus grands continens. Ces feux des anciens volcans, devenus plus tranquilles depuis la retraite des eaux, suffisent néanmoins pour exciter de temps en temps des mouvemens intérieurs, et produire de légères secousses dont les oscillations sont dirigées dans le sens des cavités de la terre, e! peut-être dans la direction des eaux ou | des veines des métaux, comme conducteurs { de cette électricité souterraine.
On pourra me demander encore pour- i quoi tous les volcans sont situés dans les montagnes? pourquoi paroissent - ils être ; d’autant plus ardens que les montagnes sont plus hautes? quelle est la cause qui a pu disposer ces énormes cheminées dans fia- : térieur des murs les plus solides et les plus i élevés du globe? Si l’on a bien compris ce j que j’ai dit au sujet des inégalités produites! par le premier refroidissement , lorsque les! matières en fusion se sont consolidées, omf sentira que les chaînes des hautes monta- à gnes nous représentent les plus grandes! boursouflures qui se sont faites à la surface h du globe dans le temps qu’il a pris sa con- ' l sistauce. I.a plupart des montagnes sonli donc situées sur des cavités, auxquelles] aboutissent les fentes perpendiculaires qui; les tranchent du haut en bas; ces cavernes] et ces fentes contiennent des matières qu ! s’enflamment par la seule effervescence, ou] qui sont allumées par les étincelles électriques de la chaleur intérieure du globe. Dès], que le feu commence à se faire seniir, l’ai) j attiré par la raréfaction en augmente la forci], et produit bientôt un grand incendie, don! l’effet est de produire à son tour les mou vernens et les orages intestins, les tonnerre souterrains, et toutes les impulsions, lej, bruits et les secousses qui précèdent et aci compagneut l'éruption des volcans. Ou doij donc cesser d être étonné que les volcan \ [ soient tous situés dans les hautes montai gnes , puisque ce sout les seuls anciens en j J
roits de la terre où les cavités intérieures soient maintenues, les seuls où ces cailés communiquent de bas en haut par des ntes qui ne sont pas encore comblées , et afin les seuls où l’espace vide étoit assez aste pour contenir la très-grande quaniité matières qui servent d’aliment au feu es volcans permauens et encore subsislans. u reste, ils s’éteindront comme les autres ans la suite des siècles; leurs éruptions sseront : oserai-je même dire que les homes pourroienty contribuer ? En coûteroitautant pour couper la communication un volcan avec la mer voisine qu’il en a uté pour construire les pyramides d’Épte? Ces monumens inutiles d’une gloire
pte j
usse et vaine nous apprennent au moins en employant les mêmes forces pour des on.umens de sagesse, nous pourrions faire très-grandes choses, et peut-être maîtri- !a nature au point de faire cesser, ou moins de diriger les ravages du feu, imme nous savons déjà, par notre art, riger et rompre les efforts de l’eau.
Jusqu’au temps de faction des volcans il jexistoit sur le globe que trois sortes de itieres : i° les vitrescibles produites par feu primitif ; i0 les calcaires formées par ntermède de l’eau ; 3° toutes les substances oduites.par le détriment des animaux et égétaux : mais le feu des volcans a inné naissance à des matières d’une quaème sorte, qui souvent participent de la ire des trois autres. La première classe n ferme non seulement les matières préférés solides et vitrescibles dont la nature a point été altérée, et qui forment le fond globe, ainsi que le noyau de toutes les ntagnes primordiales, mais encore les llt blés, les schistes, les ardoises, les argiles, ® toutes les matières vitrescibles décompo- ■l ;>s et transportées par les eaux. La seconde ®isse contient toutes les matières calcaires, l11 kl -à-dire toutes les substances produites f*jr les coquillages et autres animaux de la f'pr : elles s’étendent sur des provinces entres, et couvrent même d’assez vastes contes; elles se trouvent aussi à des profonfce lirs
assez considérables , et elles environ- 31,1 al les bases des montagnes les plus éle- «■'es jusqu’à une très-grande hauteur. La iesbisieme classe comprend toutes les subornées qui doivent leur origine aux matières ^■jimales et végétales, et ces substances sont ■0lH très-grand nombre; leur quantité paroit ^ mense , car elles recouvrent toute la surûeie de la terre. Enfin la quatrième classe fi celle des matières soulevées et rejetées
par les volcans, dont quelques-unes paroissent être un mélange des premières, et d’autres, pures de tout mélange, ont subi une seconde action du feu qui leur a donné un nouveau caractère. Nous rapportons à ces quatre classes toutes les substances minérales, parce qu’en les examinant on peut toujours reconnoitre à laquelle de ces classes elles appartiennent, et par conséquent prononcer sur leur origine : ce qui suffit pour nous indiquer à peu près le temps de leur formation ; car, comme nous venons de l’exposer, il paroit clairement que toutes les matières vitrescibles solides, et qui n’ont pas changé de nature ni de situation, ont été produites par le feu primitif, et que leur formation appartient au temps de notre seconde époque, tandis que la formation des matières calcaires, ainsi que celle des argiles, des charbons, etc., n’a eu lieu que dans des temps subséquens, et doit être rapportée à notre troisième époque. Et comme dans le* matières rejetées par les volcans on trouve quelquefois des substances calcaires, et souvent des soufres et des bitumes, on ne peut guère douter que la formation de ces substances rejetées par les volcans ne soit encore postérieure à la formation de toutes ces matières, et n’appartienne à notre quatrième époque.
Quoique la quantité des matières rejétées par les volcans soit très-petite en comparaison de la quantité de matières calcaires, elles ne laissent pas d’occuper d’assez grands espaces sur la surface des terres situées aux environs de ces montagnes ardentes et de celles dont les feux sont éteints et assoupis. Parleurs éruptions réitérées elles ont comblé les vallées, couvert les plaines, et même produit d’autres montagnes. Ensuite, lorsque les éruptions ont cessé, la plupart des volcans ont continué de brûler, mais d’un feu paisible et qui ne produit aucune explosion violente, parce qu'étant éloignés des mers il n’y a plus de choc de l’eau contre le feu : les matières en effervescence et les /substances combustibles anciennement enflammées continuent de brûler; et c’est ce qui fait aujourd’hui la chaleur de toutes. nos eaux thermales : elles passent sur les foyers de ce feu souterrain, et sortent très-chaudes du sein de la terre. Il y a aussi quelques exemples de mines de charbon qui brûlent de temps immémorial, et qui se sont allumées par la foudre souterraine ou par le feu tranquille d’un volcan dont les éruptions ont cessé. Ces eaux thermales et ces mines allumées se trouvent souvent, comme les
,36 DES EPOQUES DE LA NATURE
volcans éteints , dans les terres éloignées de la mer.
La surface de la terre nous présente en mille endroits les vestiges et les preuves de l’existence de ces volcans éteints : dans la France seule nous connoissons les vieux volcans de l’Auvergne, du Velay, du Vivarais, de la Provence, et du Languedoc. En Italie, presque toute la terre est formée de débris de matières volcanisées; et il en est de même de plusieurs autres contrées. Mais pour réunir les objets sous un point de vue général, et concevoir nettement ! ordre des bouleversemens que les volcans ont produits à la surface du globe, il faut reprendre notre troisième époque à cette date où la mer étoit universelle et couvroit toute la surface du globe, à l’exception des lieux élevés sur lesquels s'étoit fait le premier mélange des scories vitrées de la masse terrestre avec les eaux : c’est à cette même date que les végétaux ont pris naissance et qu’ils se sont multipliés sur les terres que la mer venoit d’abandonner. Les volcans n’existoient pas encore ; car les matières qui servent d’aliment à leur feu, c’est-à-dire les bitumes, les charbons de terre, les pyrites, et même les acides, ne pouvoient s’ètre formés précédemment, puisque leur composition suppose l’intermède de l’eau et la destruction des végétaux.
Ainsi les premiers volcans ont existé dans les terres élevées du milieu des continens ; et à mesure que les mers , en s’abaissant, se sont éloignées de leur pied , leurs feux se sont assoupis et ont cessé de produire ces éruptions violentes qui ne peuvent s’opérer que par le conflit d’une grande masse d’eau contre un grand volume de feu. Or il a fallu vingt mille ans pour < et abaissement successif des mers, et pour la formation de toutes nos collines calcaires; et comme les amas des matières combustibles et minérales qui servent d’aliment aux volcans n’ont pu se déposer que successivement, et qu’il a dù s’écouler beaucoup de temps avant qu’elles se soient mises en action, ce n’est guère que sur la fin de cette période , c’est-à-dire à cinquante mille ans de la formation du globe, que les volcans ont commenté à ravager la terre. Comme les environs de tous les lieux découverts étoie it encore baignés des eaux, il y a eu des volcans presque partout, et il s’est fait de fréquentes et prodigieuses éruptions qui n’ont cessé qu’apres la retraite des mers; mais cette retraite ne pouvant se faire que par l’affaissement des boursouflures du globe, il est souvent arrivé que i’eau venant
à flots remplir la profondeur de ces terri affaissées, elle a mis en action les volcai sous-marins, qui, par leur explosion, oi soulevé une partie de ces terres nouvel!» ment affaissées, et les ont quelquefois pou sées au dessus du niveau de la mer, où » Il ont formé des îles nouvelles, comme no» l’avons vu dans la petite île formée aupi de celle de Santorin : néanmoins ces e»fe, sont rares, et l’action des volcans sous -nu ri ns n’est ni permanente ni assez puissan pour élever un grand espace dé terre ; dessus de la surface des mers. Les volca terrestres, par la continuité de leurs énf lions, ont au contraire couvert de leurs d biais tous les terrains qui les environnoien ils ont. par le dépôt successif de leurs lav< formé de nouvelles courbes; ces laves dev nues fécondes avec le temps sont une prem invincibleque là surface , rimitive de la ter. d’abord en fusion, puis consolidée, a j de même devenir féconde : enfin les volca ont aussi produit ces mô'rnes ou tertres q| se voient dans toutes les montagnes à vu can, et ils ont élevé ces remparts de basa qui servent de côtes aux mers dont ils sol voisins. Ainsi après que l’eau, par des me vemens uniformes et constans , eut acbe| la construction horizontale des couches la terre, le feu des volcans, par d»;s expjfl sions subites, a bouleversé, tranché, ; couvert plusieurs de ces couches ; et I on doit pas être étonné de voir sortir du sel des volcans des matières de toute espetl des cendres, des pierres calcinées, <j terres brûlées , ni de trouver ces matiè { mélangées des substances calcaires cl vitr cibles dont ces mêmes couches sout co ; posées.
Les tremhlemens de terre ont dû se faq sentir long-temps avant l'éruption des v ca ns : des les premiers niomens de l’aff. ; sement des cavernes il s’est fait de violenlj secousses qui cuit produit des effets l aussi violens et bien plus étendus que c< des volcans. Pour s’en former l idée, sup |l sons qu’une caverne soutenant un terrainl] cent lieues carrées , ce qui 11e feroit qu’l) des petites boursouflures du globe, se t|| tout à coup écroulée ; cet érrouleiîtj n'aura-t-il pas été nécessairement suivi d’is j commotion qui se sera communiquée et f sentir très-loin par un tremblement plus 1 : moins violent? Quoique cent lieues cari H ne fassent (pie la deux cent soixante 1 1 lième parie de la surface de la terre,;' chute de cette masse 11’a pu manq è débranler toutes les terres adjacentes,!
Ruit'on Classique. Tome 1 . Pnçe
QUATRIÈME ÉPOQUE. i37
de faire peut-être écrouler en même temps les cavernes voisines : il ne s’est doue fait aucun affaissement un peu considérable qui n’ait été accompagné de violentes secousses de tremblement de terre, dont le mouvement s’est communiqué par la force du ressort dont toute ma i ère est douée, et qui a dû se propager quelquefois très loin par les routes que. peuvent offrir les vides de la terre dans lesquels les vents souterrains, excités par ces commotions, auront peut-être allumé les feux des volcan'; en sorte que d’une seule cause, c'est-à-dire de l’affaissement d’une caverne, il a pu résulter plusieurs effets, tous grands et la plupart terribles : d’abord l’abaissement de la mer, forcée de courir à grands (lots pour remplir cette nouvelle profondeur,' et laisser par conséquent à découvert de nouveaux terrains; 2° l'ébranlement des terres voisines par la commotion de la clmîe des matières solides qui formulent les voûtes de la caverne , et cel ébranlement fait pencher les montagnes, les fend vers le sommet, et en détache des masses qui roulent jusqu’à leur base; 3° le même mouvement produit par la commotion, et propagé par les vents et les feux souterrains, soulevé au loin la terre et les eaux, élève des tertres et des mornes, forme des gouffres et des crevasses, change le cours des rivières , tarit les anciennes sources, en produit de nouvelles, et ravage en moins de temps queje ne puis le dire tout ce qui se trouve dans sa direction. Amis devons donc cesser d’èire surpris de voir en tant de lieux l'uniformité de l’ouvrage horizontal des eaux détruite et tranchée p u- des fentes inclinées, des éboulemens irréguliers, et souvent cachés par des déblais informes accumulés sans ordre, non plus (pie de trouver de si grandes contrées toutes recouvertes de maderes rejetées par les volcans ; ce désordre, causé par les tremblcmens de terre, ne fait néanmoins que masquer la nature aux yeux de ceux qui ne la voient qu’en petit, et qui, d’un effet accidentel et particulier, font une cause générale et constante, C’est l’eau seule qui, comme cause générale et subséquente a celle du feu primitif, a ache\é de construire et de figurer la surface actuelle de la terre; et ce qui manque à l’uniformité de cette construction universelle n’est que l’effet particulier de la cause accidentelle des treinblemens de terre et de faction des vol- 1 cans.
Or, dans cette construction de la surface de la terre par le mouvement et le sédiment des eaux , il faut distinguer deux périodes
de temps. La première a commencé après 1’établissemeut de la mer universelle, c’està-dire après la dépuration parfaite de l’almosphere par la chute des eaux et de toutes les matières volatiles que l’ardeur du globe y lenoit reléguées ; cette période a duré autant qu’il éloil nécessaire pour multiplier les coquillages au point de remplir de leurs dépouilles toutes nos collines calcaires, autant qu'il étoit nécessaire pour multiplier les végétaux. et pour former de leurs débris toutes nos mines de charbon, enfin autant qu’il étoit nécessaire pour convertir les scories du verre primitif en argiles, et former les acides, les sels, les p\ rites, etc. fous ces premiers et grands effets ont été produits ensemble dans les temps qui se sont écoulés depuis l'établissement des eaux jusqu'à leur abaissement. Ensuite a commencé la seconde période. Cette retraite des eaux ne s’est pas faite tout à coup, mais par une longue succession de temps, dans faquefe il faut encore saisir des points différons. Les montagnes composées de pierres calcaires ont certainement été construites dans cette mer ancienne, dont les difiéreus courans les ont tout aussi certainement figurées par angles correspondais. Or 1 inspection attentive des côtes de nos vallées nous démontre que le travail particulier des courans a été postérieur à l'ouvrage général de la mer. Ce fait, qu’on n’a pas même soupçonné, est trop important pour ne le pas appuyer de tout ce qui peut le rendre sensible à tous les yeux.
Prenons pour exemple la plus liante montagne calcaire de la France, celle de Laugres, qui s’élève au dessus de toutes les terres de la Champagne, s’étend eu Bourgogne jusqu’à Moulbard, et même jusqu’à Tonnerre, et qui, dans la direction opposée, domine de même sur les terres de la Lorraine et de la Franche-Comté C Ce cordon continu de la montagne de Laugres, qui, depuis les sources d. la Seine jusqu’à celles de la Saône, a plus de quarante lieues en longueur, est entièrement calcaire, c’est-à-dire entièrement corn posé des productions de la mer; et c’est par celte raison que je l’ai choisi pour nous servir d’exemple. Le point le plus élevé de cette chaîne de montagnes est Ires-voisin de la vi le de Laugres, et l’on voit que, d’un côté, cette meme chaîne verse ses eaux dans l’Océan par la Meuse , la Marne, la Seine, etc., et que, de l’autre côté, elle les verse dans la Méditerranée par les rivières qui aboutissent à la Saône. Le
i, Voyez la carte ci-jointe.
DES ÉPOQUES DE LA NATURE
point où est situé Langres se trouve à peu près au milieu de cette longueur de quarante lieues, et les collines vont en s’abaissant à peu près également vers les sources de la Seine et vers celles de la Saône. Enfin ces collines, qui forment les extrémités de cette chaîne de moniagnes calcaires, aboutissent également à des conirées de matières vitrescibles; savoir, au delà de l’Armanson, près de Semur, d’une part ; et au delà des sources de la Saône et de la petite rivière du Côney , de l’autre part.
En considérant les vallons voisins de ces montagnes , nous reconnoî irons que le point de Langres étant le plus élevé , il a été découvert le premier, dans le temps que les eaux se sont abaissées : auparavant ce sommet étoit recouvert , comme tout le resle , par les eaux, puisqu’il est composé de matières calcaires ; mais au moment qu’il a été découvert , la mer ne pouvant plus le surmonter, tous ses mouvemens se sont réduits à battre ce sommet des deux côtés, et par conséquent à creuser, par des courans constans, les vallons et les vallées que suivent aujourd’hui les ruisseaux et les rivières qui coulent des deux côtés de ces montagnes. La preuve évidente que les vallées ont toutes été creusées par des courans réguliers et conslans, c’est que leurs angles saillans correspondent partout à des angles rentrans ; seulement on observe que les eaux ayant suivi les pentes les plus rapides, et n’ayant entamé d’abord que les terrains les moins solides et les plus aisés à diviser, il se trouve souvent une différence remarquable entre les deux coteaux qui bordent la vallée. On voit quelquefois un escarpement considérable et des rochers à pic d’un côté , tandis que, de l’aulrë, les bancs de pierre sont couver's de terres en pente douce; et cela est arrivé nécessairement toutes les fois que la force du courant s’est portée plus d’un côté que de l’autre, et aussi toutes les fois qu’il aura été troublé ou secondé par un autre courant.
Si l’on suit le cours d’une rivière ou d’un ruisseau voisin des montagnes d’où descendent leurs sources, on reconnoîtra aisément la figure et même la nature des terres qui forment les coteaux de la vallée. Dans les endroits où elle est étroite, la direction de la rivière et l’angle de son cours indiquent au premier coup d’œil le côté vers lequel se doivent porter ses eaux, et par conséquent le côté où le terrain doit se trouver en plaine, tandis que, de l’autre côté, il continuera d’ètre en montagne. Lorsque la vallée
est large, ce jugement est plus difficile : cependant on peut, en observant la direction de la rivière, deviner assez juste de quel côte les terrains s’élargiront ou se rétréciront Ce que nos rivières font en petit aujourd’hui, les courans de la mer l’ont autrefois fait en grand : ils ont creusé tous nos vallons, ils! les ont tranchés des deux côtés; mais epi transportant ces déblais , ils ont souvent formé des escarpemens d’une part et des , plaines de l’autre. On doit aussi remarquer que dans le voisinage du sommet de ces mon tagnes calcaires, et particulièrement dans b sommet de Langres, les vallons commencen , par une profondeur circulaire , et que de 1; ils vont toujours en s’élargissant à mesure qu’ils s’éloignent du lieu de leur naissance j les vallons paroissent aussi plus profonds i ce point où ils commencent, et semblen. aller toujours en diminuant de profondei»! à mesure qu’ils s’élargissent et qu ils s’éloi gnent de ce point ; mais c’est une apparence plutôt qu’une réalité; car, dans l’origine: la portion du vallon la plus voisine du sonr met a été la plus étroite et la moins protj fonde; le mouvement des eaux a commence par y former une ravine qui s’est élargie et] creusée peu à peu ; les déblais ayant éhl] transportés et entraînés par le courant de j eaux dans la portion inférieure de la vallée, ils en auront comblé le fond, et c’est pa cette raison que les vallons paroissent plu profonds à leur naissance que dans Le restiï de leur cours, et que les grandes vallée s semblent êire moins profondes à mesure qu’elles s’éloignent davantage du somme auquel leurs rameaux aboutissent : car for peut considérer une grande vallée comm j un tronc qui jette des branches par d’autre i vallées, lesquelles jettent des rameaux pa ! d’autres petits vallons qui s’étendent et re j montent jusqu’au sommet où ils aboutissent En suivant cet objet dans l’exemple qui, nous venons de présenter, si l’on prend en i semble tous les terrains qui versent leur j eaux dans la Seine, ce vaste espace former,': une vallée du premier ordre, c’est-à-dire de] la plus grande étendue ; ensuite, si nous ml prenons que les terrains qui portent leur] eaux à la rivière d’Yonne, cet espace ser.j une vallée du second ordre ; et, continuant] à remonter vers le sommet de la chaîne de ! montagnes, les terrains qui versent leur j eaux dans i’Armanson, le Serin , et la Cure J formeront des vallées du troisième ordre J et ensuite la Brenne, qui tombe dans l’Ar manson, sera une vallée du quatrième ordre : et enfin i’Oze et l’Ozerain, qui tombent dan
QUATRIÈME EPOQUE. i3g
' î Brenne, et dont les sources sont voisines Me celles de la Seine, forment des vallées du Cinquième ordre. De même, si nous pref ons les terrains qui portent leurs eaux à la larne, cet espace sera une vallée du second ttjrdre; et, continuant à remonter vers lt k immet de la chaîne des montagnes de Lan- 11 res, si nous ne prenons que les terrains Mont les eaux s’écoulent dans la rivière de Mognon, ce sera une vallée du troisième ir rdre ; enfin les terrains qui versent leurs | lux dans les ruisseaux de Bussière et d’Or- ^ u e vaux forment des vallées du quatrième Jt rdre.
M Cette disposition est générale dans tous e[s continens terrestres. A mesure que l’on ’ îmonte et qu’on s’approche du sommet des 3 laines de montagnes, on voit évidemment Mie les vallées sont plus étroites; mais, Quoiqu’elles paraissent aussi plus profondes, ‘‘lest certain néanmoins que l’ancien fond :ejes vallées inférieures étoit beaucoup plus !i as autrefois que ne l’est actuellement celui ‘"es vallons supérieurs. Nous avons dit que '"•ms la vallée de la Seine, à Paris, l’on a !e[ouvé des bois travaillés de main d’homme ^soixante-quinze pieds de profondeur: le premier fond de cette vallée étoit donc autres is bien plus bas qif’il ne l’est aujourd'hui; tr au dessous de ces soixante-quinze pieds |[i doit encore trouver les déblais pierreux 1 ; terrestres entraînés par les courans depuis ^sommet général des montagnes, tant par ’!|s vallées de la Seine que par celles de la Marne, de l’Yonne, et de toutes les rivières ; Telles reçoivent. Au contraire , lorsque 3;)n creuse dans les petits vallons voisins du Mmmet général, on ne trouve aucuns défais, mais des bancs solides de pierre cal- 1 lire posée par lits horizontaux , et des ar- ‘ Iles au dessous à une profondeur plus ou ^loins grande. J’ai vu, dans une gorge assez Misine de la crête de ce long cordon de la '■ ontagne de Langres, un puits de deux cents Meds de profondeur creusé dans la pierre Hlcaire avant de trouver l’argile *.
Le premier fond des grandes vallées fore ées par le feu primitif, ou même par les Murans de la mer, a donc été recouvert et ajevé successivement de tout le volume des Mblais entraînés par le courant à mesure Vf il déchirait les terrains supérieurs : le Vnd de ceux-ci est demeuré presque nu, Vndis que celui des vallées inférieures a été ; îargé de toute la matière que les autres ni perdue; de sorte que quand on ne voit
i. Au château- de Rochefort , près d’Auières , en jhampagne.
que superficiellement la surface de nos continens, on tombe dans l’erreur en la divisant en bandes sablonneuses, marneuses, schisteuses, etc. : car toutes ces bandes ne sont que des déblais superficiels qui ne prouvent rien, et qui ne font, comme je l’ai dit, que masquer la nature, et nous tromper sur la vraie théorie de la terre. Dans les vallons supérieurs on ne trouve d’autres déblais que ceux qui sont descendus longtemps après la retraite des mers par l’effet des eaux pluviales ; et ces déblais ont formé les petites couches de terre qui recouvrent actuellement le fond et les coteaux de ces vallons. Ce même effet a eu lieu dans les grandes vallées , mais avec cette différence que dans les petits vallons les terres , les graviers, et les autres détrimens amenés par les eaux pluviales et par les ruisseaux, se sont déposés immédiatement sur un fond nu et balayé par les courans de la mer, au lieu que dans les grandes vallées ces mêmes détrimens , amenés par les eaux pluviales , n’ont pu que se superposer sur les couches beaucoup plus épaisses des déblais entraînés et déposés précédemment par ces mêmes courans : c’est par cette raison que , dans toutes les plaines et les grandes vallées , nos observateurs croient trouver la nature en désordre, parce qu’ils y voient les matières calcaires mélangées avec les matières vitrescibles , etc. Mais n’est-ce pas vouloir juger d’un bâtiment par les gravois, ou de toute autre construction par les recoupes des matériaux?
Ainsi , sans nous arrêter sur ces petites et fausses vues, suivons notre objet dans l’exemple que nous avons donné.
Les trois grands courans qui se sont formés au dessous des sommets de la montagne de Langres nous sont aujourd'hui représentés par les vallées de la Meuse, de la Marne, et de la Vingeanne2. Si nous examinons ces terrains en détail , nous observerons que les sources de la Meuse sortent en partie des marécages du Bassigny , et d’autres petites vallées très-étroites et trèsescarpées ; que la Mance et la Vingeanne, qui toutes deux se jettent dans la Saône, sortent aussi des vallées très-étroites de l’autre côté du sommet; que la vallée de la Marne, sous Langres, a environ cent toises de profondeur; que dans tous ces premiers vallons les coteaux sont voisins et escarpés ; que dans les vallées inférieures, et à mesure que les courans se sont éloignés du sommet général et commun , ils se sont étendus en largeur, et