EXPLICATION
qui en occupe toutes les régions adjacentes jusqu’au 80 ou 81e degré, comme nous l’avons représenté en jetant une ombre sur cette portion de la terre à jamais perdue pour nous.
La carte du pôle antarctique présente la reconnoissance des glaces faite par plusieurs navigateurs , et particulièrement par le célèbre capitaine Cook dans ses deux voyages, le premier en 1769 et en 1770, et le second en 1773, 1774, et 1775. La relation de ce second voyage n’a été publiée en françois que cette année 1778 , et je n’en ai eu connoissance qu’au mois de juin , après l’impression de ce volume entièrement achevée ; mais j’ai vu avec la plus grande satisfaction mes conjectures confirmées par les faits. On vient de lire , dans plusieurs endroits de ce même volume, les raisons que j’ai données du froid plus grand dans les régions australes que dans les boréales ; j’ai dit et répété que la portion de sphère depuis le pôle arctique jusqu’à 9 degrés de distance n’est qu’une région glacée , une calotte de glace Solide et continue , et que , selon toutes les analogies, la portion glacée de même dans les régions australes est bien plus considérable, et s’étend à 18 ou 20 degrés. Cette présomption étoit donc bien fondée, puisque M. Cook , le plus grand de tous les navigateurs , ayant fait le tour presque entier de cette zone australe , a trouvé partout des glaces , et n’a pu pénétrer nulle part au delà du 71e degré, et cela dans un seul point au nord-ouest de l’extrémité de l’Amérique. Les appendices de cette immense glacière du pôle antarctique s’étendent même jusqu’au 60® degré en plusieurs lieux , et les énormes glaçons qui s’en détachent voyagent jusqu’au 5de, et même jusqu’au 48e degré de latitude en certains endroits. On verra qüe les glaees les plus avancées vers l’équateur se trouvent vis-à-vis les mers les plus étendues et lès terres les plus éloignées du pôle :“on en trouve aux 48, 49, 5o, et 5ie degrés, sur une étendue de xo degrés en longitude à l’ouest, èt de 36 de longitude à l’est, et tout l’espace entre le 5oe et le 60e degré de latitude est rempli de glaces brisées , dont quelques-unes forment des îles d’une grandeur considérable. On voit que sous ces mêmes longitudes les glaces viennent encore plus fréquentes et presque continues aux 60 et 61e degrés de latitude , et enfin que tout passage est fermé par la Continuité de la glace aux 66 et 67e degrés, où M. Cook a fait une autre pointe , et s’est trouvé forcé de retourner pour ainsi dire sut ses pas ; en sorte qüe la
masse continue de cette glace solide et pe maneute qui couvre le pôle austral et tou la zone adjacente s’étend dans ces parag jusqu’au delà du 66e degré de latitude.
On trouve de même des îles et des pla nés de glaces dès le 49e degré de latitud» à 60 degrés de longitude est 1 , et en pli grand nombre à 80 et 90 degrés de long tude sous la latitude de 58 degrés, et ei core en plus grand nombre sous le 60 et 1 61e degré de latitude, dans tout l’èspài compris depuis le 90e jusqu’au 145e degi de longitude est.
De l’autre côté , c’est-à-dire à 3o degr environ de longitude ouest , M. Cook a fa la découverte de la terre Sandwich à 59 d grés de latitude, et de l’île Géorgie, sert le 55e, et il a reconnu des glaces au 5; degré de latitude, dans une étendue de i ou 12 degrés de longitude ouest , avant d’à river à la terre Sandwich, qu’on peut r garder comme le Spitzberg des régions au j traies, c’est-à-dire comme la terre la pli avancée vers le pôle antarctique : il a trou’ de pareilles glaces en beaucoup plus grar nombre aux 60 et 61e degrés de latitud» depuis le 29* degré de longitude ouest ju qu’au 5ie; et le capitaine Furneaux en! trouvé sous le 63e degré , à 65 et 70 degr I de longitude ouest.
On a aussi marqué les glaces immobili que Davis a vues sous les 65 et 66e degr I de latitude vis-à-vis du cap Horn , et cell J dans lesquelles le capitaine Cook a fait uij pointe jusqu’au 71e degré de latitude : c| glaees s’étendent depuis le xioe degré < longitude ouest jusqu’au 120e. Ensuite < voit les glaces flottantes depuis le i3oe d : gré de longitude ouest jusqu’au 170e so.j les latitudes de 60 à 70 degrés ; en sorte qu ! dans toute l’étendue de là circonférence < ! cette grande zone polaire antarctique , il nj a qu’environ 40 ou 45 degrés en longitm ! dont l’espace n’ait pas été reconnu , ce q ne fait pas la huitième partie de cette il I mense calotte de glace: tout le reste de j circuit a été vu et bien reconnu par M. Coo i| dont nous 11e pourrons jamais louer assez ; Sagesse, l’intelligence, et le courage; car f succès d’une pareille entreprise suppose to tes ceS qualités réunies.
On vient d’observer que les glaces tl plus avancées du côté de l’équateur dai
1. Ces positions données par lë capitaine Coi sur le méridien de Londres sont réduites sur ! carte à celui de Paris , et doivent s’y rapporter, p le changement facile de deux degrés et demi 1 rnoins du coté de t’est , et en plus du côté de ,1’ouei