‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 86 sur 147 · DU MICA ET DU TALC · texte numérisé non relu

DU MICA ET DU TALC

Le mica est une matière dont la substance est presque aussi simple que celle du quartz et du jaspe, et tous trois sont de la même essence. La formation du mica est contemporaine à celle de ces deux premiers verres; il ne se trouve pas, comme eux, en grandes masses solides et dures, mais presque toujours en paillettes et en petites lames mince* et disséminées dans plusieurs matières vitreuses : ces paillettes de mica ont ensuite formé les talcs , qui sont de la même na^tore, mais qui se présentent en lames beaucoup plus étendues. Ordinairement les matières en petit volume proviennent de celles qui sont en grandes masses : ici , c’est le contraire ; le talc en grand volume ne se forme que des parcelles du mica qui a existé le premier, et dont les particules étant réunies par l'intermède de l’eau , ont formé le talc , comme le sable quartzeux s’est réuni par le même moyen pour former le grès.

Ces petites parcelles de mica n’affectent que rarement une forme de cristallisation ; et comme le talc réduit en petites particules devient assez semblable au mica , on les a souvent confondus, et if est vrai que les talcs et les micas ont à peu près les mêmes qualités intrinsèques : néanmoins ils diffèrent en ce que les talcs sont plus doux au toucher que les micas, et qu’ils se trouvent eu grandes lames , et quelquefois en couches d’une certaine étendue, au lieu que les micas sont toujours réduits en parcelles, qui, quoique très-minces, sont un peu rudes ou arides au toucher. Ou pourroit donc dire qu’il y a deux sortes de micas, l’un produit immédiatement par le feu primitif, l’autre d une formation bien postérieure, et provenant des débris mêmes du talc, dont il a les propriétés. Mais tout le talc paroit avoir commencé par être mica; cette douceur au toucher, (pii fait la qua'ité spécifique et la différence du talc au mica , ne vient que de la plus grande atténuation de ses parties par la longue iir pression des élémens humides. Le mica est donc un verre primitif en petites lames et paillettes très-minces, lesquelles, d’une part, ont été sublimées par le feu ou déposées dans certaines matières , telles que les granités au moment de leur consolidation, et qui, d’autre part, ont ensuite été entraînées par les eaux, et mêlées avec

les matières molles, telles que les argiles les ardoises, et les schistes.

Nous avons dit ailleurs que le verre long temps exposé à l’air s’irise et s’exfolie pa petites lames minces , et qu’en se décom posant il produit une. sorte de mica, qu d’abord est assez aigre , et devient ensuit doux au toucher, et enfin se convertit ei argile. Tous les verres primitifs ont dû subi ces mêmes altérations lorsqu’ils ont été très long-temps exposés aux élémens humides et il en résulte des substances nouvelles don quelques-unes ont conservé les caractère de leur première origine : les micas en parti culier, lorsqu’ils ont été entraînés par le eaux , ont formé des amas et même des masi ses en se réunissant ; ils ont produit les talc quand ils se sont trouvés sans mélange , or bien ils se sont réunis pour faire corps avei des matières qui leur sont analogues; ils on alors formé des masses plus ou moins ten dres. Le crayon noir, ou molybdène, la craii de Briançon, la craie d’Espagne, les pierre ollaires , les stéalites , sont tous composé de particules micacées qui ont pris de h solidité ; et l’on trouve aussi des micas ei masses pulvérulentes, et dans lesquelles le» paillettes micacées ne sont point agglutinée j et ne forment pas des blocs solides. «Il y a dit M. l’abbé Bexon , des amas assez consi dérables de cette sorte de mica au dessou» de la haute chaîne des Vosges, dans de montagnes subalternes , toutes composée, de débris éboulés des grandes montagnes d(! granité qui sont derrière et au dessus. Ce; amas de mica en paillettes ne forment qui des veines courtes et sans suite ou des bloc:] isolés ; le mica y est en parcelles sèches e J de différentes couleurs, souvent aussi brillantes que l’or et l’argent, et on le distribut] dans le pays sous le nom de poudre dorée \ pour servir de poussière à mettre sur l’écriture.

« J’ai saisi, continue cet ingénieux observateur, la nuance du mica au talc surdeis morceaux d’un granité de seconde formation remplis de paquets de petites feuilles ta! queuses empilées comme celles d’un livre, j et l’on peut dire que ces feuilles sont d« ; grand mica ou petit talc ; car elles ont de- j puis un demi-pouce jusqu’à un pouce ou plus de diamètre , et elles ont en mèm«

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