DU JASPE
1 no, et dans plusieurs autres contrées de ’ l’Europe. On en retrouve en Sibérie; il y a T même près d’Argun une montagne entière 1 de jaspe vert : enfin on a reconnu des jaspes ' jjusqu’en Groenland. Quelques voyageurs ’ m’ont dit qu’il yen a des montagnes eutiès res dans la haute Égypte, à quelques lieues ’ de distance de la rive orientale du Nil. Il 1 s’en trouve dans plusieurs endroits des Grans des-Indes, ainsi qu’à la Chine et dans d’au- ‘ très provinces de l’Asie; on en a vu de même l en assez grande quantité et de plusieurs 1 couleurs différentes dans les hautes montagnes de l’Amérique.
Plusieurs jaspes sont d’une seule couleur,
I verte, rouge, jaune, grise, brune, noire, et [même blanche, et d’autres sont mélangés de ces diverses couleurs ; on les nomme jaspes tachés, jaspes 'veinés , jaspes fleuris , etc. Ihes jaspes verts et les rouges sont les plus communs; le plus rare est le jaspe sanguin, qui est d’un beau vert foncé, avec de petites ! taches d’un rouge vif et semblables à des gouttes de sang , et c’est de tous les jaspes ■celui qui reçoit le plus beau poli. Le jaspe I d’un beau rouge est aussi fort rare; et il y
oriental ; il est vert, avec de "petites taches couleur de sang ;
2° Diaspro rosso ; on tire la majeure partie de ce jaspe de la Sicile et de Barga en Toscane; il y en a très-peu qui soit antique ;
3° Diaspro giallo ; il est brun-jaunâtre , avec de petites veines ondulées vertes et blanches ;
J 4° Diaspro fiorito reticcllalo ; il est très-beau ; le j fond est blanc, transparent, agatisé , avec des taches brunes foncées , plus ou moins grandes , irrégulières , et des raies ou rubans de la même couileur : les taches sont entourées d’une ligne blanche i opaque, couleur de lait, et quelquefois jaune. On I voit, dans la belle maison de campagne de Mondragone et autre part , de très-belles tables composées de plusieurs petits morceaux réunis de cette I espèce de pierre ; elle est antique et très-rare. On a aussi du diaspro fiorito de Sicile, d’Espagne, et de ! Constantinople , qui ressemble au diaspro fiorito reticclluto. ( Lettres sur la minéralogie , par M. Férber, pages 335 et 336.)
en a de seconde formation , puisqu’un morceau de ce jaspe rouge, cité par M. Fer ber, contenoit des impressions de coquilles. Tous les jaspes qui ne sont pas purs et simples, et qui sont mélangés de matières étrangères, sont aussi de seconde formation, et l’on ne doit pas les confondre avec ceux qui ont été produits par le feu primitif, lesquels soni d’une substance uniforme, et ne sont ordinairement que d’une seule couleur dans toute l’épaisseur de leur masse.
Le jade , que plusieurs naturalistes ont regardé comme un jaspe , me paroît approcher beaucoup plus de la nature du quartz 1 ; il est aussi dur, il étincelle de même par le choc de l’acier; il résiste également aux acides, à la lime, et à l’action du feu; il a aussi un peu de transparence; il est doux au toucher, et ne prend jamais qu’un poli gras 2. Tous ces caractères conviennent mieux au quartz qu’au jaspe, d’autant plus que tous les jades des Grandes- Indes et de la Chine sont blancs ou blanchâtres comme le quartz , et que de ces jades blancs au jade vert on trouve toutes les nuances du blanc au verdâtre et au vert. On a donné à ce jade vert le nom de pierre des Amazones, parce qu’on le trouve en grande quantité dans ce fleuve, qui descend des hautes montagnes du Pérou , et entraîne ces morceaux de jade avec les débris du quartz et des granités qui forment la masse de ces montagnes primitives.
r. M. de Saussure dit avoir remarqué, dans certains granités, que « le quartz y semble changer de nature, devenir plus dense et plus compacte, et prendre, par gradation , les caractères du jade. », \V oyage dans les Alpes , tome I , page 104.)
2. h’igiada des minéralogistes italiens paroît être une espèce de jade : mais , si cela est , M. Ferber a tort de regarder Yigiada comme un produit de la pierre ollaire verte : il y auroit bien plus de raison de regarder la pierre ollaire comme une décomposition de la substance du iade en pâte argileuse.
, V\vvv%vtv\ivvi«v«.v\<vvv\v\ivv^vM^\«<vvv\\<li