‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 5)Chapitre 92 sur 147 · DU GRÈS · texte numérisé non relu

DU GRÈS

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perfide de ces morceaux de grès. On en des exemples tout aussi Irappans sur le arlz, dans lequel il se forme de même une itière silicée par la sti>lal ion des eaux et v la condensalion des vapeurs *.

M. de Gensanne, savant physicien et minera-’ p'ste très-ex périmenté , que j’ai eu souvent occade citer avec éloge , a fait des observations e j’ai déjà indiquées ei qui me paroissent ne sser a: cuit doute sur cette formation de la masilicée eu quartzeüse par la seule cdùdensàdes vapeurs de la terre. « Etant descendu ,

, dans une galerie de mine (de plomb) de it-I’ean , près de Rennes en Bretagne, dont les vaux étoient abandonnés , je vis au fond de cette erie toutes les inégalités du roc presque reines d’une niafiè.e très-blanche , semblable à de délayée, que je reconnus être un véritable r ou si nier.... C’est une vapeur condensée qui , se cristallisant, donne un véritable quartz.» de Gensanne voulut reconnoitre si cette matière venoil de la circulation de l’air dans les tra- , ou si elle traits pirnit au travers du roc sur el elle se forinoit; pour cela , il commença par laver la surface du rocher avec une épongé oter lé gttlir qîit s’y trouvoit. « Ensuite, dit-il, is quatre écuelles neuve- de ferre vernissée , •appliquai aux endroits du rocher ou j’avois rçu le plus «le gu/ir, et avec de la bonne glaise pétrie je les cimentai bien tout alentour, de bons pouces d’épaisseur, après «|uoi je plaçai ravers de bois vis-à-vis mes écuelles qui for- ! presque les quatre angles d’un carré. » bout de huit mois , M. «le Gensanne leva une écuelles, et il fut fort surpris de voir que lé

Cqui s’étoit formé dessous a voit près d’un demi-, n d’épaisseur, et forinoit un rond sur la sur du rocher de la grandeur de l’écuelle; il éloit blanc et avoit à peu près la consistance du •re frais ou de la cire molle ; il en prit de la ;seur d’une noix, et remit l’écuelle comme au-

vaut, sans toucher les autres il laissa sé-

cette matière a l'ombre : elle prit une consisgrei.ue et friable , et ressent bloit parfaitement ■ matière semblable , mais ordinairement tae, «ju’on trouve dans les filous de différens ■aux , surtout dans ceux de plomb, et à lac les mineurs allemands donnent le nom de Il y en a quantité dans celui de Pont-Peu» , minéral y est répandu par grains, la p upàrt |ues, et souvent accompagnés de grains de e. « Toute la différence que je trouvais , dit ■ Gensanne, entre ma matière el celle du filon, que la matière étoit très-blanche, «*t que «elle on étoit parsemée de taches violettes et rouss ; je pris «le celle du filon, «qui ne contenoit t aucun minerai , et la plus blanche que is trouver ; j’en pris également de la mienne , \\ nd s poids «'gai de ces deux matières dans deux ,ets séparés et au meme feu ; elles me parurent •ment fusibles, et meme donnèrent des scories t semblables.... Je soupçonnai dès lors ■es matières étoient absolument les memes.... orze mois se passèrent depuis le jour que is visité la première écuelle, jusqu’au temps lion départ de ces travaux ; je fus voir alors petit équipage ; je trouvai que le gifhç iV av.i>i;t sensiblement augmenté sur la partie du roc éloit à découvert; el , ayant visité l’écuelle Ij’àvois visitée précédemment , j’aperçus l’eu-

Bufkoîî. IL

Mais, si nous considérons en général les cimèiii naturels, il s'en faut bien qu ils soient loujours el partout les mêmes; il faut d’abord en distinguer de deux sortes : 1 un (pii parôît homogène avec la matière dont ii remplit les interstices, comme dans les nouveaux quarlz et les grès, où il est plus apparent à la surface qu'à l’intérieur' ; l’autre qu’on peut dire hétérogène, parce qu'il est d’une substance plus ou moins différente de celle dont il remplit les iulersiioes, comme dans les pond in g ucs et les brèches : ce dernier riment est ordinairement moins -dur que les grains qu'il réunit. Nous connolssons d’ailleurs plusieurs éspeces de -ci mens naturels, el nous en traiterons dans un article particulier. Ces rimeus se mêlent et se combinent quelquefois dans la même matière, et souvent semblent faire le fond des substances solides. Mais ces eiinens, de quelque nature qu’ils soient, peuvent avoir, comme nous venons de le dire, une double origine ; la première est due aux vapeurs ou exhalaisons qui s’élèvent du fond de la terre au moyen de la chaleur intérieure du globe ; la seconde, à l’inlillration des eaux qui détachent avec le temps les parties les plus ténues des masses qu’elles lavent ou pénètrent ; elles entraînent donc ces particules détachées, et les déposent dans les interstices des autres matières; elles forment meme des concrétions (pii sont très-dures, telles que les cristaux de roche et autres slalaelites du genre vitre- x ; et eetie seconde source des extraits ou chiions pierreux , quoique tres-aboudante , ne 1 est peut-être

droit où j’avois enlevé le gufir recouvert de la it.enie matière,- mais fort mince et très-blanche; au lieu que la partie que je n’ayois pas touchée, ainsi que toute la matière qui étoit sous les écuelles que je n’avois pas remuées, étoit toute parsemée de taches roussalres et violettes , et absoiument semblables à celles qu’on trouve dans le filon de cette mine, avec cette différence que cette dernière renferme quantité de grains de mine de plomb dispersés dans les taches violettes, et qui n’avoienl pas eu le temps de se former dans la première.

'<11 résulte, de cette observation, que les gu/irs se forment par une espèce de transpiration au travers des rochers, meme les plus compactes, et qu’ils proviennent «le certaines exhalaisons ou vapeurs «jui circulent dans l’intérieur de la terre, et qui se condensent el se fixent dans les endroits où la température et les cavités leur permettent da s’accumuler....

« Cette matière est une véritable vapeur conden sée <|ui se trouve dans une infinité d’endroits, renfermée dans des roches inaccessibles à l’eau. Lorsque le gu/ir est dissons et chassé par l’eau , il se cristallise très:- facilement el forme un vrai quartz. » (Histoire naturelle du Languedoc, tome il , pages 22 el suiv.)

MINÉRAUX

pas autant que la première, qui provient des vapeurs de la terre, parce que cette derniere cause agit à tout instant et dans toute l’étendue des couches extérieures du globe ; au lieu que l’autre, étant bornée par des circonstances locales à des effets particuliers , ne peut agir que sur des masses particulières de matière.

On doit se rappeler ici que, dans le temps de la consolidation du globe , toutes les matières s’étant durcies et resserrées en se refroidissant, elles n’auront pu faire retraite sur elles-mêmes sans se séparer et se diviser par des fentes perpendiculaires en plusieurs endroits. Ces fentes, dont quelques-unes descendent à plusieurs centaines de toises , sont les grands soupiraux par où s’échappent les vapeurs grossières chargées de parties denses et métalliques. Les émanations plus subtiles, telles que celles du ciment silicé , sont les seules qui s’échappent partout , et qui aient pu pénétrer les masses entières du grès pur : aussi n’entre-t-il que peu ou point de substances métalliques dans leur composition, tandis que les fentes perpendiculaires qui séparent les masses du quartz, des granités, et autres rochers vitreux, sont remplies de métaux et de minéraux produits par les exhalaisons les plus denses , c’est-àdire par les vapeurs chargées de parties métalliques. Ces émanations minérales , qui étoient très-abondantes lors de la grande chaleur de la terre , ne laissent pas de s’élever, mais en moindre quantité , dans son état actuel d’attiédissement : il peut donc se former encore tous les jours des métaux; et ce travail de la nature ne cessera que quand la chaleur intérieure du globe sera si diminuée qu’elle ne pourra plus enlever ces matières pesantes et métalliques. Ainsi le produit de ce travail, déjà petit aujourd’hui, sera peut-être nul dans quelques milliers d’années, tandis que les vapeurs plus subtiles et plus légères, qui n’ont besoin que d’une chaleur tres-médioere pour être sublimées , continueront à s’élever et à revêtir la surface ou même pénétrer l’intérieur des matières qui leur sont analogues.

Lorsque le grès est pur, il ne contient que du quartz réduit en grains plus ou moins menus, et souvent si petits qu’on ne peut les distinguer qu’à la loupe. Les grès impurs sont au contraire mélangés d’autres substances vitreuses ou métalliques r, et plus

1. Il y a des grès mêlés de mica , et d’antres en plus grand nombre contiennent de petites masses ferrugineuses très-dures, que les ouvriers appellent des clous .

souvent encore de matières calcaires; et < grès impurs sont d’une formation pos rieure à celle des grès purs. En général i a plus de grès mélangés de substance c caire que de grès simples et purs, et ils st rarement teints d’autres couleurs métalliqt que de celles du fer. On les trouve par c lines, par bancs en très -grandes mass quelquefois séparés en très-gros blocs isol et seulement environnés du sable qui sem leur servir de matrice; et comme ce.s ar ou couches de sable sont, dans toute h épaisseur, perméables à l’eau, les grès si toujours humectés par ces eaux filtrés : l’I midilé pénètre et réside dans leurs por car tous les grès sont humides au sortir, la carrière, et ce n’est qu’après avoir exposés pendant quelques années à l’a qu’ils perdent celte humidité dont ils étoi imbus.

Les grès les plus purs , c’est-à-dire c dont le sable qui les compose n’a été transporté ni mélangé , sont entassés gros blocs isolés ; mais il y en a beauci d’autres qui sont étendus en bancs contir, et même en couches horizontales, à ] près disposées comme celles des pierres < caires. Cette différence de position dans grandes masses de grès paroît nous indiq . qu’elles ont été formées dans des temps ? férens, et que la formation des grès qui s en bancs horizontaux est postérieure è production de ceux qui se présentent blocs isolés : car celle-ci ne suppose que simple agrégation du sable quartzeux d le lieu même où il s’est trouvé après la v fication générale, au lieu que la position autres grès par couches horizontales supj le transport de ces mêmes sables par le n vement des eaux; et le mélange des mati étrangères qui se trouvent dans ces ; semble prouver aussi qu’ils sont d’une , mation moins ancienne que celle des , purs.

Si l’on vouloit douter que l’eau put for le grès par la seule réunion des moléc du quartz, il seroit aisé de le démon : par la formation du cristal de roche, qui! aussi dur que le grès le plus pur, et j néanmoins n’est formé que des mêmes !

lécules par la stillation des eaux; et d leurs on voit un commencement de c, réunion des particules quartzeuses dan| consistance que prend le sable lorsqu’il' mouillé : plus ce sable est sec, et’ plus ij pulvérulent ; et dans les lieux où les sa ; de grès couvrent la surface du terrain! chemins ne sont jamais plus praticables

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