CRAIE DE BRIANÇON
Cette pierre n’est pas plus craie que la craie d’Espagne; c’estégalementunepierretalqueuse, et presque même un véritable talc : elle n’en diffère qu’en ce que les lames dont elle est composée son moins solides que celles du talc, et se divisent plus aisément en parcelles micacées, qui sont un peu plus aigres au toucher que les particules du talc. Cette pierre n’est donc qu’un talc imparfait 2, c’est-à-dire un agrégat de par-
4 Mémoires de l’Académie de Berlin, année 1747.
2 « La craie de Briançon, dit très-bien M. Pott, est plutôt « une espèce de talc qu’une stéatite. » .Mémoires de l'Académie de Berlin, année 1747, page 68. — Divers auteurs témoignent que la Suède fournit la même production, continue M. Pott, et, en particulier, Broëmel, dont voici les paroles : « Le talc talgstein ou grysteen est une matière semblable à la « pierre oilaire qu’on peut fendre, tourner et travailler « comme le bois, pour en faire diverses pièces de vaisselle de « cuisine qui s'échauffent au moindre feu. On en trouve au- « près de Hundohl, dans le Jemptland ; elle sert aussi à faire « des foyers, des fourneaux et des briques. Il s’en rencontre « une autre espèce à Kleremccki, paroisse de Savola, et à « Nerkie. J’en ai reçu une espèce beaucoup plus belle, verdâ-
HISTOIRE NATURELLE
ticules d’un mica qui n’a pas encore subi tous IftS degrés de l’atténuation nécessaire pour devenir talc: mais le fonds de sa substance est le même : sa dureté , sa densité sont aussi à trèspeu près les mêmes *, et ses autres propriétés n’en diffèrent que du moins au plus ; car, après le talc, c’est de toutes les stéatites la plus tendre et la plus douce au toucher. On la trouve plus fréquemment et en plus grandes masses que les talcs; elle s’offre aussi en différents états dans ses carrières , et on la distingue par la qualité de ses parties constituantes , qui sont plus ou moins fines ou grossières. La plus fine est presque aussi transparente que létale lorsqu’elle est réduite à une petite épaisseur, et ne paraît différer du vrai talc qu’en ce que les lames qui la composent ne sont pas lisses , et qu’elles ont à leur surface des stries et des tubercules; en sorte que quand on veut séparer ces lames, elles ne se détachent pas les unes des autres comme dans les talcs, mais qu’elles se brisent en petites écailles : cette craie est donc un talc qui n’a pas acquis toute sa perfection. Celui qu’on appelle talc de Venise ou de Naples est absolument de la même nature, et on se sert également de leur poudre pour faire le fard blanc et la base du rouge dont nos femmes font un usage agréable aux yeux, mais déplaisant au toucher.