CONCRÉTIONS DE L ÉTAIN
Les mines primordiales de l’étain se trouvent dans une roche quartzeuse très-dure, ou ce métal s’est incorporé après avoir été réduit en chaux par le feu primitif; les cristaux d’étain sont des mines secondaires produites par la décomposition des premières : l’eau, en agissant sur ces mines formées par le feu, en a détaché, divisé les parties métalliques qui se sont ensuite réunies en assez grand volume , et ont pris , par leur affinité , des formes régulières comme les autres cristaux produits par l’intermède de l’eau. Ces cristaux , uniquement formés de la chaux d’étain primitive plus ou moins pure, ne recèlent aucun autre métal, et sont seulement imprégnés d arsenic qui s’y trouve presquetoujours intimement mêlé, sans néanmoins en avoir altéré la substance. Ainsi cette chaux d’étain, cristallisée ou non, n’est point minéralisée, et l’on ne
connaît aucune minéralisation ou concrétion se-
condaire de l’étain que quelques stalactites qui se forment de la décomposition des cristaux, et qui se déposent en masses informes dans les petites cavités de ces mines : ces stalactites d’étain sont souvent mêlées de fer, et ressemblent assez aux hématites ; et il me semble qu’on ne doit regarder que comme une décomposition plus parfaitement achevée l’étain natif dont parle M. Romé de Lisle 1 ; car on ne peut attribuer sa formation qu’à l’action de l’eau, qui aura pu donner un peu de ductilité à cette chaux d’étain plus épurée qu’elle ne l’était dans les cristaux dont elle provient.
4 Ona trouvé nouvellement, dans les mines de Cornouailles , quelques morceaux dans lesquels on voit une sorte d’étain qu’on doit regarder comme natif, et qui estaccompagnéd’une mine d’étain blanche, solide , colorée dans sa cassure, comme certaines mines de cuivre. Cet étain natif, loin de présenter aucune trace de fusion , a l’apparence extérieure de la molybdène, sans néanmoins tacher les doigts comme cette substance ; il se brise si facilement qu’au premier coup d’œil on le croirait privé de la métalléité : mais les molécules qu’on en détache, battues sur le tas d’acier, s’approchent et s'unissent en petites lames blanches, brillantes et flexibles, qui ne diffèrent alors en rien de l’étain le plus pur : il n'est pas sous forme cristalline déterminée , non plus qu'aucun autre étain natif, s'il en existe. Cristallographie, par M. R orné de Lisle, tome III, page 407 et suivantes.
HISTOIRE NATURELLE