‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 26 sur 235 · DU SOUFRE · texte numérisé non relu

DU SOUFRE

La nature, indépendamment de ses hautes puissances auxquelles nous ne pouvons atteindre, et qui se déploient par des effets universels, a de plus les facultés de nos arts, qu’elle manifeste p&r des effets particuliers : comme nous , elle sait fondre et sublimer les métaux, cristalliser les sels , tirer le vitriol et le soufre des pyrites, etc. Son mouvement plus que perpétuel, aidé de l’éternité du temps , produit, entraîne,

DES MINÉRAUX

amène toutes les révolutions , toutes les combinaisons possibles. Pour obéir aux lois établies par le souverain Être , elle n’a besoin ni d’instruments , ni d’adminicules , ni d’une main dirigée par 1 intelligence humaine ; tout s’opère , parce qu à force de temps tout se rencontre , et que dans la libre étendue des espaces et dans la succession continue du mouvement , toute matière est remuée , toute forme donnée , toute figure imprimée. Ainsi tout se rapproche ou s éloigne, tout s’unit ou se fuit, tout se combine ou s’oppose , tout se produit ou se détruit par des lorces relatives ou contraires , qui seules sont constantes, et, se balançant sans se nuire , animent l’univers et en font un théâtre de scènes toujours nouvelles , et d’objets sans cesse renaissants.

Mais en ne considérant la nature que dans ses productions secondaires , qui sont les seules auxquelles nous puissions comparer les produits de notre art, nous la verrons encore bien audessus de nous ; et pour ne parler que du sujet particulier dont je vais traiter dans cet article , le soufre, qu’elle produit au feu de ses volcans, est bien plus pur, bien mieux cristallisé , que celui dont nos plus grands chimistes ont ingénieusement trouve la composition 1 . C’est bien la même substance; ce soufre artificiel et celui de la nature ne sont également que la matière du feu rendue fixe par l’acide ; et la démonstration de cette vérité, qui ne porte que sur l’imitation par notre art d’un procédé secondaire de lanature, est néanmoins le triomphe delà chimie et le plus beau trophée qu’elle puisse placer au haut du monument de toutes ses découvertes.

L’élément du feu, qui dans son état de liberté ne tend qu’à fuir, et divise toute matière a laquelle on l’applique, trouve sa prison et des liens dans cet acide, qui lui-même est formé par I intermède des autres éléments ; c’est par la combinaison de l’air et du feu que l’acide

filial ! .. * ^sjusqu a déterminer la proportion dans

wi? I^eVIfr,0l,queet lefeufixe entrent chacun d ie leu stah-l a trouyé « que dans la composition du sou « acide vitriolique faisait environ quinze seizièmes du p( « total, et meme un peu plus, et que le phlogistique fai:

« un peu moins d’un seizième . M, Brands dit, d’après

« propres expériences, que la proportion du principe infli « niable à celle de l’acide vitriolique, est à peu près de 3 h

* MC? !!* dix'sePtième) en poids; mais ni M. Brands « m. stahl n ont pas connu l’influence de l’air dans la corn « naison de leurs expériences, en sorte que cette proport; t j pdS Plaine. » Dictionnaire de Chimie, par M. Macqu

! primitif a été produit ; et dans les acides secondaires , les éléments de la terre et de l’eau sont tellement combinés qu’aucune autre, substance simple ou composée n’a autant d'affinité avec le feu : aussi cet élément se saisit de l’acide dès qu’il se trouve dans son état de pureté naturelle et sans eau superflue , il forme avec lui un nouvel être, qui est le soufre, uniquement composé de l’acide et du feu.

Pour voir clairement ces rapports importants , considérons d’abord le soufre tel que la nature nous l’offre au sommet de ses volcans ; il se sublime , s’attache et se cristallise contre les parois des cavernes qui surmontent tous les feux souterrains : ces chapiteaux des fournaises embrasées par le feu des pyrites sont les grands récipients de cette matière sublimée ; elle ne se trouve nulle part en aussi grande abondance, parce que nulle part l’acide et le feu ne se rencontrent en aussi grand volume, n’agissent avec autant dé puissance.

Après la chute des eaux et la productiop de l’acide , la nature a d’abord renfermé une partie de la matière du feu dans les pyrites, c’està-dire dans les petites masses ferrugineuses et minérales où l’acide vitriolique, se trouvant en quantité , a saisi cet élément du feu , et le retiendrait à perpétuité, si l’action des éléments humides 1 ne survenait pour le dégager et lui rendre sa liberté ; l'humidité, en agissant sur la matière terreuse et s’unissant en même temps à l’acide , diminue sa force , relâche peu à peu les nœuds de son union avec le feu, qui reprend sa liberté dès que ses liens sont brisés : dans cet incendie le feu devenu libre emporte avec sa flamme une portion de l’acide auquel il était uni dans la pyrite : et cet acide pur et séparé de la terre , qui reste fixe , forme avec la substance de la flamme une nouvelle matière uniquement composée de feu fixé par l’acide, sans mélange de terre ni de fer, ni d’aucune autre matière.

Il y a donc une différence essentielle entre le soufre et la pyrite , quoique tous deux contiennent également la substance du feu saisie

* L’eau seule ne décompose pas les pyrites : le long des falaises des côtes de Normandie, les bords de la mer sont jonchés de pyrites, que les pêcheurs ramassent pour en faire du vitriol.

La rivière de Marne , dans la partie de la Champagne crayeuse qu’elle arrose, est jouchee de pyrites martiales qui restent intactes tant qu elles sont dans l’eau, mais qui g’©ffleurissent dès qu’elles sont exposees a fair.

19ii HISTOIRE

par l’acide, puisque le soufre n’est composé que de ces deux substances pures etsimples, tandis qu’elles sont incorporées dans la pyrite avec une terre fixe de fer ou d’autres minéraux. Le mot de soufre minéral, dont on a tant abusé, devrait être banni de la physique , parce qu’il fait équivoque et présente une fausse idée ; car ce soufre minéral n’est pas du soufre, mais de la pyrite : et de même toutes les substances métalliques, qu’on dit être minéralisées par le soufre, ne sont que des pyrites qui contiennent, «à la vérité, les principes du soufre, mais dans lesquelles il n’est pas formé. Les pyrites martiales et cuivreuses, la galène de plomb , etc. , sont autant de pyrites dans lesquelles la substance du feu et celle de l’acide se trouvent plus ou moins intimement unies aux parties fixes de ces métaux : ainsi les pyrites ont été formées par une grande opération de la nature, après la production de l’acide et des matières combustibles, remplies de la substance du feu; et le soufre ne s’est formé que par une opération secondaire, accidentelle et particulière , en se sublimant avec l’acide par l’action des feux souterrains. Les charbons de terre et les bitumes, qui, comme les pyrites, contiennent de l’acide, doivent par leur combustion produire de même une grande quantité de soufre : aussi toutes les matières qui servent d'aliment au feu des volcans et à la chaleur des eaux thermales donnent également du soufre dès que par les circonstances locales , l’acide , et le feu qui l’accompagne et l’enlève, peuvent être arrêtés et condensés par le refroidissement.

On abuse donc du nom de soufre , lorsqu’on dit que les métaux sont minéralisés par le soufre; et comme les abus vont toujours en augmentant, on a aussi donné le même nom de soufre à tout ce qui peut brûler. Ces applications équivoques ou fausses viennent de ce qu’il n’y avait dans aucune langue une expression qui pût désigner le feu dans son état fixe ;

1 e soufre des anciens chimistes représentait cette idée l, le phlogistique la représente dans la chi-

« Le soufre des philosophes hermétiques était un tout autre être que le soufre commun ; ils le reg trriaieut comme le principe d*" la lumière, comme celui du développement des germes et de la nutiiti<>n des corps organisas. ( Voyez r.eorg. Wolfgang Wedel; Épliém. d’.-vl cmagn»*, armées 1*78. 1 679, et la Coll -et ion academique, partie étrangère, torn. III, pas. 413 et 41fi ,• et sous ces rapports, il parait qu’ils considéraient particulièrement dans le soufre, son feu fixe, indépendamment de l'acide dans lequel il se trouve engagé ; dans ce point

NATURELLE

mie récente , et l’on n’a rien gagné à cette substitution de termes; elle n’a même fait qu’augmenter la confusion des idées , parce qu’on ne s’est pas borné à ne donner au phlogistique que les propriétés du feu fixe. Ainsi le mot ancien de soufre ou le mot nouveau de phlogistique , dans la langue des Sciences , n'auraient pas fait de mal, s’ils n’eussent exprimé que l'idée nette et claire du feu dans son état fixe : cependant/?» fi.ree st aussi court, aussi aisé à pronon er que phlouistique ; et fm fixe rappelle l’idée principale de l’élément du feu, et le représente tel qu'il existe dans les corps combustibles; au lieu que phlogisli que, qu’on n’a jamais bien défini , qu’on a souvent mal appliqué, n’a fait que brouiller les idées , et rendre obscures les explications des choses les plus claires. La réduction des chaux métalliques en est un exemple frappant; car elle s’explique, s’entend aussi clairement que la précipitation, sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours, avec nos chimistes , à l’absence ou a la présence du phlogistique.

Dans la nature , et surtout dans la matière brute, il n’y a d’êtres réels et primitifs que les quatre éléments ; chacun de ces éléments peut se trouver en un état différent de mouvement ou de repos, de liberté ou de contrainte, d’action ou de résistance, etc. : il v aurait donc tout autant de raison de faire un nouveau mot pour l’air fixe; mais heureusement on s’en est abstenu jusqu’ici. Ne vaut-il pas mieux en effet désigner par une épithète l’état d’un élément, que de faire un être nouveau de cet état en lui donnant un nom particulier? Rien n’a plus retardé le progrès des sciences que la logomachie, et cette création de mots nouveaux à demi-techniques, à demi-métaphoriques, et qui dès lors ne représentent nettement, ni l’effet ni la cause: j'ai même admiré la justesse de discernement des anciens; ils ont appelé pyrites les matières minérales qui contiennent en abondance la substance du feu : avons-nous eu raison de substituer à ce nom celui de soufre , puisque les minerais ne sont en effet que des pyrites? Et de même les anciens chimistes ont entendu par le mot de soufre la matière du feu contenue

de vue, ce n’est plus de soufre qu’il s'agit, mais du feu même, en tant que fixé dans les différents corps de la nature, il én fait 1 activité, le développement et la vi-; en ce sens, le soufre des alrhimistes peut en effet être regardé comme le principe des phénomènes de la t lialeur, de la lum ère, du développement et de la nutrition des corps organisés. Observation communiquée parM. l'abbé Bexon.

DES MINÉRAUX

dans les huiles , les lésines , les esprits ardents , et dans tous les corps des animaux et des végétaux, ainsi que dans la substance des minéraux : avons-nous aujourd'hui raison de lui substituer celui de phlogistique? Le mieux eût été de n'adopter ni l’un ni l’autre: aussi n’ai-je employé dans le cours de cet ouvrage , que l’expression de feu fixe , au lieu de phlogistique, comme je n’emploie ici que celle de pyrite au lieu de soufre minéral.

Au reste, si l’on veut distinguer l’idée du feu fixe de celle du phlogistique, il faudra, comme je l’ai dit, appeler phlogistique , le feu qui, d’abord étant fixé dans les corps, est en meme temps animé par l’air et peut en être séparé, et laisser le nom de feu fixe à la matière propre du feu fixé dans ces mêmes corps , et qui sans l’adminicule de l’air auquel il se réunit ne pourrait s’en dégager.

Le feu fixe est toujours combiné avec l’air fixe, et tous deux sont les principes inflammables de toutes les substances combustibles : c’est en raison de la quantité de cet air et du feu fixe qu’elles sont plus ou moins inflammables. Le soufre qui n’est composé que d’acide pur et de feu fixe, brûle en entier et ne laisse aucun résidu après son inflammation; les autres substances qui sont mêlées de terres ou de parties fixes, laissent toutes des cendres ou des résidus charbonneux après leur combustion ; et en général toute inflammation, toute combustion n’est que la mise en liberté par le concours de l’air, du feu fixe contenu dans les corps; et c’est alors que ce feu animé par l’air devient phlogistique : or le feu libre, I air et l’eau peuvent également rendre la liberté au feu fixe contenu dans les pyrites; et comme au moment qu’il est libre le feu reprend sa volatilité, il emporte avec lui l’acide auquel il est uni, et forme du soufre par la seule condensation de cette vapeur.

On peut faire du soufre par la fusion ou par la sublimation : il faut pour cela choisir les pyrites qn’on a nommées sulfureuses , et qui contiennent la plus grande quantité de feu fixe et d’acide, avec la moindre quantité de fer, de cuivre, ou de toute autre matière fixe; et selon qu’on veut extraire une grande ou petite quantité de soufre, on emploie différents moyens •,

1 Pour tirer le soufre des pyrites, et particulièrement des pyrites cuivreuses, on furnie, à l’air libre, des tas de pyrites qui ont environ vingt pieds en carré, et neuf pieds de liant , ou arrange ces pyrites sur un lit de bûches et de fagots ; on

qui néanmoins se réduisent tous à donner du soufre par fusion ou par sublimation.

Cette substance tirée des pyrites par notre art, est absolument semblable à celle du soufre que la nature produit par l’action de ses feux souterrains; sa couleur est d’un jaune citrin; son odeur estdésagréable, et plus forte lorsqu'il

laisse aces tas une ouverture qui sert d’évent, ou comme le cendrier sert à un fourneau : on enduit les parois extérieures des tas, qui forment comme des espèces de murs, avec de la pyrite ou poudre et en petites particules «pie Ion mouille; alors on met le feu au bois et on le laisse brûler pendant plusieurs mois : on forme à ta partie supérieure des t*s ou de ce' mqssifs, des trous nu d \s creux «pii forment comme des bassins d ms lesquels le sour e tondu par l’action du feu va se rendre, et d’où o i le puise avec d“s cuillers de fer ; mais ce soufre, ainsi recueilli , n’est point parfaitement pur: il a bes >in d’être fondu de nouveau dans des chaudières de fer; alor-i les parties pierreuses et terreuses qui s’y trouvent mêlées tombent an fond de la chaudière, et le soufre pur nage à leur surface. Telle est la manière dont ou fixe le soufre au Hartz...

Une autre manière qui est aussi en usage en Allemagne consiste à Taire griller les pyrites ou la mine de cuivrerons un h mgar couvert d un tô t qui va en pente; Ce toit oblige la f-.mée qui part du tas que l’on grille, à passer par-de sus une auge remplie d’eau froide; parce moyen cette fumée, qui n’est composée que de soufre, se condense et tombe dans Pairie...

En Suède, on se sert de grandes retort es de f,.r qn-on rrm. pli t au t ers de pyr fs, et obtient le soufrepar d s illation ; on ne met qu’un tiers de pvrites, parce que le feu les fait gonfler considérablement ; il passe une partie du soufre «pii suinte ail travers les retortes et qui est fort pur; on le débite pour de la fleur de soufre; quant au reste du soufre , il est reçu d ms des récipients remplis d’eau ; on enlève ce soufre des récipients, on le porte dans des chaudières de fer, où ,,n le fait foudre afin qu'il dépose les matières étrangères dont il était mêlé : lorsque les pyrites ont été dégagées du son Ve qu'elles contenaient , on les jelte dmsun tas à l'air Mire, après quelles ont éV exposées ?ux injures de l’air; es tas sont sujets à s'enflammer d’eux-memes , après quoi le -ou're

eue l tôt l ment dégagé nnais pour prévenir imination,

on lave ces pyrites c deinées, et l’on en ti-edo vit i I, «,:ï’-»II«îs ne donneraient point si on iesavait lais ées s’embraser; apres qu’il a > lé purifié on h* fond de nouveau, on le prend avec • es cuillers «le fer. eton le verse dois des moules qui lui donnent la forme de bâtons arrond.s ; c’est ce qu’on appelle soufre en eanotis...

A x environs du mont Vésuve et dans d’autres endroits de 1 Italie, où il se trouve du soufre, on met les terrés qui sont im -régnées de celte substance dans des pots de t ire . de la forme d'un pain de sucre ou d'un cène fermé par la bas**. qu ont une ouverture an sommet : ou arr,jn. e ces pot- dans no grand fourneau d stiné à cet usage, en observant de les couc'er horizontalement ; on donne un feu modéré qui suffise pour faire fondre le 'Oiifre , qui découle par l’orifice qui e>t à la pointe «les p ts, et qui est reçu dans d autres pots dans lesquels on a mis de l’e ai froide où le soufre se fige.

Après toutes ces purifications, le s *ufre renferme encore souvent des substances qui eu rendraient l’usage dangereux er il faut, pour les séparer «le ers substances , le sublimer. — Encyclopédie, article Soufre... Voyez à peu près les mêmes procédé-* pour l’extr ctiou du sou re«!es pyrites dans le pays de l.iége. Collection académique, partie étrangère, tome II, page 10; et dans le Journal de Physique, mai 1781. page .">66, quelques vues utiles sur celte exploitation en général, et en particulier sur celle que l’on pourrait faire en Languedoc.

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est frotté ou échauffé; il est électrique comme l’ambre ou la résine ; sa saveur n’est insipide que parce que le principe aqueux de son acide y étant absorbé par l’excès du feu , il n’a aucune affinité avec la salive, et qu’en général , il n’a pas plus d’action sur les matières aqueuses qu’elles n’en ont sur lui; sa densité est à peu près égale à celle de la pierre calcaire 1 ; il est cassant , presque friable, et se pulvérise aisément ; il ne s’altère pas par l’impression des éléments humides, et même l’action du feu ne le décompose pas lorsqu’il est en vaisseaux clos, et privé de l’air nécessaire à toute inflammation. 11 se sublime sous sa même forme, au haut du vaisseau clos en petits cristaux auxquels on a donné le nom de fleurs de soufre ; celui qu’on obtient par la fusion se cristallise de même en le laissant refroidir très-lentement : ces cristaux sont ordinairement en aiguilles ; et cette forme aiguillée, propre au soufre, se voit dans les pyrites et dans presque tous les minéraux où le feu fixe et l’acide se trouvent combinés en grande quantité avec le métal : il se cristallise aussi en octaèdre, dans les grands soupiraux des volcans.

Le degré de chaleur nécessaire pour fondre le soufre ne suffit pas pour l’enflammer; il laut pour qu’il s’allume porter de la flamme à sa surface ; et dès qu’il aura reçu l’inflammation il continuera de brûler. Sa flamme est légère et bleuâtre, et ne peut même communiquer l’inflammation aux autres matières combustibles , que quand on donne plus d’activité à la combustion du soufre, en augmentant le degré de feu : alors sa flamme devient plus lumineuse, plus intense, et peut enflammer les matières sèches et combustibles 2 . Cette flamme du soufre, quelque intense qu’elle puisse être, n’en est pas moins pure ; elle est ardeute dans toute sa substance; elle n’est accompagnée d’aucune fumée et ne produit point de suie : mais elle répand une vapeur suffocante qui n’est que celle de l’acide encore combiné avec le feu fixe, et à laquelle on a donné le nom d’acide sulfureux . Au reste, plus lentement on fait brûler le soufre,

4 Le soufre volatil pèse environ cent quarante-deux livres e pied cube , et le soufre en canon cent trente-neuf à cent quarante livres. Voyez la Table de M. Brisson.

2 Si l’on ne donne an soufre qoe le petit degré de feu nécessaire pour commencer à le faire brûler, sa flamme blenâ- | tre ne se voit que dans l'obscurité, et ne peut pas allumer les ] corps les plus combustibles. M. Baumé a fait ainsi brûler tout le soufre qui est dans la poudre à tirer, sans l'enflammer. Dictionnaire de Chimie, par M. Macquer, article Soufre.

plus la vapeur est suffocante, et plus l’acide qu’elle contient devient pénétrant : c’est, comme l’on sait, avec cet acide sulfureux qu’on blanchit les étoffes , les plumes et les autres substances animales 1 .

L’acide que le feu libre emporte ne s’élève avec lui qu’à une certaine hauteur ; car dès qu’il est frappé par l’humidité de l’air, qui se combine avec l’acide, le feu est forcé de fuir ; il quitte l’acide et s’exhale tout seul : cet acide, dégagé dans la combustion du soufre, est du pur acide vitriolique : « Si l’on veut le recueillir au mo- « ment que le feu l’abandonne , il ne fout que « placer un chapiteau au-dessus du vase, avec « la précaution de le tenir assez éloigné pour « permettre l’action de l’air qui doit entretenir « là combustion , et de porter dans l’intérieur « du chapiteau , une certaine humidité par la « vapeur de l’eau chaude ; on trouvera dans le « récipient, ajusté au bec du chapiteau, l’acide « vitriolique , connu sous le nom d’esprit de « vitriol , c’est-à-dire, un acide peu concentré « et considérablement affaibli par l’eau 2. » On concentre cet acide et on le rend plus pur en le distillant : « L’eau, comme plus volatile, s’é- « lève la première et emporte un peu d’acide ; « plus on réitère la distillation, plus il y a de « déchet , mais aussi plus l’acide qui reste se « concentre ; et ce n’est que par ce moyen qu’on « peut lui donner toute sa force et le rendre « tout à fait pur3. » Au reste, on a imaginé depuis peu le moyen d’effectuer dans des vaisseaux clos la combustion du soufre ; il suffit pour cela d’y joindre un peu de nitre qui fournit l’air nécessaire à cette combustion ; et d’après ce principe, on a construit des appareils de vaisseaux clos, pour tirer l’esprit de vitriol en grand, sans danger et sans perte : c’est ainsi qu’on y procède actuellement dans plusieurs manufactures 4, et spécialement dans la belle fabrique

4 L’acide sulfureux volatil a la propriété de détruire et de décomposer les couleurs ; il blanchit les laines et les soies ; sa vapeur s'attache si fortement à ces sortes d’étoffes, que l'on ne peut plus leur faire prendre de couleur, à moins de les bouil ir dans de l'eau de savon ou dans une dissolution d’alkali fixe ; mais il faut prendre garde de laisser ces étoffes trop longtemps exposées à la vapeur du soufre, parce qu’elle pourrait les endommager et les rendre cassantes. Encyclopédie, article Soufre.

2 Éléments de Chimie , parM. déMorveau, tom. II, p. 22.

5 Idem , ibidem.

4 c’est à Rouen que l’on a commencé à faire de l'huile de vitriol en grand par le soufre; il s'en fait annuellement dans cette ville et dans les environs, quatorze cent milliers ; on en

DES MINÉRAUX

def sels minéraux, établie à Javelle, sous le nom et les auspices de monseigneur le comte d'Artois.

L’eau ne dissout point le soufre et ne fait même aucune impression à sa surface; cependant si l’on verse du soufre en fusion dans de l’eau, elle se mêle avec lui, et il reste mou tant qu’on ne le fait pas sécher à l’air : il reprend sa solidité et toute sa sécheresse dès que l’eau dont il s’est humecté par force, et avec laquelle il n’a que peu ou point d’adhérence, est enlevée par l’évaporation.

Voilà sur la composition de la substance du soufre et sur ses principales propriétés, ce que nos plus habiles chimistes ont reconnu et nous représentent comme choses incontestables et certaines ; cependant elles ont besoin d’être modifiées, et surtout de n’ètre pas prises dans un sens absolu, si l’on veut s’approcher de la vérité en se rapprochant des faits réels de la nature. Le soufre, quoique entièrement composé de feu fixe et d’acide , n’en contient pas moins les quatre éléments, puisque l’eau, la terre et l’air se trouvent unis dans l’acide vitriolique, et que le feu même ne se fixe que par l’intermède de l’air.

Le phlogistique n’est pas, comme on l’assure, une substance simple , identique et toujours la même dans tous les corps , puisque la matière du feu y est toujours unie à celle de l’air, et que sans le concours de ce second élément le feu fixe ne pourrait ni se dégager ni s’enflammer. On sait que l’air fixe prend souvent la place du feu fixe en s’emparant des matières que celui-ci quitte, que l’air est même le seul intermède par lequel on puisse dégager le feu fixe , qui alors devient le phlogistique : ainsi le soufre, indépendamment de l’air fixe qui est entré dans sa composition , se charge encore de nouvel air dans son état de fusion ; cet air fixe s’unit à l’acide; la vapeur même du soufre fixe l’air et l’absorbe; et enfin le soufre, quoique contenant le feu fixe en plus grande quantité que toutes les autres substances combustibles, ne peut s’enflammer comme elles, et continuer à brûler que par le concours de l’air.

En comparant la combustion du soufre à celle du phosphore , on voit que dans le soufre l’air fixe prend la place du feu fixe à mesure qu’il se

fait à Lyon , sans intermède du salpêtre. Note communiquée Par M, de Grignon.

dégage et s’exhale en flamme, et que dans le phosphore, c’est l’air fixe qui se dégage le premier, et laisse le feu fixe reprendre sa liberté : cet effet s’opère sans le secours extérieur du feu libre, et par le seul contact de l’air; et dans toute matière où il se trouve des acides, l’air s’unit avec eux et se fixe encore plus aisément que le feu même dans les substances les plus combustibles.

Dans les explications chimiques, on attribue tous les effets au phlogistique , c’est-à-dire au feu fixe seul, tandis qu’il n’est jamais seul, et que l’air fixe est très-souvent la cause immédiate ou médiate de l’effet. Heureusement que dans ces dernières années d'habiles physiciens, ayant suivi les traces du docteur Haies, ont fait entrer cet élément dans l’explication de plusieurs phénomènes , et ont démontré que l’air se fixait en s’unissant à tous les acides ; en sorte qu’il contribue presque aussi essentiellement que le feu , non-seulement à toute combustion , mais même à toute calcination, soit à chaud, soit à froid.

J’ai démontré que la combustion et la calcination sont deux effets du même ordre, deux produits des mêmes causes; et lorsque la calcination se fait à froid, comme celle de la céruse par l’acide de l’air, c’est que cet acide contient lui-même une assez grande quantité de feu fixe pour produire une petite combustion intérieure qui s’annonce par la calcination , de la même manière que la combustion intérieure des pyrites humectées se manifeste par l’inflammation.

On ne doit donc pas supposer avec Stahl et tous les autres chimistes que le soufre n’est composé que de phlogistique et d’acide, à moins qu’ils ne conviennent avec moi que le phlogistique n’est pas une substance simple, mais composée de feu et d’air , tous deux fixes ; que de plus ce phlogistique ne peut pas être identique et toujours le même, puisque l’air et le feu s’y trouvent combinés en différentes proportions et dans un état de fixité plus ou moins constant : et de même on ne doit pas prononcer dans un sens absolu, que le soufre uniquement composé d’acide et de phlogistique ne contient point d’eau , puisque l’acide vitriolique en contient , et qu’il a même avec cet élément assez d’affinité, pour s’en saisir avidement.

L’eau , l’air et le feu peuvent également se fixer dans les corps , et l’on sera forcé , pour

HISTOIRE NATURELLE

exposer au vrai leur composition, d’admettre une eau fixe, comme l’on a été obligé d’admettre un air fixe après avoir admis le feu fixe ; et de même on sera conduit par des réflexions fondées et par des observations ultérieures à ne pas regarder l’élément de la terre comme absolument fixe, et on ne conclura pas d’après l’idée que toute terre est fixe , qu’il n’existe point de terre dans le soufre, parce qu’il ne donne ni suie ni résidu après sa combustion : cela prouve seulement que la terre du soufre est volatile , comme celle du mercure, de l’arsenic et de plusieurs autres substances.

Rien ne détourne plus de la route qu’on doit suivre dans la recherche de la vérité , que ces principes secondaires dont on fait de petits axiomes absolus, par lesquels on donne l’exclusion à tout ce qui n’y est pas compris : assurer que le soufre 11e contient que le feu fixe et l’acide vitriolique, ce n’est pas en exclure l’eau, l’air et la terre, puisque dans la réalité ces trois éléments s’y trouvent comme celui du feu.

Après ces réflexions, qui serviront de préservatif contre l’extension qu'on pourrait donner à ce que nous avons dit, et à ce que nous dirons encore sur la nature du soufre, nous pourrons suivre les travaux de nos savants chimistes, et présenter les découvertes qu’ils ont faites sur ses autres propriétés. Ils ont trouvé moyen de faire du soufre artificiel , semblable au soufre naturel , en combinant l’acide vitriolique avec le phîogistique ou feu fixe animé par l’air 1 ; ils ont observé que le soufre qui dissout toutes les

4 Pour prouver que c’est l’acide vitriolique qui forme le soufre avec le phîogistique ou feu fi \ e , il suffit de mettre cet aride dans une cornue , de lui présenter des < harbons noirs , de l’huile ou autre matière que nous savons contenir du phîogistique ou même de se servir d’une cornue fêlé** , par où il puisse s’introduire quelque portion de la matière de la flamme ; car tous ces moyens sont également bons; la liqueur qui passera dans le récipient ne sera plus simplement de l’acide , ce sera ded’acideet du feu fi.e combinés, un véritable soufre qui ne différera absolument du soufre solide, que parce qu’il sera rendu miscible à I eau par l’intermède de l’air uni à l a ii’.e.

On produit sur-le-champ le même soufre volatil , en portant un charbon allumé à la surfac ‘ de l’acide . Ceci n’est

encore qu’un soufre liquide . Maison fait du soufre solide

avec les mêmes éléments, en prenant du tartre vitriolé qui soir d’acide vitrioiiq*ie bien pur et d’alkali fixe; on prend deux parties d’alkali fixe, et une partie de poussière de ch irbon ; ce mélange donnera en peu de temps , dans un creuset couvert et exposé au feu . une masse fondu'e que l’on pourra couler sur une terre graissée . et cette masse sera rame , cassante, exh dera uue forte .odeur désagréable, et c'est ce que l’on nomme foie de soufre.

Le foie de soufre étant dissoluble dans l’eau de quelque raa-

matières métalliques , à l’exception de l’or et du zinc 1 , n’attaque point les pierres ni les autres matières terreuses, mais qu’étant uni à Palkali, il devient, pour ainsi dire, le dissolvant général de toutes matières : l’or même ne lui résiste pas 2; le zinc seul se refuse à toute combinaison avec le foie de soufre.

Les acides n’ont sur le soufre guère plus d’action que l’eau ; mais tous les alkalis fixes ou volatils et les matières calcaires l’attaquent, le dissolvent et le rendent dissoluble dans l’eau. On a donné le nom de. foie de soufre au composé artificieldu soufre etderalkali3;maisici, comme en tout le reste, notre art se trouve non-seulement devancé, mais surpassé par la nature. Le foie de soufre est en effet l’une de ces combinaisons générales qu’elles a produites et produit même le plus continuellement et plus universellement; car dans tous les lieux où l’acide vitriolique se rencontre avec les détriments des substances organisées, dont la putréfaction développe et fournit à la fois l’alkali et le phlogistique , il se forme du foie de soufre : on en trouve dans tous les cloaques, dans les terres des cimetières et des voiries, au fond des eaux croupies, dans les terres et pierres plâtreuses, etc. ; et la formation de ce composé des principes du soufre unis à l’alkali nous offre la production du soufre même sous un nouveau point de vue.

En effet, la nature le produit non-seulement par le moyen du feu, au sommet des volcans et des autres fournaises souterraines, mais elle en

nière qu’on h fa«se , si on dissout celui dont nous venons de donner la préparaiion , et qu’on verse dans la dissolution un aci- e quelconque, il s’empare de l’alkali . qui était ^rt e constituante du foie de sou're, et il se précipite à l’instant une poudre jaune . qui e>t un vrai soufre produit par l’art, que l'on peut réduire en masse, cristalliser ou sublimer en fleurs, tout de même que le soufre naturel. Éléments de chimie, par 1U. de Morveau . tom. fl . page 2i et sniv.

4 Les affinités du soufre sont dans l’ordre suivant les alkalis , le !er , le cuivre , l'étain , le plomb l’argent, le bsmuth, le régule d’antimoine . le mercure . l'arsenic et le cobalt. Dictionnaire de Chimie , article Soufre.

2 Le foie de soufre divise l'or an moyen du sel de tartre; mais il ne l'altère point. Éléments de Chimie, par M. de Morveau, tome 11 , pag. 39. - Suivant Stahl, ce ht au moyen du foie de soufre que Moï-e rédui-it en pon 're le Veau d’or, suivant les paroles rie l'Exode, «h. 33, vers 20, Tu lit vitnhnn garni fecernni , et combussil igné , conlrioitqw d’-nec in pulverem redegit, pollen spirsil in suverficinn n gva mm, et f< trwit fdios Israël. Voyez son traité intitulé : Tilulus attrevs igné cumbosivs.

6 Le (oie de soufre se prépare ord inairement avec l'alkali j fixe végétal ; mais il se fait aussi avec les acides alkalis. Éléments de Chimie , par M. de Morveau , tome II , page 37.

DES MINERAUX

forme incessamment par les effervescences particulières de toutes les matières qui en contiennent les principes. L’humidité est la première cause de cette effervescence ; ainsi l’eau contribue , quoique d’une manière moins apparente et plus sourde, plus que le feu peutêtre à la production et au développement des principes du soufre; et ce soufre produit par la voie humide , est de la meme essence que le soufre produit parle feu des volcans, parce que la cause de leurs productions, quoique si différente en apparence , ne laisse pas d’être au fond la même. C’est toujours le feu qui s’unit à l’acide vitriolique , soit par l’inflammation des matières pyriteuses, soit par leur effervescence occasionnée par l’humidité ; car cette effervescence n’a pour cause que le feu renfermé dans 1 acide, dont l’action lente et continue équivaut ici à Faction vive et brusque de la combustion et de l’inflammation.

Ainsi le soufre se produit sous nos yeux en une infinité d’endroits, où jamais les feux souterrains n’ont agi1; et non seulement nous trouvons ce soufre tout formé partout où se sont décomposés les débris des substances du règne animal et végétal , mais nous sommes forcés d’en reconnaître la présence dans tous les lieux où se manifeste celle du foie de soufre , c’est-à-dire dans une infinité de substances minérales qui ne portent aucune empreinte de l’action des feux souterrains.

Le foie de soufre répand une odeur très-fétide , et par laquelle on ne peut manquer de le reconnaître; son action n'est pas moins sensible sur une infinité de substances , et seul il fait autant et peut-être plus de dissolutions, de changements et d’altérations dans le règne minéral que tous les acides ensemble. C’est par ce foie de soufre naturel, c’est-à-dire par le mélange de la décomposition des pyrites et des matières alkalines que s’opère souvent la minéralisation des métaux. 11 se mêle aussi aux substances terreuses et aux pierres calcaires .* plusieurs de ces substances annoncent, par# leur odeur fétide, la piésence du foie de soufre; cependant les chimistes ignorent encore comment il agit sur elles.

4 On trouve en Franche-Comté des géodes sulfureuses, nui contiennent unsuu're tout formé, et incitait, suivant toute apparence, par l’efllorrscence des pyr.tes, dans des lieux ou el.es auront en meme temps éprouvé la chaleur de la putréfaction ou de la fermentation.

Le foie de soufre ou sa seule vapeur noircit et altère 1 argent; il précipite en noir tous les métaux blancs, il agit sur toutes les substances métalliques par la ^oie humide comme par la voie sèche; lorsqu’il est en liqueur et qu’on y plonge des lames d’argent, il les noircit d’abord et les rend bientôt aigres et cassantes ; il convertit en un instant le mercure en éthiops 1 , et la chaux de plomb en galène 2 ; il ternit sensiblement l’étain, il rouille le fer. Mais on n’a pas assez suivi l’ordre de ses combinaisons, soit avec les métaux, soit avec les terres; on sait seulement qu’il attaque le cuivre, et l’on n’a point examiné la composition qui résulte de leur union : on ne connaît pas mieux l’état dans lequel il réduit le fer par la voie sèche ; on ignore quelle est son action sur les demi métaux3, et quels peuvent être les résultats de son mélange avec les matières calcaires par la voie humide, comme par la voie sèche : néanmoins ces connaissances que la chimie aurait dû nous donner, seraient nécessaires pour reconnaître clairement l’action du foie de soufre dans le sein de la terre, et ses différentes influences sur les substances,

tant métalliques que terreuses. On connaît mieux

son action sur les substances animales et végétales : il dissout le charbon même par la voie humide, et cette dissolution est de couleur verte.

La nature a de tout temps produit et produit encore tous les jours du foie de soufre par la voie humide : la seule chaleur de la température de l’air ou de l’intérieur de la terre suffit pour que l’eau se corrompe, surtout l’eau qui se trouve chargée d’acide vitriolique, et cette eau putréfiée produit du vrai foie de soufre : toute autre putréfaction, soit des animaux ou des végétaux, donnera de même du foie de soufre dès qu'elle se trouvera combinée avec les sels vitrioliques.

4 On aoî servé que cet éllrops . fait par le foie de soufre en liqueur, devient d un as-ez i eau r use au haut de quelques années, et que lu fo e de smérc vola' il ag l en ore plus promptement sur le mercure; c.r le précipité pa^e au rouge en trois ou quatre jours, et se cristalline * n a gu Iles connue ie cinibre Ëiémeuts de Chimie , par .U. de Alur veau , tome II, pages 40 et 4i.

3 Le foie de soufre s’unit au plomb par la voie sèche... Si 1 on fait chauf erdu fo e de soufre en liqueur, dans 1 quel on ait mis une chaux de plomb , elle se trouve convertie au bout de quelques instants, eu une sorte de galène artificielle. Idem, ibidem, page 41.

3 Le nickel fondu avec le foie de soufre . forme une misse métallique d’un jaune verdâtre, qui attire l'humidité de ta:r ; sa dissolution filtrée laisse précipiter des écailles métalliques que l'on peut refondre; e est un mélange de soufre et rie nickel ; il ne détonne pas avec le nitre. Éléments de Chimie, par M. deMorveau , tome II, page 43.

HISTOIRE NATURELLE

Ainsi le foie de soufre est une matière presque aussi commune que le soufre même ; ses effets sont aussi plus fréquents , plus nombreux que ceux du soufre, qui ne peut se mêler avec l’eau qu’au moyen de l’alkali , c’est-à-dire en devenant foie de soufre.

Au reste , cette matière se décompose aussi facilement qu’elle se compose , et tout foie de soufre fournira du soufre en le mêlant avec un acide, qui s’emparant des matières alkalines en séparera le soufre et le iaissera précipiter. On a seulement observé que ce soufre précipité par les acides minéraux est blanc, et que celui qui est précipité par les acides végétaux, et particulièrement par l’acide du vinaigre, est d’un jaune presque orangé.

On sépare le soufre de toutes les substances métalliques et de toutes les matières pyriteuses par la simple torréfaction : l’arsenic et le mercure sont les seuls qui, étant plus volatils que le soufre, se* subliment avec lui, et ne peuvent en être séparés par cette opération qu’il faut modifier, et faire alors en vaisseaux clos avec des précautions particulières.

L’huile paraît dissoudre le soufre comme l’eau dissout les sels 1 : les huiles grasses et par expression agissent plus promptement et plus puissamment que les huiles essentielles, qui ne peuvent le dissoudre qu’avec le secours d’une chaleur assez forte pour le fondre; et, malgré cette affinité très-apparente de soufre avec les huiles, l’analyse chimique a démontré qu’il n’y a point d’huile dans la substance du soufre, et que dans aucune huile végétale ou animale il n’y a point d’acide vitriolique; mais lorsque cet acide se mêle avec les huiles, il forme les bitumes; et comme les charbons de terre et les bitumes en général sont les principaux aliments des feux souterrains, il est évident qu’étant décomposés

4 II en est à peu près de cette dissolution du soufre par les huiles, comme de celle de la plupart des sels dans l’eau : les huiles peuvent tenir en dissolution une plus grande quantité de soufre à chaud qu'à froid; il arrive de là, qu’apiès que l'huile a été saturée de soufre à chaud , il y a une partie de ce soufre qui se sépare de l'huile par le seul refroidissement , comme cela arrive à la plupart des sels; et l’analogie est si marquée entre ces deux effets, que, lorsque le refroidissement des dissolutions de soufre est lent , cet excès de soufre se dissout à l’aide de la chaleur . se cristallise dans l'huile, de même que les sels se cristallisent dans l’eau eu pareille circonstance. Le soufre n'est point décomposé par l’union qu’il contracte avec les huiles, tant qu’on ne lui fait supporter que le degré de chaleur nécessaire à sa dissolution; car on peut le séparer de l’huile , et on le retrouve pourvu de toutes ses propriétés. Dictionnaire de Chimie , par U. Macquer , article Soufre. .

par l’embrasement produit par les pyrites , l’a eide vitriolique des pyrites et des bitumes s’unit à la substance du feu, et produit le soufre qui se sublime, se condense et s’attache au haut de ces fournaises souterraines.

Nous donnons ici une courte indication des différents lieux de la terre où l’on trouve du soufre en plus grande quantité et de plus belle qualité L

L’Islande est peut-être la contrée de l’univers où il y en a le plus2, parce que cette île n’est, pour ainsi dire , qu’un faisceau de volcans. Le ’soufre des volcans de Kamtschatka3, celui du

1 Le passage suivant de Pline indique quelques-uns des lieux d’où les anciens tiraient le soufre, et prouve que dès lors le territoire de Naples était tout volcanique : « Mira , dit-il,

# sulphuris naturaquo plurima doinantur; nascitur in insulis « Æoliis inter Siciliam et Italiam , quas ardere diximus; sed « nobilissimum in Melo insulâ. In Italiâ quoque invenitur , in « Neapolitano, Campanoque agro collihus qui vocantur Leu- « cogœi. Ibi e cuniculis effossutn periieitur igni. Généra qua- « tuor ; vivum quod Græci apyron vocant , nascitur solidum « hoc est , gleba.... vivum effoditur translucetque , et viret. « Alterum genus appellant glebcim, fullonum tan-tum officinis « familiare .-.. egulœ vocatur hoc genus. Quarto autem ad « Ellychuia maximè conficienda. » Plin. lib. XXXV, cap. 50.

2 Anderson assure que le terrain de l’Islande est de soufre jusqu'à six pouces de profondeur ;'cela ne peut être vrai que de quelques endroits ; mais il est certain que le soufre y est généralement tort abondant ; car les districts de Huscoin et de Kriscvig en fournissent considérablement, soit sur la pente des montagnes, soit en différents tndroits de la plaine; on peut charger dans une heure de temps quatre-vingts chevaux d'un soufre naturel , en supposant chaque charge de cent quatre-vingt-douze livres , ce qui fait quinze nulle trois cent soixante livres. La terre qui couvre ce soufre est stérile . sèche et chaude; elle est composée de sable, de limon et de gravier de différentes couleurs, blanc , jaune, rouge et bleu; on connaît les endroits où il y a du soufre par une élévation en dosd'âne , qui paraît sur la terre , et qui a des crevasses dans le milieu , d’où il sort une chaleur beaucoup plus forte que des autres endroits ; on ne fait qu'ôter la superficie de la terre , et on trouve dans le milieu, le soufre en morceaux, pur, beau et assez ressemblant au sucre candi ; il faut le casser pour le détacher du fond ; on peut fouiller jusqu’à la profondeur de deux ou trois pieds ; mais la chaleur devient alors trop forte , et le travail trop pénible; plus on s’écarte du milieu de cette veine , plus les morceaux de soufre deviennent rares tet petits jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que comme du gravier; on ramasse ce soufre avec des pelles, et il est d'une qualité un peu inférieure à l'autre ; ce n’est que dans les nuits claires de l’été que I on y travaille, la chaleur du soleil incommoderait trop les ouvriers; ils sont même obligés d’envelopper leurs souliers de quelques gros morceaux de vieux drap , pour en garantir les semelles qui , sans celte précaution, seraient bientôt brfilées.

Depuis 1722 jusqu'en 1728, on a tiré une grande quantité de soufre de ces deux endroits ; mais celui qui avait obtenu le privilège pour ce commerce étant mort, personne ne l'a continué : d’ailleurs les Islandais ne se livrent pas volontiers à ces travaux, qui leur ôtent le temps dont ils n'ont pas trop pour leurs pêches. Extrait des Mémoires de Horrebows sur l lslande , dans le Journal étranger , mois d'avril 1758 , et de ceux d'Anderson, dans la Bibliothèque raisonnée, mois de mars 1747.

5 Les montagnes entre lesquelles coule la rivière d’Osernajo,

DES MINERAUX

Japon \ de Ceylan 2, de Mindanao 3, de l’ile Jérun, à l’entrée du golfe Persique 4, et dans les mers occidentales celui du pic de Ténériffe 5, de Saint-Domingue 6, etc., sopt également connus des voyageurs. Il se trouve aussi beaucoup de soufre au Chili 1 , et encore plus dans les montagnes du Pérou, comme dans presque toutes les montagnes à volcans. Le soufre de Quito et celui de la Guadeloupe passent pour être les plus purs, et l’on en voit des morceaux si beaux et si transparents qu’on les prendrait au premier coup d’œil pour de bel ambre jaune 8. Celui qui

qui sort du lac de Kurilly , renferment des marcassites cuivreuses , du soufre vierge transparent, de la mine de soufre

daus une terre crayeuse . Vers le milieu du cours de cette

rivière sont deux volcans qui étaient encore enflammés eu 1743 ; et vers sa source est une montagne blanchâtre coupée à pic et formée de pierres blanches , semblables à des canots dressés perpendiculairement à côté les uns des autres...

Le soufre vierge se trouve autour de Cambalinos, à Lopatka et à la montagne de Kronotzkoi, mais eu grande quantité, et la plupart à la baie d Oiutor , où il suinte tout transparent comme celui deCasan , hors d'un rocher ; les morceaux n’ont pas au-dessus de la grosseur d'un pouce : on en trouve partout dans les cailloux près de la mer; en général, il y en a daus tous les endroits où il y avait autrefois des sources chaudes. Journal de Physique, mois de juillet! 781, pages 40 et 44

* Le soufre vient principalement de la province de Satzuma; on le tire d'une petite île voisine qui en produit une si grande quantité qu'on l’appelle 1 île du Soufre : il n’y a pas plus de cent ans qu'ou s'est hasardé d’y aller... On n’y trouva ni enfer ni diables ( comme le peuple le croyait ) , mais un grand terrain plat qui était tellement couvert de soufre, que de quelque côté qu’on marchât , une épaisse fumée sortait de dessous ies pieds : depuis ce temps-là cette île rapporte au prince de Satzuma environ vingt caisses d’argent par an, du soufre qu’on y tire de la terre... Le pays de Sinabarra , particulièrement aux environs des bains chauds , produit aussi d’excellent soufre; mais les habitants n’osent pas le tirer de la terre de peur d’offenser le génie tutélaire du lieu. Histoire naturelle et civile du Japon, par Kœmpfer; La Haye, 1729, tom.I,p.92.

2 Dans l’île de Ceylan , il y a du soufre ; mais le roi défend qu’on le tire des mines. Histoire générale des Voyages tome VIII , page 549.

5 Les volcans de l’ile de Mindanao , l’une des Philippines , donnent beaucoup de soufre, surtout celui de Sauxii. idem , tome X, page 399.

4 Le terrain de l’île nommée Jerun , à l’entrée du golfe Persique , est si stérile qu’il ne produit presque que du sel et du soufre. Histoire générale des Voyages, tome I, page 98.

B 11 sort au sud du pic de Ténériffe , plusieurs ruisseaux de soufre qui descendent dans la région de la neige ; aussi paraitelle entrèmêlée , dans plusieurs endroits , de veines de soufre. Idem, tome II, page 230.

s Dans l’île de Saint-Domingue , on trouve des minières de soufre et de pierres ponces. Idem, tome XII, page 2 18.

7 Dans le corrégiment de Copiago , dans les Cordillières du Chili, à quarante lieues du port, vers l’est-sud-est, on trouve des mines du plus beau soufre du monde , qui se tire pur d’une veine d’environ deux pieds de large. Idem , tome XIII , page 414. — Dans les hautes montagnes de la Cordillière , à quarante lieues vers l’est, sont des mines du plus beau soufre qu’on puisse voir : on le tire tout pur d'une veine d'environ deux pieds de large, sans qu’il ait besoin d’être purifié. Frezier. Voyage à la mer du Sud ; Paris, 1732 , page 128.

« La soufrière de la Guadeloupe est la montagne la plus éle-

se recueille sur le Vésuve et sur l’Etna est rare ment pur; et il en est de même du soufre que certaines eaux thermales, comme celles d’Aixla-Chapelle et de plusieurs sources en Pologne1, déposent en assez grande quantité : il faut purifier tous ces soufres qui sont mélangés de parties hétérogènes, en les faisantfondre et sublimer pour les séparer de tout ce qu’ils ont d’impur.

Presque tout le soufre qui est dans le commerce vient des volcans, des solfatares et autres cavernes et grottes qui se trouvent ou se sont trouvées au-dessus des feux souterrains ; et ce n’est guère que dans ces lieux que le soufre se présente en abondance et tout formé ; mais ses principes existent en bien d’autres endroits; et l’on peut même dire qu’ils sont universellement répandus dans la nature et produits partout où l’acide vitriolique rencontrant les débris

vée de cette île ; elle a été autrefois volcan... Elle est encore embrasée dans son intérieur, on y trouve une si grande quantité de soufre, qui se sublime par la chaleur souterraine en grande abondance, que cet endroit paraît inépuisable... Le cratère a environ vingt-cinq toises de diamètre, et il sort de la fumée par les fentes qui sont au-dessous; dans toute cette étendue, il y a beaucoup de soufre dont l’odeur est suffocante... 11 y a dans cette soufrière différentes sortes de soufre; il y en a qui ressemble parfaitement à des fleurs de soufre; d’autre se trouve en masses compactes, et est d’un beau jaune d’or ; enfin l’on eu rencontre des morceaux qui sont d'un jaune transparent comme du succin. Encyclopédie, article Soufre.

4 Une fontaine sulfureuse, qui est auprès du Sklo ou de Jaworow, sur la rive droite du chemin en venant de Léopold, a ses environs d'un tuf sableux, jaunâtre, semblable à celui des montagnes que l’on passe en venant de Varsovie à Léopold; le vrai bassin de la fontaine, dit M. Guettard, ctqu’elle s’est formée elle-même, peut avoir quatre à cinq pieds de largeur ; l’eau sort du milieu... Les plantes, les feuilles, les petits morceaux de bois qui peuvent se trouver dans le bassin ou sur ses bords, sont chargés d’une matière blanche et sulfureuse, dont on voit aussi beaucoup de flocons qui nagent dans l’eau, et qui vont se déposer sur les bords du petit ruisseau qui sort du bassin... M. Guettard s’est assuré par l’expérience, que cette source est sulfureuse. Mémoires de l’ Académie des Sciences , année 1762 , page 312. — C’est particulièrement dans l'étendue de la Pologne, qui renferme les fontaines salées et ies mines de sel gemme, que se trouvent encore les mines de soufre et les fontaines sulfureuses. Rzaczyuski dit du moins qu’il y a des fontaines sulfureuses près des salines de Bochnia et de Wielizka. M. Scliober parle d'qne fontaine d’une odeur si disgracieuse qu’il ne put se déterminer à en goûter : l’eau de cette fontaine sort d'une montagne appelée Z arki ou montagne de Soufre... Son odeur disgracieuse lui vient probablement des parties sulfureuses qu’elle tire de la montagne de Zarki qui enestremplie; ce soufre est d'un beau jaune et renfermé dans une pierre bleuâtre calcaire ; on a autrefois exploité cette mine; elle est négligée maintenant.

On tire du soufre, suivant Rzaczyuski, des écumes que la rivière appelée Ropa forme sur ses bords; cette rivière traverse Bieez, ville du Palatinat de Cracovie. Humenne, ville qui appartient à la Hongrie, mais dont un faubourg dépend de la Pologne, a un petit ruisseau qui donne un soufre noir que l’on rend blanchâtre au feu. Idem, ibidem, page 311.

HISTOIRE NATURELLE

des substances organisées, s’est saisi et surchargé de leur feu fixe, et n’attend qu’une dernière action de cet élément pour se dégager des masses terreuses ou métalliques dans lesquelles il se trouve comme enseveli et emprisonné. C’est ainsique les principes du soufre existent dans les pyrites et que le soufre se forme par leur combustion ; et partout où il y a des pyrites on peut former du soufre; mais ce n’est que dans les contrées où les matières combustibles, bois ou charbons de terre, sont abondantes, qu’on trouve quelque bénéfice à tirer le soufre des pyrites 1 . On ne fait ce travail en grand que dans quelques endroits de l’Allemagne et de la Suède, où les mines de cuivre se présentent sous la forme de pyrites ; on est forcé de les griller plusieurs fois pour en faire exhaler le soufre que l’on recueille comme le premier produit de ces mines. Le point essentiel decette partie de l’exploitation de ces mines de cuivre dont on peut voir ci-dessous les procédés en detail ', est d’empêcher l’inflammation du soufre en

* Pour connaître si les pyrites dont on veut tirer le soufre en contiennent assez pour payer les frais, il faut en mettre deux quintaux dans un scorificatoire pour les griller; après quoi on pèsera ces deux quintaux, eioti verra combien il y aura en de déchet, et c lt; perte est comptée pour la quantité de soufre qu’elle contenait.

On connaîtra cette quantité plus précisément en distillant les p* rites dans une cornu'* ; il faut alors les briser en petits morceaux : on runas e tout le s ufre qui passe à la distillttion dans l’eau qu’on tient d ms le récipient. ; on le fait sécher ensute. et on le joint à eelui qui demeure attaché an col de la cornue pour connaître le poids du t >tal. Traité de la Fonte des mines de .schlutter. tornel, page 253.

3 II y a des ateliers cons'rnits exprès à Schwartzemoerg en Saxe, et en Bohème dans un endroit nommé Alten-Sat'el-, on y relire le soufre des pyrites sulfureuses; les fourneaux construits pour c-Ia reçoivent de< tuyaux de terre dans lesquels on met c s pyrites; • t après quece< tuyaux ont été bien lutés pour que le soufre ne puisse en sortir, ou adapte les récipients de fer dans lesquels on a mis un i eu d eau au bec de ces tuyaux qui sortent d<-s fourneaux, et on les lute ensemble; ensuie on érh uffe les fourneaux avec du bois, pour fort- distiller le souf e des pyrites dans l'eau des ré ipients... On casse les pyrites de la grosseur dune prtite noix; on en fait entrer trois quintaux dans onze tuyaux , de manière qu'il n'y en ait pas plus dans l'un que dans l'autre; on bouche ensuite le tuyau du «ôié le plus ouvert avec des couvercles de terre... Après avo'r bien luté de l'autre côté du fourneau , ces mêmes tuyaux avec les récipients... on f .it du feu dans le fourneau; mais peu à peu , afin que les tuyaux ne prennent de chaleur que ce qu’il en faut pour faire distil er le soufre. . Etau bout d’environ huit heures de f< u . on irouve que le soufre a passé dans les récip^nts... L'on fait alors sortir les pyri es usées pour en remettre de nouvelles à la meme quantité de trois quintaux; l'on lépète les mêmes ma œuvres que d ois la première distillation, et ou recommence une troisième opération.

On retire ensuite du vitriol des pyrites usées ou brûlées. Ces onze tuyaux dans lesquels on a mis, en trois foi’, neuf quintaux de pyrites, rendent, en douze heures, depuis cent

même temps qu’on détermine son écoulement dans des bassins pour l’y recueillir; cependant il est encore alors impur et mélangé, et ce n’est que du soufre brut , qu’il faut purifier en le sé-

jusqu'à cent cinquante livres de soufre cru ; et comme on pas-e chaque semaine environ cent vingt-six quintaux de pyrites par le fourneau , on en retire depuis quatorze jusqu'à dix-sept quintaux de soufre cru. Traité de la Fonte des mines de Schlutter, tom. II, page 233 et suiv.M. lars, dans ses Voyages m tallurgiques.tomni, page 308, ajoute ce qui suit au procédé décrit par Schlutter.

On met dans ce fourneau onze tuyaux de terre que l’on a aupar avant enduits avec de l’argile, et on y introduit par leur plus grande ouverture, trente à trente-cinq livres de pyrite réduite e • petits morceaux; on les bouche ensuite très-exactement, de même que les récipients de forme carrée qu’on remplit d’eau, et qu’on rocou» re avec leur couvercle de plomb bien luté : après quatre heures de feu, on ôte les pyrites et on les jette dans l’eau pour en faire une lessive que l'on fait évaporer pour en obtenir du 'itriol ; on met de nouvelles pyrites concassées dans les tuyaux , et l’on répète la même opération toutes les quatre heures . et toutes les douze heures, <m ouvre les récipients pour en retirer le soufre ; de sorte que le travail d’une semaine est d’environ cent quarante quintaux d • pyrites , pour lesquels on consomme quatre cardes 1 1 d uiir de bois, ou quinze ceut cinquante-trois pieds cubes, y compris celui que l’on brûle pour la purification du soufre , comme lè dit Schlutter. Cette opération se fait dans un f mrneau plus petit que celui que décrit cet auteur; car il ne p"uf y entrer que trois cucurbites de chaque côté : elles sont de f<*r. ayant deux pieds et demi de bailleur, dix-lmit pouces dois leur plus grand diamètre, et une ouv< rture de sept pouces à laquelle il y a un chapiteau de. terre, dont le bec entre dans un récipient de fer, que Schlutter nomme aaant-cvulant.

Ces cucurbites se remplissent avec du soufre cru que l’on a retiré des pyrites, et en contiennent ensemble sept quintaux ; pour la conduite de l’opération et la manière d’en obtenir le soufre et de le mouler, ou suit le même procédé que Schlutter a décrit. — Dan* le haut Hartz , quand le grillage de la mine de plomb tenant argent de Rainelsberg a resté au feu pendant quinze jours ou environ . le minerai et le noyau de vitriol qui est par dessus . deviennent très-g as , c’ist-à dire qu’ils paraissent comme enduits d’une espèce de vernis ; alors il faut faire, dans le d ssus du grillage, vingt et vingt-cinq trous avec une barre de fer, au bout de laquelle il y a un globe de plomb : on unit ces trous avec du menu vitriol, et c'est là où le soufre se rassemble; on l'y puise trois fois par jour, le matin, à midi et le soir pour le j ter dans un seau <»ù l'on a mis un peu d’eau ce soufre, tel qu'il vient des grillages, se nomme soufre cru; on l'envoie aux fabriques de soufre pour le purifier; lorsque les trous dont on vient de parler sont ajustés , on ramasse tout autoor la matiè e du grillage , c'est à •‘dire qu'on ôte le minéral du bas du grillage , d un pied ou environ, afin que l’air puisse pénétrer dans ce grillage, et par la chaleur du feu qui l'anime y séparer le soufre; s’il arrive que ce soufre n ste un peu en arrière . on ramasse une seconde fois le grillage pour introduire plus d’air, ce qui se fait jusqu’à ti ois fois Pendant t<»< te cette manœuvre, il faut b en prendre ga de que le grillage ne se d fende , soit par dessus , soit par les côtés; si c la arrivait, il faudrait bouclier les fentes sur-le-champ; car faute de celte précaution, il arrive souvent que le grillage se met en feu , que tout le soufre se brûle et se consume aussi bien que la partie supérieure du noyau de vitriol. T» ai é de la Fonte des mines, de Schlutter, tom. Il, pa^es <67 et 168.

Le printemps et l’automne sont les saisons les plus convenables pour rassembler le soufre dans les trous dont ou a parlé, surtout quand l'air est sec : c'est donc selon que l'air est sec

DES MINÉRAUX

parant des parties terreuses ou métalliques qui lui restent unies. On procède à cette purification en faisant fondre ce soufre brut dans de grands vases à un feu modéré; les parties terreuses se précipitent et le soufre pur surnage 1 : alors on le verse dans des moules ou iingotières dans

ou humide, qu'on peut puiser peu à ppu depuis dix jusqu’à vingt quintaux de voufrecru. Idem, ibidem. p»ge 169,

S'il arrive que pendant un beau temps le grill 'g*- devienne extrêmement gras d'un côlé ou de l'autre, que le soufre pprce et traverse le menu vitriol qui en fa t la eouveriure, on y fad une autre cou» erture avec du même métal, qu'on humecte auparavant d’un peu d’eau, et l’on clioi it pour cela les côtés du grillage qui ne sont pas exposés au vent d’est, parce qu’il les -èche trop ; lorsque cetie ouverture est fermée, on ouvre et l'on creuse un peu le grillage, d'abord seulement d’un pie I, et l’on met des planches devant pour en entretenir laiba'eur, en empêchant le vent d’y entrer : alors le soufre y dégoutte, et forme différentes ligures que l'on ôte le malin et le soir.... Mais il n’y a point de soufre à espcrer pendant l’hiver, dans les foi tes pluies, quand l’air est trop chaud, et quand le veut d’est souffle uu peu foi t. Id., ibid., page 170.

4 Dans les travaux du has Ilarlz , le soufre cru, tel qu’il a d’abord été tiré des pyrites, se porte dans des fabriques où il est purifié.... On en met d’abord deux quintaux et demi, tel qu’il vient des grillages, dans un chaudron de fer encastré dans un fourneau ; on le casse en morceaux, que l’on met l’un après l’autre dans le chaudron, où un le fond avec un feu doux de bois de sapin : il faut cinq heures pour cette première opération, mais la seconde n’en ex ge que trois mi environ. Le vitriol et la mine qui se trouvent encore dans le soufre se précipitent par leur poids au fond du chaudron d’où ori le retire, apr ès quoi on verse le soufre liquide dans un vase pour le faire refroidi; s'il contient tncore quelque Impureté, elle se dépose pendant le refroidissement du soufre. tant au f u dque sur les parois du vase : et si après cette dépuration le soufre parait clair et jaune, on le coule dans des moules de bois, qu’on a trempés dans l’eau auparavant, alïn que le soufre puisse s’en détacher aisément et se retirer des moules qui sont en forme de cylindres ci eux ; c’est ce qu’on nomme .soufre jaune. Ou peut le vendre tel qu’il est...

Ceqoise précipité dans le commencement de la foule du soufre brut ne sert plus de rien ; mais ce qui se dépose et s'attache dans le fond et contre les parois du vase est du soufre gris; lorsqu'on en a une quantité suffisante, on le remet dans un chaudron pour le refondie. de là ».n le 'erse dans un vase ou chaudron de cuivre . où le tout se refroidit pendant que les impuretés se déposent, cj qui forme des pains de soufre de près de deux cents livres ; le dessous en est encore gris; mais le soufre jaunâtre qui est par-dessus se perfectionne par la distillation, et se convertit en soufre jaune.

I ne faut pas que le feu soit trop violent pendant la purification du soufre, p .rce qu’il perdrait sa belle couleur jaune et deviendrait gris.

On purifie aussi par la disiillation le soufre qui n'est que jaunâtre, pour lui donner nue p'us heile couleur.

Cette distillation sef.it dans un fourneau où il y a huit cucurbites de fer fondu, dans lesquelles on met huit quintaux de soufre jaunâtre ; on adapte au-devant de ces cucurbiies des tuyaux qui aboutissent à des pots de terre; ces p ds sont per és au fond et par devant, afin de laisser uu passage au soufre qui doit y tomber, pour se rendre fnsuiie dans un bas in : à mesure que les bassins se remplissent, on en r< t re le soufre «me l’on met dans un vase nu chaudron de cuivre, où il se refroidit, comme dans la précédente pu ili -ation ; ensuite on le coule dans les mômes. Lor.-qite ce Vase ou chaudron est plein, les cucutbites ne sont plus qu’à moitié plei-

lesquelles il prend la forme de canons ou de pains , sous laquelle on le connaît dans le commerce; mais ce soufre, quoique déjà séparé de la plus grande partie de ses impuretés, n’est ni transparent ni aussi pur que celui qui se trouve formé en cristaux sur la plupart des volcans. Ce soufre cristallisé doit sa transparence et sa grande pureté à la sublimation qui s’en est faite dans ces volcans ; et par la même raison le soufre artificiel le plus pur, ou ce que l’on appelle fleur de soi/fre, n’est autre chose que du soufre sublimé en vaisseaux clos , et qui se présente en poudre ou fleur très-pure, qui est un amas de petits cristaux aiguillés et très-fins, que l’œil , aidé de la loupe, y distingue.

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