ÉGAUX
et grains d’or que l’on trouve dans les eaux qui découlent des Alpes, des Pyrénées et des montagnes intermédiaires, ne proviennent des mines primitives renfermées dans ces montagnes, et que si l’on pouvait suivre ces courants d’eau chargés d’or jusqu’à leur source , on ne serait pas éloigné du lieu qui les recèle : mais, je le répète , ces travaux seraient maintenant trèsinutiles, et leur produit bien superflu. J’observerai seulement, d’après l’exposition qui vient d’être faite, que les rivières aurifères sont plus souvent situées au couchant qu’au levant des montagnes. La France, qui est à l’ouest des Alpes, a beaucoup plus de cet or de transport que l’Italie et l’Allemagne, qui sont situées à l’est. Nous verrons, par l’examen des autres régions où l’on recueille l’or en paillettes , si cette observation doit être présentée comme un fait général.
La plupart des peuples de l’Asie ont anciennement tiré de l’or du sein de la terre , soit dans les montagnes qui produisent ce métal , soit dans les rivières qui en charrient les débris. Il y en a une mine en Turquie , à peu de distance du chemin de Salonique à Constantinople , qui du temps du voyageur Paul Lucas était en pleine exploitation et affermée par le grand-seigneur. L’ile de Thasos , aujourd’hui Thaso dans l’Archipel , était célèbre chez les anciens à cause de ses riches mines d’or : Hérodote en parle, et dit aussi qu’il y avait beaucoup d’or dans les montagnes de la Thrace , dont l’une s’éboula par la sape des grands travaux qu’on j a\ait faits pour en tirer ce métal. Ces mines de I’ile de Thaso sont actuellement abandonnées ; mais il y en a une dans le milieu de l’ile de Chypre, près de la ville de Nicosie, d’où l’on tire encore beaucoup d’or.
n g i elle, à six journées de Tiflis , il y a des mines d’or et d’argent ; on en trouve aussi dans la Perse, auxquelles il paraît qu’on a travaillé anciennement : mais on les a abandonnées comme en Europe , parce que la dépense excédait le produit, et aujourd’hui tout l’or et l’argent de Perse vient des pays étrangers '.
Les montagnes qui séparent le Mogol de I
1 Les Persans ont cessé le travail de leurs mines depuis qu 1 or et l'argent sont devenus communs , tant par celui qu’oc leur porte d'Europe que par la quantité d'or très-considérable q«' sort tle l'Abyssinie, de l’ile de Sumatra, de la Chine et du Japon. Voyage de Tavernier; Rouen, 1713, tome II pages 12 et 263.
HISTOIRE NATURELLE
Tartarie sont riches en mines d’or et d’argent : les habitants de la Boukharie recueillent ces métaux dans le sable des torrents qui tombent de ces montagnes. Dans le Thibet, au delà du royaume de Cachemire, il y a trois montagnes , dont l’une produit de l’or , la seconde des grenats, et la troisième du lapi!s : il y a aussi de l’or au royaume de Tipra et dans plusieurs rivières de la dépendance du grand-lama, et la plus grande partie de cet or est transportée à la Chine. On a reconnu des mines d’or et d’argent dans le pays d’Azem, sur les frontières du Mogol 4. Le royaume de Siam est l’un des pays du monde où l’or paraît être le plus commun 2 ; mais nous n’avons encore aucune notice sur les mines de cette contrée. La partie de l’Asie où l’on trouve le plus d’or est l’île de Sumatra : les habitants d’Achem en recueillent sur lepenchant clés montagnes, dans les ravines creusées par les eaux; cet or est en petits morceaux et passe pour être très-pur. D’autres voyageurs disent au contraire que cet or d’Achem est de trèsbas aloi , même plus bas que celui de la Chine; ils ajoutent qu’il se trouveà l’ouest ou sud-ouest de l’ile, et que quand les Hollandais vont y chercher le poivre, les paysans leur en apportent une bonne quantité: d’autres mines d’or dans la même île se trouvent aux environs de la ville de Tikon; mais aucun voyageur ira donné d'aussi bons renseignements sur ces mines que M. Herman Grimm , qui a fait sur cela , comme sur plusieurs autres sujets d’histoire naturelle de très-bonnes observations 3.
* Voyage de Tavernier, etc., tome IV, page 193.
2 L’or paraît être extrêmement commun à Siam, si l’on en juge par la vaisselle du roi et de l’éléphant blanc qui est toute d'or, et par plusieurs grandes pagodes et autres ornements qui sont d'or massif, dans les temples et les palais. Histoire de Siam, par Gervaise: Paris, 1688, page 296.
3 Selon M. Herman-Nicolas Grimm, les mines de Sumatra se trouvent dans des montagnes qui sont à trois milles environ de Slilida ;elles appartiennent à la compagnie hollandaise des Indes-Orientales ; leur profondeur est de quatorze toises à peu près; elles sont percées de routes souterraines. . . l es filons varient depuis un doigt jusqu'à deux palmes ; on y trouve ; 1° une mine d’argent noirâtre dans du spath blanc, elle est entremêlée de filets brillants couleur d’or.... Cette mine est riche en or et en argent;
2° Une autre mine noire d’argent entrecoupée de plusieurs stries d’or; le filon n’a guère qu'un doigt de diamètre en certains endroits;
3° Une mine grise spmée de points noirâtres; elle donne un marc d’argent, et près de deux onces d’or par quintal...
4° Une mine qui se trouve par morceaux détachés, couverte d’efflorescence d’argent , de couleur bleuâtre ; elle contient aussi du fer : son produit est de dix à douze marcs d’argent, avec quelques onces d'or par quintal...
Non loin de cette mine est un endroit appelé Tambiim-
L’ile de Célèbes ou de Macassar produit aussi de l’or que l’on tire du sable des rivières. 11 en est de même de l’ilede Bornéo; et dans les montagnes de l'ile de Timor il se trouve de l’or trèspur. il y a aussi quelques mines d’or et d’argent au x Maldives, à Ceylan, et dans presque toutes les îles de la mer des Indes jusqu’aux îles Philippines, d’où les Espagnols en onttiré une quantité assez considérable 4 .
Dans la partie méridionale du continent de l’Asie, on trouve, comme dans les lies, de trèsriches mines d’or, à Camboye2, à la Cochinchine3, au Tunquin 4, à la Chine où plusieurs rivières en charrient3 :mais selon les voyageurs
puora, où les naturels du pays recueillent de l’or... Il y a une crevasse ou ravine dans la montagne, par où l’eau tombe dans le vallon : ils prennent la terre et le sable de cette ravine , en font la lotion et trouvent l’or au fond des vaisseaux. Collection académique, partie étrangère, tome VJ, page 296 etsniv.
* Daus les montagnes de l’ile de Masbastt 8, l une des Philippines, il y a de riches mines d’or à22karats, etle contremaître du galion le Saint-Joseph , sur lequel je passai à la Nouvelle-Espagne , y étant un jour descendu , eu tira en peu de temps une once et un quart d’or très-lin ; on ne travaille point aujourd'hui à ces mines. Gemelli Carreri, Voyages autour du Monde, tome V, pages 89 et 90. — Dans plusieurs autres des îles Philippines . les montagnes contiennent aussi des mines d’or, et les rivières en charrient dans leurs sables : le gouverneur tn’a dit que l’on ramasse en tout environ pour deux cent mille pièces de huit tous les ans , ce qui se fait sans le secours du feu ni du mercure, d’où l’on peut conjecturer quelle prodigieuse quantité ou en tirerait , si les Espagnols voulaient s'y attacher comme ils ont fait en Amérique.
La province de Paracule en a plus qu’aucune autre , aussi bien que les rivières de Boxtuan , des Pintados . de Cantanduam , de Masbastes et de Bool , ce qui faisait qu’autrefois un nombre infini de vaisseaux en venaient trafiquer. Id., ibid. , tome V,pagesP23 et 124... Les habitants de Mindanao trouvent de fort bon or en creusant la terre et dans les rivières , en y faisant des fosses avant que le flot arrive. Idem , page 208. — L’or se trouve dans presque toutes les îles Philippines ; on en trouvait autrefois beaucoup : on m'a assuré que la quantité qu’on en tirait , soit des mines , soit des sables que les rivières charrient, montait à deux cent mille piastres, année commune . Mais a présent le travail des mines est négligé.... et
malgré tous les encouragements que la cour de Madrid a accordés aux Manillois , on tire aujourd’hui très-peu d’or des Philippines. Voyages dans les mer> de l’Inde, par M. le Gentil , tome 11 , pages 30 et 31 ; Paris, <781 , in 4°
2 Mendez Pinto rapporte qu’entre les royaumes de Camboie et de Campa en Asie , une riviere se décharge dans la mer , à neuf degrés de latitude nord , et vient du lac Binator, (pii est à deux cent cinquante lieues dans les terres ; que ce lac est environné de hautes montagnes, au pied desquelles on trouve des mines d’or.dontla plus riche est auprèsdu village nommé Chincaleu , et que l’on tirait de ces mines chaque année pour la valeur de vingt-deux millions de notre monnaie. Histoire générale des Voyages , tome X, pages 327 et 328.
3 Idem , tome IX , page 34.
Dans la partie septentrionale de Tunquin, il y a plusieurs montagnes qui produisent de l’or. Voyages de Dampier, t. IU. page 23.
» Dans la province de Kokonor , il y a une rivière nommée en langue mongole Jllan-kol , ou rivière d'or , qui est peu profonde et serenddansles lacs de Tsing-fuhay; les habitants
DES MINÉRAUX
cet or de la Chine est d’assez bns aloi 1 ; ils assurent que les Chinois apportent à Manille de
I or qui est très-blanc , très-mou , et qu’il faut allier avec un cinquième de cuivre rouge, pour lui donner la couleuret la consistance nécessaires dans les arts. Les îles du Japon 2 et celle de Formose * sont peut-être encore plus riches en mines d'or que la Chine. Enfin l’on trouve de l’or jusqu’en Sibérie4; en sorte que ce métal, quoi-
du pays emploient tout l’été à recueillir l’or de Kokonor. . . . Cet or, venu apparemment des montagnes voisines, est fort estimé et se vend dix fois son poids d’argent.... La rivière de Cliy-chakyang, dont le nom chinois signifie rivière d'or comme Alian-kol en langue mongole, charrie aussi de l’or. Histoire générale des Voyages, tom. VIL, page LOS.... Il y a non-seulement à la Chine des rivières qui charrient de l’or, mais des minières dans les montagnes deSe-chuen et de Yun-
II an du côté de l’ouest ; la seconde de ces provinces passe pour la plus riche; elle reçoit beaucoup d'or d’un peuple nomme Lolo, qui occupe les parties voisines d’Ava, de Pégu et de Laor ; mais cet or n’est pas des plus beaux.'... Le plus beau se trouve dans les districts de Li-Kyang-fu et de Yangchang-fu. Idem, tom. VI, page 484.
4 6 y a plusieurs mines d’or à la Chine; mais en général il est moins pur que celui du Brésil : les Chinois en font néanmoins un très-grand commerce. Voyages de le Gentil; Paris, 1723, tom. II, page L3.
3 Le Japon passe pour la contrée de toute l’Asie la plus riche en or, mais on croit que la plus grande partie vient de
1 île de Formose. Voyages de Tavernier, tom. IV, page 83 .
Quelques provinces de l’empire du Japon, possèdent des mines d’or . Le commerce s’en fait en or de fonte et en or en
poudre, que l'on lire des rivières.... Les plus abondantes mines de l’or le plus pur ont été longtemps les mines de Sado, une des provinces septentrionales de Niphon : on y recueille encore quantité de poudre d’or. Les mines de Suronga soûl aussi très-estimées ; mais les unes et les autres commencent à s’épuiser; on en a découvert de nouvelles auxquelles il est défendu de travailler... Une montagne située sur le golfe d’ükas, s étant écroulée dans la mer à la fin du siècle passé, on trouva que le sable du lieu qu’elle avait occupé était mêlé
d’or pur - Dans la province de Chiangoet dans l’île d’A-
makusa, il y a aussi des mines d’or, mais on ne peut y travailler à cause des eaux. Histoire générale des Voyages, tom. X, p->ge 634.
5 II y a une grande quantité de mines d’or et d’argent dans l’île de Formose, et on en trouve de même beaucoup dans les iles des Voleurs et autres îles adjacentes ; mais l’or de 1 île des Voleurs n’est pas un inétal pur : il y a dans ces îles, sans parler de celles des Voleurs, trois mines d’or et trois mines d’argent fort abondantes... Ces insulaires estimaient plus l’argent que l'or, parce que ce.précieux métal y était très-commun... Tous leurs ustensiles étaient ordinairement d'or ou d’argent .. Leurs temples, soit dans les villes, soit à la campagne, étaient pour la plupart couverts d’or; mais depuis que les Hollandais leur ont porté du fer pour en avoir de l’or, ils l’ont moins prodigué. Description de l’île Formose; Amsterdam , 1705. pages 167 et 168.
* La Sibérie a des mines d’or, mais dont le produit ne vaut pas la dépense; ellessontauxcnvironsdeKathérinbourg;une terre blanche tirant sur le gris, mêlée de quelques couches de terre martiale, indique la mine d’or. A peine a-t-on creusé deux pieds que les filons paraissent... Ces mines sont dans des glaises bleues, et se terminent ordinairement à des couches d’ocre; l’or est communément dans le quartz et souvent dans un ocre très-faible ; on le trouve par petites paillettes qu’on sépare au lavage- Cette mine d’or et quatre autres, se tron¬
que plus abondant dans les contrées méridionales de l’Asie, ne laisse pas de se trouver aussi dans toutes les régions de cette grande partie du monde.
Les terres de l’Afrique sont plus intactes, et par conséquent plus riches en or que celles de l’Asie. Les Africains en général, beaucoup moins civilisés que les Asiatiques , se sont rarement donné la peine de fouiller la terre à de grandes profondeurs ; et quelque abondantes que soient les mines d’or dans leurs montagnes, ils se sont contentés d’en recueillir les débris dans îes vallées adjacentes , qui étaient, et même sont encore très-richement pourvues de ce métal. Dès l’année 1442 , les Maures, voisins du cap Bajador, offrirent de la poudre d’or aux Portugais, et c’était la première fois que les Européens eussent vu de l’or en Afrique1. La recherche de ce métal suivit de près ces offres; car, en 1461 , on fit commerce de l’Or de la Mina 2 (or de la mine), au cinquième degré de latitude nord, sur cette même côte qu’on a depuis nommée la Côte-d’Or. 11 y avait néanmoins de l’or. dans les parties de l’Afrique anciennement connues, et dans celles qui avaient été découvertes longtemps avant le cap Bajador : mais il y a toute apparence que les mines n’en avaient pas été fouillées ni même reconnues; car le voyageur
vent à peu près sons la même latitude, et elles sont à plus de deux cents toises au dessus du niveau de la mer, et renfermées dans des matières vitrifiables tandis que les mines de cuivre ne sont qu’à cent quatre-vingts toises au-dessus du même niveau de la mer, et mêlées de matières calcaires. Histoire générale des Voyages, tome XIX, pages 473 et 476. Les mines de Kalhérinbourg rendent annuellement deux cents à deux cent quatre-vingts livres d’or. Journal politique, 15 février 1776, article Paris.
' « Gonzalez reçut pour la rançon de deux jeunes gens qu'il « y avait fait prisonniers, une quantité considérable de pou - « dre d’or; ce fut la première fois que l'Afrique fit luire ce « précieux métal aux yeux des aventuriers portugais, et cette « raison leur fit donner à un ruisseau, environ six lieues dans « les terres, le nom de Rio d’oro. » Histoire générale des Voyages, tome I, page 7.
3 Desmarchais dit que les habitants du canton de Mina .
tirent beaucoup d’or de leurs rivières et des ruisseaux ; il assure qu’à fa distance de quelques lieues au nord et au nordest du château, il y a plusieurs mines de ce métal, mais que les nègres du pays n'ont pas plus d’habileté à les faire valoir que ceux de Bambuketde Tombut en ont dans le royaume de Galam. Cependant , continue-t-il , elles doivent être fort riches, pour avoir fourni aussi longtemps autant d’or que les Portugais et les Hollandais en ont tiré. Pendant que les Portugais étaient en possession de Mina, ils ne prenaient pas la peine d’ouvrir leurs magasins, si les marchands nègres n’apportaient cinquante marcs d’or à la fois. Les Hollandais qui sont établis dans le même lieu depuis plus d’un siècle, en ont apporté d’immenses trésors. On prétend qu'ils ont fait de grandes découvertes dans l’intérieur des terres, mais qu'ils jugent à propos de les cacher au public. Idem, tome IV, p. M.
HISTOIRE NATURELLE
Roberts est le premier qui ait indiqué des mines d’or dans les îles du cap Vert ' . La Côte-d’Or est encore aujourd’hui l’une des parties de l’Afrique qui produit la plus grande quantité de ce métal : la rivière d’Axim en charrie des paillettes et des grains qu’elle dépose dans le sable en assez grande quantité, pour que les Nègres prennent la peine de plonger et de tirer ce sable du fond de l'eau 2. On recueille aussi beaucoup d’or par le lavage dans les terres du royaume de Kanon3, à l’est et au nord-est de Galam , où il se trouve presque à la surface du terrain. U y en a aussi dans le royaume deTombut, ainsi qu’à Gago et à Zamfara. Il y en a de même dans plusieurs endroits de la Guinée4, et dans les terres
\Dan$ l'ile Saint-Jean, au cap Vert, le voyageur Roberts grimpa sur des rochers où il trouva de l'or en filet dans la pierre, et entre autres une partie plus grosse et longue comme le doigt, qu'il eut de la peine à tirer du roc dans lequel la veine (for s’enfoncait beaucoup plus. Histoire générale des Voyages, tome II, page 293.
2 Histoire générale des Voyages, tome II, page 330 et suiv.
Sur la cûted’Or en Afrique, la rivière d’Axim qui roule des paillettes d'or est à peine navigable. Les habitants cherchent ce métal dans le fond de cette rivière en s’y plongeant, et ramassant une quantité de sable, dont ils remplissent une calebasse avant de reparaître sur l’eau, ensuite ils cherchent l'or dans cette matière qu’ils ont rapportée dans leurs cachasses ; il se trouve en paillettes et en grains après le lavage de cette matière. Dans la saison des pluies, où la rivière d’Axim et les ruisseaux qui y aboutissent se gonflent considérablement, on trouve dans leur sable des grains d’or plus gros et en plus grande quantité; cet or est très-pur. Bosman ; ibid., tome IV, page 19. . . L’or le plus lin de la côted’Or, est celui d’Axim ; on assure qu’il est à vingt-deux et même vingt-trois karats; celui d’Acra on de Tasor est inférieur ; celui d’Akanez et d’Achem suit immédiatement, et celui de Fétu est le pire... Les peuples d’Axim etd’Achem le tirent du sable de leurs rivières . L’or d’Acra vient de la montagne de Tafu, qui est à
trente lieues dans l’intérieur des terres. L’or d’Akanez et de
Fétu est tiré de la terre sans grande fatigue . mais l’or de
ce pays ne passe jamais de vingt à vingt et un karats. .. Rien n’est si commun parmi ces Nègres que les bracelets et les ornements d’or... La vaisselle de leurs rois, leurs fétiches sont entièrement d’or... Ils distinguent de trois sortes d’or, le fétiche, les lingots et la poudre. L’or fétiche est fondu et communément allié à quelque autre métal ; les lingots sont des pièces de différents poids , tels, dit-on, qu’ils sont sortis de la mine. M.Phips en avait un qui pesait trente onces : cet or est très-sujet à l’alliage. La meilleure pondre d’or est celle qui vient, des royaumes intérieurs, de Dumkira , d’Akim et d’Akanez;on prétend qu’elle est tirée du sable tFs rivières. Les habitants creusent des trous dans la terre, près des lieux où l’eau tombe des montagnes, et l’or y est arrêté par son
poids . Les Nègres de cette côte ont des filières pour tirer
l’or en fils. Histoire générale des Voyages, tome IV, pages 215, et 2IG.
3 Idem, tome IL pages530, 531 et 554.
* En Guinée, les Nègres recueillent les paillettes d’or qui se trouvent en assez grande quantité dans la plupart des ruisseaux qui découlent des montagnes. Histoire générale des Voyages, tome I, page 237... Il y a trois endroits où les habitants du pays cherchent l'or : 1° dans les montagnes ; 2° auprès des rivières où l’eau en entraîne de petites parties avec le sable; 3# au bord de la mer où l’on trouve de petites sour-
voisines de la rivière de G ambra 4 ainsi qu’à la côte des Dents2. U y a aussi un grand nombre de mines d’or dans le royaume de Butna , qui s’étend depuis les montagnes de la Lune jusqu’à la rivière de Maguika8 , et un plus grand nombre encore dans le royaume de Bambuk 4.
ccs d’eau vive , dans lesquelles il y a de l’or , et il s’en trouve beaucoup plus qu’à l’ordinaire dans le temps des grandes pluies ; cependant ce travail qui se fait en lavant le sable de ces sources ou ruisseaux, ne produit souvent qu’une trèspetite quantité d’or et quelquefois point du tout , mais aussi il donne quelquefois par hasard des grains ou pépites un peu grosses. Voyage en Guinée, par Bosman; Lettre VI, p. $2... Dans la province deüenkira , qui est à cinq ou six journées de distance de la côte de Guinée , et dans quelques autres contrées de cette même région , il y a des mines d’or, dont les Nègres font le commerce avec les marchands européens qui fréquentent cette côte ; l’or qu’apportent ceux de Denkira est bon et pur.... ceux d’Acany apportent de l’or d’Asiant et d’Axim , et de celui qu’ils tirent dans leur pays; cet or est d’une grande pim té.... Il n’y a point de pays que nous connaissions , dont il sorte tant d'or que de celui d’Axim, et c’est le meilleur de toute cette côte ; on le connaît aisément à sa couleur obscure..,.. Il y a encore plus d’or à Asian qu’a Dinkira ; il en est de même du pays d'Anamé , situé entre Asiant et Ditikira.... On en tirait aussi beaucoup du pays d’Awiné qui est situé sur la côte fort au-dessus d’Axim. Idem , ibid.
’ Il y a de l’or dans les terres des nègres Mandiugos, qui sont voisins delà rivière Gambra : ces Nègres apportent l'or en petiis lingots façonnés en forme d’anneaux : ils disent que cet or n’est pas de 1 or lavé el tiré en poudre des sables ou de la terre, mais qu’il se trouve dans les montagnes, à vingt journées de Kower. Histoire générale des Voyages, tom III
2 Le royaume de Guiomeré, sur la côte d’ivoire en Afrique, est abondant en or. Idem , ibid.
3 Histoire générale des Voyages , tom. V, pag. 2 28.
4 L'or est si commun dans le territoire de Bambuk , que
pour en avoir il suffit de racler la superficie d'une terre argileuse, légère et mêlée de sable. Lorsque la mine est très fiche, elle est fouillée à quelques pieds de profondeur, et jamais plus loin, quoiqu’elle paraisse plus abondante à mesure qu’on creuse davantage : ces mines sont plus riches que celles de Galam , de Tombât et de Bambara. Histoire philosophique et politique des deux Indes. Amsterdam, 1772, tom. I . pag- 516.... Les mines de Bambuk qui furent ouvertes en 1710, produisent beaucoup d’or en poudre et en grains, qu’on trouve dans la terre à peu de profondeur, et on l'eu relire par le lavage; cet or est très-pur.... Ces mines qui sont dans des terres argileuses de différentes couleurs, mêlées de sable, sont très-aisées à être exploitées , et dix hommes y font plus d'ouvrage et en tirent plus d’or (pie cent dans les plus riches mines du Pérou et du Brésil . Les Nègres n’ont re¬
marqué autre chose pour la connaissance des mines d'or dans ces pays, sinon que les terres les plus sèches et les plus stériles sont celles qui en fournissent le plus... Ils ne creusent jamais jusqu'à six, sept ou huit pieds de profondeur, et ne vont jamais plus loin quoique l'or y devienne souvent plus abondant, parce qu’ils ne savent pas faire des charpentes capables de soutenir les terres. Histoire générale des Voyages