‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 47 sur 235 · tome II, pag. 6;i0 et 641 . A vingt-cinq lieues delà jonction · texte numérisé non relu

tome II, pag. 6;i0 et 641 . A vingt-cinq lieues delà jonction

de la rivière Falcmé avec le Sénégal, il y a une mine d’or dans un canton haut et sablonneux , et que les Nègres se contentent , pour ainsi dire, de gratter sans la fouiller profondément. .. Il y en a d’autres à cinquante lieues de cette même jonction, dans les terrains qui avoisinent la rivière Falemé .

Les mines de Ghingi-Faranna sont à cinq lieues plus loin .

Tous les ruisseaux qui arrosent ce grand territoire, et qui

DES MINERAUX

Tavernier fait mention d’un monceau d’or naturel, ramifié en forme d’arbrisseau, qui serait le plus beau morceau qu’on ait jamais vu dans ce genre, si son récit n’est pas exagéré1. Pyrard dit aussi avoir vu une branche d’or massif et pur, longue d’une coudée, et branchue comme du corail , qui avait été trouvée dans la rivière de Couesme ou Couana , autrement appelée rivière noire à Sofala. Dans l’Abyssinie, la province de Goyame est celle où se trouvent les plus riches mines d’or 2. On porte ce métal, tel qu’on le tire de la mine, à Gondar, capitale du royaume, et on y travaille pour le purifier et le fondre en lingots. Il se trouve aussi en Éthiopie, près d’Helem , de l’or disséminé dans les premières couches delà terre, et cet or est très-fin3. Mais la contrée de l’Afrique la plus riche, ou du moins la plus anciennement célèbre par son or, est celle de Sofala et du Monomotapa 4. On croit,

vont se jeter dans la rivière de Falemé, roulent beaucoup d’or que les Nègres recueillent avec le sable qui en est encore plus chargé que les terres voisines... Les montagnes voisines de Ghingi-Faranna sont couvertes d uo gravier dot é qui paraît fort mêlé de paillettes d'or. . .

La plus riche de toutes les mines de Bambuk est celle qui a été découverte en 1716 ; elle est au centre du royaume , à trente lieues de la rivière de Falemé à l’est , et quarante du fort Saint-Pierre à Kaygnure , sur la même rivière. Elle est d’une abondance surprenante , et l’or en est fort pur. Il y a une grande quantité d’autres mines dans ce pays dans l’espace de quinze à vingt lieues. . .Tout ce terrain des mines est environné de montagnes hautes, nues et stériles... On trouve dans tout ce pays des trous faits par les Nègres d’environ dix pieds de profondeur; ils ne vont pas plus bas, quoiqu’ils conviennent tous que l'or est plus abondant dans le fond qu’à la surface. Histoire générale des Voyages , tome II, page 642 et suiv.

4 Dans les présents que le roi d’Éthiopie envoyait au Grand-Mogol, il y avait un arbre d’or de deux pieds quatre pouces de haut, et gros de cinq ou six pouces par la tige. Il avait dix ou douze branches dont quelques-unes étaient plus petites ; à quelques endroits des grosses branches , on voyait quelque chose de raboteux, qui, en quelque sorte, ressemblait à des bourgeons. Les racines de cet arbre, que la nature avait ainsi fait, étaient petites et courtes, et la plus longue n’avait pas plus de quatre ou cinq pouces. Voyages de Tavernier , tome IV, page 86 et suiv.

2 Lettres édifiantes, quatrième recueil, page 338.

3 Idem, ibidem, page 400.

4 Le royaume de Sofala est arrosé principalement par deux grands fleuves, llio del Espirito Santo et Cuama. Ces deux fleuves et toutes les rivières qui s’y déchargent sont célèbres parle sable d’or qui roule avec leurs eaux. Au long du fleuve de Cuama, il y a beaucoup d’or dont les mines sont fort abondantes; ces mines portent le nom de manica, et sont éloignées d’environ cinquante lieues an sud de la ville de Sofala ; elles sont environnées par un circuit de trente lieues de montagnes, au-dessus desquelles l’air est toujours serem ; il y a d'autres mines à cent cinquante lieues qui avaient précédemment beaucoup plus de réputation : on trouve dans ce grand pays des édifices d'une structure merveilleuse, avec des meriptions d’un caractère inconnu. Les habitants igno-

dit Marmol, que lepaysd’Ophir, d’où Salomon tirait l’or pour orner son temple, est le pays meme de Sofala. Cette conjecture serait un peu mieux fondée en la faisant tomber sur la province du Monomotapa qui porte encore actuellement le nom d 'Ophur ou Ofur 1 . Quoi qu’il en soit, cette abondance d’or à Sofala et dans le pays d’Ofur au Monomotapa, ne paraît pas encore avoir diminué, quoiqu’il y ait toute apparence que de temps immémorial la plus grande partie de l’or qui circulait dans les provinces orientales de l’Afrique, et même en Arabie , venait de ce pays de Sofala. Les principales mines sont situées dans les montagnes , à cinquante lieues et plus de distance de la ville de Sofala : les eaux qui découlent de ces montagnes entraînent une infinité de paillettes d’or et de grains assez gros 2 . Ce métal est de même très-eom-

rent tout à fait leur origine. Histoire générale des Voyages, tome I, pages 9 et 91.

4 Les plus riches mines d’or du royaume de Mongas, dans le Monomotapa, sont celles de Massapa, qui portent le nom d 'Ofur; on y a trouvé un lingot d’or de douze mille ducats, et un autre de quarante mille. L’or s'y trouve non-seulement entre des pierres, mais même sous l'écorce de certains arbres jusqu’au sommet, c’est-à-dire jusqu’à l’endroit où le tronc commence à se diviser en branches. Les mines de Manchika et de Butna sont peu inférieures à celles d’Ofur. Histoire générale des Voyages, tome V, page 224. — Cet empire est arrosé de plusieurs rivières qui roulent de l’or; telles sont Passami, Luanga, Mangiono et quelques autres. Dans tes montagnes qui bordent la rivière de Cuama, on trouve de l'or en plusieurs endi’oits, soit dans les mines ou dans les pierre*, ou dans les rivières; il yen a aussi beaucoup dans le royaume de Butna. Recueil des Voyages de la Compagnie des Indes, tome III, page 623... C’est du Monomotapa et du côté de Sofala et de Mozambique, que se tire l’or le plus pur de l’Afrique ; on le tire sans grande peine en fouillant la terre de deux ou trois pieds seulement, et dans ces pays qui ne sont point habités, parce qu’il n'y a point d’eau, il se trouve sur la surface de la terre de l’or par morceaux de toutes sortes de formes et de poids, et il y en a qui pèsent jusqu’à une ou deux onces. Tavernier, tome IV, page 86 et suiv.

2 II y a des mines d’or qui sont à cent et deux cents lieues de Sofala, et l’on y rencontre, aussi bien que dans les fleuves, l’or en grains, quelques-uns dans les veines des rochers, d'autres qui ont été entraînés l’hiver parles eaux; et les habitants le cherchent l’été quand les eaux sont basses. Ils se plongent dans les tournants et en tirent du limon, qui étant lavé, il se trouve de gros grains d’or en plus ou moindre quantité. L’Afrique de Marmol, tome III, page 113... Entre Mozambique et Sofala, on trouve une grande quantité d’or pur et en poudre dans le sable d'une rivière qu’on appelle le Fleuvenoir... Tout cet or de Sofala est en paillettes, en poudre et en petits grains et fort pur. Voyage de Fr. Pyrard de Laval, tome II, page 247... Les Cafresde Sofala font des galeries sous terre pour tâcher de trouver les mines d’or, dont ils recueillent les paillettes et les grains que les torrents et les ruisseaux entraînent avec les sables, et il arrive souvent qu’ils trouvent, au moyen de leurs travaux, des mines assez abondantes, mais toujours mêlées de sable et de terre , et quelquefois en ramifications dans les pierres. Histoire de l’Éthiopie, par le P. Joan dos Santos ; Paris, 1684, partie II, pageo lia et 116.

HISTOIRE NATURELLE

muo à Mozambique 1 . Enfin l’île de Madagascar participe aussi aux richesses du continent voisin : seulement il paraît que l’or de cette île est d’assez bas aloi , et qu’il est mêlé de quelques matières qui le rendent blanc, et lui donnent de la mollesse et plus de fusibilité2.

L’ondoitvoir assez évidemmentpar cette énumération de toutes les terres qui ont produit et produisent encore de l’or, tant en Europe qu’en Asie et en Afrique, combien peu nous était nécessaire celui du Nouveau-Monde : il n’a servi qu’à rendre presque nulle la valeur du nôtre ; il n’a même augmenté que pendant un temps assez court la richesse de ceux qui le faisaient extraire pour nous l’apporter. Ces mines ont englouti les nations américaines et dépeuplé l’Europe. Quelle différence pour la nature et pour

I humanité, si les myriades de malheureux qui ont péri dans ces fouilles profondes des entrailles de la terre eussent employé leurs bras à la culture de sa surface! ils auraient changé l’aspect brut et sauvage de leurs terres informes en guérets réguliers, en riantes campagnes aussi fécondes qu’elles étaient stériles, et qu’elles le sont encore. Mais les conquérants ont-ils jamais entendu la voix de la sagesse, ni même le cri de la pitié ! leurs seules vues sont la déprédation et. la destruction; ils se permettent tous les excès du tort contre le faible ; la mesure de leur gloire est celle de leurs crimes, et leur triomphe l’opprobre de la vertu. En dépeuplant ce nouveau monde, ils l’ontdéfiguréetpresque anéanti ; les victimes sans nombre qu’ils ont immolées à

* ^ Mozambique, la poudre d'or est commune et sert même de monnaie; on en apporte aussi du cap des Courants : elle se trouve au pied des montagnes ou dans les sables amenés par les eaux; quelquefois il s’en trouve de gros morceaux trèspurs ; j en ai vu un d'une demi -livre pesant, mais cela est fort rare. Voyage de Jean Moquet; Rouen, 1645. liv. IV, page 260.

2 On voit, par le témoignage de Flaccourt, qu'il y avait anciennement beaucoup d’or a Madagascar, et qu’il était tiré du pays même; cet or n’était en aucune façon semblable à celui que nous avons en Europe, étant, dit-il, plus blafard et presque aussi aisé à fondre que du plomb. Leuroraété fouillé dans le pays en diverses provinces, car tous les grands en possèdent et l’estiment beaucoup... Les orfèvres du pays ne sauraient employer notre or, disant qu'il est trop dur à fondre. Voyage à Madagascar; Paris, 1661, page 83... Il y a tant d or à Madagascar, qu'il n’est pas possible qu’il y ait été apporté des pays étrangers; il a été tiré dans le pays même; il y en a de trois sortes, le premier qu’ils appellent or de Malacasse y qui est blafard et ne vaut pas plus de dix éeus l'once ; cest un or qui se fond presque aussi aisément que le plomb.

II y a de 1 or que les Arabes ont apporté et qui est beau, bien raffiné, et vaut bien l’or de sequin : le troisième est celui que les clnétiens y ont apporté, et qui est dur à fondre. L’or de Malacasse est celui qui a été fouillé dans le pays. Idem, page 148.

leur cupidité mal entendue auront toujours des voix qui réclameront à jamais contre leurcruauté : tout l’or qu'on a tiré de l’Amérique pèse peut-être moins que le sang humain qu’on y a répandu.

Comme cette terre était de toutes la plus nouvelle, la plus intacte et la plus récemment peuplée, elle brillait encore il y a trois siècles de tout l’or et l’argent que la nature y avait versés avec profusion : les naturels n’en avaient ramassé que pour leur commodité, et non par besoin ni par cupidité ; ils en avaient fait des instruments , des vases, des ornements, et non pas des monnaies ou des signes de richesse exclusifs1 : ils en estimaient la valeur par l’usage, et auraient préféré notre fer s’ils eussent eu i’artde l’employer. Quelle dut être leur surprise lorsqu’ils virent des hommes sacrifier la vie de tant d’autres hommes, et quelquefois la leur propre, à la recherche de cet or, que souvent ils dédaignaient de mettre en œuvre ! Les Péruviens rachetèrent leur roi, que cependant on ne leur rendit pas, pour plusieurs milliers pesant d’or 2 ; les Mexicains en avaient fait à peu près autant, et furent trompés de même : et pour couvrir l’horreur de ces violations, ou plutôt pour étouffer les germes d’une vengeance éternelle , on finit par exterminer presque en entier ces malheureuses nations ; car à peine reste-t-il la millième partie des anciens peuples auxquels ces terres appartenaient, et sur lesquelles leurs descendants, en très-petit nombre, languissent dans l’esclavage, ou mènent une vie fugitive. Pourquoi donc n’at-on pas préféré de partager avec eux ces terres qui faisaient leur domaine? Pourquoi ne leur en céderait-on pas quelque portion aujourd’hui, puisqu’elles sont si vastes et plus d’aux trois quarts incultes, d’autant qu’on n’a plus rien à redouter de leur nombre? Vaines représentations, hélas! en faveur de l’humanité ! le philosophe pourra les approuver, mais les hommes puissants daigneront-ils les entendre ?

Laissons donc cette morale affligeante, à laquelle je n’ai pu m’empêcher de revenir à la vue du triste spectacle que nous présentent les travaux de mines en Amérique : je n’en dois pas

1 S ceins fec't qui primus ex auro denarium signavit. Pline.

2 L or était si commun au Pérou, que le jour de la prise (in roi Atabalipa par les Espagnols , ils se firent donner de l’or, pour deux millions de pistoles d'Kspagne : on peut dire à peu près la même chose de ce qu’ils tirèrent du Mexique, après la prise du roi Montézuma. Histoire universelle des Voyages, par Montfraisier ; Paris, 1707, page 318.

DES MINÉRAUX

moins indiquer ici les lieux où elles se trouvent, comme je l’ai fait pour les autres parties du monde; et, à commencer par l’ile de Saint-Domingue, nous trouverons qu’il y a des mines d’or dans une montagneprès de la ville de Saint-Iago- Cavallero, et que les eaux qui en descendent entraînent et déposent de gros grains d’or 1 ; qu’il y en a de même dans Pile de Cuba et dans celle de Sainte-Marie, dont les mines ont été découvertes au commencement du siècle dernier. Les Espagnols ont autrefois employé un grand nombre d'esclaves au travail de ces mines : outre l’or que l’on tirait du sable, il s’en trouvait souvent d’assez gros morceaux comme enchâssés naturellement dans les rochers. L’ile de la Trinité a aussi des mines et des rivières qui fournissent de l’or.

Dans le continent, à commencer par l’isthme de Panama, les mines d’or se trouvent en grand nombre; celles du Darien sont les plus riches, et fournissent plus que celles de Veraguas et de Panama. Indépendamment du produit des mines en montagnes, les rivières de cet isthme donnent aussi beaucoup d’or en grains, en paillettes et en poudre, ordinairement mêlé d’un sable ferrugineux qu’on en sépare avec l’aimant 2.Mais c’est au Mexique où l’or s’est trouvé répandu avec le plus de profusion. L’une des mines les plus fameuses est celle de Mezquital, dont nous avons déjà parlé. La pierre de cette mine, dit M. Bowles, est un quartz blanc mêlé en moindre quantité, avec un quartz couleur de bois ou de corne, qui fait feu contre l’acier : on

* Histoire des Aventuriers; Paris, 1680. tome I. page 70.— I.a rivière de Cibao, dans 1 île d Espagne, était la plus célèbre parla grande quantité d’or qu’on trouvait dans les sables. Histoire des Voyages par Montfraisier, p. 319... Charlevoix raconte qu’on trouva à Saint-üomingue, sur le bord de la rivière llayna, un morceau d'or si grand, qu’il pesait trois mille six cents écns d'or, et qui était si pur que les orfèvres jugèrent qu’il n’y aurait pas trois cents écns de déchet à la tonte; il y avait dans ce morceau quelques petites veines de pierre, mais ce n’était guère que des taches qui avaient peu de profondeur. Histoire de Saint-Domingue, tome I, p. ^06... Il se faisait, dans les commencements de la découverte de Saint-Domingue, quatre fontes d’or chaque année, deux dans la ville de Buena- Ventura pour les vieilles et les nouvelles mines de Saint-Christophe , et deux à la Conception, qu’on appelait communément la ville de la Veqa, pour les mines de Cibao et les autre* qui se trouvaient plus à portée de cette place. Chaque fonte fournissait dans la première de ees deux villes cent dix ou cent vingt mille marcs; celle de la Véga cent vingt-cinq ou cent trente , et quelquefois cent quarante mille marcs. De sorte que l’or qui se tirait tous les ans des mines de toute Pile montait à quatre cent soixante nulle marcs. Idem, pages 263 et 266.

À Vuyagede Wafer ; suite de ceux de Dampier, tome IV page 170.

y voit quelques petites taches vertes, lesquelles ne sont que des cristaux qui ressemblent aux émeraudes en groupes, et dont l’intérieur contient de petits grains d’or L Presque toutes les autres provinces du Mexique ont aussi des mines d’or, ou des mines d’argent 2 plus ou moins mêlé d’or. Selon le même M. Bowles, celle de Mezquital, quoique la meilleure, ne donne au quintal que trente onces d’argent et vingt-deux et demi grains d’or. Mais il y a apparence qu’il a été mal informé sur la nature et le produit de cette mine; car si elle ne tenait en effet que vingt-deux et demi grains d’or sur trente onces d’argent par quintal, ce qui ne ferait pas six grains d’or par marc d’argent, on n’en ferait pas le départ à la monnaie de Mexico, puisqu’il est réglé par les ordonnances qu’on ne séparera que l’argent tenant par marc vingt-sept grains d’or et au-dessus, et qu’autrefois il fallait trente grains pour qu’on en fit le départ; ce qui est, comme l’on voit, une très-petite quantité d’or en comparaison de celle de l’argent; et cet argent du Mexique, restant toujours mêlé d’un peu d’or, même après les opérations du départ, est plus estimé que celui du Pérou, surtout plus que celui des mines de Sainte-Pécaque, que l’on transporte à Compostelle.

Les relateurs s’accordent à dire que la province de Carthagène fournissait autrefois beaucoup d’or, et l’on y voit encore des fouilles et des travaux très-anciens; mais ils sont actuellement abandonnés. C’est au Pérou que le travail de ces mines est aujourd’hui en pleine exploitation 3. Frézier remarque seulement que les

* Histoire naturelle d’Espagne, 149.

2 Dans la province qui se nomme proprement Mexique, les cantons de Tuculala et de Tiapa au sud, ont quantité de veines d’or et d argent... Les mines d'or de la province de chiapa,qui étaient fort abondantes autrefois^sont aujourd'hui épuisées ; cependant il *e trouve encore des veine* d'or dans ses montagnes, mais elles sont abandonnées... Vers Golfo dolce, les historiens disent qu’il y a une mine d’or fort abondante... Les montagnes qui séparent les Honduras de la province de Nicaragua, ont fourni beaucoup d’or et d’argent aux Espagnols... Ses principales mines sont celles de Valladolid ou Comayagua, celles de Gracias a Dios, et celles des vallées de Xaticalpa et d'Olancho, dont tous les torrents roulent de l’or... Il y avait aussi de l’or dans la province de Costa ricca, et dans celle de Veraguas. Histoire générale des Voyages, tome XII, page 648.

3 II y a des mines d’or dans le diocèse de Trnxillo au Pérou, dans Je corrégiment de Patas. Idem, page 407. — Et au diocèse deGuamangua, dans le corrégiment de Parinacocha; on en trouve au corrégiment de Cotabamba et de Chumbi vilcas, au diocèse de Cusco ; daüs celui d’Aimaraes, au même diocèse; dans celui deCaravaya. dont l’or tst à vingt-trois karats ; dans celui de Condefuios d’Arequipa, au diocèse de

mines d’or sont assez rares dans la partie méridionale de ce royaume *; mais que la province de Popayan en est remplie, et que l’ardeur pour les exploiter semble être toujours la même. M. d’Ulloa dit que chaque jour on y découvre de nouvelles mines qu’on s’empresse de mettre en valeur, et nous ne pouvons mieux faire que de rapporter ici ce que ce savant naturaliste péruvien a écrit sur les mines de son pays : « Les Partidos ou districts de Celi, de Buga, « d’Almaguer et de Barbocoas sont, dit-il, les « plus abondants en métal, avec l’avantage que « l’or y est très-pur et qu’on n’a pas besoin « d’y employer le mercure pour le séparer des « parties étrangères. Les mineurs appellent mi- « nas de Caxa celles où le minéral est renfermé « entre des pierres. Celles de Popayan ne sont « pas dans cet ordre; car l’or s’y trouve ré- « pandu dans les terres et les sables... Dans le « bailliage de Choco , outre les mines qui se « traitent au lavoir, il s’en trouve quelques-unes « où le minerai est enveloppé d’autres matières « métalliques et de sucs bitumineux, dont on « ne peut le séparer qu’au moyen du mercure. « La platine est un autre obstacle qui oblige « quelquefois d’abandonner les mines : on donne « ce nom à une pierre si dure, que, ne pouvant « la briser sur une enclume d’acier ni la réduire « par calcination, on ne peut tirer le minerai « qu’elle renferme qu’avec un travail et des « frais extraordinaires. Entre toutes ces mines, « il y en a plusieurs où l’or est mêlé d’un tom- « bac aussi fin que celui de l’Orient, avec la pro- « priété singulière de ne jamais engendrer de * vert-de-gris, et de résister aux acides.

« Dans le bailliage de Zaruma au Pérou, l’or k des mines est de si bas aloi qu’il n’est quel- « quefois qu’à dix-huit et même à seize karats ; « mais cette mauvaise qualité est réparée par « l’abondance... Le gouvernement de Jaën de

ce nom ; dans celui de Chicas, au diocèse de la riata ; dans celui de Lipe, dont les mines sont abandonnées aujourd’hui ; dans celui d’Amparaes; celui de Choyantas; celui de la Paz, dans le diocèse de ce ppm; celui de Laricanas, qui est de 1 or à vingt-trois karats et trois grains; dans le même diocèse de la Paz. Histoire générale des Voyages, page 307 jusqu à 320.

* Suivant Frézier, les mines d’or sont rares dans la partie méridionale du Pérou, et il ne s’en trouve que dans la province de Guanaco, du côté de Lima; dans celle de Chicas, où est la ville de Tarja, et proche de la Paz; à Chuguiago, où l’on a trouvé des grains d’or vierge d'une prodigieuse grosseur, dont l’un entre antres pesait soixante-quatre marcs, et ua autre quarante-cinq marcs, de trois alois différents. Idem, tome XIII, page 389.

« Bracamoros a des mines de la même espèce,

« qui rendaient beaucoup il y a un siècle ' ....

« Autrefois il y avait quantité de mines d’or ou- « vertes dans la province de Quito, et plus en- « core de mines d’argent.... On a recueilli des « grains d’or dans les ruisseaux qui tirent leur « source de la montagne de Pitchincha ; mais « rien ne marque qu’on y ait ouvert des mines...

« Le pays de Pattactanga, dans la juridiction de « Riobamda est si rempli de mines qu’en 1743 « un habitant de cette ville avait fait enregistrer « pour son seul compte dix-huit veines d’or et « d’argent, toutes riches et de bon aloi. L’une de « ces mines d’argent rendait quatre-vingt marcs « par cinquante quintaux de minerai, tandis « qu’elles passent pour riches quand elles en « donnent huit à dix marcs ... Il y a aussi des « mines d’or et d’argent dans les montagnes de « la juridiction de Cuença, mais qui rendent « peu. Les gouvernements de Quixos et de Mail cas sont riches en mines; ceux de Marinas et « d’ Atamès en ont aussi d’une grande valeur. . . . « Les terres arrosées par quelques rivières qui « tombent dans le Maragnon et par les rivières « de Saint-Iago et de Mira, sont remplies de « veines d’or 2. »

Les anciens historiens du Nouveau-Monde, et entre autres le P. Acosta, nous ont laissé quelques renseignements sur la manière dont la nature a disposé l’or dans ces riches contrées; on le trouve sous trois formes différentes : 1° en grains ou pépites , qui sont des morceaux massifs et sans mélange d’autre métal ; 2° en poudre; 3° dans des pierres : « J’ai vu, dit cet 1ns- « torien, quelques-unes de ces pépites qui pe- « saient plusieurs livres 3. L’or, dit-il, a par

1 La petite province de Zaruma, dit M. de la Condamine, était autrefois célèbre par ses mines d’or qui sont aujourd’hui presque abandonnées ; l’or en est de bas aloi. et seulement de quatorze karats; il est mêlé d'argent et ne laisse pas d’êlre fort doux sous le marteau. Voyage de M. de la Condamine, page 21.

2 Histoire générale des Voyages, tome XIII, page 394 et suivantes.

3 Les Espagnols donnent le nom de pépite à un morceau d’or ou d’argent (pii n’a pas encore été purifié, et qui sort seulement de la mine. * J*en ai vu une, dit Fouillée, du poids de « trente-tro’s livres et quelques onces, qu’un Indien avait « trouvée dans une ravine que les eaux avaient découverte; ce « que j’ai admiré dans cette pépite, c’est que sa partie supé- « rieure était beaucoup plus parfaite que l’inférieure, et que « cette perfection diminuait à mesure quelle s’approchait de « la partie infér'eure, dans une proportion admirable : vers « l’extrémité de la partie supérieure l’or était de vingt-deux « karats deux grains; un peu plus bas, de vingt ( t un karats un « demi-grain; à deux pouces de distance de sa partie supé

DES MINÉRAUX

« excellence stu* les autres métaux de se trou- « ver pur et sans mélange ; cependant, ajoute- « t-il , on trou vequelquefois des pépites d’argent « tout à fait pures : mais l’or en pépites est rare « en comparaison de celui qu’on trouve en pou- « dre. L’or en pierre est une veine d’or infiltrée « dans la pierre, comme je l’ai vu à Caruma, « dans le gouvernement des salines.... Les an- « ciens ont célébré les fleuves qui roulaient de « l’or, savoir : le Tage en Espagne, le Pactole « en Asie et le Gange aux Indes orientales. Il y « a de même dans les rivières des îles de Bar- « lovento , de Cuba , Portorico et Saint-Domin- « gue, de l’or mêlé dans leurs sables.... Il s’en « trouve aussi dans les torrents au Chili, à Quito « et au nouveau royaume de Grenade. L’or qui « a le plus de réputation est celui de Caranava « au Pérou, etceluide Valdivia au Chili, parce « qu’il est très-pur et de vingt-trois karats et « demi. L’on fait aussi état de l’or de Veragua « qui est très-fin : celui de la Chine et des Phi- « lippines, qu’on apporte en Amérique, nest pas « à beaucoup près aussi pur 1 . »

Le voyageur Wafer raconte qu’on trouve de même une grande quantité d’or dans les sables de la rivière de Coquimbo au Pérou, et que le terrain voisin de la baie où se décharge cette rivière dans la mer, est comme poudré de poussière d’or, au point , dit-il , que quand nous y marchions nos habits en étaient couverts; mais cette poudre était si menue que c'eût été un ouvrage infini de vouloir la ramasser. « La « même chose nous arriva , continue-t-il , dans « quelques autres lieux de cette même côte où « les rivières amènent de cette poudre avec le « sable ; mais l’or se trouve en paillettes et en « grains plus gros à mesure que l’on rémonte « ces rivières aurifères vers leurs sources 2. » Au reste, il paraît que les grains d’or que l’on trouve dans les rivières ou dans les terres adjacentes n’ont pas toujours leur brillant jaune et métallique ; ils sont souvent teints d'autres couleurs brunes, grises, etc. : par exemple, on tire des ruisseaux du pays d’Arecaja de l’or en forme de dragées de plomb, et qui ressemblent

« rieure, elle n’était plus que de vingt et un karats ; et vers n l’extrémité de sa partie inférieure, la pépite n’était que de « dix-sept karats et demi. » Observations physiques, par le P. Fcuillée; Paris, 1722, tome I, page 468.

* Histoire naturelle et morale des deux Indes , par Joseph Acosta; Paris, 1600, page 131.

' Voyage de Wafer à la suite de ceux de Dainpier, tome ïV, page 288.

a cc métal par leur couleur grise; on trouve aussi de cet or gris dans les torrents de Coroyeo; celui que les eaux roulent dans le pays d Aiecaja vient probablement des mines de la province de Carabaja qui en est voisine; et c’est l’une des contrées du Pérou qui est la plus abondante en or fin, qu’Alphonse Barba dit être de vingt-tiois karats trois grains f , ce qui serait à

très-peu près aussi pur que notre or le mieux raffiné.

Les terres du Chili sont presque aussi riches en or que celles du Mexique et du Pérou. On a trouvé, à douze lieues vers l’est de la ville de la Conception , des pépites d’or , dont quelquesunes étaient du poids de huit ou dix marcs et de ti ès-haut aloi. On tirait autrefois beaucoup d’or vers Angol, à dix ou douze lieues plus loin , et l’on pourrait en recueillir en mille autres endroits; car tout cet or est dans une terre qu’il suffit de laver 2. Frézier, dont nous tirons cette indication, en a donné plusieurs autres avec un égal discernement <sur les mines des diverses provinces du Chili 3. On trouve encore de l’or

< Métallurgie d’Alphonse Barba, tome I, page 97.

* Voyage de Frézier, page 76.

5 Tit-til, village de Chili, est situé à mi-côte d’une haute montagne qui«est toute pleine de mines d’or qui ne sont pas riches, et dont la pierre ou minerai est fort dur. On écrase ce minerai sous un bocard ou sous une meule de pierre dure, et lorsque ce minerai est concassé, on jette du mercure dessus pour en tirer l’or; on ramasse ensuite cet amalgame d’or et de mercure , on le met dans un nouet de toile pour en exprimer le mercure autant qu’on peut; on le fait ensuite chauffer pour faire évaporer ce qui en rest-, et c’est ce qu’on appelle de l’or en pigne: on fait fondre cette pigne pour achever de la dégager du mercure, et alors on connaît le juste prix et le véritable aloi de cet or... L’or de ces mines esta vingt ou vingt et un karats... Suivant la qualité des minières et la richesse des veines, cinquante quintaux de minerai, ou chaque caxon, donne quatre, cinq et six onces d’or; car quand il n’en donne que deux, le mineur ne retire que ses frais, ce qui arrive assez souvent. On peut dire que ces mines d or sont de toutes les mines métalliques les plus inégales en richesse de métal, et par conséquent en produits. On poursuit une veine qui s’élargit, se rétrécit, semble même se perdre, et cela dans un petit espace de terrain ; mais ces veines aboutissent quelquefois à des endroits où l’or parait accumulé en bien plus grande quantité que dans le reste de la veine.. .A la descente de la montagne de Valparaiso , du côté de l’ouest , il y a une coulée dans laquelle est un riche lavoir d’or; on y trouve souvent des morceaux d'or vierge d’environ une once... Il s'en trouve quelquefois de plus gros et de deux ou trois marcs .. On trouve aussi dans cette même contrée beaucoup d’or dans les terres et les sables , surtout au pied des montagnes et dans leurs angles rentrants, et on lave ces terres et sables dans lesquelles souvent l’or n’est point apparent , ce qui est plus facile à exploiter que de le tirer de la minière en pierre, parce qu’il ne faut ici ni moulin, ni vif argent, ni ciseaux, ni masse pour rompre les veines du minorai... Ces terres qui contiennent de l'or sont ordinairement

dans les terres qu’arrosent leMaragnon, l’Orénoque, etc*. 1 ; il y en a aussi dans quelques endroits de la Guiane 2. Enfin les Portugais ont décou- ^ei't et fait travailler depuis près d’un siècle les mines du Brésil et du Paraguay, qui se sont trouvées, dit-on, encore plus riches que celles du Mexique et du Pérou. Les mines les plus prochaines de Rio-Janeiro, où l’on apporte ce métal , sont à une assez grande distance de cette Mlle. M. Cook dit3 qu’on ne sait pas au juste ou elles sont situées, et que les étrangers ne peu- \ent les visiter, parce qu’il y a une garde continuelle sur les chemins qui conduisent à ces mines : on sait seulement qu’on en tire beaucoup d or, et que les travaux en sont difficiles et périlleux ; car on achète annuellement pour le compte du roi quarante mille nègres qui 11e sont employés qu’à les exploiter 4.

Selon l’amiral Anson , ce n’est qu’au commencement de ce siècle qu’on a trouvé de l’or au Brésil. On remarqua que les naturels du pays se servaient d’hameçons d’01* pour la pêche, et on appi it d eux qu’ils recueillaient cet or dans les sables et graviers que les pluies et les torrents détachaient des montagnes. « 11 y a, dit

rougeâtres, et l’on trouve l’or à peu de pieds de profondeur. Il y a des mines très-riches et des moulins bien établis à Copiage) et Lampangui. La montagne où se trouvent ces mines en pierre est auprès des Cordillères ; à trente et un degrés de latitude sud, à quatre-vingt lieues de Valparaiso, on y a découvert, en I7t0, quantité de mines de toutes sortes de métaux d or, d'argent, de fer, de plomb, de cuivre et détain... L'or de Lampangui est de vingt et un à vingt-deux karats, le minerai y est dut ; mais à deux lieues delà, dans la montagne de 1 L, avili , il est tendre et presque friable, et l’or y est en poudre si line, qu on 11’y en voit à l'œil aucune marque. Voyage

de la mer du Sud, etc., par ^-rézier; Paris, 1732, page 96 et suiv.

La îivière nommée Tapajocas . dans le gouvernement de Maragnon, roule de l’or dans les sables, depuis une montagne médiocre nommée Ynquaiatincî; celte rivière qui est dans le pays des Curabatubas, arrose le pied de cette montagne. Histoire générale des Voyages , tome XIV, page 20... La rivière de Caroli, qui tombe dans l’Orénoque, roule de l’or dans ses sables , et Italeigh remarqua des fils d’or dans les pierres. Idem, page 330.

2 Histoire générale des Voyages, tome XIV, page 360.

5 Voyage de Cook, tome II, page 236.

1 Lio-Janeiro est l’entrepôt et le débouché principal des richesses du Brésil. Les mines principales sont les plus voisines de la ville, dont néanmoins elles sont distantes de soix.miequinze lieues. Elles rendent au roi tous les ans, pour son droit de quint, au moins cent douze arobes d’or; l’année 1762 elles en apportèrent cent dix-neuf ; sous la capitainie des mines générales, on comprend celles de Rio deMoros, de Sahara et de Sero-frio. Cette dernière, outre l’or qu'on en relire, produit encore tous les diamants qui proviennent du Brésil : ils se trouvent dans le fond d une rivière qu on a soin de détourner, pour séparer ensuite d'avec les cailloux qu’elle roule « ans son lit les diamants, les topazes, les chrysolites et autres pierres de qualité inférieure. Voyage autour du monde, par M. de Bougainville, tome I, pages 143 et t46.

NATURELLE

« ce voyageur, de l’or disséminé dans les ter- « res basses, mais qui paie à peine les frais de « la recherche, et les montagnes offrent des vei- « lies d'or engagées dans les rochers; mais le « moyen le plus facile de se procurer de l’or, « c’est de le prendre dans les limons des torrents « qui en charrient. Les esclaves employés à cet « ouvrage doivent fournir à leurs maîtres un « huitième d’once par jour; le surplus est pour « eux , et ce surplus les a souvent mis en état « d’acheter leur liberté. Le roi a droit de quint « sur tout l’or que l’on extrait des mines, ce « qui va à trois cent mille livres sterling par an ; « et par conséquent la totalité de l’or extrait « des mines chaque année, est d’un million cinq <t cent mille livres sterling, sans compter l’or « qu’011 exporte en contrebande , et qui monte « peut-être au tiers de cette somme 1 . »

Nous n’avons aucun autre indice sur ces mines d’01* si bien gardées par les ordres du roi de Portugal ; quelques voyageurs nous disent seulement qu’au nord du lleuve Jujambi, il y a des montagnes qui s’étendent de trente à quarante lieues de l’est à l’ouest, sur dix à quinze lieues de largeur ; qu’elles renferment plusieurs mines d’or ; qu’011 y trouve aussi ce métal en grains et en poudre, et que son aloi est communément de vingt-deux karats : ils ajoutent qu’on y rencontre quelquefois des grains ou pépites qui pèsent deux ou trois onces 2.

Il résulte de ces indications, qu’en Amérique comme en Afrique et partout ailleurs où la terre 11’a pas encore été épuisée par les recherches de l’homme, l’or le plus pur se trouve, pour ainsi dire, à la surface du terrain , en poudre , en paillettes ou en grains, et quelquefois en pépites qui ne sont que des grains plus gros, et souvent aussi purs que des lingots fondus ; ces pépites et ces grains, ainsi que les paillettes et les poudres, ne sont que les débris plus ou moins brisés et atténués par le frottement de plus gros morceaux d’or arrachés par les torrents et détachés des veines métalliques de première formation : ils sont descendus en roulant du haut des montagnes dans les vallées. Le quartz et les autres gangues de l’or, entraînés en même temps par le mouvement des eaux, se sont brisés, et ont, par leur frottement, divisé, comminué ces mor* ceaux de métal , qui dès lors se sont trouvés

* Voyage autour du monde, par l’amiral Anson.

2 Histoire générale des Voyages, tome XIV, page 225

DES MINÉRAUX

isolés, et se sont arrondis en grains ou atténués en paillettes par la continuité du fl ottement dans 1 eau ; et enfin ces mêmes paillettes encore plus divisées ont formé les poudres plus ou moins fines de ce métal. On voit aussi des agrégats assez grossiers de parcelles d’or qui paraissent Jfêtre réunies par la stillation et l’intermède de (l’eau, et qui sont plus ou moins mélangées de sables ou de matières terreuses rassemblées et déposées dans quelque cavité , où ces parcelles métalliques n’ont que peu d’adhésion avec la terre et le sable dont elles sont mélangées ; mais toutes ces petites masses d’or, ainsi que les grains, les paillettes et les poudres de ce métal, tirent également leur origine des mines primordiales, et leur pureté dépend en partie de la grande division que ces grains métalliques ont subie en s’exfoliant et se comminuant par les frottements qu’ils n’ont cessé d’essuyer depuis leur séparation de la mine , jusqu’aux lieux où ils ont été entraînés ; car cet or arraché de ses mines, et roulé dans le sable des torrents, a été choqué et divisé par tous les corps durs qui se sont rencontrés sur sa route ; et plus ces particules d’or auront été atténuées , plus elles auront acquis de pureté en se séparant de tout alliage par cette division mécanique, qui, dans l’or, va, pour ainsi dire, à l’infini : il est d’autant plus pur qu’il est plus divisé; et cette différence se remarque en comparant ce métal en paillettes ou en poudre avec l’or des mines ; car il n est qu’a vingt-deux karats dans les meilleures mines en montagnes, souvent a dix-neuf ou vingt , et quelquefois à seize et meme à quatorze ; tandis que communément l’or en paillettes est à vingt- trois karats , et rarement audessous de vingt. Comme ce métal est toujours plus ou moins allié d’argent dans ses mines primordiales, et quelquefois d’argent mêlé d’autres matières métalliques , la très-grande division qu'il éprouve par les frottements , lorsqu’il est détaché de sa mine, le sépare de ces alliages naturels, et le rend d’autant plus pur qu’il est réduit en atomes plus petits; en sorte qu’au lieu du bas aloi que l’or avait dans sa mine , il prend un plus haut titre à mesure qu’il s’en éloigne, et cela parla séparation, et, pour ainsi dire, parle départ mécanique de toute matière étrangère.

Il y a donc double avantage à ne recueillir l’or qu’au pied des montagnes et dans les eaux courantes qui en ont entraîné les parties détachées des mines primitives ; ces parties déta-

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chées peuvent former, par leur accumulation, des mines secondaires en quelques endroits. L’extraction du métal qui, dans ces sortes de mines , ne sera mêlé que de sable ou de terre , sera bien plus facile que dans les mines primordiales où l’or se trouve toujours engagé dans le quartz et le roc le plus dur. D’autre côté , l’or de ces mines de seconde formation sera toujours plus pur que le premier ; et vu la quantité de ce métal dont nous sommes actuellement surchargés , on devrait au moins se borner à ne ramasser que cet or déjà purifié par la nature, et réduit en poudre , en paillettes ou en grains , et seulement dans les lieux où le produit de ce travail serait évidemment au-dessus de sa dépense.

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