‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 75 sur 235 · AMÉTHYSTES · texte numérisé non relu

AMÉTHYSTES

Toutes les améthystes ne sont que des cristaux de roche teints de violet ou de pourpre • elles ont la même densité «, la même dureté, la meme double réfraction que le cristal : elles sont aussi également réfractaires au feu. Les améthystes violettes sont les plus communes , et dans la plupart cette couleur n’a pas la même intensité partout ; souvent même une partie de la pierre est violette et le reste est blanc. Il semble que dans la formation de ce cristal la teinture métallique qui a coloré la pyramide ait manqué pour teindre le prisme ; aussi cette teinture s’affaiblit par nuance du violet au blanc dans le plus grand nombre de ces pierres : on le voit évidemment en tranchant horizontalement une table de cristaux d’améthyste; toutes les pointes sont plus ou moins colorées , et les

bases sont souvent toutes blanches comme le cristal.

On sait que le violet et le pourpre sont les couleurs intermédiaires entre le rouge et l’indigo ou bleu foncé; le cristal de roche n’a donc pu devenir améthyste que quand le quartz qui l’a produit s’est trouvé imprégné de particules de cette même couleur violette ou pourprée : mais comme il n'y a aucun métal, ni même aucun minerai métallique qui produise cette couleur par la voie humide, et; que la manganèse ne la donne au verre que par le moyen du feu , il laut avoir recours au mélange du rouge et du hleu pour la composition des améthystes ; or ces deux couleurs du rouge et du bleu peuvent dre fournies par le fer seul ou par le fer mêlé de cuivre : ainsi les améthystes 11e doivent se

trouver que dans les quartz de seconde forma-

■on, et qui sont voisins de ces mines métalliques en décomposition.

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nord de R ^ T AUVergne> à 9uatre licues au

noid de Bnoude, une minière d’améthystes vioettes , dont M. le Monnier , premier médecin ordinaire du Roi , et l’un de nos savants „a. tuialistes de l’Académie, a donné une bonne description 1 .

On trouve de semblables améthystes dans

les mines de Sehemnitz en Hongrie 2 • on en a rencontréen Sibérie 3 et jusqu’au Kamtchatka* • il s’en trouve aussi en plusieurs autres régions * et particulièrement en Espagne 5 ; celles de Catalogne ont une couleur pourprée , et ce sont les plus estimées 6 : mais aucune de ces pierres n’a la dureté, la densité ni l’éclat des pierres précieuses, et toutes les améthystes perdent leur couleur violette ou pourprée lorsqu’on les expose à l’action du feu. Enfin elles présentent tous les caractères et toutes les propriétés du cristal de roche : l’on ne peut donc douter qu’elles ne soient de la même essence, et que leur

substance, à la couleur près, ne soit absolument la même.

Les anciens ont compté cinq espèces d’améthystes qu’ils distinguaient par les différents

'îf baT dG ftte carrière ^améthystes ne sont point horizontaux. ils sontau contraire en tables verticales posées sur eur champ , et la matière qui les sépare est le cristal d'ame thyste dont la dureté surpasse de beaucoup cefle de la pierre qui est cependant une gangue assez dure. P *

Chaque veine d’améthyste a quatre travers de doigt d’éoais seur, et s’étend aussi loin que le rocher qu’elle accomp gn dans une direction de l est à l’ouest. Cette veine cristallisée n adhère pas égalementaux deux tables avec lesquelles elle se trouve elle est intimement unie à l’une des deux, à peine est e seulement contiguë a l autre.La surface qui tient fortement a i rocher est composée de fibres réunies de chaque faisceau qui compose 1 améthyste, et ce faisceau se termine de l'autre cote à une pyramide à cinq ou six faces souvent inégales hautes d environ six lignes , en sorte que la surface de cette croûte cristalline qui regarde le rocher auquel elle est le moins adhérente est toujours hérissée de pointes de dia

mant. Chaque pyramide est revêtue d’une croûte d‘un blanc

sa e, mais 1 intérieur est très-souvent une améthyste de la nlus elle couleur; il s eu trouve de toutes les nuances, et j’en ai vu qui étaient aussi blanches que le plus beau cristal de roche Ces pierres sont beaucoup plus parfaites et n’ont même de transparence que vers les pointes. Le milieu et l’autre extrémité sont presque toujours glaceux, les paysans des environs en cassent les plus beaux morceaux qu'ils vendent aux curieux. Observations d’Histoire Naturelle, par M. le Monnier- Paris, 1759, page 200 et suiv. ’

Collection académique, partie étrangère, tom. II, page 057

VOvase de Gmplin pu

5 Voyage de Gmelin en Sibérie, etc.

4 Journal de Physique, juillet 1781, page 41.

5 Histoire Naturelle d’Espagne, par M. Bowles, page 410.

6 Pline parlant de 1 améthyste, nous apprend en passant quelle était la véritable teinte de la pourpre; « on s'efforcait « dit-il, de lui donner la belle couleur de l’améthyste de l' Inde « qui est , ajoute-t-il , la première et la plus belle des pierres « violettes. Son éclat doux et moelleux semble remplir et ras - « sasier tranquillement la vue sans la frapper de rayons pé- « tiilants comme fait 1 escarboucle. » Livre XXX vil a* 40.

HISTOIRE i

tons ou degrés de couleurs : mais cette diversité ne consiste qu’en une suite de nuances qui rentrent les unes dans les autres ; ce qui ne peut établir entre ces pierres une différence essentielle. La distinction qu’en font les joailliers en orientales et occidentales , ne me paraît pas bien fondée ; car aucune améthyste n’offre les caractères des pierres précieuses orientales ; savoir, la dureté, la densité et la simple rétraction. Ce n’est pas qu’entre les vraies pierres précieuses il ne puisse s’en trouver quelques-unes de couleur violette ou pourprée ; et même quelques amateurs se flattent d’en posséder , et leui donnent le nom dC améthystes orientales. Ces pierres sont au moins très-rares, et nous ne les regarderons pas comme des améthystes , mais comme des rubis , dont en effet quelques-uns semblent offrir des teintes d’un rouge mêlé de pourpre.

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