OEIL DE CHAT
NOIR OU NOIRATRE.
Nous avons rapporté au feld-spath l’œil de chat gris, l’œil de chat jaune et l’œil de chat mordoré, parce que leur densité est à très-peu près la même que celle de ce verre primitif; mais la pierre à laquelle on a donné le nom d 'œil de chat noirâtre est beaucoup plus dense que les trois autres : sa pesanteur spécifique approche de celle du schorl violet du Dauphiné2.
Toutes les pierres vitreuses et transparentes dont les pesanteurs spécifiques se trouvent entre vingt-cinq et vingt-huit mille, sont des stalactites du quartz et du feld-spath, desquels les densités sont aussi comprises dans les mêriies limites; et toutes les pierres vitreuses et transparentes dont les pesanteurs spécifiques sont entre trente et trente-cinq mille, doivent se rapporter aux schorls desquels les densités sont aussi comprises entre trente et trente-cinq mille, relativement au poids de l’eau supposée dix mille3.
Cette manière de juger de la nature des stalactites cristallisées , et de les classer par le rapport de leur densité avec celles des matières primitives dont elles tirent leur origine, me paraît, sans comparaison, la plus distincte et la plus certaine de toutes les méthodes, et je m’étonne que jusqu’ici elle n’ait pas été saisie par
4 La pesanteur spécifique du saphir du Brésil est de 31307.
et celle de l émeraude du Brésil est de 51535. Tables de M. Brisson. . .
2 La pesanteur spécifique du schorl violet du Dauphine es de 32956; cède de l’œil de chat noirâtre , de 32393. Table; 0e M. Briss n.
5 Les pesanteurs spécifiques des schorls sont': schorl eus tad sé , 30926 ; schorl violet du Dauphiné . 32936; schorl «pu thique , 33832 : schorl vert ou olivâtre. 34329. Ibidem.
DES MINE H AUX
ièb nul u i a listes $ car la densité est le caractère le plus intime, et pour ainsi dire, le plus substantiel que puisse offrir la matière : c’est celui qui tient déplus près à son essence , et duquel dérivent le plus immédiatement la plupart de ses propriétés secondaires. Ce caractère distinctif de la deusité ou pesanteur spécifique est si bien établi dans les métaux , qu’il sert à reconnaître les proportions de leur mélange jusque dans 1 alliage le plus intime : or, ce principe si sûr à l’égard des métaux, parce que nous avons rendu par notre art leur substance homogène, peut s’appliquer de même aux pierres cristallisées qui sont les extraits les plus purs et les plus homogènes des matières primitives produites par la nature.